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Sapin en plastique ou vrai sapin?

Une idée qui fait son chemin ferait du sapin en plastique un produit plus écolo qu'un vrai sapin, pour Noël, et pour cause : pour avoir un vrai sapin, il faut couper un arbre. Pas du tout écolo, ça... Mais bien sûr que si!
Couper un vrai sapin ou acheter un sapin artificiel?
Du point de vue bilan carbone, le vrai sapin est neutre : pendant sa croissance, il absorbe du dioxyde de carbone et le décompose en carbone et oxygène. 80% des vrais sapins vendus en France sont cultivés spécialement pour l'occasion de Noël, principalement dans le Morvan, dans les zones peu propices à l'agriculture traditionnelle. Une fois Noël passé, le sapin est coupé en copeau, éventuellement composté ou recyclé. Dans tous les cas, il libère petit à petit exactement la même quantité de dioxyde de carbone qui lui a été nécessaire pour se développer.

Pour le sapin en plastique ou en matériaux "artificiels", ce n'est bien évidemment pas pareil : on utilise des énergies fossiles pour fabriquer un produit par ailleurs difficilement recyclable, comme n'importe quel sac plastique ou bouteille de la même matière. Étant donné la longueur de la biodégradation de ce produit, l'énergie est en quelque sorte perdue pour toujours (au moins pour un très long moment). Étant donné également l'utilisation importante d'énergie pour la production et le transport des sapins artificiels, le bilan en gaz à effet de serre du sapin artificiel est lourd et néfaste pour l'environnement.

De plus, les vrais sapins de noël sont généralement plantés et coupés dans des pépinières, dont les possesseurs replantent vite d'autres sapins pour remplacer les précédents. Le cycle est donc bouclé : pour un arbre coupé, un autre est replanté. Au final, très peu d'énergie se perd tandis que l'équilibre carbone ou énergétique se maintient, ce qui est loin d'être le cas avec des sapins artificiels : si l'on continue à en fabriquer (principalement en Chine pour les usages occidentaux), les anciens finissent dans la majorité des cas à la décharge. A Noël, pour se montrer un peu écolo, n'hésitez pas à couper un sapin!
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Les gargouilles de la chapelle de Bethleem

A Saint-Jean-de-Boiseau, petit village de Loire Atlantique, une chapelle dont la construction fut initiée au Moyen-Âge, possède sur ses tours des gargouilles sculptées représentant un Alien, un Gremlins, Gizmo ou encore Goldorak!

La gargouille Gremlins
Passée au patrimoine mondial en tant que monument historique le 30 août 1911, la Chapelle de Bethléem, située entre Saint-Jean-de-Boiseau et Le Pellerin, subit l'érosion du temps et des hommes depuis sa conception au Moyen-Âge. Bâtie pour l'honneur aux rites catholiques romains, elle tenait cependant compte des origines du lieu : situé près d'une source, l'endroit était utilisé par les druides pour célébrer la Beltane, le passage de la saison obscure à la saison claire. En hommage à ces rites, les sculptures présentes sur la baie ouest, furent dédiées au druidisme et à la mythologie celtique, faisant de la chapelle un lieu de communion de différentes cultures.

De 1993 à 1995, lors de la restauration de la chapelle, et alors que de nombreuses gargouilles originales étaient tombées en miette, se posait alors question de la nature et des façons dont on allait donner nouvel éclat au site. Le travail fut confié au Maître sculpteur Jean-Louis Boistel. La tâche pouvait paraître compliquée du fait que très peu de descriptions historiques de la chapelle étaient disponibles... Et l'état d'érosion était tel qu'il n'était plus possible de deviner l'apparence originale exacte de certaines parties de la chapelle. Néanmoins, l'esprit de celle-ci demeurait : réunir en un même lieu des figures d'origines culturelles différentes, en l'honneur de la coexistence de ces cultures.

