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| L'art de faire tomber plus de billets |
Le premier cas supposé d'obsolescence programmée a visé les lampes à incandescence en 1924. Un cartel de fabricants d'ampoules créé pour l'occasion s'est accordé sur le passage volontaire de la durée de vie des ampoules classiquement vendues jusqu'alors.
On note ainsi de nombreuses méthodes permettant d'altérer la durée de vie d'un produit fabriqué, pour des buts parfois différents (certains assez mesquins, comme maximiser le profit, d'autres plus neutres, comme maintenir l'activité, ou même des buts relativement philanthropiques, comme forcer le consommateur à racheter un produit moins polluant lorsque celui-ci sera disponible). Parmi ces méthodes :
- Obsolescence technique ou fonctionnelle : lorsqu'une pièce est défectueuse, l'ensemble du produit ne fonctionne plus. Or, si le prix de remplacement (y compris transport et main d'oeuvre) est trop élevé ou à peu près équivalent au prix du neuf, le consommateur aura alors tendance à acheter un nouveau produit. Cette technique est très peu écologique (beaucoup de déchets...). Remplacer le métal par du plastique, plus fragile, en est un exemple. Refuser le remplacement des pièces est également un moyen parfois utilisé. Changer le format de logiciels (comme les nouveau format audio ou vidéos) en est un autre exemple.
- Obsolescence par péremption : généralement, les dates de péremption indiquent la date limite d'utilisation optimale (DLUO) et non la date limite de consommation (DLC). Le dépassement de la DLUO peut affecter le goût de denrées alimentaires, par exemple, mais celles-ci ne présentent pas de risques. Seules la DLC indique quand il est recommandé, faute de risque pour la santé, de jeter les produits concernés.
- Obsolescence indirecte : bien que fonctionnant encore, certains produits deviennent obsolètes du fait que les produits associés ne sont plus commercialisés (comme les batteries ou les chargeurs de téléphones portables). Le contrôle des brevets par les industriels leur permet d'arrêter la production de pièces de remplacement en s'assurant que personne ne pourra les reproduire, incitant alors le consommateur à essayer (et acheter) les produits plus récents. Certains vont même jusqu'à remplacer un ancien produit pendant plusieurs années, et une fois qu'il a disparu, tentent de le remettre au goût du jour (exemple des lecteurs vinyles).
- Obsolescence par incompatibilité, souvent remarquée en informatique, et consistant à rendre inopérants les anciens produits (A) ayant besoin d'autres produits (B) pour fonctionner. Il suffit de s'arranger pour que B ne supporte pas les produits A (plus de compatibilité) afin que l'achat de B, ou même seulement sa mise à jour (parfois "gratuite") force le consommateur à renouveler son parc de produits A...
- Obsolescence par publicité : c'est le domaine des modes et des tendances offertes par les publicitaires, que l'on retrouve dans l'exemple de General Motors dès les années 30, usant de la publicité pour démoder les anciennes automobiles afin de pousser le consommateurs à en changer régulièrement. Les primes de rachat participent également de ce phénomène en incitant le consommateur à changer un produit qui fonctionne pourtant encore!
Toutefois, nous vous invitons bien sûr à prendre cet article avec toute la réserve et la prudence qui s'impose!
Pour en savoir plus :
Slade, G., (2006). "Made to Break : Technology and Obsolescence in America", Harvard University Press, 2006
L'obsolescence programmée, mythe ou réalité? Ecologie.tv
Wikipédia : Plannified obsolescence.
Documentaire TV Arte : Prêt à jeter : l'obsolescence programmée (youtube). Louable en VOD.
Un contre-avis intéressant : Le mythe de l'obsolescence programmée, Econoclaste.org.free.fr






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