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Les clochettes mortelles

Petit rappel pour le mois de mai : s'il symbolise la chance et le bonheur, le muguet est aussi une plante dont toutes les parties, que ce soit les fleurs, les tiges, les baies, les feuilles... sont suffisamment toxiques pour en faire l'un des végétaux communs dont l'ingestion peut se révéler mortelle. Si apprécié dans nos contrées le jour du 1er mai, le muguet est bel et bien un poison dangereux bourré de substances toxiques.

Deadly clochettes

A consommer avec modération.
Le muguet européen, Convallaria Majalis Majalis, contient au bas mot, pas moins de 38 composés toxiques différents, dont les principaux, la convallarine, la convallatoxine, la convallamarine, sont de puissants cardiotoniques. Tout trois sont des glycosides, molécules formées d'un groupement sucre rattaché à un autre groupement (généralement phénol ou aldéhyde). Lorsqu'ils sont digérés, la liaison avec le glucose se brise et les deux composés se libèrent. Ce sont ces composés qui présentent une toxicité élevée, alors ne jetez pas vos parfums ou autre produits aux senteurs de muguet : le muguet n'est dangereux, principalement, que lorsqu'il est ingéré.

Le muguet contient également des saponosides (irritantes et diurétiques) qui contribuent paradoxalement à l'évacuation rapide des autres toxines. Néanmoins, une ingestion conséquente nécessite une surveillance cardiaque et une aide à l'évacuation, car une forte absorption de ces cardiotoxines peut arrêter le coeur.

Le muguet provoque en premier lieu des irritations (bouche, gorge...). Les composés digérés et transformés en hétérosides (cardiotoxiques) ont un effet semblable à la digitaline, augmentant la pression artérielle en renforçant les battements cardiaques et ralentissant le coeur. Pour son effet sur le système cardiovasculaire, le muguet était autrefois utilisé en pharmacologie. Cependant, la dose efficace étant très proche de la dose létale, son usage est désormais extrêmement limité, voire interdit.

Muguet, je ne boirai pas de ton eau

Quoique potentiellement mortelle, cette plante herbacée ne provoque que de rares accidents : sont principalement touchés de jeunes enfants mâchonnant les muguets ou buvant l'eau dans lesquels ont trempé des brins. Les intoxications sont généralement bénignes chez l'homme (vous en serez quitte pour une bonne diarrhée et quelques irritations), à surveiller néanmoins (en cas de doute, pas d'hésitation : une consultation ou un appel au centre antipoisons). Les intoxications chez l'animal de compagnie sont également rares (ils n'aiment pas le muguet frais) mais des symptômes proches de ceux d'une gastro-entérite, aux alentours d'avril à juin, devrait vous faire vous poser la question. La plante sèche ne perd pas pour autant sa toxicité, aussi, lorsque le lys de la vallée est fané, jetez-le avec son eau!

Quelle bête idée!

Malgré son odeur envoûtante et ses jolies clochettes, le muguet, symbole de la fête du travail au 1er mai, se montre finalement dangereux. Mais pourquoi avoir choisi une plante toxique comme symbole de bonheur et de jour de repos?

L'histoire du muguet remonte à l'Asie antique, dont il pourrait être originaire : le muguet se développe en effet en climat tempéré. Selon les légendes chrétiennes, qui considèrent les clochettes issues des larmes de personnages centraux de la Bible (Eve lorsqu'elle quitta l'Eden, la vierge Marie, le Christ lors de sa résurrection...) le muguet (et ses clochettes) symboliserait le retour du bonheur. On l'offrait au moyen-âge pour fêter 13 années de mariage (les vrais muguets "porte-bonheur" seraient en fait ceux qui ont 13 clochettes). Si l'on en croit la légende actuelle, Charles IX, après avoir reçu du muguet le premier mai, décida d'en offrir chaque année à cette date comme porte-bonheur.

