Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles

6 histoires de vengeance infernale

Qu'ont en commun la Divine Comédie, le Comte de Monte-Christo, un Bulldozer blindé, l'armée Mongol, ou encore la Reine des Celtes Boadicée? Vous le découvrirez avec ces 6 petites histoires de vengeances tendance Kill Bill, qui montrent que certaines personnes... fallait vraiment pas les ennuyer!

Le justicier, l'incarnation de la vengeance
Kung-fu Trung

Trung Trac et Trung Nhi étaient deux soeurs vivant paisiblement, au premier siècle de notre ère, dans un petit village du Viet-Nam. A l'époque, la province était régentée d'une main de fer par les Chinois, de la dynastie Han, qui n'appréciaient guère que leurs subsidiaires se montrent indépendants, et oppressaient le peuple vietnamien de façon flagrante, allant jusqu'à leur demander des taxes pour le moindre poisson pêché.

Aussi, lorsque le mari de Trac, Thi Sach, se permit de s'élever contre les abus des Chinois, ceux-ci décidèrent promptement de clore le débat avec une brutalité exemplaire, afin de dissuader les futurs rebelles, et entreprirent donc d'éxécuter Thi Sach, puis de chercher sa femme, Trung Trac, pour la punir en la violant, parce que... Pourquoi pas?

Vengeance!

Nous, nous le savons désormais, les vietnamiens sont un peuple fier et coriace, et l'on a beau être le pays le plus puissant de toute la planète, il vaut mieux prendre ses précautions lorsqu'on a affaire à eux. Une large part de la population vietnamienne est initiée dès son plus jeune âge aux arts martiaux, stratégies collectives et combat individuel. A cette époque, les femmes vietnamiennes étaient également assez libres (par rapport aux époques qui ont suivi) : elles pouvaient hériter, posséder des biens, et pouvaient s'éduquer ou prendre des commandements. Les Chinois, eux, de par leur traditions, considéraient les femmes comme relativement inutiles d'un point de vue sociétal. Malheureusement pour eux, Trung Trac et Trung Nhi, faisaient partie de ces femmes vietnamiennes ayant passé leur enfance, baignées dans les arts de la guerre.

Pour venger le mari défunt et rétribuer la cruauté chinoise, les deux soeurs levèrent une armée en accomplissant quelques faits légendaires, comme chasser un tigre redoutable qui harcelait des villageois. Elle recrutèrent près de 80 000 femmes combattantes, et 36 généraux choisis parmi les femmes du Vietnam, puis dans une marche forcée continuelle pour la libération du pays, les deux soeurs libérèrent plus de 65 forteresses et citadelles, attaquant les forces armées (et masculines) chinoises jusqu'à les rejeter hors de leur province.

Bien que l'armée chinoise finit par mettre un terme brutal à cette rébellion, l'histoire de Chine fait peu de cas de cette épopée, dans laquelle des femmes ont botté allègrement les arrière-trains masculins pendant près de 3 ans, libérant les provinces en éjectant les célèbres guerriers mâles asiatiques. La légende veut que lors de leur dernière bataille, les chinois en furent réduit à une attaque surprise afin de se débarrasser de l'armée de femmes vietnamiennes, ce qui pourrait expliquer que la Chine d'aujourd'hui refuse de reconnaître qu'il ne se soit passé quoi que ce soit à cette époque.

Bouddica la celte contre l'empire Romain

L'empire Romain n'est pas à proprement parler un empire pacifique. En fait, la plupart des historiens vous diront que cet empire ressemble davantage à l'empire galactique de Star Wars : oppressant, destructeur, cruel. Aussi, lorsque Prasutagus, le Roi des Celtes, fut à l'article de la mort, il prit la précaution de léguer la moitié de son empire aux Romains et leur empereur, Néron, afin, pensait-il, qu'au moins une autre moitié revienne à son peuple, et à sa bien-aimée reine Boadicée (Bouddica). Mais Rome avait d'autres plans, et si en apparence, les romains respectaient le partage, Boadicée, ses deux filles, et son peuple, subissaient les humiliations quotidiennes du peuple romain, jusqu'au jour où Boadicée et ses deux filles furent violées et flagellées.

Vengeance!

Mais les celtes ne sont pas connus pour être l'une des populations les plus douces : ils ont donné naissance à de féroces guerriers dont les actes barbares leur ont valu une effrayante renommée. Et toucher à leur reine, fut une mauvaise idée, puisque cet acte déclencha une révolte dont les romains se souviendraient. Boadicée, à la tête d'une armée de celtes rebelles, attaqua premièrement la cité de Camulodunum, qu'elle rasa complètement, puis entreprit de marcher sur Londres. Boadicée et ses celtes, connus pour leur barbarie (l'un des pratiques de guerre qu'ils appréciaient, consistait à couper la tête de leurs ennemis pour les planter sur des piques), déferlèrent sur la grande Bretagne comme une vague meurtrière qui ne laissait aucun romain survivant. Finalement arrêtés en l'an 61, ils avaient eu le temps de faire valoir leur point de vue sur près de 80 000 colons et soldats romains, dont on retrouva quelques pyramides faites de têtes empilées.

La Divine Comédie

Fin du 13ème siècle, le Pape italien Boniface VIII divise la population Florentine, dont une moitié se sied de sa présence, tandis que l'autre, dont le gouvernement en place, voudrait volontiers le chasser. Boniface est en effet en bon terme avec le prince français Charles de Valois, notoirement connu pour lorgner sur les terres italiennes. Le pape est un bon dieu de collabo français, quoi. Au point qu'il permit à Charles de Valois de devenir le "protecteur" de Toscane, ce à quoi s'opposaient le gouvernement italien et les politiciens locaux.

L'un des principaux, Dante Alighieri, vint à l'encontre du Pape dans l'espoir de lui faire entendre raison. Le Pape joua alors un mouvement particulièrement vicieux : amenant Dante Alighieri à rester quelques jours chez lui en tant qu'invité de marque, le Pape ordonne secrètement à Charles de Valois d'envahir la Toscane, d'exécuter le gouvernement et de le remplacer par un autre qui serait plus favorable au Pape. Pour couronner le tout, le Pape confisca les biens de Dante, et fit ordonner son exil en faisant proclamer sa condamnation à mort s'il revenait à Florence (ordre qui sera par ailleurs abrogé... en 2008).

Vengeance!

Le pape aurait probablement dû tuer Dante plutôt que de le chasser après un tel affront. Dante choisit l'écriture pour se venger de ses ennemis, en rédigeant ce qui deviendra l'une des oeuvres majeures de la littérature de cette époque, la Divine Comédie.

La beauté de cette oeuvre, son rythme, ses rimes, son humour, en feront une pièce qui transcendera les cultures, mais surtout, qui sera connue dans toute l'Italie. Lors de l'élaboration de la Divine Comédie, Dante s'inspirera de toutes les personnes dont il voulait se venger, réservant d'ailleurs une place spéciale à Boniface VIII.

L'extraordinaire succès de l'oeuvre obligera certaines familles à changer leur nom, ou dépenser des fortunes pour contrer l'effet dommageable de la Divine Comédie sur leurs relations ou leurs commerces. C'est un peu comme si de nos jours, Yannick Noah sortait un album de chansons dans chacune desquelles il vous nommait personnellement et disait combien vous êtes un salop... et que cet album soit acheté à 30 ou 40 millions d'exemplaires, passe sur les radios et à la télé...

Patience et longueur de temps

En 1807, un Français du nom de Pierre Picaud, possédait tout simplement tout ce qu'il voulait dans la vie. Un bon job de cordonnier, une jolie demeure sur la côte d'Azur, et une petite amie riche, jeune et jolie qu'il devait épouser sous peu.

Il avait également trois amis chers, Loupian, Solari et Chaubard, lesquels enrageaient secrètement de sa situation, et mirent en place un stratagème pour ôter à Pierre cette insupportable joie de vivre. Il envoyèrent une lettre aux autorités, le dénonçant comme espion anglais.

