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L'obsolescence programmée ou l'art de faire payer plus souvent

L'obsolescence programmée est à la fois une technique de production et un principe économique, né(e) dans les années 1920, dont les consommateurs sont généralement outrés : Aussi appelée désuétude planifiée, elle consiste à produire un objet en s'arrangeant pour que celui-ci ne dure qu'une temps limité, afin que le consommateur soit amené à payer plus rapidement son remplacement ou un nouvel objet.

L'art de faire tomber plus de billets
L'obsolescence programmée consiste ainsi à fabriquer un objet en prévoyant une date moyenne de fin, et en s'arrangeant pour limiter la durée de vie de l'objet par les techniques de fabrication, l'effet de mode, la réalisation structurelle qui s'y prête, ou grâce à des composants dont la durée de vie a elle même été soumise à un principe d'obsolescence programmée, ou encore qui ont à la base une durée de vie correspondant à l'objectif de fabrication fixé.

Le premier cas supposé d'obsolescence programmée a visé les lampes à incandescence en 1924. Un cartel de fabricants d'ampoules créé pour l'occasion s'est accordé sur le passage volontaire de la durée de vie des ampoules classiquement vendues jusqu'alors.

Le principe suit un but simple : faire payer davantage (pas forcément directement) et surtout plus fréquemment le consommateur en lui soumettant un produit qui ne durera qu'un temps limité et qu'il devra remplacer régulièrement... Ainsi, les lampes à incandescence ont été le premier type d'objets soumis à cette nouvelle et désagréable loi de fabrication, en 1924, lorsqu'un cartel (le Cartel de Phoebus) se forme. Ce cartel se composait des grands fabricants de lampes de l'époque, qui, constatant que la durée des ampoules s'accroissait (en moyenne 2500 heures en 1924), prirent la décision de limiter leur longévité. Il se dotèrent même pour s'assurer que l'accord était respecté, d'une charte et d'un office chargé de surveiller que les lampes du conglomérat n'excédaient pas un plafond établit à 1000 heures de fonctionnement. Dès 1930, la plupart des fabricants s'étaient alors alignés sur la production d'ampoules de durée de vie moyenne correspondant à cet objectif. Scandaleux, n'est-ce pas? D'autant plus scandaleux qu'il s'agirait désormais d'une pratique courante, de l'automobile à l'électroménager, en passant bien entendu par l'informatique... 

Par exemple, les batteries de 1ère, 2nde et 3ème génération de l'Ipod étaient prévues pour durer 18 mois. Passé ce délai et lorsque la panne survenait, le service technique d'Apple invitait alors le consommateur à renouveler son appareil plutôt qu'à remplacer sa batterie (la firme ne proposait d'ailleurs pas de batterie de remplacement). Il a fallu attendre un recours collectif intenté par Elizabeth Pritsker pour qu'Apple décide enfin de se munir d'un service de remplacement des batteries. L'autre exemple des bas-nylon des années 1940, produits par DuPont, pointe l'une des raisons de l'utilisation de cette stratégie : les bas étaient si résistants que les ventes se sont effondrées après quelques années. L'entreprise a donc confectionné des bas moins résistants, qui se filaient davantage, en les rendant moins résistant aux UV...