Le muguet est également associé à la fête du travail, mais le parcours de celle-ci ne l'aurait pas laissé supposer : à l'origine, une idée de Fabre d’Églantine instaure une première fête du travail en 1793, dont l'églantine devint la fleur symbolique à la fin du siècle suivant, et au début du 21ème siècle. Proche symbole également des mouvements de gauche de 1936, l'églantine perdit son crédit lorsque Pétain, au pouvoir sous l'occupation, décida de la remplacer par le muguet, instaura le jour comme férié, espérant rallier les ouvriers à son mouvement. Le gouvernement s'en est allé mais la tradition du muguet est restée. Aussi, faut-il savoir que cette tradition a été instaurée sous l'occupation par un gouvernement collaborateur, en vue de détruire le lien de la fête du travail avec les mouvements de gauche. Dramatiquement, cela enlève peut être un peu du charme de cette tradition!
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Sapin en plastique ou vrai sapin?

Une idée qui fait son chemin ferait du sapin en plastique un produit plus écolo qu'un vrai sapin, pour Noël, et pour cause : pour avoir un vrai sapin, il faut couper un arbre. Pas du tout écolo, ça... Mais bien sûr que si!
Couper un vrai sapin ou acheter un sapin artificiel?
Du point de vue bilan carbone, le vrai sapin est neutre : pendant sa croissance, il absorbe du dioxyde de carbone et le décompose en carbone et oxygène. 80% des vrais sapins vendus en France sont cultivés spécialement pour l'occasion de Noël, principalement dans le Morvan, dans les zones peu propices à l'agriculture traditionnelle. Une fois Noël passé, le sapin est coupé en copeau, éventuellement composté ou recyclé. Dans tous les cas, il libère petit à petit exactement la même quantité de dioxyde de carbone qui lui a été nécessaire pour se développer.

Pour le sapin en plastique ou en matériaux "artificiels", ce n'est bien évidemment pas pareil : on utilise des énergies fossiles pour fabriquer un produit par ailleurs difficilement recyclable, comme n'importe quel sac plastique ou bouteille de la même matière. Étant donné la longueur de la biodégradation de ce produit, l'énergie est en quelque sorte perdue pour toujours (au moins pour un très long moment). Étant donné également l'utilisation importante d'énergie pour la production et le transport des sapins artificiels, le bilan en gaz à effet de serre du sapin artificiel est lourd et néfaste pour l'environnement.

De plus, les vrais sapins de noël sont généralement plantés et coupés dans des pépinières, dont les possesseurs replantent vite d'autres sapins pour remplacer les précédents. Le cycle est donc bouclé : pour un arbre coupé, un autre est replanté. Au final, très peu d'énergie se perd tandis que l'équilibre carbone ou énergétique se maintient, ce qui est loin d'être le cas avec des sapins artificiels : si l'on continue à en fabriquer (principalement en Chine pour les usages occidentaux), les anciens finissent dans la majorité des cas à la décharge. A Noël, pour se montrer un peu écolo, n'hésitez pas à couper un sapin!
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Les plantes brûlent-elles lorsqu'on les arrose en plein soleil?

C'est une croyance fort répandue dans les milieux agricoles. Jamais il ne faut arroser une plante en plein soleil, au risque que celui-ci la brûle... Mais il s'agit là d'une légende urbaine (ou plutôt rurale) tout à fait infondée!

Plante arrosée, plante brûlée?
Cette légende veut que les gouttelettes d'eau, par leur forme convexe (arrondie et convergeant les ondes), concentrent les rayons du soleil sur de petites portions des feuilles. Comme l'effet d'une loupe, le phénomène mettrait à mal les feuilles de plantes arrosées alors que soleil et chaleur concourent à brûler les pauvres végétaux.

Jusqu'en 2010, peu de scientifiques s'étaient intéressés à ce savoir courant des jardiniers. Une équipe mixte  composée de météorologues, de physiciens et de biologistes a néanmoins récemment passé cette légende au crible des lois de l'optique. Et il s'avère que physiquement, le soleil ne peut brûler la plante arrosée, les gouttelettes étant trop petites et pas assez arrondies ou éloignées de la feuille, pour converger suffisamment de rayonnement. Du reste, avant qu'un dommage significatif puisse être observé, les gouttelettes sont depuis longtemps évaporées.

Une brûlure, selon les auteurs de cette étude, pourrait être occasionnée chez certaines variétés de plantes à poil, sur lesquelles les gouttelettes restent à distance de la surface de la feuille, focalisant ainsi plus efficacement le rayonnement. Néanmoins, à cause de ces mêmes poils susceptibles de maintenir les gouttelettes à distance, l'eau a tendance à glisser systématiquement des feuilles. Entre l'évaporation et l'évacuation, l'eau ne peut que rarement infliger un dommage local sur une petite portion de feuille.