Le célèbre xénomorphe ou Alien, de Giger, sculpté d'une main d maître à la Chapelle de Bethléem par J.L. Boistel
Fruit du travail de restauration de Maitre Jean-Louis Boistel, de nombreuses gargouilles, certaines restaurées, d'autres complètement resculptées, ornent désormais les pinacles de la Chapelle de Bethléem. On peut y voir des sculptures en hommages aux figures des mythologies chrétiennes et celtiques, telles qu'Adam et Eve, l'Ankou et le Druide, mais également des figures plus contemporaines issues des cultures cinématographiques ou de l'animation japonaise : Ainsi, Gizmo le gentil Mogwaï côtoie l'un de ses méchants cousins Gremlins, une gargouille Goldorak y incarne la droiture et l'esprit chevaleresque des temps modernes, un Alien issu de l'esprit de l'artiste Giger, représente quant à lui le monstre mythologique Léviathan. Toutes ces sculptures participent de l'esprit d'assimilation culturelle original de la chapelle. Tout simplement, un travail magnifique dont la description ne vaut bien entendu pas les photos!

La chapelle après et avant restauration, et quelques unes des gargouilles qui en ont fait une attraction nationale
L'idée d'utiliser des représentations contemporaines de gargouilles pour orner les pinacles de monuments religieux se retrouve par ailleurs, toutefois. La Cathédrale Nationale de Washington, par exemple, contient sur son flanc ouest certaines gargouilles à l'aspect curieux : l'une représente un politicien corrompu, dont les poches pleines laissent voir des billets de banque dépasser. On peut également y voir un jeune business-man pressé avec son attaché-case. Une autre représente la mythologie de Star Wars sous les traits de Dark Vador, sculptée par Jay Hall Carpenter, un artiste sculpteur également visionnaire et icônoclaste, dont vous pourrez admirer le travail ici.

Dark Vador de la Cathédrale Nationale de Washington, ainsi qu'une autre création du sculpteur Jay Hall Carpenter
Comme nous voyons d'anciennes sculptures, de nos jours, verrons-nous dans quelques siècles ces gargouilles contemporaines comme un reliquat historique d'une époque révolue?

Pour en savoir plus : 
Jean-Louis Boistel. Restauration du patrimoine pierre-terre. Travaux et créations. Vous pourrez y trouver les différentes créations de l'artiste et le détail de l'équipe s'étant occupé de la restauration de la Chapelle de Bethléem. Les images représentant gargouilles de la chapelle et chapelle elles-mêmes sont issues du site de J.L. Boistel.
Wikipédia : Chapelle de Bethléem.
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L'obsolescence programmée ou l'art de faire payer plus souvent

L'obsolescence programmée est à la fois une technique de production et un principe économique, né(e) dans les années 1920, dont les consommateurs sont généralement outrés : Aussi appelée désuétude planifiée, elle consiste à produire un objet en s'arrangeant pour que celui-ci ne dure qu'une temps limité, afin que le consommateur soit amené à payer plus rapidement son remplacement ou un nouvel objet.

L'art de faire tomber plus de billets
L'obsolescence programmée consiste ainsi à fabriquer un objet en prévoyant une date moyenne de fin, et en s'arrangeant pour limiter la durée de vie de l'objet par les techniques de fabrication, l'effet de mode, la réalisation structurelle qui s'y prête, ou grâce à des composants dont la durée de vie a elle même été soumise à un principe d'obsolescence programmée, ou encore qui ont à la base une durée de vie correspondant à l'objectif de fabrication fixé.

Le premier cas supposé d'obsolescence programmée a visé les lampes à incandescence en 1924. Un cartel de fabricants d'ampoules créé pour l'occasion s'est accordé sur le passage volontaire de la durée de vie des ampoules classiquement vendues jusqu'alors.