On note ainsi de nombreuses méthodes permettant d'altérer la durée de vie d'un produit fabriqué, pour des buts parfois différents (certains assez mesquins, comme maximiser le profit, d'autres plus neutres, comme maintenir l'activité, ou même des buts relativement philanthropiques, comme forcer le consommateur à racheter un produit moins polluant lorsque celui-ci sera disponible). Parmi ces méthodes :
  • Obsolescence technique ou fonctionnelle : lorsqu'une pièce est défectueuse, l'ensemble du produit ne fonctionne plus. Or, si le prix de remplacement (y compris transport et main d'oeuvre) est trop élevé ou à peu près équivalent au prix du neuf, le consommateur aura alors tendance à acheter un nouveau produit. Cette technique est très peu écologique (beaucoup de déchets...). Remplacer le métal par du plastique, plus fragile, en est un exemple. Refuser le remplacement des pièces est également un moyen parfois utilisé. Changer le format de logiciels (comme les nouveau format audio ou vidéos) en est un autre exemple.
  • Obsolescence par péremption : généralement, les dates de péremption indiquent la date limite d'utilisation optimale (DLUO) et non la date limite de consommation (DLC). Le dépassement de la DLUO peut affecter le goût de denrées alimentaires, par exemple, mais celles-ci ne présentent pas de risques. Seules la DLC indique quand il est recommandé, faute de risque pour la santé, de jeter les produits concernés.
  • Obsolescence indirecte : bien que fonctionnant encore, certains produits deviennent obsolètes du fait que les produits associés ne sont plus commercialisés (comme les batteries ou les chargeurs de téléphones portables). Le contrôle des brevets par les industriels leur permet d'arrêter la production de pièces de remplacement en s'assurant que personne ne pourra les reproduire, incitant alors le consommateur à essayer (et acheter) les produits plus récents. Certains vont même jusqu'à remplacer un ancien produit pendant plusieurs années, et une fois qu'il a disparu, tentent de le remettre au goût du jour (exemple des lecteurs vinyles).
  • Obsolescence par incompatibilité, souvent remarquée en informatique, et consistant à rendre inopérants les anciens produits (A) ayant besoin d'autres produits (B) pour fonctionner. Il suffit de s'arranger pour que B ne supporte pas les produits A (plus de compatibilité) afin que l'achat de B, ou même seulement sa mise à jour (parfois "gratuite") force le consommateur à renouveler son parc de produits A...
  • Obsolescence par publicité : c'est le domaine des modes et des tendances offertes par les publicitaires, que l'on retrouve dans l'exemple de General Motors dès les années 30, usant de la publicité pour démoder les anciennes automobiles afin de pousser le consommateurs à en changer régulièrement. Les primes de rachat participent également de ce phénomène en incitant le consommateur à changer un produit qui fonctionne pourtant encore!
L'obsolescence programmée est encore sujette à débat quant à son existence réelle et grandement partagée au sein des fabricants de toute sorte, pour de nombreuses raisons : tous les produits ne s'y prêtent pas forcément, ces sujets sont également (et on le comprend) incroyablement tabous dans les firmes suspectées d'établir une désuétude planifiée de leurs produits, et plusieurs auteurs estiment voir dans le concept d'obsolescence programmée, une vaste théorie complotiste ne décrivant que très incorrectement la réalité. Néanmoins, les exemples et les suspects sont légions, et de nombreux auteurs indépendants (commissions d'enquête, journalistes, associations de consommateurs) confirment et dénoncent le phénomène plus fréquemment depuis quelques années.

Toutefois, nous vous invitons bien sûr à prendre cet article avec toute la réserve et la prudence qui s'impose!

Pour en savoir plus :
Slade, G., (2006). "Made to Break : Technology and Obsolescence in America", Harvard University Press, 2006
L'obsolescence programmée, mythe ou réalité? Ecologie.tv
Wikipédia : Plannified obsolescence.
Documentaire TV Arte : Prêt à jeter : l'obsolescence programmée (youtube). Louable en VOD.
Un contre-avis intéressant : Le mythe de l'obsolescence programmée, Econoclaste.org.free.fr
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La croix gammée, l'origine du symbole

La croix gammée dont l'image a une forte connotation négative depuis son utilisation par le régime nazi, est avant tout un symbole de bon augure désignant l'éternité ou la bonne fortune.

C'est un symbole très ancien, dont on trouve les traces dès le néolithique, il y'a plusieurs milliers d'années, avant même l'invention de l'écriture. On en retrouve des représentations sur des poteries de Mésopotamie, à partir de laquelle le symbole s'est vraisemblablement exporté vers la Grèce, puis vers l'Inde et la Chine. C'est chez les peuples hindous que l'on en trouve les premières traces écrites (bien que le symbole fut largement utilisé comme élément décoratif auparavant), dans les épopées de Rãmãyana et Mahãbhãrata, composées à partir du 3ème siècle avant J-C. De l'Océanie à l'Europe, le symbole en croix gammée est présent dans de nombreuses cultures depuis des siècles.

