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Le plus gros animal de la planète

L'animal le plus gros (le plus lourd) de la planète est la baleine bleue, qui atteint en moyenne, pour 24 mètres de long, un poids de 110 tonnes. Le plus lourd spécimen mesuré pesait 190 tonnes, pour 30 mètres de long. Deux autres baleines bleues, de 33,3 m et 33,6 m, ont également pu être observées. Leur poids aurait pu atteindre 200 à 220 tonnes, l'équivalent de 40 éléphants!
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L'animal le plus grand du monde.

Alors que l'on considère le rorqual bleu ou baleine bleue, comme le plus gros et grand animal de la planète, parfois même, ayant jamais existé, plusieurs prétendants au titre du plus grand animal du monde, en terme de longueur, font encore l'objet d'estimations supérieures, voire d'observations effectives. Officiellement, le record est attribuée à la méduse à crinière de lion, mais...
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Le parasite qui rend gay

Les éphémères ont déjà la malchance de vivre la plus courte période de reproduction dans le monde des insectes, mais comme si cela ne suffisait pas, 10% des mâles de l'espèce Baetis bicaudatus subissent les tourments occasionnés par un petit vers nématode (Gasteromermis) qui modifie radicalement le comportement des éphémères mâles, les rendant stériles et les obligeant à adopter un comportement typiquement féminin.

Un éphémère (ou un éphépère, ou les deux, qui sait)
D'extérieur, les mâles infectés ressemblent tout à fait à des femelles : le parasite, lors du développement de son hôte, modifie les caractéristiques morphologiques de celui-ci, de sorte qu'il ne puisse se distinguer du genre complémentaire. Mais intérieurement, les mâles infectés ne produisent pas d’œufs et ne possèdent pas les organes internes des femelles.

En plus de cela, Gasteromermis modifie également le comportement des mâles infectés. Tandis que les mâles non-infectés vont former des essaims reproducteurs et ne retourneront jamais dans l'eau qui les a vu naître, les mâles parasités retournent, tout comme leur moitié, dans l'eau en adoptant le comportement des femelles déposant leurs œufs. Les larves de nématodes perforent l'abdomen des éphémères et s'enfoncent dans l'eau où ils pourront parasiter de nouveaux hôtes. Bon, de toute façon, les pauvres mâles n'auraient pas vécu bien longtemps, mais quand même.

Et le cas n'est pas unique : localisées sur deux petites îles du Japon (Tanegashima Island et Okinawa Island), les larves destinées à devenir des mâles de l'espèce Eurema mandarina peuvent être infectés par les Reines du changement de sexe, les bactéries du genre Wolbachia.

Ces bactéries possèdent de puissants mécanismes de régulation du genre ou de la reproduction chez leur hôtes : 
  • Chez l'espèce de cloporte Armadillidium vulgare, elles transforment les mâles en femelles, non seulement dans l'aspect et le comportement, mais également dans les fonctionnalités! Les mâles trans malgré eux peuvent être fécondés et donner naissance à une progéniture.
  • Chez l'espèce d'éphémère Eurema mandarina, elles induisent la parthogénèse en forçant les femelles à se reproduire sans l'intervention d'un mâle, donnant naissance uniquement à des femelles clonées et infectées (les mâles ne propageant pas Wolbachia, qui se transmet par le cytoplasme).
  • Dans d'autres cas, comme chez les coccinelles, Wolbachia va tout simplement tuer les larves mâles, augmentant les chances de survie et donc le nombre des femelles.
  • Enfin, il arrive que des souches de Wolbachia coopèrent involontairement afin de contrôler la population hôte, en empêchant les mâles infectés de féconder les femelles infectées par une autre souche (incompatibilité cytoplasmique).

Vance, S.A. (1996). "Morphological and behavioural sex reversal in mermithid- infected mayflies",  Proceedings of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, vol. 263,‎ 1996, p. 907-912
Kageyama D, Narita S, Watanabe M. (2012) "Insect Sex Determination Manipulated by Their Endosymbionts: Incidences, Mechanisms and Implications". Insects.; 3(1):161-199.
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Les prouesses vocales de l'Oiseau Lyre

Logeant dans les sous bois denses et humides des côtes Est de l'Australie, les Ménures sont de magnifiques oiseaux arborant 16 somptueuses plumes sur leur queue, qui leur ont valu le surnom d'oiseaux-lyre. Ce n'est pourtant pas ce qui fait d'eux des êtres tout à fait uniques en leur genre : les oiseaux-lyre sont capables d'imiter quasi à la perfection les chants d'autres oiseaux, les cris d'autres espèces, et même les sons artificiels tels que celui d'un appareil photo, d'une alarme ou encore d'une tronçonneuse (voir vidéo)... Il faut l'entendre pour le croire!

La vidéo ci-dessous est l'un des fameux reportages, courts et étonnants, du célèbre naturaliste de la BBC, David Attenborough. N'oubliez pas de régler votre son, vous aurez du mal à en croire vos oreilles...


Les Ménures regroupent deux espèces d'oiseaux (les oiseaux-lyre Superbes et d'Albert), qui s'étendent sur un territoire relativement petit, dans l'Est de l'Australie (États de Victoria, Nouvelle-Galles du sud, Queensland). Ils représentent d'ailleurs un symbole commun de l'Australie, comme le sont les kangourous. Ces oiseaux peuvent atteindre 1 mètre de long et arborent 55 cm de plumes caudales aux couleurs argentées et brunes, dont deux externes, larges, qui leur ont valu le sobriquet d'Oiseaux Lyre.

Leur organe phonatoire, le syrinx, ainsi que leur impressionnante capacité d'analyse des sons, se sont développés au cours de l'évolution de telle sorte qu'ils sont capables de reproduire, virtuellement n'importe quel son de leur environnement[1]. Des chants d'oiseaux mélodieux aux ricanements riants de Martins pêcheurs, jusqu'aux conversations de plusieurs d'entre eux.... Simultanément! L'organe phonatoire et son contrôle sont si complexes qu'ils permettent à l'oiseau lyre d'émettre plusieurs sortes de sons et de tonalité en même temps! L'un d'eux a ainsi fredonné deux tubes des années 1930, que des analystes acoustiques ont par la suite séparé afin de les reconnaitre.

Plus fort encore, l'oiseau-lyre est capable de reproduire les sons d'autres espèces animales, n'ayant que peu de rapports avec les oiseaux : les jappements d'un chien, le grognement d'un wombat, les cris d'un bébé humain et même la voix d'un adulte[2].

Et comme si cela ne suffisait pas, il est également capable d'imiter des bruits artificiels tout à fait insolites : bruit d'un broyeur de cailloux, d'une alarme anti-incendie, d'un déclic d'appareil photo ou encore d'une tronçonneuse au démarrage... Ses imitations sont tout bonnement stupéfiantes de fidélité. Non, non, il n'y a aucun trucage!

Pour en savoir plus :
[1] Desbrosses. S. (2010). L'oiseau-lyre : les imitations sonores incroyable des Ménures (Menuridae). (Synthèse en ligne) NatureXtreme.
[2] Lyrebirds. (2008) Australia NSW Government. Environment, Climate Change & Water
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Les clochettes mortelles

Petit rappel pour le mois de mai : s'il symbolise la chance et le bonheur, le muguet est aussi une plante dont toutes les parties, que ce soit les fleurs, les tiges, les baies, les feuilles... sont suffisamment toxiques pour en faire l'un des végétaux communs dont l'ingestion peut se révéler mortelle. Si apprécié dans nos contrées le jour du 1er mai, le muguet est bel et bien un poison dangereux bourré de substances toxiques.