C'est son histoire qui fut la base du célèbre roman d'Alexandre Dumas, le Compte de Monte-Christo. Picaud fut arrêté et emprisonné à la forteresse de Fenestrelle, sans même qu'on le mette au courant de l'accusation. Il y trouvera un ami, le père Torri, qui y est également détenu. Pendant ce temps, chacun des trois amis vie confortablement, Loupian allant même jusqu'à réconforter (sexuellement) l'ex petite amie de Picaud.

Vengeance!

Libéré en 1914, Picaud change de nom, et monte sur Paris, où il passe 10 années. Il  lance enfin son assaut après avoir méticuleusement préparé sa vengeance, dans le but de ruiner et de tuer ses oppresseurs. Il assassine d'abord Chaubard (ou le fait assassiner), il fait marier la fille de Loupian à un criminel, qu'il fait arrêter ensuite et pousse le fils de son ancien ami à voler des bijoux, afin qu'il se fasse arrêter. Il empoisonne Solari et fait brûler le restaurant de Loupian, qui se retrouve ruiné et sans famille. Picaud met ensuite fin au calvaire de Loupian en l'assassinant. 

L'histoire est connue au travers du récit de Allut, également ancien ami de Picaud. Au courant de la tentative des trois amis pour écarter Picaud, Allut craignait pour sa vie et aurait assassiné Picaud après que sa vengeance fut consommée, et ne s'en confessera que sur son lit de mort. C'est l'une des plus incroyables histoires de vengeance de France, et l'on comprend qu'un livre lui fut dédié!

On ne plaisante pas avec Ghenghis

Après avoir conquis une majeure partie de l'Asie à la tête de ses guerriers légendaires et moustachus, Ghenghis Khan choisit de prendre pacifiquement contact avec les empires des Terres occidentales. En signe de bonne volonté, il dépêcha un groupe de commerçants dans l'empire Khwarezmid avec des cadeaux pour le Sultan.

Les Khwarezmids et leur gouverneur Inalchuq d'Otrar semblèrent inintéressés par cette marque d'amitié, et sur 450 envoyés mongols, ils en tuèrent 449, et renvoyèrent le dernier chez lui.

Ennuyé mais souhaitant donner à ses voisins une seconde chance, s'imaginant que ceux-ci avaient peut être mal compris sa demande pacifique, Ghenghis envoya une délégation directement chez le Shah Ala ad-Din Muhammad II. Le Shah répondit en coupant la tête des ambassadeurs et en renvoyant l'interprète décapité chez son maître.

Vengeance!

Lorsqu'il appris la tragique destinée de ses ambassadeurs, Ghenghis grimpa dans les montagnes calmement pour réfléchir à la situation. Après quelques jours de méditation, il revint rafraîchi, et décida d'offrir aux Khwarezmid une visite du genre de celles que l'on apprécie que lorsqu'elles se terminent.

Ghenghis déploya ses 4 chiens de guerre, dont le célèbre Subutai, l'un des plus grands généraux ayant vécu. Après un siège de plus de 6 mois sur la citadelle d'Inalchuq, et grâce aux nouvelles technologies issues de ses conquètes chinoises, Ghenghis obtint réparation en rasant la ville et en tuant tous ces habitants, Inalchuq compris. Ghenghis s'en prit ensuite au Shah, avec 200 000 guerriers contre une armée 5 fois supérieure en nombre, qu'il détruisit également. Il rasa complètement, à cette occasion, la ville de naissance du Shah. Selon la légende, les guerriers mongols tuèrent tous les hommes, femmes et enfants, et même chats et chiens ne furent épargnés. L'empire Khwarezmid entier fut rasé, et ces 4 millions d'habitants tués. Le Shah s'enfuya sur une petite île de Caspienne ou il mourut seul, ruiné.

Ce qui confirme le célèbre adage "Ne vous en prenez pas au messager". Spécialement quand vous avez affaire à Ghenghis Khan.

La vengeance du Killdozer

Cette dernière est plus récente et étonnante, puisque l'histoire se déroule en 2004. Dans les années 1990, Marvin Heemeyer, petit exploitant propriétaire d'une chaîne de magasins, ancien de l'Air force, était connu de ses amis comme une personne agréable, joyeuse. Cependant, tous s'accordaient à reconnaître qu'il valait mieux être son ami que son ennemi.

Ce que choisit pourtant le maire et le conseil d'administration de Granby, (Colorado), la ville dans laquelle Heemeyer possédait l'un de ses magasins. L'une des familles de la ville souhaitait racheter un terrain à Heemeyer, mais celui-ci en demandant un prix exorbitant, le maire décida finalement de re-zoner les alentours du magasin, permettant de prendre possession de ceux-ci et de les vendre. Les terrains alentours n'appartenant plus à la commune, le magasin d'Heemeyer n'avait plus de chemin lui permettant de rejoindre la route et se retrouvait donc dans l'inconfortable position d'avoir un magasin sans entrée. Après plusieurs années de conflit juridique, Heemeyer du se résoudre en 2001 à ce que les autorités gagnent, sur le plan légal. Il devait se retirer, vendre son magasin pour une bouchée de pain et payer de surcroît des frais et une amende pour les diverses actions entreprises. Malgré pétitions et lettres à l'administration, la situation n'évolua plus.

Vengeance!

Le Killdozer ou MadmaxTank
Mais il refusa de s'arrêter là, et pour se venger des autorités, entreprit de modifier un bulldozer Komatsu D335A : il commença par lui ajouter une armure composite faite d'acier et de béton, protégeant certaines parties du bulldozer, perça des trous pour y permettre de tirer au fusil, installa des caméras reliées à la cabine qui lui permettraient d'observer l'extérieur, et entreposa un stock d'eau et de nourriture. Un an et demi après le début de la construction du Killdozer, il s'installa finalement dans sa machine, en scella totalement l'entrée et se mit à dévaler les rues de la ville dans son nouveau tank fait maison, vers des objectifs choisis à l'avance.

Le 4 juin 2004, à 3 heures de l'après-midi, le premier bâtiment fut détruit. 2 h 07 plus tard, alors que plusieurs bâtiments étaient déjà rasés, des voitures éventrées, des flics dont les armes et les explosifs s'étaient révélés totalement inutiles, le killdozer fonça vers la dernière cible, blessé mais encore actif. Sa route se terminera lorsqu'attaquant le premier mur du bâtiment suivant, le sol se dérobera sous les chenilles du monstre, le paralysant.

Une équipe du Swat témoignera d'un léger bruit "de coup de feu étouffé" lorsqu'elle tentera d'accéder à la cabine de pilotage scellée du Killdozer. Plus de 7 millions de dollars de dégâts, des autorités impuissantes, des routes saccagées et 13 bâtiments détruits dans la petite ville de Granby, c'est le prix de la révolte d'Heemeyer contre son humiliation, contre les services publics corrompus... Pour une histoire de petit chemin communal coupé!

Celui là... Fallait vraiment pas l'ennuyer!
...Lire la suite »


La Grande Guerre des Émeus

En 1932, la première guerre inter-espèces opposa l'armée Australienne à une colonie d'émeus estimée à 20 000 volatiles, suspectés d'effrayer les honnêtes agriculteurs et d'attaquer les récoltes de la population civile. Malgré près de 2500 victimes dans le camps aviaire, c'est bel et bien l'armée Australienne, qui, après un mois de ruses et de combats, sonna la retraite!

N'est-il pas mignon, l'envahisseur?
C'est l'une des guerres les plus étranges et par quelques côtés, honteuse, de l'humanité. En 1932, alors que les troubles du krach boursier de 1929 commencent à se faire sentir en Australie, le gouvernement s'emploie à inciter les agriculteurs, pour la plupart d'anciens vétérans de 14-18, à étendre leurs champs et préparer une récolte d'envergure, allant jusqu'à leur promettre quelques subsides qui ne viendront jamais.