Svastika Hindoue
Tant chez les Grecs que chez les Hindous, la croix gammée, dont le véritable nom est Svastika (en sanskrit), désigne un signe de bon augure ou l'expression de bonne chance. C'est donc un symbole à valeur positive, dans la majorité des cultures. Les idéogrammes chinois en forme de croix gammée (barres en S) ou de croix gammée inversée (barres en S inversé) désignent respectivement l'éternité (dix milles, c'est-à-dire beaucoup) et le "Coeur de Bouddha". Le svastika inversé est d'ailleurs utilisé sur les cartes pour repérer l'emplacement des temples bouddhiques.

Ce symbole a été largement perverti en occident du fait de ces liens avec Adolf Hitler et le parti national-socialiste, dont la croix est l'emblème. Néanmoins, résident quelques différences entre la croix gammée nazie et le svastika tel qu'on le représente habituellement dans d'autres cultures. Le symbole associé à la "race aryenne" est penché à 45°, dans un disque blanc entouré d'un cercle ou d'un fond rouge. Dans l'idéologie hitlérienne, la croix représente le combat, le disque blanc représente la "pureté de la race", le cercle rouge représente quant à lui la pensée sociale dont le parti national-socialiste se veut le garant.

En France, où le symbole détient également une forte connotation négative, l'origine du nom de croix gammée vient de la ressemblance des branches du svastika avec la lettre grecque Gamma (Γ). Malgré la signification généralement positive de ce symbole, il constitue encore un tabou de nos sociétés. Pourtant, la seule association avec les "races aryennes" faite par le parti national-socialiste est issue d'une erreur d'interprétation, de la part d'Emile Burnouf, qui voyait dans les représentations de svastikas grecques, un symbole typique d'une supposée race supérieure. Or le svastika était présent dans les cultures, de nombreux siècles avant les origines déclarées des "Aryens".

Pour en savoir plus : 
Svastika et croix gammée sur Wikipédia
Signification de la svastika sur Persée
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Les animaux les plus riches du monde?

On peut être riche et bête, et inversement. Quand la majorité des terriens survivent en tirant comme des forçats les deux bouts pour les joindre à la fin du mois, d'autres se prélassent au soleil pendant que fructifient passivement leurs acquis. Certains animaux sont peut être les actionnaires de votre boîte! Toutefois, si de nombreuses histoires circulent sur le web à propos d'animaux plus riches les uns que les autres, beaucoup sont colportées sans recherches préalables, et se révèlent sujettes à caution, voire tout simplement fausses, et ce, d'autant plus que dans certains pays (comme l'Italie et la France), les animaux sont considérés comme des biens, non des personnes, et en conséquence, ne peuvent légalement pas hériter. Quoiqu'il en soit, il existe effectivement des gens qui travaillent pour des chiens, des singes, des chats...L'un d'eux est l'animal le plus riche du monde!

Gunther IV, le toutou le plus fortuné... ou pas!
Et ce pourrait être Gunther IV, un berger allemand dont la fortune s'élèverait à plusieurs centaines de millions d'euros. Selon la légende, Son père, Gunther III, animal de compagnie de la comtesse allemande Karlotta Liebenstein, aurait hérité de sa défunte maitresse, en 1991, un joli pactole de 50 millions d'euros. Les tuteurs de ces animaux auraient alors fait fructifier ces avoirs, et le toutou disposerait désormais de plus de 130 millions d'euros (variable entre 100 et 300 millions). Néanmoins, de nombreux médias considèrent le prince canin comme un coup de pub de la compagnie Gunther Corporation, née en 1999, avant les achats très médiatisés des maisons de Madonna ou de Sylvester Stallone. L'absence de source officielle laisse effectivement croire à une astuce médiatique, d'autant que le chien fut aperçu de nombreuses fois en galante compagnie et dans un cadre luxueux, bien préparé pour les journaux à sensation et à petit QI.