Bien évidement, arroser les plantes en plein soleil, leurs feuilles tout au moins, est tout de même déconseillé, mais seulement pour des raisons pratiques : l'eau s'évapore rapidement et l'arrosage est donc inefficace. Par contre, assoir un tapis d'herbe coupée au pied de la plante, et l'arroser, permet de limiter l'évaporation (en même temps que la consommation d'eau!) tout en maintenant une humidité efficace.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont utilisé un modèle informatique pour tester les effets de la convergence de rayonnement de gouttelettes sur les feuilles de plantes selon l'heure (et donc la position du soleil) de la journée. Ils ont également vérifié expérimentalement les données en soumettant certaines plantes à grosses feuilles, comme des érables, à un arrosage sous un soleil de plomb. Il s'avère que les gouttelettes d'eau saine ne peuvent entrainer de dommage significatif. Contrairement à ce que l'on pourrait supposer, s'il devait y avoir brûlure, ce serait davantage lorsque le soleil est aux extrémités du ciel (un peu après l'aube/un peu avant le crépuscule, précisément avec un angle de 23°) plutôt qu'au zénith ou en pleine journée.

D'éventuelles traces de brûlures peuvent par contre être observées lorsque l'eau est impropre (acidité trop élevée, présence de fertilisants...), laissant des marques semblables à celles de brûlures du soleil. Remplaçant les gouttelettes par des lentilles de verres ayant un effet plus fort et sur plus longtemps, les chercheurs ont effectivement observé des brûlures. Cela dit, s'il tombait des billes de verre du ciel, le rayonnement ne serait pas le principal souci des plantes et des jardiniers qui les arrosent...

Egri A., Horváth A., Kriska G., Horváth G. (2010). "Optics of sunlit water drops on leaves: conditions under which sunburn is possible.". New Phytologist. 2010 Mar;185(4):979-87.
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Animal, végétal... combien de règnes existe-t-il?

Si l'on est habitué à entendre parler du règne animal ou du règne végétal, l'existence d'un troisième règne, fongique (celui des champignons), est déjà un peu moins connu. Et ce n'est cependant pas le seul règne supplémentaire.

La nomenclature actuelle basée sur les travaux de Woese et son équipe (1977, 1990)[1], et ceux de Cavalier-Smith (1998, 2004)[2] intègre l'existence de 6 règnes différents : Animaux, Végétaux, Champignons, mais également Protistes, Bactéries et Archées (archea), ces trois derniers étant constitués d'organismes unicellulaires principalement.

A quoi correspondent ces règnes?

Archées et bactéries sont des procaryotes : leur matériel génétique est libre, non enfermé dans un noyau, leur mode de reproduction est asexuée, scissiparitaire. La scissiparité consiste en une duplication de l'ADN, après laquelle la cellule mère donne naissance par scission, à deux cellules filles identiques. Archées et bactéries sont différenciées sur une base phylogénétique et moléculaire, les archées étant beaucoup plus proches, phylogénétiquement, des eucaryotes, que des bactéries. Deinoccocus Radiodurans, surnommée Conan la bactérie grâce à ses résistances exceptionnelles, ou Pyrolobus Fumarii, qui résiste à une température de 113°C, sont des exemples d'organismes bactériens et archées.

Les Procaryotes se distinguent des eucaryotes (noyau et mode de reproduction par mitose) qui comprennent les 4 autres règnes : végétal, animal, protiste et fongique. Le règne fongique est apparu dans la littérature à partir de 1969, il est donc récent, bien que proposé dès 1949 (Jahn J-T. et Jahn F.) Pourtant, les champignons se distinguent nettement des végétaux sur plusieurs points : absence de photosynthèse, nutrition à base d'élément organique (comme les animaux), absence de feuilles... C'est par exemple le cas du plus grand champignon du monde, Armillia Ostoyae.

Les protistes constituent un règne à part constitué de petits organismes, majoritairement unicellulaires. Dans la classification phylogénétique actuelle, les protistes n'existent plus en tant que règne, à cause de leur grande diversité. Cavalier-Smith a proposé de les déclasser en deux règnes distincts, Protozoaires (premiers organismes à phagocyter leur nourriture) et Chromista (eucaryotes microscopique majoritairement photosynthétiques). Néanmoins, les protistes restent une référence de la classification classique.