Le principe suit un but simple : faire payer davantage (pas forcément directement) et surtout plus fréquemment le consommateur en lui soumettant un produit qui ne durera qu'un temps limité et qu'il devra remplacer régulièrement... Ainsi, les lampes à incandescence ont été le premier type d'objets soumis à cette nouvelle et désagréable loi de fabrication, en 1924, lorsqu'un cartel (le Cartel de Phoebus) se forme. Ce cartel se composait des grands fabricants de lampes de l'époque, qui, constatant que la durée des ampoules s'accroissait (en moyenne 2500 heures en 1924), prirent la décision de limiter leur longévité. Il se dotèrent même pour s'assurer que l'accord était respecté, d'une charte et d'un office chargé de surveiller que les lampes du conglomérat n'excédaient pas un plafond établit à 1000 heures de fonctionnement. Dès 1930, la plupart des fabricants s'étaient alors alignés sur la production d'ampoules de durée de vie moyenne correspondant à cet objectif. Scandaleux, n'est-ce pas? D'autant plus scandaleux qu'il s'agirait désormais d'une pratique courante, de l'automobile à l'électroménager, en passant bien entendu par l'informatique... 

Par exemple, les batteries de 1ère, 2nde et 3ème génération de l'Ipod étaient prévues pour durer 18 mois. Passé ce délai et lorsque la panne survenait, le service technique d'Apple invitait alors le consommateur à renouveler son appareil plutôt qu'à remplacer sa batterie (la firme ne proposait d'ailleurs pas de batterie de remplacement). Il a fallu attendre un recours collectif intenté par Elizabeth Pritsker pour qu'Apple décide enfin de se munir d'un service de remplacement des batteries. L'autre exemple des bas-nylon des années 1940, produits par DuPont, pointe l'une des raisons de l'utilisation de cette stratégie : les bas étaient si résistants que les ventes se sont effondrées après quelques années. L'entreprise a donc confectionné des bas moins résistants, qui se filaient davantage, en les rendant moins résistant aux UV...

On note ainsi de nombreuses méthodes permettant d'altérer la durée de vie d'un produit fabriqué, pour des buts parfois différents (certains assez mesquins, comme maximiser le profit, d'autres plus neutres, comme maintenir l'activité, ou même des buts relativement philanthropiques, comme forcer le consommateur à racheter un produit moins polluant lorsque celui-ci sera disponible). Parmi ces méthodes :
  • Obsolescence technique ou fonctionnelle : lorsqu'une pièce est défectueuse, l'ensemble du produit ne fonctionne plus. Or, si le prix de remplacement (y compris transport et main d'oeuvre) est trop élevé ou à peu près équivalent au prix du neuf, le consommateur aura alors tendance à acheter un nouveau produit. Cette technique est très peu écologique (beaucoup de déchets...). Remplacer le métal par du plastique, plus fragile, en est un exemple. Refuser le remplacement des pièces est également un moyen parfois utilisé. Changer le format de logiciels (comme les nouveau format audio ou vidéos) en est un autre exemple.
  • Obsolescence par péremption : généralement, les dates de péremption indiquent la date limite d'utilisation optimale (DLUO) et non la date limite de consommation (DLC). Le dépassement de la DLUO peut affecter le goût de denrées alimentaires, par exemple, mais celles-ci ne présentent pas de risques. Seules la DLC indique quand il est recommandé, faute de risque pour la santé, de jeter les produits concernés.
  • Obsolescence indirecte : bien que fonctionnant encore, certains produits deviennent obsolètes du fait que les produits associés ne sont plus commercialisés (comme les batteries ou les chargeurs de téléphones portables). Le contrôle des brevets par les industriels leur permet d'arrêter la production de pièces de remplacement en s'assurant que personne ne pourra les reproduire, incitant alors le consommateur à essayer (et acheter) les produits plus récents. Certains vont même jusqu'à remplacer un ancien produit pendant plusieurs années, et une fois qu'il a disparu, tentent de le remettre au goût du jour (exemple des lecteurs vinyles).
  • Obsolescence par incompatibilité, souvent remarquée en informatique, et consistant à rendre inopérants les anciens produits (A) ayant besoin d'autres produits (B) pour fonctionner. Il suffit de s'arranger pour que B ne supporte pas les produits A (plus de compatibilité) afin que l'achat de B, ou même seulement sa mise à jour (parfois "gratuite") force le consommateur à renouveler son parc de produits A...
  • Obsolescence par publicité : c'est le domaine des modes et des tendances offertes par les publicitaires, que l'on retrouve dans l'exemple de General Motors dès les années 30, usant de la publicité pour démoder les anciennes automobiles afin de pousser le consommateurs à en changer régulièrement. Les primes de rachat participent également de ce phénomène en incitant le consommateur à changer un produit qui fonctionne pourtant encore!
L'obsolescence programmée est encore sujette à débat quant à son existence réelle et grandement partagée au sein des fabricants de toute sorte, pour de nombreuses raisons : tous les produits ne s'y prêtent pas forcément, ces sujets sont également (et on le comprend) incroyablement tabous dans les firmes suspectées d'établir une désuétude planifiée de leurs produits, et plusieurs auteurs estiment voir dans le concept d'obsolescence programmée, une vaste théorie complotiste ne décrivant que très incorrectement la réalité. Néanmoins, les exemples et les suspects sont légions, et de nombreux auteurs indépendants (commissions d'enquête, journalistes, associations de consommateurs) confirment et dénoncent le phénomène plus fréquemment depuis quelques années.