Toby Rimes serait lui aussi le chien le plus riche du monde, avec une fortune s'élevant à près de 65 millions d'euros. Un aïeul de ce petit bichon américain avait hérité en 1931 de plus de 15 millions d'euros de sa maitresse, Ella Wendel. Toutefois les archives du juge chargé de l'affaire de son héritage, John Marshall Harlan, indiquent que l'héritage estimé entre 30 et 100 millions de dollars était en grande partie destiné à des églises et des associations caritatives.

Le plus riche animal (officiellement) était le chimpanzé Kalu, recueilli en Afrique du sud par Patricia O'Neil, fille de la comptesse de Kenmore et épouse d'un nageur australien, Frank O'Neill, qui s'est notamment illustré en 1950 aux British Empire's Game 110 Yards, en course libre. Patricia aurait légué près de 60 millions d'euros à son second compagnon, ayant divorcé du premier. Le hic... Patricia n'est pas encore morte, elle a même perdu une grande partie de sa fortune supposée en 2010 suite à des placements douteux. La pauvre Kalu, si elle héritait maintenant, se retrouverait sans le sou.

D'autres animaux se partageraient quelques jolies fortunes : la poule (l'animal) du journaliste Miles Blackwell (Blackwell Publishing) a hérité de 10 millions de dollars de son maître. Gigoo (c'est son nom) peut s'acheter quelques œuf en or et faire bonne figure devant les gogos. S'il est vrai que Miles Blackwell et sa femme Briony sont morts tragiquement à quelques semaines d'intervalles, leur fortune a été reversée à des œuvres caritatives. Depuis quand les poules aux œufs d'or existent-elles?

Dans la plupart des cas, les animaux officiellement riches tiennent leur fortune d'héritage de la part de maîtres affectueux, de stratégies marketing ou de leur travail en tant qu'acteur : Moose, le chien de Frasier, gagnait près de 6000 livres par épisode, selon la production. Sa fortune au moment de sa mort en 2006 s'élevait alors à un peu moins de 3 millions d'euros. Le chien d'Oprah Winfrey, célèbre animatrice et productrice, et notamment activiste pour le droit des animaux, aurait offert près de 30 millions à son chien, ce qui peut paraître énorme, mais relativement faible pour l'une des rares afro-américaines ayant obtenu une place dans les 400 plus grandes fortunes du monde. Cette somme est aussi et surtout un coup marketing, permettant l'occasion de choquer ou d'interpeller l'opinion publique sur le sort des animaux.

Il y'a donc énormément d'animaux prétendument riches, principalement à des fins publicitaires. D'autres sont effectivement riches, parfois pour des raisons semblables, mais dans tous les cas, les tuteurs, acteurs, producteurs, ont tout intérêt à insister sur la prétendue fortune de leurs compagnons... car ceux qui en profitent, bien entendu, sont rarement ceux qui courent à 4 pattes.
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Comment reconnaître un discours extrémiste?

On peut généralement reconnaître l'extrémisme d'une opinion en analysant le discours d'une personne, même si ce discours est volontairement construit pour n'en rien laisser paraître...

Le discours peut s'analyser de deux façons : 

1/ on analyse le contenu, la signification de ce qui est dit, le sens du message exposé. C'est généralement ce que font les journalistes, les politiciens, les blogueurs, et de manière générale, un peu tout le monde : nous sommes habitués à nous attacher au sens véhiculé par un discours en fonction du choix des mots et de leur sémantique (signification). Le problème, c'est que le contenu d'un message est volontaire et peut donc être facilement contrôlable ou manipulable. On peut par exemple affirmer que l'on n'est pas raciste (sous pression sociale, et même parfois en toute bonne foi) tout en l'étant profondément.