En cette période de sécheresse et de fortes chaleurs, de nouvelles réserves d'eau sont créés afin d'assurer le bon développement des immenses champs de blé cultivés. Mais la période correspond également à celle de la migration des émeus, qui, après un temps bien rempli consacré à la reproduction, migrent des côtes Pacifiques jusqu'aux terres intérieures dans lesquelles ils comptent passer l'été austral. Constatant sur leur chemin la présence d'immenses cultures et de larges réserves d'eaux, les émeus décident finalement de rester dans ces nouveaux lieux tout à fait propices à leur épanouissement. Grattant la terre, saccageant les récoltes et profitant d'eau et de nourriture en abondance, ils ne tardent pas à s'attirer les foudres des fermiers alentours, lesquels mandatent alors le gouvernement pour une intervention d'urgence.

G. Pearce, surnommé "The Man of the Emu War"
Or, le Ministère de la défense incarné par le sénateur G. Pearce, ancien combattant, n'entend pas laisser ainsi les oiseaux profiter des cultures de ses administrés. Octobre 1932 : le Major Meredith du 7ème Corps d'Artillerie d'Australie, est déployé pour une intervention, aux commandes d'une Task-force créée pour l'occasion, afin de repousser manu militari l'invasion aviaire et barbare. Pour son office, la Task-Force dispose de 2 Mitrailleuses Lourdes (Lewis Gun), rien que ça!! L'efficacité des ces armes a nettement été démontrée lors de la précédente guerre.

Et c'est ainsi que, sûrs de leur victoire, les soldats Australiens bravent les émeus et partent au combat de bonne humeur, allant jusqu'à déclarer par amusement dans les journaux, une guerre officielle contre l'invasion Émeu.

Major s'en va-t-en guerre!

Mais ils déchantent bien vite devant la stratégie militaire brillante de leurs adversaires : ceux-ci ont vraisemblablement adopté une audacieuse tactique de dispersion, se séparant en petits groupes rapides courant dans tous les sens dès le premier coup de feu. L'état-major Émeu, peut être inspiré par les techniques de guérilla moderne, rend ainsi tout à fait inefficace l'artillerie lourde de la Royal Australian Artillery : impossible de tirer correctement sur de tout petits groupes qui se déplacent n'importe comment à une vitesse allant jusqu'à 55 km/h!

Qu'à cela ne tienne, le Major Meredith, quémandant le soutien des fermiers, prépare des embuscades, mais la malchance l'accable : face à un millier d'opposants, l'une des mitrailleuses s'enraye, et les oiseaux ont vite fait de déguerpir vers des lieux moins hostiles : 12 volatiles seulement auront péri par balle dans l'escarmouche. Nouvelle stratégie du commandement Australien : placer les mitrailleuses sur un camion et pourchasser l'envahisseur. Peine perdue! Les vivaces émeus sont plus mobiles que l'engin et les soubresauts du camion empêchent de toute façon les artilleurs de décocher la moindre balle.

Après plusieurs jours de traques infructueuses et de succès très relatifs, le major abandonne la bataille et sonne la retraite. Quelques centaines de morts dans le camps ennemi, mais l'affrontement est finalement perdu : En haut lieu, la Chambre des Représentants s'interroge sur les méthodes employées, tandis que la presse locale se fait l'écho du ridicule de cette guerre, et surtout de l'inefficacité patente de l'armée australienne. Ainsi que l'indique, non sans humour, l'ornithologue D. Serventy :
"Les rêves des artilleurs, de tirer à bout portant dans les masses compactes d'émeus, furent vite dissipés. Le commandement Émeu avait vraisemblablement ordonné l'usage de tactiques de guerilla, et sa grande armée s'était très vite divisée en petites factions, rendant inefficace l''équipement militaire de son adversaire. Après un mois de campagnes infructueuses, celui-ci ne put se résoudre qu'à abandonner le terrain."
Quelques essais plus tard, le résultat s'en trouva inchangé. Le Major Meredith, pour justifier la défaite, comparera les émeus aux fiers et diaboliques guerriers Zoulous que même les balles Dum-Dum ne pouvaient arrêter. La ténacité des oiseaux avaient finalement eut raison de la volonté belliqueuse de l'homme. Malgré les pertes, les émeus conservaient le territoire envahi, que l'armée australienne abandonna.

Cette guerre est connue sous le nom de Grande Guerre des Émeus. C'est peut être la première guerre officielle déclarée à une autre espèce que l'homme. C'est aussi un brin d'histoire à la fois insolite et pathétique : si l'histoire de la Grande Guerre des Émeus nous arrache volontiers un sourire, elle nous inspire aussi vraiment la honte d'appartenir à l'espèce humaine : non seulement parce qu'on a commencé cette gueguerre ridicule, mais en plus, parce qu'on l'a perdu!

Pour en savoir plus : 
La Grande Guerre des Émeus : NatureXtreme
...Lire la suite »


Les gargouilles de la chapelle de Bethleem

A Saint-Jean-de-Boiseau, petit village de Loire Atlantique, une chapelle dont la construction fut initiée au Moyen-Âge, possède sur ses tours des gargouilles sculptées représentant un Alien, un Gremlins, Gizmo ou encore Goldorak!

La gargouille Gremlins
Passée au patrimoine mondial en tant que monument historique le 30 août 1911, la Chapelle de Bethléem, située entre Saint-Jean-de-Boiseau et Le Pellerin, subit l'érosion du temps et des hommes depuis sa conception au Moyen-Âge. Bâtie pour l'honneur aux rites catholiques romains, elle tenait cependant compte des origines du lieu : situé près d'une source, l'endroit était utilisé par les druides pour célébrer la Beltane, le passage de la saison obscure à la saison claire. En hommage à ces rites, les sculptures présentes sur la baie ouest, furent dédiées au druidisme et à la mythologie celtique, faisant de la chapelle un lieu de communion de différentes cultures.

De 1993 à 1995, lors de la restauration de la chapelle, et alors que de nombreuses gargouilles originales étaient tombées en miette, se posait alors question de la nature et des façons dont on allait donner nouvel éclat au site. Le travail fut confié au Maître sculpteur Jean-Louis Boistel. La tâche pouvait paraître compliquée du fait que très peu de descriptions historiques de la chapelle étaient disponibles... Et l'état d'érosion était tel qu'il n'était plus possible de deviner l'apparence originale exacte de certaines parties de la chapelle. Néanmoins, l'esprit de celle-ci demeurait : réunir en un même lieu des figures d'origines culturelles différentes, en l'honneur de la coexistence de ces cultures.

Le célèbre xénomorphe ou Alien, de Giger, sculpté d'une main d maître à la Chapelle de Bethléem par J.L. Boistel
Fruit du travail de restauration de Maitre Jean-Louis Boistel, de nombreuses gargouilles, certaines restaurées, d'autres complètement resculptées, ornent désormais les pinacles de la Chapelle de Bethléem. On peut y voir des sculptures en hommages aux figures des mythologies chrétiennes et celtiques, telles qu'Adam et Eve, l'Ankou et le Druide, mais également des figures plus contemporaines issues des cultures cinématographiques ou de l'animation japonaise : Ainsi, Gizmo le gentil Mogwaï côtoie l'un de ses méchants cousins Gremlins, une gargouille Goldorak y incarne la droiture et l'esprit chevaleresque des temps modernes, un Alien issu de l'esprit de l'artiste Giger, représente quant à lui le monstre mythologique Léviathan. Toutes ces sculptures participent de l'esprit d'assimilation culturelle original de la chapelle. Tout simplement, un travail magnifique dont la description ne vaut bien entendu pas les photos!

La chapelle après et avant restauration, et quelques unes des gargouilles qui en ont fait une attraction nationale
L'idée d'utiliser des représentations contemporaines de gargouilles pour orner les pinacles de monuments religieux se retrouve par ailleurs, toutefois. La Cathédrale Nationale de Washington, par exemple, contient sur son flanc ouest certaines gargouilles à l'aspect curieux : l'une représente un politicien corrompu, dont les poches pleines laissent voir des billets de banque dépasser. On peut également y voir un jeune business-man pressé avec son attaché-case. Une autre représente la mythologie de Star Wars sous les traits de Dark Vador, sculptée par Jay Hall Carpenter, un artiste sculpteur également visionnaire et icônoclaste, dont vous pourrez admirer le travail ici.