Deadly clochettes

A consommer avec modération.
Le muguet européen, Convallaria Majalis Majalis, contient au bas mot, pas moins de 38 composés toxiques différents, dont les principaux, la convallarine, la convallatoxine, la convallamarine, sont de puissants cardiotoniques. Tout trois sont des glycosides, molécules formées d'un groupement sucre rattaché à un autre groupement (généralement phénol ou aldéhyde). Lorsqu'ils sont digérés, la liaison avec le glucose se brise et les deux composés se libèrent. Ce sont ces composés qui présentent une toxicité élevée, alors ne jetez pas vos parfums ou autre produits aux senteurs de muguet : le muguet n'est dangereux, principalement, que lorsqu'il est ingéré.

Le muguet contient également des saponosides (irritantes et diurétiques) qui contribuent paradoxalement à l'évacuation rapide des autres toxines. Néanmoins, une ingestion conséquente nécessite une surveillance cardiaque et une aide à l'évacuation, car une forte absorption de ces cardiotoxines peut arrêter le coeur.

Le muguet provoque en premier lieu des irritations (bouche, gorge...). Les composés digérés et transformés en hétérosides (cardiotoxiques) ont un effet semblable à la digitaline, augmentant la pression artérielle en renforçant les battements cardiaques et ralentissant le coeur. Pour son effet sur le système cardiovasculaire, le muguet était autrefois utilisé en pharmacologie. Cependant, la dose efficace étant très proche de la dose létale, son usage est désormais extrêmement limité, voire interdit.

Muguet, je ne boirai pas de ton eau

Quoique potentiellement mortelle, cette plante herbacée ne provoque que de rares accidents : sont principalement touchés de jeunes enfants mâchonnant les muguets ou buvant l'eau dans lesquels ont trempé des brins. Les intoxications sont généralement bénignes chez l'homme (vous en serez quitte pour une bonne diarrhée et quelques irritations), à surveiller néanmoins (en cas de doute, pas d'hésitation : une consultation ou un appel au centre antipoisons). Les intoxications chez l'animal de compagnie sont également rares (ils n'aiment pas le muguet frais) mais des symptômes proches de ceux d'une gastro-entérite, aux alentours d'avril à juin, devrait vous faire vous poser la question. La plante sèche ne perd pas pour autant sa toxicité, aussi, lorsque le lys de la vallée est fané, jetez-le avec son eau!

Quelle bête idée!

Malgré son odeur envoûtante et ses jolies clochettes, le muguet, symbole de la fête du travail au 1er mai, se montre finalement dangereux. Mais pourquoi avoir choisi une plante toxique comme symbole de bonheur et de jour de repos?

L'histoire du muguet remonte à l'Asie antique, dont il pourrait être originaire : le muguet se développe en effet en climat tempéré. Selon les légendes chrétiennes, qui considèrent les clochettes issues des larmes de personnages centraux de la Bible (Eve lorsqu'elle quitta l'Eden, la vierge Marie, le Christ lors de sa résurrection...) le muguet (et ses clochettes) symboliserait le retour du bonheur. On l'offrait au moyen-âge pour fêter 13 années de mariage (les vrais muguets "porte-bonheur" seraient en fait ceux qui ont 13 clochettes). Si l'on en croit la légende actuelle, Charles IX, après avoir reçu du muguet le premier mai, décida d'en offrir chaque année à cette date comme porte-bonheur.

Le muguet est également associé à la fête du travail, mais le parcours de celle-ci ne l'aurait pas laissé supposer : à l'origine, une idée de Fabre d’Églantine instaure une première fête du travail en 1793, dont l'églantine devint la fleur symbolique à la fin du siècle suivant, et au début du 21ème siècle. Proche symbole également des mouvements de gauche de 1936, l'églantine perdit son crédit lorsque Pétain, au pouvoir sous l'occupation, décida de la remplacer par le muguet, instaura le jour comme férié, espérant rallier les ouvriers à son mouvement. Le gouvernement s'en est allé mais la tradition du muguet est restée. Aussi, faut-il savoir que cette tradition a été instaurée sous l'occupation par un gouvernement collaborateur, en vue de détruire le lien de la fête du travail avec les mouvements de gauche. Dramatiquement, cela enlève peut être un peu du charme de cette tradition!
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Le poison le plus puissant au monde

Le botox ou toxine botulique est l'un des plus puissants poisons (sinon LE plus puissant), près de 3 millions de fois plus violent que le cyanure!

Sa DL50 (dose pour laquelle la moitié des sujets à qui l'on injecte cette dose, meurent) est évaluée à seulement un nanogramme de toxine active par kilogramme (chez les souris). Bien que cette DL50 ne soit qu'estimée chez l'homme, une comparaison directe (à prendre avec précaution) indique que 70 nanogrammes suffiraient donc à tuer un homme. Pour vous donner une idée de la puissance du Botox :

Phyllobates terribilis, petit mais costaud (img : D. Edmonds)
  • 1 seul milligramme de toxine pure pourrait tuer plus de 14000 personnes
  • Un comprimé de 1 gramme (comme un cachet d'aspirine) pourrait éradiquer 14 millions de personnes. 5 de ces cachets suffiraient donc à provoquer la mort de l'ensemble de la population française.
  • Une tasse de thé (490 à 500 grammes), tuerait... l'humanité (arrondie à 7 milliards). Ces données en font le poison le plus violent que l'on puisse trouver.


Quelques comparaisons

La toxine botulique est près de...
  • ... 1000 à 2000 fois plus puissante que la batrachotoxine (BTX : DL50 de 1 à 2 µg/kg), l'un des poisons animaux les plus violents, que l'on trouve sur la peau des dendrobates (photo ci-dessus), les plumes de certains oiseaux (Ifrita de Kowald, Pitohui) et sur leur petit déjeuner (principalement des insectes qui contiennent des dérivés de ce poison)
  • ... 140 000 fois plus puissante que le curare (DL50 de 0,14mg/kg) utilisé notamment comme anesthésiant.
  • ... 1 million de fois plus puissante que l'arsenic ou la strychnine (DL50 de 1 mg/kg), deux poisons souvent utilisés dans... les films et romans policiers.
  • ... 500 000 à 3 000 000 de fois plus puissante que le cyanure (DL50 de 0,5 à 3 mg/kg)
  • ... 192 millions de fois plus puissante que la caféine (DL50 de 192 mg/kg)

Voilà la bête (img : CEA / D. Gillet)
La toxine botulique est un puissant neurotoxique, libérée par la bactérie Clostridium Botulinum, dont il existe 7 classes : 5 sont plus ou moins dangereuses pour l'homme, et parmi elle, la toxine botulique D présente une DL50 record de 0,4 ng/kg. Elle bloque la libération d'acétylcholine au niveau des nerfs moteurs (et du système parasympathique), empêchant la contraction et provoquant une paralysie flasque. La paralysie des muscles respiratoires qui en résulte provoque la mort par asphyxie.

Dans le domaine de l'esthétique, elle est utilisée à très, très faible dose, en co-action avec l'acide hyaluronique (qui comble les rides, hop). Le botox utilisé à visée esthétique peut présenter plusieurs effets secondaires : abaissement des sourcils et de la paupière par manque de tonus, disparition de certaines expressions du visage en contrepartie de la disparition des rides, paralysie gênante de muscles du visage si l'injection est mal réalisée. La plupart du temps, les effets sont réversibles, et les doses utilisées ne sont pas dangereuses. La toxine botulique aurait également été utilisée en tant qu'arme chimique, sur l'un des adjoints de Heinrich Himmler.

Légendes et faits établis

Il est parfois dit que certains éléments, certaines, plantes, certains animaux, sont les plus dangereux, les plus mortels, etc... Par exemple, la ricine, issue du ricin commun, ou le plutonium, sont régulièrement cités comme les produits les plus dangereux de la planète. En fait le plutonium a une DL50 minimum (sous forme nitrée), de 5,7 microgrammes par Kilo. La ricine, quant à elle, n'a une DL50 évaluée qu'à une vingtaine de microgrammes/kilo. Le plutonium peut par contre engendrer des conséquences néfastes à plus long terme, mais dont la prédiction est impossible.