2/ on analyse la structure du discours, c'est-à-dire le type de mots ou de phrase employés, sans se soucier le moins du monde, du contenu. Par exemple, on va compter combien de fois des mots impliquant l'auteur du discours sont utilisés (des mots comme "Je", "Moi", etc...) ou comment sont présentées les informations ("il faut que", "on doit".... plutôt que "il est possible que", "peut-être que", etc...). Cette analyse a un double avantage : elle n'est pas influencée par le message que veut faire passer l'auteur, et elle se base sur des caractéristiques du discours qui sont généralement involontaires et non contrôlées.

Que ces analyses peuvent-elles nous apporter ?

Lorsque contenu et structure sont cohérents et vont dans le même sens, il s'agit en quelque sorte d'un indice de sincérité. Si les deux sont incohérents, il y'a fort à parier que le message véhiculé soit volontairement falsifié, et reflète mal les réelles opinion de l'émetteur.

C'est en suivant cette hypothèse que Castel et Lacassagne (1993) ont illustré la présence de deux types de discours lors d'entretien non directifs (Ils laissaient les sujets s'exprimait sans interférer) sur les thèmes du mariage mixte. Certains participants étaient notoirement racistes, d'autres non. Ayant comparé leurs discours (et la structure, principalement, de ces discours) avec l'attitude des personnes à l'égard du mariage mixte, ils ont relevé et regroupé les indices langagiers spécifiques d'un discours extrémiste et d'un discours peu orienté :
Le Discours de naturalisation comprend une forte utilisation de verbes renvoyant au faire (les factifs), et une forte utilisation de modalisations de nécessité ("il faut que", ...), ainsi que peu de prise en charge de la part de l'énonciateur (peu de "Je" mais beaucoup de mots tels que "on", "les gens", "tout le monde"...). Le sujet utilise inconsciemment ces mots afin de donner à son discours une valeur de vérité universelle, indubitable...

Le Discours de relativisation comprend quant à lui une forte utilisation de verbes ne renvoyant pas au faire (les non-factifs) et de modalisations de possibilité ("il est possible que", ...). Il y a en outre une forte prise en charge de la part de l'énonciateur (beaucoup de "Je" et peu de "On)". "Je crois", "Je pense", "peut être", etc... autant d'expressions qui montrent l'ouverture d'un homme sur un sujet dont il pense la conclusion non prédéfinie. Des avis possibles et coexistants, plutôt qu'une vérité "absolue".
-- Desbrosses S. [1]
A partir même de la structure d'un discours, il est donc possible de noter l'orientation d'une attitude à l'égard d'un sujet donné : la "Façon de parler" reflète plus fidèlement des sujets sensibles sur lesquels d'ordinaire, on ne dit que peu ou pas ce que l'on pense, que ce soit par pression sociale, pour sauvegarder les apparences ou encore parce l'on ne désire tout simplement pas partager une opinion.

Pour en savoir plus : 
Desbrosses S. (2007). Castel et Lacassagne (1993) : le discours extrémiste. (online) www.psychoweb.fr
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Un homme sur trois est un pur mouton

C'est un triste constat : dans une situation perceptive ambiguë, un homme sur trois renonce à ses propres convictions pour adhérer à celle de son groupe, quand bien même les convictions du groupe iraient à l'encontre de la réalité.

Cette étonnante observation est issue d'une expérience désormais célèbre d'un chercheur américain, Solomon Asch, réalisée en 1951.
Dans cette expérience, on demandait à 8 personnes de comparer la longueur d'une ligne dessinée sur un carton, avec la longueur de trois autres lignes également sur carton. A charge pour les 8, de déterminer laquelle des trois lignes correspondait en longueur à la ligne initiale. L'expérience était bien entendue truquée : 7 personnes parmi les 8 étaient en fait complices des chercheurs, et devaient émettre une réponse prédéterminée.

L'expérience se déroulait donc ainsi : les 6 premières personnes (complices) donnaient à tour de rôle la même réponse (fausse ou vraie), la 8ème également. La 7ème personne était celle dont on mesurait les réactions (sujet appelée "sujet naïf"). Asch renouvela plusieurs fois l'expérience avec de nouveaux sujets naïfs. Or, il advint que...