Dark Vador de la Cathédrale Nationale de Washington, ainsi qu'une autre création du sculpteur Jay Hall Carpenter
Comme nous voyons d'anciennes sculptures, de nos jours, verrons-nous dans quelques siècles ces gargouilles contemporaines comme un reliquat historique d'une époque révolue?

Pour en savoir plus : 
Jean-Louis Boistel. Restauration du patrimoine pierre-terre. Travaux et créations. Vous pourrez y trouver les différentes créations de l'artiste et le détail de l'équipe s'étant occupé de la restauration de la Chapelle de Bethléem. Les images représentant gargouilles de la chapelle et chapelle elles-mêmes sont issues du site de J.L. Boistel.
Wikipédia : Chapelle de Bethléem.
...Lire la suite »


La bataille la moins meurtrière de l'histoire

Vous le devinerez sans doute, la bataille de Fujigawa, l'une des batailles les moins meurtrières de l'histoire (du Japon), s'est soldée par une victoire du clan Minamoto sur les armées Taira, sans la moindre escarmouche et donc sans le moindre mort ou blessé.

Minamoto no Yoritomo, vainqueur par forfait!
Cet anti-record, et ô combien le genre que l'on aimerait voir plus souvent, ne tire pas tant son originalité du nombre de victimes que des circonstances de la victoire.

En 1180, le Japon fait face à une guerre intestine connue sous le nom de Guerre de Gempei, opposant les clans Minamoto et Taira, qui ne s'accordent pas sur le successeur du trône impérial (et donc, sur le contrôle de celui-ci).

Après deux grandes batailles (Uji et Ishibashiyama), les forces du clan Minamoto ayant subi cinglantes défaites et lourdes pertes tentent de reconstituer leur armée en s'alliant notamment avec d'autres clans (dont le célèbre clan Takeda, qui plus tard, lors de l'époque Sengoku, parviendra presque à devenir maître du Japon). L'armée Taira et l'armée Minamoto se rencontrent à hauteur de Fujigawa, au pied du Mont Fuji, et la tension est à son comble. Le 9 novembre 1180, quelques soldats de l'armée Minamoto dérangent pendant une excursion nocturne un groupe d'oiseaux d'étang, qui apeurés, s'envolent à l'unisson. Les Taira désorganisés à ce moment et pris de panique devant le chahut, confondent le bruit de l'envolée avec celui d'une attaque surprise, et la débâcle s'amorce : l'armée Taira fuit devant "l'ennemi" sans même le voir et comprendre la situation. Elle se disloque et se disperse, laissant le champs libre aux Minamoto, aux portes des provinces de l'Est.

Aucun combat n'avait eu lieu, et le bataille prit par ailleurs le sobriquet de "Bataille qui n'a jamais eu lieu", quoique la victoire militaire du clan Minamoto sur cet évènement insolite permit à celui-ci d'entreprendre la conquête de nombreuses provinces de l'Est. Le nom de la bataille de Fujigawa est aujourd'hui partie intégrante du vocabulaire et de la culture japonaise, en désignant une victoire acquise sans combat.
...Lire la suite »


Mourir de rire, c'est possible?

Si l'expression "mort de rire" - mdr - est devenue avec l'explosion de l'internet notamment, de culture et de référence commune et anodine, il faut savoir qu'il est effectivement possible de mourir de trop rire, le plus ancien cas rapporté de cette insolite cause de décès, remontant à la Grèce ancienne.

Peut-on rire jusqu'à en mourir?
C'est en effet à un rire trop longuet et appuyé que l'on impute la mort au cours de 3ème siècle avant J-C., de Chrysippus, un philosophe grec et paradoxalement stoïcien, qui fit boire du vin à son singe domestique, et s'écroula de rire au sens propre comme au figuré en le regardant essayer, complètement ivre, d'attraper des figues pour les manger. L'auteur grec, quant à lui poète, Philemon (362, 262) serait aussi mort d'une crise de fou rire ironiquement provoquée par une de ses propres blagues. 

Bien plus tard, en 1410, c'est le Roi Martin d'Aragon qui s'étouffa d'une double crise, de rire incontrôlable, mêlée à une indigestion. Le poète également italien Pietro Aretino mourut de façon semblable en 1556, par suffocation résultant d'une crise de rire impossible à arrêter, sauf, bien entendu, par décès. L'aristocrate et polymathe écossais Thomas Urquhart s'éteignit quant à lui en 1660 en riant d'apprendre l'obtention du trône d'Angleterre par Charles II.

La médecine moderne a relevé avec davantage de précisions, chez de joyeux mais malchanceux anonymes, ces étranges cas de décès par trop plein de joie.
  • 24 Mars 1975, Alex Mitchell regarde l'épisode Kung fu Kapers des Goonies dans lequel un écossais en kilt affronte à coup de cornemuse, une série de boudins (la nourriture). Après 35 minutes de rire continue, Alex s'écroule sur le sofa, victime d'une crise cardiaque. Sa femme écrira une lettre de remerciement (!) aux producteurs des Goonies... pour avoir fait en sorte que son mari fut heureux au moment de sa mort!
  • 1989, Ole Bentsen, audiologiste danois, est victime d'un arrêt cardiaque provoqué par le film "Un poisson nommé Wanda", dont il n'a alors même pas vu la fin. Les expert penchés sur son cas ont estimé que son coeur avait pu accélérer son rythme, à force de trop rire, jusqu'à 250 à 500 battements/minutes.
  • 2003, Damnoem Saen-um, un vendeur de glace Thaïlandais, 52 ans, devait faire un rêve particulièrement fendard lorsqu'en pleine nuit et en plein sommeil, aux dires de sa femme, il se mit à rire très fort en continu pendant deux minutes avant de succomber (probablement par asphyxie ou arrêt cardiaque), sans que sa compagne, pendant la crise, ne réussisse à le réveiller.
Le rire tue?

Ce n'est jamais exactement le rire qui tue mais les pathologies qui peuvent résulter d'un rire aux éclats ou d'une crise trop intense. En temps normal, le rire est une bénédiction : après une courte augmentation du rythme cardiaque et du rythme respiratoire, le coeur ralentit et prend un rythme plus bas que d'ordinaire, la respiration est facilitée avec l'ouverture des bronches et la pression artérielle diminue. Pour faire simple, un bon rire déstresse à fond, au point que des thérapies fondées sur le rire sont nées au fil du temps.

Mais sur le coup, un éclat de rire peut être très violent, comme n'importe quelle émotion forte (le rire est souvent - pas systématiquement - le signe d'une émotion joyeuse intense). 

Un éclat trop appuyé peut entraîner une atonie (perte de tonus musculaire/malaise et généralement chute) voire une syncope (atonie avec perte de conscience). Une crise de rire peut amener le gai luron à des phases apnéiques incontrôlables ou des difficultés respiratoires notables, et éventuellement la mort par asphyxie. L'arythmie et la tachycardie provoquées par cette même crise peuvent engendrer un arrêt cardiaque ou une fibrillation. Tous ces exemples ont des cas confirmés mais extrêmement rares, qui donnent néanmoins aux parole de Pierre Dac un nouveau sens : 

"Quand celui qui rit le dernier a fini de rire, personne ne rigole plus."
...Lire la suite »


Pourquoi le prix Nobel met-il si longtemps à être décerné?

Il fut un temps où les prix Nobel ne mettaient que quelques années à être décernés... puis le délai s'est allongé à tel point que maintenant, il n'est pas rare que s'écoulent quelques dizaines d'années avant que des travaux, généralement l'ensemble d'une carrière consacrée à la recherche et à la science, se voient récompensés par le prestigieux Prix Nobel.

Bien qu'officiellement, le rapport ne soit pas établi, on doit vraisemblablement l'accès de prudence de la Commission de Stockholm, à certains Nobels particuliers ayant fait coulé beaucoup d'encre. C'est le cas du Prix Nobel de Physiologie-médecine de 1927, décerné à Julius Wagner-Jauregg.