Hydrophis Belcheri, l'animal au venin le plus puissant
L'élément le plus dangereux pourrait davantage être le polonium, dont la DL50 est à 10 nanogrammes/kilo.

Le venin le plus mortel est celui du serpent marin Chitulhia Belcheri (Hydrophis-belcheri), avec une DL 50 évaluée à 0,25 microgrammes/kilo, ce qui en fait, devant la batrachotoxine, la substance animale la plus dangereuse.

Liste (non-exhaustive) des substances les plus toxiques
1. Toxine botulique. de 0,4 à 1,2 ng/kg. Clostridium botulinum.
2. Tetanospasmine. Environ 1 ng/kg. Clostridium Tetani.
3. Shiga Toxine (Stx1). de 1 à 20 ng/kg. Shigella (genre - 4 espèces). (Fujii et al, 2001)

Certaines substances pourraient compléter ce tableau, comme les toxines produites par Clostridium Difficile (qui porte bien son nom) ou certaines toxines d'algues et de coraux. Les DL50 sont très variables en fonction de facteurs tels que le mode d'administration. En pratique, dans la communauté scientifique, la toxicité des substances est perpétuellement sujette à controverse, surtout chez l'homme puisqu'évidemment, les essais sont interdits et les données souvent absentes. On extrapole généralement à partir des DL50 animales. Certaines toxines (par exemple, la convallatoxine du muguet) n'ont d'effet qu'avec le mode d'administration approprié. Les données fournies dans cet article représentent néanmoins un consensus établi sur la base d'informations issues des articles originaux, publiés dans des revues spécialisées de toxicologie, chimie, pharmacologie ou médecine.
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Il ne vit pas longtemps, mais au moins, il s'amuse!

L'éphémère est un insecte (éphéméroptère) qui ne vit que d'amour et... même pas d'eau fraîche : sa transformation à l'âge adulte lui ôte la capacité à ingérer de la nourriture, puisqu'il se retrouve tout simplement sans orifice buccal, et ne peut plus manger. 

Il n'a alors d'autre choix que de s'élancer vers les lumières dans une nuit d'orgie pour se reproduire avant que le destin ne le rattrape et qu'il ne meurt de faim. Tous les éphémères du coin se retrouvent donc au même endroit, comptabilisant des millions de corps engagés dans l'activité reproductrice, au point que l'essaim formé soit si énorme...

L'orgie visible depuis l'espace?

L'éphémère, taillé pour la reproduction
Les éphémères (ephemeroptera) ne font que quelques dizaines de millimètres, et sont parmi les plus grands champions du plaisir en groupe, au point que leurs escapades annuelles de reproduction sont visibles par les radars d'observation climatologique. Ce qui pourrait être un problème au long terme puisque les éphémères passent leur vie adulte entière, littéralement, à l'activité reproductrice : du début de l'âge adulte jusqu'à leur mort, ils ne feront que chercher des compagnons pour perpétuer l'espèce et donner naissance à la prochaine génération. Et comme ils font l'amour en groupe de plusieurs millions, leurs rencontres provoquent régulièrement des anomalies radar et des perturbations locales de trafic, en même temps qu'elles gênent sérieusement les riverains dans leurs activités quotidiennes. L'orgie continue bel et bien durant toute leur vie, bien qu'en l’occurrence, celle-ci ne soit finalement que très modérément courte...

L'orgie captée par les radar météo (img : NWSWF)
L'amour jusqu'à en mourir

Ce à quoi ressembleraient les rues sans courte vie
Affreusement courte, en fait, car les éphémères sont apparemment conçus à l’âge adulte, uniquement pour la reproduction, au point qu'ils n'ont tout simplement pas de bouche pour manger! La transformation en âge adulte leur ôte en effet l'indispensable cavité buccale qui leur permettrait d'ingérer de la nourriture, et les restes de leurs organes digestifs sont remplis d'air et de rien d'autre. Dès leur passage à l'âge adulte, les éphémères, comme leur nom l'indique, n'ont plus que quelque jours à vivre avant de mourir de faim.

On comprend alors qu'ils se regroupent pour faire de la dernière soirée un moment des plus fous, après lequel les femelles lâchent leurs oeufs dans les rivières et terminent leur vie de diète passablement affamées. Tout ce beau monde tombant faute de recharge nutritive dans les rues nécessite régulièrement des dispositions particulières pour ramasser les millions de corps tapissant les routes et les trottoirs (certaines municipalités y allant carrément au chasse-neige), après une nuit qui fut probablement (on l'espère) l'une des plus inoubliables.
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Sapin en plastique ou vrai sapin?

Une idée qui fait son chemin ferait du sapin en plastique un produit plus écolo qu'un vrai sapin, pour Noël, et pour cause : pour avoir un vrai sapin, il faut couper un arbre. Pas du tout écolo, ça... Mais bien sûr que si!
Couper un vrai sapin ou acheter un sapin artificiel?
Du point de vue bilan carbone, le vrai sapin est neutre : pendant sa croissance, il absorbe du dioxyde de carbone et le décompose en carbone et oxygène. 80% des vrais sapins vendus en France sont cultivés spécialement pour l'occasion de Noël, principalement dans le Morvan, dans les zones peu propices à l'agriculture traditionnelle. Une fois Noël passé, le sapin est coupé en copeau, éventuellement composté ou recyclé. Dans tous les cas, il libère petit à petit exactement la même quantité de dioxyde de carbone qui lui a été nécessaire pour se développer.

Pour le sapin en plastique ou en matériaux "artificiels", ce n'est bien évidemment pas pareil : on utilise des énergies fossiles pour fabriquer un produit par ailleurs difficilement recyclable, comme n'importe quel sac plastique ou bouteille de la même matière. Étant donné la longueur de la biodégradation de ce produit, l'énergie est en quelque sorte perdue pour toujours (au moins pour un très long moment). Étant donné également l'utilisation importante d'énergie pour la production et le transport des sapins artificiels, le bilan en gaz à effet de serre du sapin artificiel est lourd et néfaste pour l'environnement.

De plus, les vrais sapins de noël sont généralement plantés et coupés dans des pépinières, dont les possesseurs replantent vite d'autres sapins pour remplacer les précédents. Le cycle est donc bouclé : pour un arbre coupé, un autre est replanté. Au final, très peu d'énergie se perd tandis que l'équilibre carbone ou énergétique se maintient, ce qui est loin d'être le cas avec des sapins artificiels : si l'on continue à en fabriquer (principalement en Chine pour les usages occidentaux), les anciens finissent dans la majorité des cas à la décharge. A Noël, pour se montrer un peu écolo, n'hésitez pas à couper un sapin!
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Les araignées sont elles des insectes?

Contrairement à ce que le langage habituel laisse entendre, les araignées, les scorpions, ou encore les acariens et les mille-pattes, ne sont pas des insectes!

On a coutume de classifier assez simplement le règne animal avec d'un côté les mammifères, de l'autre les poissons, les reptiles, les oiseaux et les insectes (et l'on est bien embêté lorsqu'on nous parle de méduse ou de crevette...). Dans cette optique, la catégorie Insectes s’accommode des petits animaux au sang bizarre, avec plein de pattes, qui se mangent entre eux ou sont mangés par les reptiles et les oiseaux. Quoique partagée, cette vision des choses est non seulement très incomplète, mais largement fausse.

Le phylum arthropodes inclue insectes et arachnides
Les araignées ne sont en effet pas des insectes, mais des arthropodes chélicerates. Le type Insecte est lui même beaucoup plus restreint que ce que l'on en conçoit habituellement : il regroupe seulement les arthropodes à 6 pattes (fourmis, abeilles, mouches...). D'accord, cela fait déjà du monde, mais beaucoup moins que si l'on y ajoute toutes les petites bestioles à exosquelette qui peuplent nos forêts et nos maisons.