Lorsque les 7 complices donnaient volontairement la même fausse réponse, le sujet naïf les imitait et donnait la même fausse réponse, allant à l'encontre de ses propres perceptions, systématiquement une fois sur trois. Il ne s'agissait pas d'un défaut de perception : si l'expérience se déroulait individuellement plutôt qu'en groupe, les sujets naïfs donnaient toujours la bonne réponse. C'est donc bel et bien parce que le groupe votait massivement pour une mauvaise réponse, que le sujet naïf se conduisait en parfait mouton, jusqu'à mentir ou déformer ses propres perceptions.

D'autres auteurs confirmèrent cette conclusion et l'affinèrent : Wilder (1977) montra que plus le groupe était important, plus le taux de fausses réponses données volontairement par les sujets naïfs augmentait. Costanzo montra quant à lui (1970) que la pression de conformité était maximale à l'adolescence (un ado sur deux serait un parfait mouton) et s'établissait à une proportion d'un sur trois vers 20 ans.

Pour en savoir plus : 
Asch, Wilder, Costanzo (1951-1970-1977). Le conformisme nous rend aveugle.
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Peux-t-on être raciste sans le savoir?

Environ 70% des personnes qui se disent non racistes, sont en fait esclaves de stéréotypes raciaux. Un constat dur et sans appel, tiré d'une singulière expérience menée par le chercheur américain Duncan, dès 1976.

Dans une série de conditions expérimentales, Duncan faisait visionner à des étudiants s'étant proclamé non racistes, une vidéo à l'issue de laquelle un homme donnait un coup volontairement ambigu (le coup pouvait passer pour une marque d'agression ou pour une tape amicale). L'affaire se corse lorsque l'on sait que plusieurs vidéos furent créées, représentant quatre types de situations :

- soit un blanc donnait le coup à un autre blanc
- soit un blanc donnait le coup à un noir
- soit un noir donnait le coup à un autre noir
- soit un noir donnait le coup à un blanc

Chaque participant ne voyait qu'une vidéo. On lui demandait ensuite ce qu'il pensait du geste de la fin de la séquence : était-ce un geste agressif ou amical?

Les résultats furent éloquents : De 13 à 17% des personnes considéraient le geste agressif si l'agresseur était blanc. Par contre, si l'agresseur était noir (et ce alors que les gestes étaient identiques!), de 69 à 75% des personnes considéraient que l'acte était agressif ! Bien que l'interprétation de ces données soit encore sujette à débat, d'autres expériences ont repris l'idée pour montrer des résultats semblables (par exemple, Sager & Schofield, 1980).

Pour en savoir plus :
Duncan, B.L. (1976). "Differential social perception and attribution of intergroup violence: Testing the lower limits of stereotyping blacks, Journal of Personality and Social Psychology", 34, 590-598.
Peux-t-on réellement être exempt de préjugés? (Psychoweb.fr)
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Raides Boules

Contrairement à l'idée répandue selon laquelle la boisson Red Bull contiendrait des extraits de testicules de taureau, la taurine, l'un des principaux ingrédients actifs de cette boisson, a été découvert dans la bile de boeuf (1827). C'est un neurotransmetteur produit par de nombreux animaux mais également par l'homme, à l'état naturel. On en trouve également dans les boissons énergisantes ou en tant qu'ajout alimentaire dans le lait synthétique (le lait naturel en contient déjà). La taurine aurait un effet sur le système gaba, et conséquemment, serait à déconseiller en association avec de l'alcool ou des médicaments dont elle accélèrerait l'effet.

Outre la taurine, la Red Bull contient près de 320mg/l de caféine, soit presque autant que le café moulu (380 à 680 mg/l), ce qui en fait une boisson plus caféinée que le Coca-Cola!