Alors qu'il étudiait en 1917 plusieurs cas de démences neurosyphilitiques entrainant notamment une paralysie, il se rendit compte que la fièvre de certains patients améliorait leur mobilité, luttant ainsi, en apparence, efficacement contre les symptômes paralytiques.

Il n'en fallait pas plus pour que le médecin, déjà connu pour ses méthodes thérapeutiques douteuses[1], injecte à ces patients la malaria, plus ou moins contrôlable par la Quinine, afin de leur provoquer les fièvres pseudo-salvatrices qui vaudront à Von Jauregg le prix Nobel de Physiologie Médecine en 1927. Un problème subsistait néanmoins : si l'état des patients s'améliorait quant aux symptômes syphilitiques, nombre d'entre eux décédèrent quelques années plus tard... de la malaria.

Pour en savoir plus :
[1]Nobel Romance sur Psychoweb.fr
...Lire la suite »


Les anecdotes du Tour de France, Partie 3 : nos héros les cyclistes

Héros roïde

Lors de la 11ème étape de l'édition 1951 du Tour de France, un coureur suisse, futur vainqueur du Tour, survole l'étape devant ses concurrents dans une échappée solitaire de 135 km. Hugo Koblet, le pédaleur de charme, avait coutume de se donner un petit coup de peigne à quelques km des arrivées afin de se présenter sous son meilleur jour. Mais cette fois-ci, il indiqua que sa performance à l'étape du jour était surtout due à une poussée d'hémorroïde, mal soignée la veille.

Armstrong tout terrain

Après la chute de l’un de ses concurrents juste devant lui, Lance Armstrong ne peut s’empêcher de plonger tout droit dans le décor… Qu’à cela ne tienne, il se braque sur le vélo et traverse le terrain en mode barbare pour ressortir une centaine de mètre plus loin sur la route qui revenait après un virage en épingle. Bien entendu, il ne fut pas pénalisé malgré le raccourci !

Alors quoi! C'est du vélo ou de la boxe?

On se souvient également de l’Espagnol Manzaneque et de l’Italien Taccone qui, lors du Tour 1964, épuisèrent leur stock d’injures respectives avant de descendre de vélo et d’en venir aux mains.

Fait ch...!

Personne n’a oublié, par ailleurs, la mésaventure de Pedro Delgado qui perdit la course dès le prologue, à cause d'une envie pressante. 
...Lire la suite »


Les anecdotes du Tour de France, Partie 2 : évènements insolites

Lors de l’ascension du col de Sourol, dans l’édition 2010, les coureurs du peloton ont la surprise de voir débarquer sur la route étroite un troupeau de moutons vraisemblablement égarés. Ça fleurait bon la France et heureusement, il n’y a pas eu de chutes, malgré les désagréments provoqués aux coureurs qui ont dû légèrement dévier leur course.

C'était presque, mais non...

C'est le plus petit écart à l'arrivée entre le maillot jaune et son dauphin : en 1989, avant d'aborder la dernière étape contre la montre, Laurent Fignon possède 50 secondes d'avance sur le second, Greg Lemond. Celui-ci réalisera un temps très correct à l'épreuve, qui lui permettra de devancer son rival français d'à peine 8 secondes au classement général, ce qui vaut... à peu près 80 mètres d'avance sur un trajet de 3257 km! Suspense garanti cette année-là.

On peut gagner et perdre en même temps

C'est la mésaventure de Floyd Landis, maillot jaune et vainqueur du Tour de France 2006. Contrôlé positif par la suite, à la testostérone, il est déchu de son titre, et son équipe Phonak, virée définitivement du Tour. L'année suivante, 2007, et exceptionnellement, le tour ne comporte aucun dossard allant de 1 à 10, symboles de l'équipe gagnante, l'année précédente. C'est finalement Oscar Pereiro de l'équipe Caisse d'Epargne qui remportera par défaut le titre de vainqueur 2006.

Diaboliquement Vôtre!

Vous l'avez peut être déjà vu si vous suivez régulièrement le tour de France : barbe blanche, fourche et costume de diable, il court à côté des coureurs sur quelques mètres avec une audace étonnante. Il s'agit de Didi Senft, surnommé El Diablo, un allemand à la soixantaine entamée, concepteur de vélos, qui est devenu au fil du temps l'une des légendes du Tour. Depuis 1992, on le retrouve régulièrement sur la route du tour dans son costume insolite. Didi Senft sévit également parfois dans d'autres évènements sportifs : le Mondial de Foot, le Giro D'Italie, les jeux Olympiques... 
...Lire la suite »


Le plus long match de boxe

Le 6 avril 1893 les deux challengers au titre de champion poids léger, Jack Burke et Andy Bowen, ont livré le match le plus long de l'histoire de la boxe (avec gants) : 7 heures et 19 minutes de combat, pour 111 rounds. Le match fut officialisé "No Contest" par l'arbitre John Duffy lorsqu'il constata qu'à la 111ème reprise, aucun des deux participants n'était en mesure de continuer le combat.

Dans quel contexte s'est déroulé ce match? Précédemment, l'ancien champion Jack McAuliffe s'est retiré, invaincu dans la défense de son titre de champion poids léger. Le match censé déterminer lequel des challengers du moment méritait le plus ce titre laissé vacant, prit donc part à la Nouvelle-Orléans, le 6 avril 1893. "Texas" Jack Burke, alors âgé de 24 ans, rencontrait Andy Bowen, 26 ans. Le gagnant serait promu au titre de champion des poids légers, en même temps qu'il recevrait une somme confortable pour l'époque, de 2500 dollars.
Andy Bowen (à gauche) & Jack Burke (à droite)
Débutant en soirée, les premiers rounds furent à l'image de l'ensemble du combat : aucun des boxeurs ne voulait laisser l'avantage dans une véritable rixe à couteaux tirés. Les rounds se succédèrent sans qu'on puisse en déterminer l'issue. Après 7h19 de combat ponctuées en 110 rounds (3 minutes chacun),  les combattants n'en peuvent plus, ils sont tuméfiés et fatigués. A la 111ème reprise, chacun des challengers reste dans son coin à l'appel de l'arbitre, signifiant ainsi leur abandon simultané. Malgré la vaillance de chaque boxeur, l'arbitre est obligé de déclarer le match "No Contest", c'est-à-dire sans vainqueur ni vaincu, No contest signifiant "comme si le match n'avait jamais eu lieu".

Et pourtant, non seulement il eu lieu, mais il laissa des traces tant dans l'histoire de la boxe que dans la vie des deux hommes. Jack Burke avait à la fin du combat la majorité des os des deux mains brisés, et envisagea de mettre fin à sa carrière de boxeur. Bien que quelques autres rencontres eurent lieu par la suite, jamais il ne put atteindre son niveau précédent. Andy Bowen, quant à lui, tenta de continuer sa carrière de boxeur en remontant par ailleurs sur le ring face à Jack Everhardt le 31 mai suivant. Le match fut à nouveau d'une longueur incroyable, de 5h35 minutes, à l'issue desquelles Andy gagna par KO mais remit un an avant de reprendre la boxe en match officiel. Ces deux matchs l'avaient durement touché. A l'issue d'un KO infligé par Georges Kid Lavigne le 14 décembre 1894, Andy chuta tête la première sur le sol et mourut le lendemain des suites de ces blessures, ne s'étant jamais réveillé après le KO.

Le match opposant Jack Burke et Andy Bowen est resté célèbre comme étant l'un des matchs les plus long de l'histoire du combat, au point d'avoir une date de début et de fin différente : commencé en soirée le 6 Avril 1893, il s'est terminé dans la matinée nocturne du 7 avril 1893!
...Lire la suite »


La croix gammée, l'origine du symbole

La croix gammée dont l'image a une forte connotation négative depuis son utilisation par le régime nazi, est avant tout un symbole de bon augure désignant l'éternité ou la bonne fortune.