Toutefois, nous vous invitons bien sûr à prendre cet article avec toute la réserve et la prudence qui s'impose!

Pour en savoir plus :
Slade, G., (2006). "Made to Break : Technology and Obsolescence in America", Harvard University Press, 2006
L'obsolescence programmée, mythe ou réalité? Ecologie.tv
Wikipédia : Plannified obsolescence.
Documentaire TV Arte : Prêt à jeter : l'obsolescence programmée (youtube). Louable en VOD.
Un contre-avis intéressant : Le mythe de l'obsolescence programmée, Econoclaste.org.free.fr
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Princesse, l'araignée mécanique géante

Le cauchemar des Arachnophobes, une araignée de 15 mètres de haut collée à votre fenêtre... De son doux nom "La Princesse", cet étonnante bestiole est apparue pour la première fois le 3 septembre 2008 à Liverpool, accrochée à un vieil immeuble de Lime Street, le Concourse House, promis peu de temps après à la destruction. Le matin du 5 septembre, elle fut déplacée vers les entrepôts de l'Albert's Dock mais s'éveilla vers l'heure du déjeuner, remuant quelque peu et aspergeant d'eau les passants attroupés. Elle fut aperçue en soirée au Cunard building, mais revient le lendemain au Concourse House pour y passer la nuit.

La Princesse. Img : Mann W.
Alors que la nouvelle se répandait et que ses déplacements étaient suivis par plus de 10 000 personnes, l'araignée traversa la ville, donnant l'occasion de photographies atypiques à côtés des plus célèbres bâtiments de la ville. Puis, après avoir inspecté les environs et effrayé les badauds à coup de jets d'eau et de flammes, elle se réfugia dans le Tunnel du Queensway. Ce fut sa dernière apparition dans la ville, mais 400 000 visiteurs attestent de son existence et lui ont même donné le nom de "La Princesse".

On la revit un an plus tard, néanmoins,avec l'un de ses congénères, à l'autre bout du globe : La Princesse avait jeté son dévolu sur la baie du port de Yokohama, arpentent les rues pendant la journée et rejoignant son nid le soir au Red Brick Warehouse. Sa visite à l'occasion du 150ème anniversaire du port a duré 150 jours, après quoi, elle revint finalement à Liverpool, son nid originel.

Cette étrange créature et son compagnon dépassent les 12 mètres, pour 37 tonnes. Munie de lances à eaux et d'autres gadgets pyrotechniques, l'araignée mécanique ne se contente pas de s'accrocher aux murs, elle se déplace à l'aide d'une cinquantaine de vérins hydrauliques commandés par 10 hommes.

La Princesse arrosant les passants.
C'est une création de la compagnie de Théâtre de rue La Machine, une association fondée en 1999 par François Delarozière, se donnant pour but de rassembler artistes, décorateurs, inventeurs et techniciens, sur les projets les plus fous de machines ou d'objets de décorations atypiques et aux fonctions insolites : la Tartapulte, la Machine à étaler le Nutella, la Machine à marcher comme les égyptiens, la Catapulte à piano... Toutes de formidables constructions et merveille de l'ingénierie et de l'esthétisme.