Classification en empire/domaine et en règne

Du fait des différences énormes de constitution entre les bactéries, les archées, et les eucaryotes, plusieurs auteurs ont proposé de surclasser les règnes en deux empires (Procaryotes/bactéries et Eucaryotes, Cavalier-Smith, 2004) ou en trois domaines (Bactéries, Archées, Eucaryotes, Woese, 1990), tandis que d'autres auteurs (ou les mêmes) suggéraient la scission de règnes existant en plusieurs règnes différenciés (les protistes déclassés en Chromista et Protozoaires, ou les archées déclassées en Crenarchaeota et Euryarchaeota) ou l'avènement d'autres règnes indépendants, comme celui des Archetista (virus). Les virus ne sont pas encore considérés comme vivants. Toutefois, des virus volumineux (plus gros que certaines bactéries!) qui ont perduré à travers le temps, relancent le débat. Mimivirus et Mamavirus possèdent ainsi des gènes communs à certaines bactéries, certaines archées et même des eucaryotes. Ces deux virus sont si gros qu'ils peuvent même être infectés par d'autres virus. Considérant qu'il s'agit de virus très anciens, on peut imaginer les placer dans une classification phylogénétique qui les ferait entrer, de facto, dans le sur-domaine du vivant.

Pour en savoir plus :
[1] Woese R. C., Kandler O., Wheelis M. L. (1990) "Towards a Natural System of Organisms: Proposal for the domains Archaea, Bacteria, and Eucarya". Proceedings of the National Academy of Sciences. (Pdf)
[2] Cavalier-Smith, T. (2004). "Only six kingdoms of life". Proc. R. Soc. Lond. B 271: 1251-1262. (pdf)
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Quelles différences entre venimeux et vénéneux, poison et toxine?

On a coutume d'associer exclusivement l'adjectif "venimeux" à des animaux, et son parent proche, "vénéneux", aux plantes, mais une telle distinction est incomplète et injustifiée : d'une part, elle ne tient pas compte des quatre autres règnes du vivant (protistes, champignons, bactéries, archées), d'autre part, elle ne permet pas de définir certains cas limites, ni n'explique certaines données paraissant contradictoires (une substance unique peut être à la fois secrétée en tant que venin par un animal ou par une plante vénéneuse).

Par exemple, le Dragon du Komodo contient dans sa gueule des bactéries qui, lorsqu'il mord une proie, peuvent se répandre dans le corps de celle-ci, et peuvent provoquer sa mort par septicémie plusieurs jours après. Pourtant, le varan ne produit pas lui-même cette substance toxique. L'autre exemple des pitohuis ou des batraciens phyllobates, dont les plumes pour les premiers et la peau pour les seconds, contiennent de la batrachotoxine, n'injectent pas cette substance, qui se dépose plutôt lors de contacts. L'ortie présente des piques venimeux, bourrés de toxines, alors qu'elle est une plante. Certaines plantes carnivores produisent des sucs digestifs corrosifs dans le but de dégrader et d'absorber leurs proies...

On peut distinguer 4 critères principaux sur lesquels différencier le caractère venimeux ou vénéneux d'un organisme :
Le mode d'administration : l'inoculation venimeuse (supposant un mécanisme volontaire ou dédié à l'agression chimique) ou l'absorption vénéneuse (par un mécanisme indépendant de l'organisme vénéneux)
La stratégie de transfert de la substance : mécanisme actif ayant pour but de transmettre la substance venimeuse (morsure, piqûre) ou mécanisme passif de production ou d'intégration d'une substance vénéneuse.
L'origine de la substance toxique : venin produit à partir de glandes dérivées du système digestif ou substance vénéneuse produite par un autre système.
L'appartenance de règne, classique : le venin appartient généralement à un animal, tandis qu'une substance vénéneuse est généralement le produit d'une entité végétale ou mycète.