Les araignées font partie de la classe Arachnides, de même niveau taxonomique que la classe Insecte. La classe Insecte fait partie du sous-embranchement Hexapodes (3 paires de pattes), tandis que les arachnides (comprenant les araignées mais aussi les scorpions et les acariens) font partie du sous-embranchement Chelicerates. Ces sous-embranchements, et donc les araignées et les insectes, sont tout deux des arthropodes (embranchement/phylum Arthropoda).

La classe Insecte est donc loin d'être aussi étendue qu'on ne le croit bien souvent! Voici un petit résumé phylogénétique de l'embranchement des arthropodes, pour une petite mise à jour, si besoin est, de vos connaissances en la matière!

Embranchement Arthropoda

Sous-embranchement Chelicerata -- Chélicérates (8 pattes)
  • classe Arachnida -- Arachnides (scorpion, araignée, acariens...)
  • classe Merostomata -- (Gigantostracés fossiles, limule)
  • classe Pycnogonida
Sous-embranchement Crustacea Brünnich, 1772 -- crustacés (10 pattes)
  • classe Branchiopoda Latreille, 1817 -- branchiopodes (Daphnie...)
  • classe Cephalocarida Sanders, 1955
  • classe Malacostraca Latreille, 1802 -- (Homard, vrai crabe, squille, crevette, cloporte...)
  • classe Maxillopoda Dahl, 1956 -- (Copépode, Balane, Pousse-pied...)
  • classe Ostracoda Latreille, 1802 -- ostracodes
  • classe Remipedia Yager, 1981
Sous-embranchement Hexapoda -- hexapodes (6 pattes)
  • classe Entognatha -- (collembole, diploure, protoure)
  • classe Insecta -- insectes (fourmi, abeille, mouche...)
Sous-embranchement Myriapoda -- myriapodes (nombreuses pattes)
  • classe Chilopoda -- (mille-pattes, scolopendre)
  • classe Diplopoda -- (mille-pattes, iule)
  • classe Pauropoda -- (mille-pattes nains)
  • classe Symphyla
Sous-embranchement Trilobitomorpha (20 pattes)
  • classe Trilobita -- trilobites (en théorie, disparus)

Pour en savoir plus : 
Wikipédia : Arthropodes
A propos des araignées : faits réels et insolites. NatureXtreme
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Mourir de rire, c'est possible?

Si l'expression "mort de rire" - mdr - est devenue avec l'explosion de l'internet notamment, de culture et de référence commune et anodine, il faut savoir qu'il est effectivement possible de mourir de trop rire, le plus ancien cas rapporté de cette insolite cause de décès, remontant à la Grèce ancienne.

Peut-on rire jusqu'à en mourir?
C'est en effet à un rire trop longuet et appuyé que l'on impute la mort au cours de 3ème siècle avant J-C., de Chrysippus, un philosophe grec et paradoxalement stoïcien, qui fit boire du vin à son singe domestique, et s'écroula de rire au sens propre comme au figuré en le regardant essayer, complètement ivre, d'attraper des figues pour les manger. L'auteur grec, quant à lui poète, Philemon (362, 262) serait aussi mort d'une crise de fou rire ironiquement provoquée par une de ses propres blagues. 

Bien plus tard, en 1410, c'est le Roi Martin d'Aragon qui s'étouffa d'une double crise, de rire incontrôlable, mêlée à une indigestion. Le poète également italien Pietro Aretino mourut de façon semblable en 1556, par suffocation résultant d'une crise de rire impossible à arrêter, sauf, bien entendu, par décès. L'aristocrate et polymathe écossais Thomas Urquhart s'éteignit quant à lui en 1660 en riant d'apprendre l'obtention du trône d'Angleterre par Charles II.

La médecine moderne a relevé avec davantage de précisions, chez de joyeux mais malchanceux anonymes, ces étranges cas de décès par trop plein de joie.
  • 24 Mars 1975, Alex Mitchell regarde l'épisode Kung fu Kapers des Goonies dans lequel un écossais en kilt affronte à coup de cornemuse, une série de boudins (la nourriture). Après 35 minutes de rire continue, Alex s'écroule sur le sofa, victime d'une crise cardiaque. Sa femme écrira une lettre de remerciement (!) aux producteurs des Goonies... pour avoir fait en sorte que son mari fut heureux au moment de sa mort!
  • 1989, Ole Bentsen, audiologiste danois, est victime d'un arrêt cardiaque provoqué par le film "Un poisson nommé Wanda", dont il n'a alors même pas vu la fin. Les expert penchés sur son cas ont estimé que son coeur avait pu accélérer son rythme, à force de trop rire, jusqu'à 250 à 500 battements/minutes.
  • 2003, Damnoem Saen-um, un vendeur de glace Thaïlandais, 52 ans, devait faire un rêve particulièrement fendard lorsqu'en pleine nuit et en plein sommeil, aux dires de sa femme, il se mit à rire très fort en continu pendant deux minutes avant de succomber (probablement par asphyxie ou arrêt cardiaque), sans que sa compagne, pendant la crise, ne réussisse à le réveiller.
Le rire tue?

Ce n'est jamais exactement le rire qui tue mais les pathologies qui peuvent résulter d'un rire aux éclats ou d'une crise trop intense. En temps normal, le rire est une bénédiction : après une courte augmentation du rythme cardiaque et du rythme respiratoire, le coeur ralentit et prend un rythme plus bas que d'ordinaire, la respiration est facilitée avec l'ouverture des bronches et la pression artérielle diminue. Pour faire simple, un bon rire déstresse à fond, au point que des thérapies fondées sur le rire sont nées au fil du temps.

Mais sur le coup, un éclat de rire peut être très violent, comme n'importe quelle émotion forte (le rire est souvent - pas systématiquement - le signe d'une émotion joyeuse intense). 

Un éclat trop appuyé peut entraîner une atonie (perte de tonus musculaire/malaise et généralement chute) voire une syncope (atonie avec perte de conscience). Une crise de rire peut amener le gai luron à des phases apnéiques incontrôlables ou des difficultés respiratoires notables, et éventuellement la mort par asphyxie. L'arythmie et la tachycardie provoquées par cette même crise peuvent engendrer un arrêt cardiaque ou une fibrillation. Tous ces exemples ont des cas confirmés mais extrêmement rares, qui donnent néanmoins aux parole de Pierre Dac un nouveau sens : 

"Quand celui qui rit le dernier a fini de rire, personne ne rigole plus."
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Noms d'espèces tirés de noms de célébrités

Qu'ont en commun Dark Vador, Harrison Ford et Elvis Presley? Avec Agathidium Vaderi, Pheidole Harrisonfordi, ou encore Elvisaurus, ces célébrités ont toutes trois fait l'objet d'un hommage insolite de la part de biologistes, qui leur ont dédié le nom de nouvelles espèces récemment découvertes. 

A. Vaderi et son inspiration (img 20th C./B. Alexander)
Toutes les espèces vivantes ayant fait l'objet d'une description possèdent un nom binomial (parfois appelé nom scientifique ou taxon) qui les classe parmi ses semblables et néanmoins les différencie des espèces éloignées (non inter-reproductibles). Le nom est généralement le libre choix du ou des découvreurs, qui en profitent parfois pour rendre hommage, ou se moquer gentiment de personnalités célèbres.

C'est le cas par exemple d'un scarabée aux pattes impressionnantes de musculature : lorsqu'il l'a découvert en 2002 au Costa Rica, le chercheur T.L. Erwin fut si étonné par la rondeur des jambes de cet arthropode aux muscles en forme de biceps tout ronds, qu'il en dédia le nom à un célèbre acteur et politicien. L'espèce de ce scarabée prit alors le nom d'Agra Schwarzeneggeri. Erwin a également légué à un second scarabée le nom de l'actrice Kate Winslet, en le baptisant Agra Katewinsletae.