C'est un symbole très ancien, dont on trouve les traces dès le néolithique, il y'a plusieurs milliers d'années, avant même l'invention de l'écriture. On en retrouve des représentations sur des poteries de Mésopotamie, à partir de laquelle le symbole s'est vraisemblablement exporté vers la Grèce, puis vers l'Inde et la Chine. C'est chez les peuples hindous que l'on en trouve les premières traces écrites (bien que le symbole fut largement utilisé comme élément décoratif auparavant), dans les épopées de Rãmãyana et Mahãbhãrata, composées à partir du 3ème siècle avant J-C. De l'Océanie à l'Europe, le symbole en croix gammée est présent dans de nombreuses cultures depuis des siècles.

Svastika Hindoue
Tant chez les Grecs que chez les Hindous, la croix gammée, dont le véritable nom est Svastika (en sanskrit), désigne un signe de bon augure ou l'expression de bonne chance. C'est donc un symbole à valeur positive, dans la majorité des cultures. Les idéogrammes chinois en forme de croix gammée (barres en S) ou de croix gammée inversée (barres en S inversé) désignent respectivement l'éternité (dix milles, c'est-à-dire beaucoup) et le "Coeur de Bouddha". Le svastika inversé est d'ailleurs utilisé sur les cartes pour repérer l'emplacement des temples bouddhiques.

Ce symbole a été largement perverti en occident du fait de ces liens avec Adolf Hitler et le parti national-socialiste, dont la croix est l'emblème. Néanmoins, résident quelques différences entre la croix gammée nazie et le svastika tel qu'on le représente habituellement dans d'autres cultures. Le symbole associé à la "race aryenne" est penché à 45°, dans un disque blanc entouré d'un cercle ou d'un fond rouge. Dans l'idéologie hitlérienne, la croix représente le combat, le disque blanc représente la "pureté de la race", le cercle rouge représente quant à lui la pensée sociale dont le parti national-socialiste se veut le garant.

En France, où le symbole détient également une forte connotation négative, l'origine du nom de croix gammée vient de la ressemblance des branches du svastika avec la lettre grecque Gamma (Γ). Malgré la signification généralement positive de ce symbole, il constitue encore un tabou de nos sociétés. Pourtant, la seule association avec les "races aryennes" faite par le parti national-socialiste est issue d'une erreur d'interprétation, de la part d'Emile Burnouf, qui voyait dans les représentations de svastikas grecques, un symbole typique d'une supposée race supérieure. Or le svastika était présent dans les cultures, de nombreux siècles avant les origines déclarées des "Aryens".

Pour en savoir plus : 
Svastika et croix gammée sur Wikipédia
Signification de la svastika sur Persée
...Lire la suite »


Les explosions les plus puissantes

Hiroshima et autres explosions nucléaires n'arrivent qu'en 7ème place au palmarès des explosions les plus puissantes...


7 - La bombe A d'Hiroshima n'était, comparativement aux bombes qui suivirent, qu'une petite explosion, même si ce fut la plus meurtrière des bombes dans l'histoire de l'humanité. A peine, pourrait-on dire, 15 kilotonnes (6,3*1013 Joules). La Tsar Bomba, une bombe soviétique testée en 1961, déployait une puissance de 57 mégatonnes, soit 3800 bombes d'Hiroshima, ce qui en fait la bombe la plus puissante jamais construite par l'homme. Volontairement limitée, elle aurait pu atteindre une puissance de 100 Mégatonnes.


6 - Des explosions de cet ordre de puissance sont pourtant apparues dans l'histoire de l'humanité, avant même l'invention de la bombe atomique. Ainsi, l'explosion mystérieuse qui s'est produite près de Tunguska, en Sibérie (1908), développait selon les estimations actuelles une puissance de 4 Mégatonnes. Bien que la raison d'une telle explosion soit toujours objet de débat, on sait qu'elle correspondrait à l'impact d'un astéroïde de 20 à 30 mètres de diamètre, pour 200 000 à 600 000 tonnes (de récentes donnés suggèrent 10 m de diamètre). 2000 km² de forêt sibérienne furent soufflés, des dégâts furent constatés à plus de 100 km, l'onde de choc fut ressentie en Europe, malgré l'éloignement... Le mystère réside principalement dans le fait qu'aucun cratère ne fut repéré, l'une des hypothèses plausibles serait l'explosion d'une petite comète fortement gazeuse ou d'un astéroïde, à plusieurs kilomètres du sol. L'explosion correspondait alors à près de 260 bombes d'Hiroshima.


5 - En 1815, le Mont Tambora d'Indonésie explose en déployant une énergie de près de 1000 Mégatonnes, ce qui en fait la plus puissante éruption volcanique enregistrée dans l'histoire de l'humanité. L'explosion rejeta plus de 140 milliards de tonnes de magma et engendra des anomalies climatiques sur l'ensemble du globe : l'année suivante 1816, connue comme "l'année sans été", vit apparaitre des rivières gelées en juillet en Pennsylvanie, des chutes de neige en juin, aux États-unis et en Europe. Aux 71 000 morts directement imputables à l'éruption  et ses conséquences locales, s'ajoutèrent plusieurs centaines de milliers de morts provoquées par une famine importante à l'échelle planétaire, elle même conséquence des bouleversements climatiques.


4 - Près de nous, dans le temps autant que l'espace, s'est produit une explosion gigantesque qui n'aurait pas épargné la planète, si elle s'y était produite. En 1994, la comète Schoemacker-Levy 9 entrait en collision avec Jupiter. L'immense force d'attraction de la planète fit exploser la comète en 21 morceaux visibles, certains atteignant 3 km de diamètre, tous fonçant vers la planète à près de 60 km/s. Les impacts s'étalèrent sur 12000 kilomètres (approximativement le diamètre de la Terre) en déployant une énergie considérable estimée à 6000 Gigatonnes.


3 - L'humanité n'a pas subi les explosions les plus terribles de l'histoire de la planète. Il y'a 65 millions d'années, une météorite géante de près de 10 km de diamètre s'est vraisemblablement écrasée dans ce qui allait devenir le Mexique. Le cratère de Chicxulub (180 km de diamètre) témoigne de la violence de l'impact, dégageant près de 8 milliards de fois l'énergie d'une bombe type Hiroshima (soit 5*1023 Joules). L'explosion et ses conséquences entrainèrent (peut être pas comme facteur unique) l'extinction K-T et les bouleversements climatiques que l'on connait, faisant de cette explosion l'une des plus meurtrières qu'ai connu la planète. L'énergie déployée atteignait certainement un ordre de grandeur de 100 000 gigatonnes.


2 - Évènements cosmiques parmi les plus impressionnants, les Supernovas font partie du langage courant, bien que l'on estime difficilement l'énergie représentée par ces gigantesques explosions. La plus imposante supernova enregistrée, connue sous le nom de SN1006, s'est déclenchée dans la Constellation du Loup, il y'a quelques 8000 ans, à 7000 années lumière de la Terre. La supernova fut donc visible en 1006 et, de mémoire d'homme, constitua l'évènement le plus violent visible directement. La supernova était si brillante qu'elle générait des ombres sur Terre, permettait de lire correctement la nuit, et fut visible plusieurs mois à la lumière du jour. Les supernova déploient une énergie phénoménale de l'ordre de 1044 Joules.


1 - Ce n'est pourtant pas l'explosion cosmique la plus violente. En dehors de la collision de galaxie, qui ne représente pas vraiment une seule et même explosion courte dans le temps, un autre évènement, peut être le plus impressionnant, est le sursaut Gamma. De l'ordre de 1047 Joules, le sursaut Gamma est une explosion si brusque et puissante qu'elle représente l'évènement le plus lumineux et l'explosion la plus courte, comparativement à l'énergie déployée, de l'univers connu, à tel point qu'il est également l'un des évènements cosmiques le plus anciens que l'on puisse voir : 13 milliards d'années. C'est, remontant à cette époque, le plus ancien et puissant sursaut gamma que l'on aie observé, l'explosion d'une étoile peut être 30 à 100 fois plus large que notre soleil. Le sursaut gamma GRB-090423 a dégagé plus d'énergie que notre soleil ne saurait en émettre en 10 milliards d'années d'existence. C'est, dans l'état actuel de nos connaissance, l'explosion la plus violente qu'ai connu l'univers.