Grâce à ses quatre critères, on peut mieux définir la nature d'une substance toxique présentée par un organisme, la dernière règle servant par convention à déterminer une substance que l'on ne peut classer à partir des trois autres. les Pitohuis et les Phyllobates répondent à 3 critères sur 4 permettant de les définir comme vénéneux. A l'inverse, les plantes carnivores productrices de sucs digestifs corrosifs peuvent être qualifiées de venimeuses, répondant à 3 critères sur 4 qui la classent dans cette catégorie. Le Varan, quant à lui, n'est ni l'un ni l'autre : ce sont les bactéries qui produisent les toxines entrainant la septicémie. Les micro-organismes des règnes Archées, Bactéries et Protistes, ne sont ni vénéneux ni venimeux, mais sont simplement qualifiés de toxiques. Dans les cas limites comme les orties ou les méduses, on a généralement recours à d'autres adjectifs (par exemple, urticants), et l'on nomme les cellules ou organes responsables de la toxicité, venimeux (piques venimeuses, nématocystes venimeux). Si les 4 critères ne permettent pas de trancher, la quatrième, par convention définit la nature de la toxicité : vénéneux concernant les orties, venimeux concernant les méduses.

Dans tous les cas, ces substances sont toxiques et constitue des poisons. Tandis qu'un poison est simplement une substance qui cause des dommages à un organisme (ou une partie de celui-ci), une toxine est un poison biologiquement produit. Le plomb est par exemple un poison, terme plus général que Toxine. Paradoxalement, le caractère toxique s'applique aussi bien aux poisons qu'aux toxines : de fait, toutes les substances sont toxiques (même l'eau!), l'élément central de la définition du caractère toxique est la dose à partir de laquelle la substance devient toxique.

Pour en savoir plus :
Vénéneux, venimeux, quelle différences? sur NatureXtreme
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Wonderboom, l'arbre sacré

A quelques kilomètres au nord de Prétoria, Afrique du sud, vit (ou plutôt vivent!) un ficus géant sous la forme de treize troncs individuels distincts mais néanmoins semblables. Tous sont issus d'un même arbre-mère ou des arbres-filles constituant sa descendance.

Wonderboom, l'arbre sacréWonderboom, littéralement "L'arbre miracle", est né il y'a probablement un peu plus d'un millénaire. A l'origine il n'était qu'un seul tronc plein de vitalité, aux longues branches s'échappant de leur centre pour capter un maximum de lumière, jusqu'à parfois, toucher le sol. Certaines de ces branches qui touchaient terre ont alors pris une existence propre en s'enracinant dans le sol, donnant ainsi naissance à de nouveaux troncs autour l'arbre-mère central.

Cette seconde génération est même parvenue, pour trois d'entre ses troncs recrées à partir de branches tombantes, à donner naissance selon le même principe à une troisième génération, chacune des générations s'étendant autour de la précédente. Le résultat : 13 troncs représentant 3 générations, s'étalant sur près de 50m², qui pourraient offrir de l'ombre à 1000 personnes.

Ce mode de reproduction n'est pas unique, d'autres ficus, y compris les Ficus Salicifolia dont Wonderboom est un représentant, peuvent donner naissance à des homologues, créant ainsi par cercles concentriques autour de l'arbre premier, de véritables bosquets d'espèce unique.

Néanmoins, Wonderboom a ceci de particulier qu'il s'élève à plus de 23 mètres de haut, tandis que les autres Ficus Salicifolia atteignent généralement 9 mètres tout au plus. Sa taille imposante et son aspect particulier en ont fait un point de visite régulier et sacré pour les Voortrekkers, des immigrants allemands des années 1830. La façon dont Wonderboom s'est étendu circulairement représente également un phénomène rare pour des arbres de cette ampleur.

Wonderboom est situé au pied des montagnes Magaliesbergue, à l'intérieur de la Wonderboom Natural Reserve, de plus d'un km², qui comprend également d'autres sites intéressants : un site datant de l'âge de pierre ayant offert de nombreuses traces et outils de la technique représentative de cette époque, un autre site portant les marques d'un âge de fer. La réserve est également connue pour abriter et constituer un lieu de reproduction des aigles noirs.

Image : Boris Gelorik
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Elysia Chlorotica : l'animal qui fonctionne à l'énergie solaire

Elysia Chlorotica est une limace de mer qui peut réaliser la photosynthèse, et ainsi bénéficier de ses produits (sucres et autres nutriments) à tel point qu'elle n'a plus besoin de se nourrir!