La Machine produit des spectacles mettant en scène ces prodigieuses conceptions, leur attribuant à l'occasion des explications, des musiques, des histoires... Ces expositions rendent ainsi hommage à travers le spectacle, aux machinistes et à ces bijoux de mécaniques qui font leur fierté.
La Princesse et son compagnon à Yokohama. Img Yamada M.

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Le nom de ville le plus long

Bangkok (capitale de la Thaïlande) est le diminutif de : Krung Thep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit.

Le véritable nom de Bangkok, ou nom cérémonial, formé à partir des langages anciens Pali et Sanskrit, s'écrit en Thaï :


Cette version officielle, déclarée par le Roi Bouddha Yodfa Chulaloke se diminue en Krung Thep ou Krung Thep Maha Nakhon, "Krung" signifiant "Capitale".

La signification approximative du nom officiel dans sa forme entière est : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn

Il s'agit tout simplement, selon le Guiness book, du nom le plus long donné à une ville (Bangkok est également une province), toutes langues confondues. D'autres considèrent comme le plus long nom de ville, celui de Taumatawhakatangihangakoauauotamateapokaiwhenuakitanatahu, une ville de Nouvelle-Zélande, qui a le "mérite" de s'écrire en anglais. A l'inverse, certaines villes (19) détiennent le record du plus petit nom : une lettre seulement. Il en existe 19 dont une en France, la commune d'Y, dans la Somme. La commune de france ayant le nom le plus long est Saint-Remy-En-Bouzemont-Saint-Genest-Et-Isson, dans le département de la Marne.

Pour en savoir plus :
Wikipédia : Bangkok
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Le plus grand barrage de castor, découvert grâce à Google Earth

C'est une étonnante découverte qu'a réalisé Jean Thie en octobre 2007, sur Google Earth, lors d'une recherche sur la fonte du permafrost dans le grand nord canadien. Une formidable étendue de couleur brune au milieu de la verdure, repérée par satellite s'est avérée être une construction exceptionnelle, visible depuis l'espace et... non humaine! Il s'agissait du plus grand barrage de castors du monde : 850 mètres de bois patiemment assemblé pour créer une retenue d'eau propice à l'activité des castors, probablement sur plusieurs générations, depuis plus de 40 ans.


Le plus grand barrage de castor - Google Earth - Coordonnées GPS : 58,27 / -112,25

Ce barrage se situe dans la partie sud du Parc National Wood Buffalo, l'une des plus grandes réserves naturelles de la planète. Il s'agit de l'œuvre de castors Nord-américains, beaucoup plus gros et bâtisseurs que nos castors européens. Ces excellents nageurs construisent des barrages pour trois raisons principales :
- Conserver leur nourriture, l'eau profonde, plus fraîche, faisant office de réfrigérateur.
- Échapper à leur prédateurs (coyotes, ours...) en plongeant sous une eau rendu profonde grâce au barrage, ou en se faufilant à l'intérieur de la construction.
- S'abriter des aléas climatiques du quotidien.

Bien que les constructions de castor s'étendent rarement au delà de 80 à 100 mètres, des barrages de plus de 500 mètres ont déjà été observés. C'est le cas du tenant du record avant cette découverte, le barrage de Three Forks, dans le Montana (États-Unis), atteignant 652 mètres.

Les recherches[1] effectuées par Jean Thie l'ont amené à conclure, à partir d'anciennes photos, à l'existence du barrage depuis 25 ans : des photos satellites de la NASA datant de 2000 et 1990 le montrait déjà. De vieilles photos satellites datant de 1975 montraient également les prémisses de sa construction, avec plusieurs parties de barrages primaires visibles. La construction de ce qui est devenu le plus grand barrage de castors aurait donc débuté dans les années 70 : nul doute que de nombreuses familles de castors se sont relayées, plusieurs formant des barrages primaires finissant par se rejoindre pour donner naissance à la structure d'aujourd'hui.