0? - Mention spéciale, le Big-Bang. Les théories courantes estiment que l'univers est né d'un évènement cosmique particulier qu'est le Big-Bang. Comme son nom le suggère, on le compare généralement à une gigantesque explosion. La théorie est en fait plus étrange : elle suggère que l'univers était alors particulièrement chaud, dense et... petit. Il était donc concentré, non pas comme un point ultra dense dans l'espace, mais constituait lui même cet espace. L'expansion rapide qui suivit le big-bang créa alors l'espace que l'on connait, mais cette phase d'expansion ne constitue pas une explosion à proprement parler.
...Lire la suite »


Les jours qui n'existèrent jamais

Au 16ème siècle, tous les registres du 5 au 14 octobre 1582 sont vides. Aucun mort, aucune naissance, aucun évènement... et pour cause : ces jours n'ont jamais existé!

En 46 avant J.C, Jules César donne 365 jours et 12 mois aux années, prévoit des années bissextiles et fait débuter l'année le premier Janvier (rien à voir donc, avec la naissance du petit Jésus). L'Église, au Moyen-Age, usurpe le calendrier en lui rajoutant quelques années, afin de donner plus de fondement à la religion chrétienne. Vint alors la Renaissance et les grands noms de l'astronomie qui notent un hic : l'année julienne dépasse l'année solaire de 11 minutes et 14 secondes. Le clergé n'aurait peut être pas relevé la chose si elle ne posait également un problème à l'Église : avec le temps qui passe, le clergé a de plus en plus de mal à placer correctement le Lundi de Pâques (qui n'est même pas une fête chrétienne!).

Le Pape Grégoire XIII décide alors d'instaurer les années telles qu'on les connait presque partout aujourd'hui : trois années de 365 jours et une de 366, avec la première année de chaque siècle bissextile uniquement si divisible par 400. La manœuvre permet de faire correspondre à 26 secondes près, les années calendaires et les années solaires. Reste un problème : le cumul de 16 siècles dans l'erreur a généré un retard de près de 10 jours... Que le Pape décide purement et simplement de supprimer. Ainsi, tous les hommes qui se sont endormis le 4 octobre se sont réveillés le 15 octobre, le lendemain. Tous? Thérèse d'Avila, une sainte catholique, n'a pas vu la nouvelle ère grégorienne : elle est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre! 

Tous les pays ne se sont pas mis au nouveau calendrier tout de suite. La France a adopté le nouveau calendrier à partir du 9 décembre, passant directement le jour d'après au 20 du même mois.  Ces différences de changement eurent des effets insolites : les anglicans ayant toujours l'ancien calendrier julien au moment de son décès, Shakespeare mourut à la même date que Cervantès, mais pas le même jour...


Pour en savoir plus :
...Lire la suite »


L'explosion du Mont Tambora

La plus grosse explosion volcanique enregistrée s'est déroulée en 1815 : le mont Tambora explosa en déployant une énergie de près de 1000 Mégatonnes, soit l'équivalent de 60 000 bombes d'Hiroshima.

Chronologie

Relativement calme depuis plus de 2000 ans, avec une dernière éruption violente datée de 740 avant J.C.[1], le mont Tambora, volcan d'Indonésie, subit un regain d'activité pendant trois ans, avant d'atteindre son pic éruptif le 5 avril 1815. La chambre à magma dormante entre 1500 et 4500 mètres de profondeur, avec une pression de l'ordre de 4 à 5 kbar et une température de 700 à 850°C[2], explosa une première fois dans un fracas entendu à plus de 1400 km (îles Moluques), créant une colonne éruptive de plus de 30 km, noire et dense. Tandis que de multiples détonations continuèrent à se faire entendre, parfois jusqu'à l'île de Sumatra, à 2600 km, l'est de Java subit une pluie de cendres à partir du 6 avril. 

Vers 19 heures le 10 avril, l'intensification des éruptions fit émerger trois colonnes éruptives[3] tandis qu'une pluie de pierre ponce (certaines de 20 cm de diamètre) frappa le village de Sanggar à 30 km de là, vers 20 heures, suivie d'une pluie extrêmement dense de cendre. Vers 22 heures, les trois colonnes fusionnent dans une gigantesque explosion dont l'onde de choc détruit les villages alentours. 160 km3 de coulées pyroclastiques forment 7 rivières de magma qui foncent vers la mer pendant que le sommet du volcan s'effondre sur lui même, faisant perdre plus de 1400 mètres à la hauteur du Mont Tambora. La colonne de cendres de plus de 40 km de haut, était visible à 600km de là.
Le nuage de cendre, dispersé à plus de 1300 km (img : NASA/retravaillée)

Les conséquences désastreuses de l'éruption

L'énergie dégagée par l'explosion atteint un indice d'explosivité volcanique de 7 sur 8, près de 1000 Mégatonnes, soit 4 à 5 fois l'énergie déployée par l'éruption du Krakatoa, (8*1017 J) ou l'équivalent de 10 des bombes les plus puissantes jamais construites. C'est la plus puissante des explosions jamais observée sur Terre par l'homme (et la 5ème au rang de types d'explosions les plus puissantes).

Outre la dévastation totale de l'ile et près de 11000 morts directement imputables aux coulées de laves, près de 60 000 habitants de la région périrent des suites de pluies de cendres, de tsunamis, de malnutrition ou d'épidémies opportunistes, indirectement conséquences de l'explosion[4]. En plus de ces conséquences locales, l'année 1816, connue sous le sobriquet d'Année sans été, observa de profonds bouleversements climatiques. Les particules envoyées en haute atmosphère par le volcan entrainèrent un refroidissement global du climat, de 0,5 à 1°C, provoquant notamment dans l'hémisphère nord, chutes de neiges en Juin, gelées en Août, et changements rapides et amples de températures. A l'échelle mondiale, les récoltes en furent affectées, et s'ensuivit pour de nombreuses nations (États-Unis, France, Chine..) une hausse importante du prix des denrées comestibles, voire des famines. Des centaines de milliers de victimes, aux quatre coins du globe, succombèrent des suites de cet hiver volcanique. L'éruption de Tambora est alors devenu l'éruption la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité loin devant les éruptions largement plus connues du Krakatoa (1883 - 36.600 morts) ou du Vésuve (An 79 - plus de 2000 morts).


Pour en savoir plus :
[1] Tambora eruptive history. Global Volcanism Program
[2] Foden, J. (1986). The petrology of Tambora volcano, Indonesia: A model for the 1815 eruption. Journal of Volcanology and Geothermal Research
[3] Stothers, Richard B. (1984). The Great Tambora Eruption in 1815 and Its Aftermath. Science, p1191–1198
[4] Tanguy, J.C.; Scarth, A., Ribière, C., Tjetjep, W. S. (1998). Victims from volcanic eruptions: a revised database. Bulletin of Volcanology
...Lire la suite »


L'explosion mystérieuse en Tunguska, 1908

En 1908, une explosion de 4 Mégatonnes, soit près de 250 bombes d'Hiroshima, ravagea 2000 km² de la forêt sibérienne et se fit ressentir sur toute la planète. Mais on n'a jamais retrouvé de cratère correspondant.

Paysage de désolation laissé par l'explosion (img : L. Kulik)
C'est l'un des plus grands mystères du siècle dernier : Le 30 juin 1908, vers 7 heures du matin, une explosion cataclysmique généra une onde de choc qui dévasta le cœur de la Tunguska, sur près de 2000 km², couchant des arbres jusqu'à 100 km à la ronde et provoquant des incendies gigantesques. L'onde de choc fut ressentie plus de 600 km. L'Europe et même les États-Unis enregistrèrent des manifestations de cette formidable explosion. 60 millions d'arbres furent ainsi décimés, et pour une large proportion, soufflés radialement et brûlés comme des allumettes.