On la trouve sur la côte Est de l'Amérique du Nord. Adulte, elle ressemble à une feuille verte de 2 à 3 cm de long, avec deux parapodes (des "bords" en forme de feuilles) pouvant se replier pour la protéger. Dans sa forme juvénile, elle arbore une couleur brune avec de nombreux petits points rouges. Son régime alimentaire se constitue alors d'algues Vaucheria litorea dont elle va tirer des chloroplastes (les éléments verts réalisant la photosynthèse chez les plantes), qu'elle va ensuite intégrer à ses propres cellules. Son vaste système digestif se colore ainsi du fait de la présence des chloroplastes, donnant une vive couleur verte à l'élysie, surnommée de par cette caractéristique, "élysie émeraude".

Malheureusement, l'ADN des chloroplastes ne contient les gènes ne correspondant qu'à environ 10% des protéines permettant à ceux-ci de réaliser correctement la photosynthèse. Aussi, Elysia Chlorotica a développé un moyen peu scrupuleux de parvenir à ces fins : elle "vole" littéralement des gènes de l'algue, qui elle, possède tout ce qu'il faut pour contenter les chloroplastes, et les intègre à son propre génome! Ce phénomène particulier de transfert horizontal de gène est nommé Kleptoplastie.

Une fois acquise sa capacité à réaliser la photosynthèse, Elysia Chlorotica peut dès lors vivre sans se nourrir (bien qu'elle continue à le faire tant qu'elle le peut). Il lui suffit d'un peu de lumière et de sa propre respiration pour que les chloroplastes la fournissent en nutriments. Elle peut alors survivre 8 mois (et probablement jusqu'à sa mort naturelle, son espérance de vie moyenne se situant à un an) sans nourriture... Elle perd néanmoins un peu de sa couleur mais les chloroplastes restent intacts et fonctionnels.

Elysia possède d'autres capacités intéressantes : elle est capable de parthénogenèse, c'est-à-dire, capable de se reproduire seule. Elle possèdent à la fois le sperme et les oeufs qui lui permettent une descendance (on parle d'hermaphrodisme simultané). Toutefois, ce mode de reproduction n'est pas bénéfique pour l'espèce, aussi les élysies émeraude ont autant que faire se peut, recours à la fécondation croisée (2 individus au patrimoine génétique différent).

D'autres espèces peuvent posséder cette capacité de photosynthèse, notamment parmi ces cousines appartenant à la classe des sacoglossae. Le vol de gène n'est pas non plus inconnu (voir Spoutnik, le virus à virus), toutefois, l'échange de gènes entre espèce rend généralement le gène inopérant, ce en quoi l'élysie émeraude se démarque.

Elysia Chlorotica a tout compris du rêve écologique : manger des plantes et devenir soi-même un animal à énergie solaire!


Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). "Transfert horizontal de gènes et acquisition de chloroplastes chez Elysia Chlorotica". (online) NatureXtreme.
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George Washington et Thomas Jefferson fumaient-ils du cannabis?

Ces deux grands présidents des États-unis cultivaient du cannabis : dans une note écrite en 1794 (The Writings of George Washington, Volume 33, page 270), George Washington évoque le cannabis indien. Dès 1765, il donnait même quelques conseils à son jardinier, sur la culture du cannabis. Thomas Jefferson, quant à lui, exprimait son goût pour la cannabis sur sa terrasse.

Ce ne sont pas les seules personnalités célèbres, ni même les seuls présidents américains ayant vraisemblablement consommé occasionnellement ou régulièrement du cannabis :

"Make the most of the Indian hemp seed, and sow it everywhere!"
- George Washington, U.S. President, dans une note adressée à son jardinier à Mount Vernon

"Hemp is of first necessity to the wealth & protection of the country." - Thomas Jefferson, U.S. President

Some of my finest hours have been spent on the back of my veranda, smoking hemp and observing as far as the eye can see.” - Thomas Jefferson, U.S. President

"We shall, by and by, want a world of hemp more for our own consumption." - John Adams, U.S. President

"Two of my favorite things are sitting on my front porch smoking a pipe of sweet hemp, and playing my Hohner harmonica." -Abraham Lincoln, U.S. President, dans une lettre à la Hohner Harmonica Company d'Allemagne.

"I inhaled frequently. That was the point." - Barack Obama, U.S. President
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Le plus vieil organisme vivant

L'arbre Mathusalem, un pin de Bristelcone (pinus longaeva) était considéré jusqu'en 2008 comme l'arbre le plus vieux de la planète, affichant au compteur temporel plus de 4840 ans (4843 en 2011). Le plus vieil arbre précédent affichait quelques années de plus : Prometheus, de la même espèce, était vieux de 4862 ans lorsqu'on l'a abattu en 1964.