Acteurs, chanteurs, artistes de tout poils, mais également politiciens ou toutes autres célébrités, sont donc susceptibles d'alimenter l'imagination des découvreurs en herbe et nombreux sont ceux qui ont reçu cet hommage étrange. Tandis que certains noms sont des hommages à l'activité de personnalité célèbres, ou encore aux travaux et honneurs qu'ils ont pu faire à la science ou la nature, d'autres tiennent davantage du quolibet et exploitent les ressemblances des caractéristiques incongrues de l'organisme vivant et de la célébrité   qui a inspiré son nom.

Acteurs ou réalisateurs
  • Harrison Ford est visiblement une star dans le milieu de la biologie! Au moins deux espèces sont inspirées de son nom : la fourmi Pheidole Harrisonfordi et l'araignée cannibale Calponia Harrisonfordi.
  • Le crabe Albunea Groeningi rend hommage à Matt Groening, créateur, entre autres, des Simpsons ou de Futurama.
  • Le ptérosaure (dinosaure volant) Anhanguera Spielbergi est un hommage à Steven Spielberg.
  • L'araignée chausse-trappe Aptotstichus Angelinajolieae tire son nom d'une actrice dont vous devinerez aisément le nom!
  • Campsicnemius Charliechaplini, un insecte volant, a été nommé en hommage à l'acteur de cinéma muet en raison de sa tendance à croiser inexplicablement les pattes du milieu lorsqu'il meure.
Artistes et autres célébrités
  • Arthurdactylus Conandoylei est un ptérosaure découvert dans une jungle similaire à celle qu'Arthur Conan Doyle décrit dans The Lost World.
  • Avalanchurus Simoni est une espèce trilobite cousine d'Avalanchurus Garfunkeli, deux créatures inspirées du duo musical Simon & Garfunkel,
  • de même que les deux espèces voisines d'insectes Baeturia Laureli et Baeturia Hardyi, inspirées du duo comique Laurel & Hardy.
  • Le molluque Bufonaria Borisbeckeri tire son nom du célèbre tennisman "Boum-boum" Becker.
  • Serendipaceratops Arthurcclarkei est un dinosaure tirant son nom de l'auteur de Science-fiction Arthur C. Clarke
  • Crichtonsaurus est également inspiré de l'auteur de science-fiction Michael Crichton, l'auteur de Jurassic Park
  • Elvisaurus, désormais nommé Cryopholosaurus, était un dinosaure à la tête surmontée d'une crête ressemblant à la banane d'Elvis Presley.
Le pompon!

Certains noms d'espèces sont carrément tirés de personnages fictifs ou d'évènements insolites : 
  • Le coléoptère Agathidium Vaderi tire son nom de Dark Vador (Darth Vader) à cause de sa carapace noire et lisse ressemblant à l'armure du Sith.
  • Le Tyrannasorus Rex, un petit insecte robuste, est un hommage à son grand et très éloigné cousin, le célèbre Tyrannosaurus Rex.
  • Draculoïde Bramstockeri l'arachnide, a été nommée après qu'on l'ait observé en train de manger : elle découpe vivante sa proie en petit morceaux pour en siroter les jus.
La palme toute catégorie revient à David Attenborough, le célèbre journaliste et naturaliste passionné qui a su transmettre sa fascination des merveilles de la nature. En hommage, de nombreux découvreurs ont associé son nom aux nouvelles espèces, plus d'une dizaine, allant de petits insectes aux plantes, en passant par le dinosaure géant Attenborosaurus.
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Cataglyphis Supersonicus Bombycinus, la fourmi la plus rapide de la planète

Cataglyphis Bombycinus est une petite fourmi de quelques millimètres vivant dans le désert. Capable de supporter les chaleurs extrêmes du sol saharien, elle vole littéralement sur le sable à 1 mètre par seconde. Si elle avait taille humaine, elle franchirait tout simplement le mur du son!

C. Bombycina, Saharan Silver Ant. Img : DPA
Cataglyphis Bombycinus (parfois, Bombycina*, fourmi des sables, fourmi du désert), comme au moins 4 autres espèces de Cataglyphis vivant dans le Sahara (C. Fortis, C. Savigny, C. Bicolor, C. Mautritanicus) a développé d'étonnantes capacités pour composer avec la chaleur et l'aridité du désert. Tout d'abord, elle vit dans des terriers creusés à même le sable grâce à des mandibules spécialement évoluées pour cette fonction. Si le sol saharien atteint fréquemment les 50 à 70°, le terrier entretient une atmosphère humide et ombragée se maintenant entre 25 et 30°. 

(Cataglyphis Bombicynus est le nom scientifique valide. Bombycina est cependant le nom le plus partagé[1])

Pour éviter les confrontations avec ses prédateurs principaux (lézards, notamment), Cataglyphis Bombycinus ne sort que quelques minutes du terrier chaque jour, pour chercher la nourriture de la colonie, au moment où le prédateur est le moins actif, c'est-à-dire, principalement aux moments les plus chauds de la journée. Pour résister à la chaleur, le corps de la fourmi s'est spécialisé au fil du temps : elle présente ainsi des poils brillants couleur argent qui lui valent le surnom de fourmi d'argent. Ces poils permettent de refléter efficacement lumière et chaleur du soleil. Cataglyphis Bombycinus sait aussi préparer à l'avance son corps à une sortie en milieu à température élevée, en synthétisant des protéines spéciales protectrices (heat schock proteins). Si ces protéines se retrouvent chez la majorité des animaux, elles sont généralement actives en réponse à l'augmentation brutale de la chaleur. Or, La fourmi du désert est capable d'anticiper la production de ces protéines quelques dizaines de minutes avant même d'affronter la température élevée de la surface du désert. La résistance à la chaleur qui en résulte fait de Cataglyphis Bombycinus l'un des animaux terrestres les plus thermo-résistants.

Les poils couleur argent de Cataglyphis Bombycinus, reflétant la chaleur et la lumière du Soleil (Img : Hector B)
Pour éviter également de se brûler sur le sol sablonneux, Cataglyphis possède des pattes plus longues que les fourmis communes, réhaussant alors son corps par rapport au sol. La technique de course est elle même étudiée pour préserver la fourmi de l'extrême température du sol, puisque Cataglyphis Bombycinus a appris à courir sur 4 pattes seulement (au lieu de 6) ... 

Et elle le fait avec une étonnante efficacité! Une fois sortie de son terrier, la fourmi arbore un comportement curieux : elle court sur une faible distance, s'arrête, se tourne vers le soleil et repart pour une courte distance, se retourne... et ainsi de suite. Cataglyphys examine lors de ces arrêts, le soleil, l'un des rares éléments du désert qui puisse servir de repère. Plus précisément, il semble qu'elle soit à même d'analyser l'angle de sa course par rapport à l'astre, là encore dans une performance rare : dès qu'elle a trouvé de la nourriture, elle est alors capable de retourner directement, en ligne droite, à son nid, sans se tromper de route. Pour l'aider dans son estimation des distances, cette fourmi du désert est aussi capable de compter ses pas (du moins, estimer une distance parcourue à partir du nombre de pas effectués) : une fourmi saharienne à laquelle on aurait raccourci les pattes artificiellement se comporte comme si elle n'était plus capable de s'orienter correctement, et ne retrouve que laborieusement, si ce n'est pas du tout, son nid.

Mais toutes ces capacités formidables paraîtraient presque anodines en comparaison à l'extraordinaire rapidité de cet insecte : bien qu'ayant une taille très modeste de l'ordre de 5 millimètres, Cataglyphis Bombycinus survole littéralement le sol désertique à une vitesse ahurissante d'un mètre par seconde. Si elle avait taille humaine (1m75), elle se déplacerait alors à 350 mètres par seconde*! Sachant que la vitesse du son s'établit aux alentour de 343 m/s, elle serait donc capable de franchir le mur du son, et de courir à une vitesse supérieur à Mach1, créant un bang supersonique à chacune de ses prodigieuses accélérations!