Pendant 19 ans, la région ne fut pas prospectée, comte tenu de son hostilité (marais, rigueur hivernale, moustiques...); C'est en 1927 que le géologie Leonid A. Kulik prospecta pour la première fois officiellement la région, découvrant des paysages d'horreur. Ainsi qu'il le rapporte, aussi loin que son regard se posait lorsqu'il se trouvait vers l'épicentre, il ne voyait que désolation, arbres couchées et brûlés.

Localisation de l'impact (img : NASA)
Depuis, plusieurs expéditions ont eu lieu, mais aucune n'a trouvé de façon sûre un cratère qui témoignerait d'un impact météoritique. Néanmoins, quelques fragments de roches fondues pourraient provenir de météorites réchauffées par l'atmosphère. Il n'a pas encore été possible de déterminer avec certitude qu'elles sont liées à l'évènement de 1908. Si de nombreux scénarios, dont beaucoup paraissent farfelus (essai de rayon de la mort de Tesla, crash d'Ovni...) furent proposés, on accepte désormais l'idée d'un météoride (probablement un astéroïde) qui se serait fragmenté et aurait explosé à quelques kilomètres d'altitude. Récemment, une équipe italienne de l'université de Bologne suggérait l'existence d'un cratère dans le lac Cheko, à 9 km de l'épicentre présumé. Des particules lourdes datées entre 1902 et 1914 semblent attester de l'arrivée de roches extraterrestres dans cette période. Le mystère demeure toutefois, aucune théorie jusqu'à présent n'ayant pu expliquer tous les aspects de cette formidable explosion. 

S'il s'avère qu'un météorite s'est crashé à Tunguska, ou a explosé en vol, on aura alors déterminé l'origine d'une des plus puissantes explosions de l'histoire de l'humanité. Selon les simulations de Mark Boslough, spécialiste de la modélisation d'impact de corps céleste, un astéroïde d'une dizaine de mètres de diamètre aurait pu dégager une puissance de 3 à 5 mégatonnes, se désagrégeant dans l'atmosphère en créant une gigantesque boule de feu à même de rendre compte des effets constatés au niveau du sol. La météorite de Tunguska représenterait alors la 6ème place au rang des types d'explosions les plus puissantes, plus de 250 fois la puissance développée par la bombe d'Hiroshima, avant même son invention.


pour en savoir plus : 
Lombry T. (2007). Tunguska. Histoire d'impacts. Luxorion
Phillips T. (2008). The Tunguska impact - 100 years later. NASA
...Lire la suite »


La première attaque biologique

C'est lors de la guerre de 7 ans, opposant les royaumes de France et de Grande-Bretagne, qu'a eu lieu la première attaque biologique officielle. L'officier britannique Jeffery Ahmerst, suggéra à son subalterne, le colonel Henri Bouquet, l'usage de couverture infectées par la variole, pour tenter de contaminer les indiens des Delaware, alliés des français :
« You will do well to try to innoculate the Indians by means of blankets, as well as every method that can serve to extirpate this execrable race. » (« Vous feriez bien d'essayer d'infecter les Indiens avec des couvertures, ou par toute autre méthode visant à exterminer cette race exécrable. »)
Des couvertures contaminées par la petite vérole furent ainsi distribuées(*), causant près de 20 000 morts chez les indiens, pour lesquels cette maladie tout à fait nouvelle fut particulièrement virulente. La petite vérole ou Variole et une infection d'origine virale, provoquant des éruptions cutanées dont les cicatrices perdurent après la maladie, si le patient survit : le taux de mortalité était très élevé et la maladie est toujours restée hors de portée d'un traitement efficace. Elle a été éradiquée, selon l'OMS, en 1977. Plusieurs exemplaires sont néanmoins conservés dans le cadre de la recherche.

Si le tragique exemple de l'usage de cette arme biologique est le premier réellement recensé, d'autres utilisations de maladies ou d'agents pathogènes avaient fait parler d'eux par le passé. Empoisonner les puits avec des cadavres d'animaux, offrir à ses ennemis des objets manipulés par des malades... Le pouvoir de la contamination dans une guerre est apparu aux yeux des belligérants dès la prise de conscience de contagions.

En 1344, les Turcs Tatars (tartares) ont ainsi vaincu le comptoir génois de Théodosie, en catapultant des cadavres pestiférés dans la ville assiégée. Cette évènement pourrait avoir déclenché la grande vague de peste bubonique : suite à l'arrêt des combats entre turcs et génois, les bateaux génois purent ré-embarquer et rejoindre l'Europe, diffusant probablement la maladie, l'une des plus importantes pandémies de l'histoire humaine (pics de la peste noire en 1348 et 1350). Cette pandémie tua près de 30 à 50% de la population européenne. Quelques cadavres catapultés pour la prise d'une ville auraient alors scellé le destin de 25 millions de vie. Ce n'est pourtant pas la plus ancienne utilisation du potentiel guerrier biologique.

Le tout premier incident relaté d'utilisation de matériel contaminé remonte à 1500 avant Jésus-Christ : Des documents estimés à cette période (-1500/-1200) indiquent que les hittites emmenaient en territoires ennemis les victimes de la peste. L'usage de poisons s'est répandu par la suite, de même que la contamination des denrées : lors de la première Guerre Sacrée de Grèce, vers 590 avant J-C., des Athéniens empoisonnèrent l'eau de la ville assiégée de Kihrra, avec des hellébores, connues pour leur toxicité.

(*) Bien que les correspondances d'Ahmerst et de Bouquet indique clairement l'intention du premier et la volonté du deuxième d'exécuter ses ordres, Il y'a toujours débat entre les historiens sur la possibilité que l'ordre n'aie pas été suivi)

Pour en savoir plus :
Guerre biologique (Wikipédia)
Wheelis M. (2002), "Biological warfare at the 1346 siege of Caffa.", Emerg Infect Dis (Center for Disease Control)
Biological Warfare. E-medecine-health
...Lire la suite »


Elliot Ness, incorruptible mais saoul

Elliot Ness, le héros de la prohibition qui lutta contre Al Capone en vertu de l'interdiction de la consommation d'alcool, quitta ses fonctions de Directeur de la Sécurité à Cleveland, en 1942, suite à un accident de voiture... dû à l'alcool.

Elliot Ness est célèbre pour avoir été le principal adversaire d'Al Capone, lors de la prohibition (1920 - 1933); Vente et consommation d'alcool fort étaient alors interdites, ce qui n'empêchait pas l'usage de bières à taux d'alcool modéré.[1] Elliot Ness était d'ailleurs un adepte du Social drinking, l'amenant à boire régulièrement entre amis.

Ayant contribué à la condamnation d'Al Capone en 1931, Elliot Ness appartenait alors à la Brigade Fédérale des Finances. Il fut promu en 1934, Directeur du Bureau de la Prohibition de l'Ohio. Si les lois sur la prohibition étaient levées au niveau national, certains états les conservèrent de nombreuses années, (jusqu'en 1966 pour le Mississippi). Le maire de Cleveland lui offrit en 1935 le poste de Directeur de la Sécurité de Cleveland, tandis que l'éclat de sa carrière se détériorait. En 1942, de nombreuses critiques concernant son divorce, ses habitudes de Social drinking et sa conduite vraisemblablement en état d'ivresse, ayant mené à un accident de la circulation, l'ont contraint à quitter son poste[2] et à déménager à Washington, pour lutter contre la prostitution.

Ayant subi quelques revers dans sa carrière de Police (une affaire de tueur en série non élucidée) ou dans ses affaires (tentative infructueuse de prise de la mairie de Cleveland, présidence écourtée de la société de sécurité Diebold Corp.), Elliot Ness finira celle-ci à la North Ridge Industrial Corporation. Son décès en 1957 intervint peu avant la publication d'un livre sur la partie la plus brillante de sa carrière, "Les Incorruptibles".

Pour en savoir plus :
[1] Wikipedia : Elliot Ness
[2] Cleveland history : Elliot Ness
...Lire la suite »