C'est grâce à leur position, haute dans les montagnes, que ces arbres ont su résister si longtemps, se mettant en sommeil lors de l'hiver particulièrement rude de cette région de Californie, White Mountains.

Néanmoins, d'autres prétendants au titre de plus vieil organisme vivant présentent un âge plus avancé, c'est le cas d'un bosquet nommé Old Tjikko découvert en Suède en 2008, un bosquet d'épicea commun dont de nombreux membres sont très âgés. Les estimations sont controversées et l'on retient l'âge néanmoins impressionnant de 7890 ans pour le plus vieil arbuste de ce bosquet, évalué au carbone 14. ses voisins atteindraient 5000 ans. Cette résistance est en partie due à l'étonnante capacité de régénération de l'arbuste : dès qu'une tige meure, elle est aussitôt remplacée. Sunland Baobab, dans la province Limpopo d'Afrique du Sud, est également un prétendant au titre, qui pourrait être âgé de 6000 ans. Toutefois, les baobabs ne présentant pas d'anneaux concentriques permettant d'inférer leur âge, la seule datation au carbone 14 permet de l'évaluer, et les estimations de son âge ne sont pas définitives.

Quand on parle d'organisme simple, les épicéa semble les plus âgés. Toutefois, si l'on considère que des colonies clonales (des individus au même patrimoine génétique et interconnecté, formant un organisme plus complexe) forment un être organique complexe mais unique, alors le plus vieil organisme de la terre pourrait être Pando, une colonie clonale de Peuplier Faux-trembles, âgé de quelques 80 000 ans. D'autres colonies clonales pourraient rivaliser, comme la Posidonia oceanica de Méditerranée ou le champignon Armillia Ostoyae de l'Oregon. Old Tjikko est lui même une colonie clonale : sa date de naissance en tant qu'organisme complexe remonterait à 9550 ans.

Les animaux sont hors concours, avec un âge maximal déterminé à 405 ans pour un coquillage, Arctica islandica. Cependant, des cas particuliers d'êtres biologiquement immortels peuvent relancer le débat, c'est le cas de la méduse immortelle Turritopsis nutricula, ou de l'hydre aux propriétés régénératrices sensationnelles. Une éponge d'Antarctique, dont le développement serait particulièrement lent à cause du froid, pourrait être âgée de 1550 ans.

Il faut également noter le cas d'une halobactérie emprisonnée dans des cristaux de sodium chloride, il y'a 250 millions d'années, puis revenue à une activité vivante par l'intervention de Russel Wreeland et ses collègues, de la West Chester university, en 2008. C'est la plus vieille entité vivante connue jusqu'alors.
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Général Sherman, l'arbre le plus volumineux du monde

Sa stature est impressionnante, son volume, de fait, l'est également : Général Sherman, le sequoia géant du parc national Sequoia (Californie) affiche 1487 mètres-cube au compteur, après 2200 ans passé sur Terre.

D'un diamètre de 11,1 mètre à la base, il culmine à près de 84 mètres (83,8). Il fut baptisé par le naturaliste James Wolverton en l'honneur du Général Wiliam Tecuseh Sherman, un officier ayant brillé durant la Guerre de Sécession, non moins par ses victoires et sa stratégie que par ses manœuvres de guerre brutales et cependant efficaces.

Les séquoias géants (sequoiadendron giganteum) sont parmi les plus gros et imposants arbres de la faune terrienne. Ils ne sont cependant pas les plus grands : actuellement, le plus grand des arbres de la planète est une sequoia sempervirens du Redwood National park, baptisé Coast Redwood, avec une hauteur de 115, 56 mètres. Certains eucalyptus d'Australie rivalisent la taille des séquoias. Ainsi, Australia Mountain-Ash, un eucalyptus regnans, affiche 99,6 mètres. Certains de ces eucalyptus pourraient mesurer plus de 120 mètres!

Général sherman avait également un rival bien supérieur au début du 20ème siècle : Le Lindsey Creek Tree, tombé après une tempête en 1905, et également de la classe sequoia supervirens, pesait 3300 tonnes, pour 2550 mètres-cubes.
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