* Pour comparaison, le guépard, l'animal terrestre le plus rapide de la planète, atteint au mieux de sa forme quelques 32 m/s seulement, c'est-à-dire, 10 fois moins vite que Cataglyphis Bombycinus (par rapport à sa taille)

Ci-dessous, un documentaire de quelques minutes réalisé par l'équipe du célèbre naturaliste David Attenborough. Ce documentaire explique (en anglais) les méthodes d'orientation des Cataglyphis, en même temps qu'il montre ces petites fourmis du désert à l'oeuvre dans leur quête de nourriture et leur retour au nid. Les pattes se déplacent si vite qu'on a l'impression d'un corps sans pattes, se déplaçant tel un fantôme au dessus du sol!


Pour en savoir plus :
[1] Roger. 1859. Beiträge zur Kenntniss der Ameisenfauna der Mittelmeerländer. Erstes Stück. Berliner Entomologische Zeitschrift, 3: 225-259.
Desbrosses S. (2011). La fourmi argentée du désert, Cataglyphys Bombycinus. NatureXtreme ; online
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Les plantes brûlent-elles lorsqu'on les arrose en plein soleil?

C'est une croyance fort répandue dans les milieux agricoles. Jamais il ne faut arroser une plante en plein soleil, au risque que celui-ci la brûle... Mais il s'agit là d'une légende urbaine (ou plutôt rurale) tout à fait infondée!

Plante arrosée, plante brûlée?
Cette légende veut que les gouttelettes d'eau, par leur forme convexe (arrondie et convergeant les ondes), concentrent les rayons du soleil sur de petites portions des feuilles. Comme l'effet d'une loupe, le phénomène mettrait à mal les feuilles de plantes arrosées alors que soleil et chaleur concourent à brûler les pauvres végétaux.

Jusqu'en 2010, peu de scientifiques s'étaient intéressés à ce savoir courant des jardiniers. Une équipe mixte  composée de météorologues, de physiciens et de biologistes a néanmoins récemment passé cette légende au crible des lois de l'optique. Et il s'avère que physiquement, le soleil ne peut brûler la plante arrosée, les gouttelettes étant trop petites et pas assez arrondies ou éloignées de la feuille, pour converger suffisamment de rayonnement. Du reste, avant qu'un dommage significatif puisse être observé, les gouttelettes sont depuis longtemps évaporées.

Une brûlure, selon les auteurs de cette étude, pourrait être occasionnée chez certaines variétés de plantes à poil, sur lesquelles les gouttelettes restent à distance de la surface de la feuille, focalisant ainsi plus efficacement le rayonnement. Néanmoins, à cause de ces mêmes poils susceptibles de maintenir les gouttelettes à distance, l'eau a tendance à glisser systématiquement des feuilles. Entre l'évaporation et l'évacuation, l'eau ne peut que rarement infliger un dommage local sur une petite portion de feuille.

Bien évidement, arroser les plantes en plein soleil, leurs feuilles tout au moins, est tout de même déconseillé, mais seulement pour des raisons pratiques : l'eau s'évapore rapidement et l'arrosage est donc inefficace. Par contre, assoir un tapis d'herbe coupée au pied de la plante, et l'arroser, permet de limiter l'évaporation (en même temps que la consommation d'eau!) tout en maintenant une humidité efficace.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont utilisé un modèle informatique pour tester les effets de la convergence de rayonnement de gouttelettes sur les feuilles de plantes selon l'heure (et donc la position du soleil) de la journée. Ils ont également vérifié expérimentalement les données en soumettant certaines plantes à grosses feuilles, comme des érables, à un arrosage sous un soleil de plomb. Il s'avère que les gouttelettes d'eau saine ne peuvent entrainer de dommage significatif. Contrairement à ce que l'on pourrait supposer, s'il devait y avoir brûlure, ce serait davantage lorsque le soleil est aux extrémités du ciel (un peu après l'aube/un peu avant le crépuscule, précisément avec un angle de 23°) plutôt qu'au zénith ou en pleine journée.

D'éventuelles traces de brûlures peuvent par contre être observées lorsque l'eau est impropre (acidité trop élevée, présence de fertilisants...), laissant des marques semblables à celles de brûlures du soleil. Remplaçant les gouttelettes par des lentilles de verres ayant un effet plus fort et sur plus longtemps, les chercheurs ont effectivement observé des brûlures. Cela dit, s'il tombait des billes de verre du ciel, le rayonnement ne serait pas le principal souci des plantes et des jardiniers qui les arrosent...

Egri A., Horváth A., Kriska G., Horváth G. (2010). "Optics of sunlit water drops on leaves: conditions under which sunburn is possible.". New Phytologist. 2010 Mar;185(4):979-87.
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Candiru : un poisson dans le caleçon

Le candiru est un petit poisson parasite extrêmement redouté, et pour cause : il peut s'introduire dans le pénis d'un homme pendant que celui-ci urine, pour se gaver de sang après l'avoir mordu!

C'est du moins, la mésaventure effroyable d'un jeune amazonien dont l'histoire a fait le tour du globe : ce jeune homme de 23 ans était en train d'uriner dans la rivière lorqu'un candiru de plus de 13 centimètres s'est introduit dans son urètre. Paniqué, il tenta en vain d'extraire le poisson, en se tordant de douleur. L'histoire est relatée par le chirurgien urologue, photos à l'appui, qui parvint à enlever l'intrus, quelques jours plus tard. Le folklore local regorge de légendes effroyables (probablement exagérées) sur le sort d'hommes dont les candirus ont pénétrés les orifices (vagin, anus, bouche....). Terrifiantes anecdotes qui prennent tout leur sens lorsque l'on connait les habitudes alimentaires du candiru, surnommé Poisson-Vampire du Brésil.

Des candirus accrochés aux branchies d'un hôte
On recense une douzaine d'espèce de candirus, dont les plus grands atteignent 40 cm. Ces poissons sont des parasites et des nécrophages. Pour parasiter un hôte, généralement un plus gros poisson, les candirus Vandellia cirrhosis surveillent les flux et les courants jusqu'à repérer une perturbation caractéristique des branchies : rejetant l'eau, les branchies des gros poissons sont assaillies par le candiru qui s'introduit dans ces orifices, mord et sectionne une artère, et se gave rapidement, en quelques minutes, du sang de sa victime. Candiru possède d'ailleurs des épines autours des opercules de sa tête, qui lui permettent de s'accrocher à son hôte. Une fois l'attaque perpétrée, le candiru retourne dans les profondeurs de l'Amazone, quasi invisible sur le fond marin, car il est presque translucide.

Mais ce n'est pas sa seule façon de se nourrir : chasseurs nocturnes, les candirus asu peuvent également dépecer un cadavre en quelques minutes, dans une frénésie sanguinaire rare : les poissons se jettent sur leur proie, taillent des trous dans la chair pour s'y introduire et manger littéralement la victime de l'intérieur, avec une violence qui n'a rien à envier à celle des célèbres piranhas. Les légendes locales veulent que des cadavres d'hommes, peut être vivants au moment des attaques, aient été retrouvé à moitié grignotés de l'intérieur, hébergeant près d'une centaine de ces carnassiers dans leur corps. Scientifiques et médecins légistes auraient ainsi déterminés que des proies vivantes pourraient tout à fait être l'objet de ces attaques. Si les candirus sont si redoutés qu'ils sont davantage craints que les piranhas, c'est peut-être avec de bonnes raisons! Toutefois, en ce qui concerne vos orifices, rassurez-vous : le biologiste marin Stephen Spotte, qui avait enquêté sur l'étrange cas de l'amazonien, rappelle que cette anecdote est aussi rare qu'insolite, puisqu'il s'agit du seul cas documenté jusqu'à présent.