De fait, la construction se poursuit actuellement : deux digues supplémentaires sont en cours de constructions aux alentours du barrage : elles pourraient rejoindre la structure d'ici une dizaine d'année, augmentant la taille de l'édifice de 100 à 200 mètres supplémentaires! Force est de constater que l'homme n'est plus le seul bâtisseur dont certaines de ses constructions sont visibles depuis l'espace!

Pour en savoir plus :
Thie J., (2010). "The longer Beaver Dam in the world". Geostrategies.com (consulté le 3 octobre 2010)
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Visible depuis l'espace, vraiment?

C'est l'une des légendes urbaines les plus connues, en même temps qu'elle constitue un canular qui, pourtant, continue de se répandre dans la culture générale comme un fait établi.

La Grande Muraille de Chine visible depuis l'espace, c'est un mythe.

Un peu de bon sens pour commencer : on considère généralement la fin de l'atmosphère terrestre aux limites de la Mésosphère, vers 80 à 85 kilomètres de hauteur. Rappelons toutefois que les limites exactes du vide spatial se situent davantage au delà de la Ionosphère (1000 kilomètres), voire de l'Exosphère (pouvant s'étendre jusqu'à 10 000 kilomètres de hauteur). Les frontières entre l'atmosphère et l'espace étant par nature continues et donc avant tout conventionnelles, on délimite la ligne de séparation au dessus de la Terre à environ 100 kilomètres (ligne Kármán).

Sachant que la Grande Muraille de Chine, dans ses plus gros fondements, atteint quelques 9 mètres de large[1], elle n'est pas plus visible de l'espace qu'une autoroute ou qu'un gros bâtiment.

Sachant maintenant que l'acuité visuelle moyenne se situe aux alentours d'une minute-arc (1 soixantième de degré)[2], on peut alors distinguer un trait fin d'1 millimètre à une distance maximale comprise entre 2,5 et 3 mètres. Un objet suffisamment grand pour qu'on le voit depuis l'espace (à 100 km d'altitude) devrait donc dépasser... 33 m². Une construction d'une longueur et d'une largeur de 34 mètres ou plus (toute autre considération gardée), serait donc en théorie visible depuis l'espace, par temps clair et dans de bonnes condition de visibilité.

Alors, peux-t-on voir la Grande Muraille de Chine? Entre affirmations et démentis, le débat est toujours vif. Du point de vue strictement optique, concernant l'homme et ses organes visuels, la largeur de la Muraille ne parait pas suffisante, sauf... peut être à l'aube et au crépuscule, tandis que l'ombre de cette muraille s'allonge sur le sol, il est possible d'observer indirectement l'édifice. D'une part parce que l'ombre devient plus large que l'édifice lui même, d'autre part parce que l'on distingue nettement mieux une différence de contraste importante (telle qu'une ombre noire sur un fond vert-brun-gris) plutôt qu'une ligne que l'on peut difficilement discriminer sur un fond d'une couleur semblable. cette sensation de contraste permettrait de détecter une forme comprise dans une demi-seconde d'arc (un objet 120 fois plus petit... s'il est très contrasté par rapport à ses alentours).

Il y'a en définitive trois façons de distinguer un objet de loin : on le discrimine par résolution (il s'agit alors d'une propriété des cônes de la rétine de l'ordre de la minute-arc), par contraste (il s'agit alors d'une propriété des bâtonnets de la rétine, de l'ordre de la demi-seconde-arc), ou encore par stéréoscopie (la différence de position entre les deux yeux permettant de distinguer une profondeur, pouvant aller de 2 à 60 secondes-arc).

Une observation directe et correcte de la Grande Muraille de Chine, au delà d'une trentaine de kilomètres de haut, est donc illusoire[3]. une observation indirecte ou déformée est par contre envisageable à des altitudes plus élevées.

Pour en savoir plus :
[1] Rosenberg M. "The Great Wall of China". Geography.about.com (consulté en ligne le 2 octobre 2010)
[2] Visual Acuity (Wikipédia)
[3] López-Gil N. "Is it Really Possible to See the Great Wall of China from Space with a Naked Eye?". Journal of Optometry 1 (1): 3–4.
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