Pour en savoir plus :
Desbrosses S., (2011). Le Poisson Parasite Candiru, Vampire du Brésil. NatureXtreme.
Samad, A. (1997). "Caso cliniquos Candiru dentro da uretra". Instituto de urologia. Manaus.
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La plus grande épidémie de l'histoire

Dans les dernières années, une psychose générale s'est installée lors de l'apparition d'un petit virus H1N1. OMS et autorités gouvernementales prenaient très au sérieux ce qui s'est révélé par la suite une épidémie de grippe, certes très contagieuse, mais relativement bénigne.

C'est pourtant avec de bonnes raisons que la méfiance s'est installée : les virus de sous-type H1N1 sont responsables de l'épidémie humaine la plus meurtrière de tous les temps. Ils ont en effet mis un terme à plus de 50 à 100 millions de vie[1] au courant du siècle dernier, sous le nom célèbre de "Grippe Espagnole".

Sur une période restreinte allant de 1918 à 1919, la grippe espagnole s'est répandue à une vitesse peu commune, du fait de son taux élevé de contagion, à telle point qu'on la qualifie davantage de pandémie que d'épidémie. Elle toucha en effet l'ensemble des continents, partant vraisemblablement de Chine, trouvant son chemin vers les Etats-unis pour s'abattre par la suite en Europe, durant un laps de temps d'à peine quelques mois. 50% de la population mondiale, soit près d'un milliard d'individus, en furent atteints.

La pandémie présentait, outre sa vitesse de contagion, des caractéristiques inhabituelles : elle touchait davantage les jeunes adultes, censé pourtant, être dans une forme optimale pour lutter contre les maladies, par rapport aux jeunes enfants ou aux aînés. Ceci s'explique probablement par le mode d'action du virus, qui affaiblit les défenses immunitaires (les malades mourraient en majorité de complications, par exemple bronchiques, qui en résultaient) : le système immunitaire des jeunes adultes réagissait beaucoup trop au virus, jusqu'à attaquer le corps même. D'autres raisons d'ordre social ou circonstanciel ont été avancées : la tranche d'âge des jeunes adultes est celle qui se déplace le plus et entretient de nombreux contacts, ou se retrouve dans des endroits ou on côtoie de nombreuses personnes.

La Grippe espagnole, du sous-type H1N1, fit en quelques mois davantage de morts que la première guerre mondiale, qui venait de s'achever lorsque la pandémie se déclara.

Cette pandémie fait donc partie des plus fortes et meurtrières de l'histoire, comparables à la Peste Noire au XIVème siècle, ou au Sida dans la période actuelle, bien que dans ces cas, la population globale et les conditions de celle-ci, nuancent fortement les données à comparer. Ainsi, la Peste Noire tua en quelques années près de 30 à 50% de la population européenne (environ 25 millions). L'hygiène n'était cependant pas ce qu'elle était lors de l'épisode de la Grippe Espagnole. Le Sida, quant à lui, continue d'amener à la mort de nombreuses personnes (24 millions de morts imputables au SIDA et ses conséquences, actuellement), mais du fait de son mode de transmission, se révèle nettement moins contagieux.

Néanmoins, constatant grâce aux données sanitaires l'existence d'un cycle de grippe meurtrière établit aux alentours de 39 ans, l'OMS considère aujourd'hui comme probable, le retour d'une grippe virulente et contagieuse dans les 5 ans à venir (la dernière datant des années 68-69). Ce qu'on pourrait considérer comme de l'excès de prudence vis-à-vis des formes naissantes de grippe, s'appuie pourtant bel et bien sur l'existence de données solides prévoyant une pandémie notable et dangereuse dans les prochaines années...

Pour en savoir plus :
[1] Johnson N.P., Mueller J. « Updating the accounts: global mortality of the 1918-1920 “Spanish” influenza pandemic. », Bull Hist Med., printemps 2002, 76(1), p. 105-15.
Wikipédia : Grippe espagnole
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Platycleis affinis et ses records

Platycleis affinis détient le record insolite du plus important ratio masse testiculaire/masse totale. En effet, les testicules de cette sauterelle représentent pas moins de 14% de la masse totale de l'insecte. Des boules records qui correspondraient à plus d'une tête chez un homme normal.

Platycleis affinis, également nommée decticelle côtière, est présente en France dans le Centre et le Sud. On peut l'observer en période estivale, de Juillet à Septembre. Cette sauterelle est assez grande, la taille de son corps pouvant atteindre 3 cm.

Platycleis affinis et ses testicules,
représentant 14% de sa biomasse. (img : RSP)
Sur une vingtaine d'espèces étudiées, la decticelle côtière possède des testicules tout à fait inhabituels : Alors qu'une seule gonade de Platycleis affinis pèse 70 mg, une gonade d'un de ses cousins, la decticelle bariolée, atteint à peine 2,7 mg.

Cette hypertrophie, constatée par le Dr Karim Vahed et ses collègues[1] se rencontre davantage chez les espèces dont la femelle multiplie les partenaires sexuels : des gros testicules augmentent la production de sperme et la possibilité d'inséminer de nombreux partenaires. C'est ce que l'on voit par exemple chez les chimpanzés, les primates ayant les plus gros testicules parmi les grands singes. Comme chaque femelle est fécondée par l'ensemble des mâles d'un groupe, la quantité de sperme inséminé augmente les chances de passation du patrimoine génétique.

Pour autant, la quantité de sperme inséminé par le mâle decticelle côtière à chaque accouplement n'est, en comparaison avec les autres espèces, pas plus importante, voire moins : la surproduction permet avant tout à Platycleis affinis de féconder plusieurs femelles avec une quantité relativement normale de sperme, sans que ses réserves ne s'épuisent. Bien qu'encore spéculative cette assertion est corroborée par la "vitesse de rechargement" de l'insecte : une heure après une fécondation, Platycleis affinis peut à nouveau rechercher une partenaire et l'inséminer, quand le délai pour les autres espèces de sauterelles étudiées s'élève à plusieurs jours.

Platycleis affinis remplace donc désormais la précédente détentrice du record, la mouche Drosophila bifurca, dont les testicules atteignent 10,6% de sa masse totale.

Pour en savoir plus :
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Le yamagashi, venimeux et vénéneux

Le serpent Yamagashi ou Rhabdophis Tigrinus a trouvé une recette économe pour assurer sa défense face à ses prédateurs : il dévore des proies empoisonnées... et pique leur toxines pour les réutiliser à son profit. 

Ce serpent de l'est de l'Asie peut mesurer près d'un mètre, arborant une robe colorée et tigrée, et se logeant dans les lieux humides, tels que ruisseaux ou sous-bois. Il fait partie des opystoglyphes, des serpents dont les crochets, placés en arrière, servent principalement à injecter le venin à des proies déjà avalées à moitié. Il n'est que peu agressif envers l'homme bien que des cas sérieux et parfois mortels de morsures ont été décrits. C'est donc l'un des rares serpents à crochet arrière potentiellement dangereux pour l'homme. Mais là n'est pas la caractéristique qui le rend insolite.

Rhabdophis se nourrit de petits mammifères, de grenouilles ou de poissons, mais également de crapauds excrétant des toxines sur leur peau, pour se défendre. Non seulement Rhabdophis y est immunisé, mais en plus, il recycle le poison, le concentre dans des glandes de sa nuque et s'en sert pour sa propre défense.

En temps normal, lorsque le serpent est attaqué, il fait le mort ou bien s'enfuit. C'est d'ailleurs ce type de comportement qui prévaut dans les iles dépourvues de proies toxiques. Cependant, dans les endroits où il peut trouver des crapauds empoisonnés, Rhabdophis adopte un comportement défensif tout à fait inhabituel : il bombe la nuque et tourne le dos à l'assaillant (principalement des oiseaux comme des faucons), et les glandes de sa nuque libèrent alors le poison volé aux crapauds (des composés stéroïdes bufadiénolides) qui irrite sévèrement les muqueuses de l'attaquant. Les prédateurs ont donc appris à éviter toute confrontation lorsque ce système défensif est adopté. Le mécanisme d'absorption et de recyclage du poison est encore inconnu. Même si le vol de toxine n'est pas un cas unique (c'est un système adopté par exemple par certains oiseaux vénéneux, du genre pitohui), rhabdophis est jusqu'à présent la seule espèce connue qui combine à la fois les caractères venimeux et vénéneux*.

*Plus d'info sur les différences entre venimeux et vénéneux

Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). Rhabdophis Tigrinus, le voleur de venin. NatureXtreme
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L'étrange venin de l'araignée banane

La morsure de l'araignée banane provoque chez l'homme une érection si forte et longue qu'elle en est douloureuse!

La seule araignée qui donne la banane
Phoneutria nigriventer est l'une des espèces d'araignée les plus agressives que l'on connaisse. Elle appartient à la famille des Cnetidae, originaires du brésil, dont le genre phoneutria est considéré comme l'un des plus dangereux. On la trouve régulièrement dans les régimes de bananes, d'où son appellation d'araignée banane - qui n'a rien à voir avec l'effet de son venin.

Ce venin contient deux toxines particulièrement dangereuses : La première, PhTx3, est un neurotoxique extrêmement puissant, qui bloque les canaux à calcium et la libération de glutamate. Cet effet se traduit par une perte sévère du contrôle musculaire pouvant amener à l'asphyxie. En plus de la perte du contrôle musculaire, l'action sur des récepteur de sérotonine (5-HT4) au niveau de la morsure provoque une inflammation grave des nerfs sensitifs, augmente la libération de substance P connue pour son rôle dans le ressenti de la douleur. Le venin de Phoneutria nigriventer provoque donc une réaction très vive et douloureuse. L'araignée elle même apparait dans le Guiness book 2010 comme l'espèce d'araignée ayant le venin le plus puissant.

Une autre toxine composant ce venin, la Tx2-6 provoque de fortes et douloureuses érections par stimulation nerveuse, qui peuvent durer plusieurs heures. Tx2-6 augmente le taux d'acide nitrique à l'intérieur du pénis, provoquant des réactions physique-chimiques en chaine entrainant l'érection. La toxine est conséquemment étudiée actuellement dans l'espoir de synthétiser un traitement des troubles érectiles.

Une araignée très agressive! Img : Techuse
Bien qu'ayant l'un des venins les plus puissants, ce qui fait de Phoneutria nigriventer une espèce dangereuse, c'est surtout son comportement : durant le jour, elle se cache dans des abris sombres et frais, on la retrouve donc dans des maisons, des tas de bois, etc... cette particularité vaut d'ailleurs au genre Phoneutria le surnom d'araignées vagabondes. Elles sont seulement adaptées à la chasse de petits animaux (oiseaux, insectes, autres araignées...) mais du fait de leurs habitudes comportementales et de leur agressivité, les rencontres avec l'homme suivie de morsures ne sont pas rares. D'autres espèces comme la veuve noire (Latrodectus mactans), dont le venin est moins puissant et la capacité de mordre est moindre, ont néanmoins occasionnée davantage d'attaques et de morts, principalement parce qu'elles sont moins grosses (et donc moins faciles à détecter) et parce qu'elles sont largement plus étendues géographiquement dans des zones habitées.

En termes de capacités venimeuses, l'araignée-banane est trois fois plus dangereuse, cependant, que la veuve noire : une dose de 0,05 mg peut tuer un homme de 80 kg, tandis que le venin de veuve noire est mortel à partir de 0,16 mg.
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La fin des records

Près de la moitié des records mondiaux ne pourront plus être significativement améliorés d'ici 2027.

Avec l'explosion des techniques de coaching, de préparation physique et mentale, l'amélioration de l'hygiène nutritionnelle et médicale, les performances sportives s'accroissent depuis plus d'un siècle, et tendent vers des limites qu'il sera difficile de franchir à moins d'une exceptionnelle mutation. Une étude française montre ainsi que d'ici 2027, près de la moitié des records ne pourront être améliorés que de 0,05% environ[1], à peu près 5 millièmes de secondes pour une course de 100 mètres Homme, par exemple... Un sportif ayant un grand nez aura peut être plus de chance que ces collègues, de battre le record?

Nombre de records atteignant 99,95% de leur limite, par décade
L'étude se base sur l'analyse de 3263 records sur 147 disciplines, et constate la progression asymptotique des records qui semblent tendre vers une limite, non individuelle, mais véritable limite d'espèce. Les plus hauts, les plus forts, les plus grands... Dans le courant du siècle, bien que l'on en observe déjà les effets à l'heure actuelle, les améliorations de records ne se feront qu'au compte goutte et de façon minime. Ainsi, vers 2068, près de 90% des records auront atteint leur limite asymptotique.

Il faudra alors se rabattre sur les records techniques (records de rapidité en véhicule, par exemple) ou artistiques. L'exploit sportif individuel se limitera à la comparaison avec les autres, mais nul doute que la motivation principale des sportifs en disciplines individuelles, déjà en mutation, se tournera davantage vers les sponsors et le gain financier.

Pour en savoir plus :
Berthelot G., Thibault V., Tafflet M., Escolano S., El Helou N., et al., (2008). The Citius End: World Records Progression Announces the Completion of a Brief Ultra-Physiological Quest, PLoS One, vol. 3, 2008
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Les sens-dessous-dessous

La synesthésie est une condition neurologique particulière permettant au synesthète de goûter des formes, de voir des sons, ou encore d'entendre des couleurs... Si elle semble difficile à imaginer, elle touche pourtant une bonne proportion de la population. Les études de prévalence sont néanmoins contrastées, on s'accorde à considérer une proportion allant de environ 1 personne sur 2000, toutes formes confondues, jusqu'à 1 personne sur 100.
La Synesthésie est une condition neurologique dans laquelle la stimulation d'une modalité sensorielle provoque d'inhabituelles expériences dans une autre modalité sensorielle, non stimulée directement.[1]
L'hypothèse courante suggère qu'existe au sein du cerveau d'un synesthète des connexions surnuméraires habituellement détruites au cours du développement, qui permettraient, lorsque le synesthète fait l'expérience d'une sensation (par exemple visuelle) d'activer non seulement les zones cérébrales correspondantes à ces sensations, mais également, par propagation, des zones cérébrales correspondant à d'autres modalités sensorielles. Autrement dit, un synesthète visuo-tactile, par exemple, lorsqu'il perçoit un objet visuel en mouvement, entend littéralement ce mouvement. Les zones cérébrales correspondant à la perception sonore sont bel et bien activées par la perception visuelle.

Ce type de connexion ne parait pas si incohérent lorsque l'on sait que des gens ayant perdu l'usage d'un sens mobilisent les régions cérébrales consacrées habituellement à ce sens, à d'autres modalités sensorielles. Les aveugles, par exemple, qui lisent le braille, activent les régions cérébrales correspondant au toucher mais également celles correspondant à la vision et à la lecture.

Il existe de nombreux types de synesthésie, certaines concernant des sens primaires (connexions entre la vision et l'audition, le toucher et le goût...), d'autres concernant des associations plus abstraites (voir les lettres en couleurs, les chiffres ou les dates sous formes de configuration spatiale spécifiques). Parfois (c'est rare) il y'a connexions croisées : par exemple, entendre un son provoque une sensation visuelle et voir une forme ou un mouvement provoque une sensation sonore. L'une des synesthésie permettrait même d'associer des personnalités à des auras colorées (colérique-vert, intelligent-bleu, par exemple).

Bien que parfaitement incroyable pour le commun des mortels, cette condition neurologique et sensorielle n'en est pas moins réelle[2]. De nombreuses études scientifiques sur le phénomène établissent l'existence de ces perceptions multi-sensorielles à l'aide d'expériences validées telles que l'expérience de Stroop[3].


Pour en savoir plus :
[3] Desbrosses S. (2007). Test de stroop classique, théorie et passation. (online) www.psychoweb.fr
http://www.synesthesie.info. Site consacré à la synesthésie
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