C'est lors de ces voyages que l'entrepreneur Dietrich Mateschitz, découvre le Krating Daeng, une boisson tonique Thaïlandaise produite par la société thaïlandaise TC Pharmaceuticals. Il se rend rapidement compte des effets toniques de la boisson, qui l'aide à supporter les décalages horaires. De nombreux chauffeurs de taxi et camionneurs thaïlandais l'utilisaient d'ailleurs pour rester éveillés. Il négocie alors un accord avec la société thaïlandaise pour commercialiser une nouvelle boisson un peu moins forte que l'originale. Le succès est tel qu'en Suisse, par exemple, près de 91 millions de canettes ont été vendues en 2007 (pour 7 millions d'habitants!)

Red bull a d'abord été interdite en France après un rapport dévastateur de l'AFSSA (l'agence française de sécurité sanitaire), concluant sur le caractère dopant et dangereux de cette boisson. Le rapport faisait notamment mention de rats tellement excités par la taurine qu'ils se mâchonnaient les membres. Des protections individuelles devaient ainsi être mises en place pour éviter l'auto-mutilation!

Malgré ces rapports et de nombreux avis de prudence de la part de spécialistes, la nocivité du produit n'a jamais pu être clairement démontrée. La marque Red Bull a donc enregistré une plainte contre l'état Français au tribunal de Paris (pour interdiction de vente), qui aurait pu coûter plus de 300 millions d'euros. "Fort heureusement", le gouvernement français, par le biais de Christine Lagarde (alors ministre de l'économie et des finances - rien à voir avec la santé), a conclu que la boisson ne présentait que peu de danger, ignorant outrageusement les recommandations de l'AFSSA et les rapports incitant à la prudence, et permit le 15 Juillet 2008, dans l'hexagone, la vente de la Red Bull. La compagnie du même nom a tôt fait après cela de retirer sa plainte et de lancer une campagne publicitaire d'envergure.

Notons tout de même qu'en France, la mention "déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes" est encore présente. Il est également conseillé de n'en boire que 2 canettes maximum par jour. Il faut de surcroît noter que l'AFSSA maintient que "Sur le plan nutritionnel, la formulation du produit ne correspond pas aux besoins des sujets engagés dans une activité intense"...

Pour en savoir plus :
Red Bull (Wikipédia)
Le rapport de l'AFSSA datant de 2006.
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Dangereux moi

La personne la plus dangereuse pour qui que ce soit, est... elle même!

En France en 2007, 374 cas d'homicides ont été recensés, contre 10122 suicides, ce qui représente une proportion de 27 suicides pour un homicide.[1] Il semblerait que la personne la plus susceptible de tuer une personne donnée soit elle même, et cela, sans tenir compte des comportements à risques (conduite en état d'ivresse, tabac, etc...). En pratique, et pour marquer la distinction, le suicide n'est pas considéré comme un homicide, bien que par définition, l'homicide comprenne l'autolyse, c'est-à-dire le meurtre de soi. Si l'on incluait le suicide dans les formes d'homicide, alors 27 meurtriers sur 28 seraient également leur victime.

Selon les données obtenues par l'Inserm (CepiDcs), tandis que les homicides se produisent sur des personnes de tout âge, mais majoritairement sur des hommes et femmes de 25 à 54 ans (plus de 190 par an), les suicides sont davantage le fait de personnes entre 35 et 64 ans (près de 5700 pour l'année 2007). Les hommes sont trois fois plus nombreux à se suicider, et l'on constate avec étonnement que sur 10 000 suicides, une vingtaine au moins... ont moins de 14 ans...

Pour en savoir plus :
[1] Inserm, Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès. 2007.
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Elliot Ness, incorruptible mais saoul

Elliot Ness, le héros de la prohibition qui lutta contre Al Capone en vertu de l'interdiction de la consommation d'alcool, quitta ses fonctions de Directeur de la Sécurité à Cleveland, en 1942, suite à un accident de voiture... dû à l'alcool.

Elliot Ness est célèbre pour avoir été le principal adversaire d'Al Capone, lors de la prohibition (1920 - 1933); Vente et consommation d'alcool fort étaient alors interdites, ce qui n'empêchait pas l'usage de bières à taux d'alcool modéré.[1] Elliot Ness était d'ailleurs un adepte du Social drinking, l'amenant à boire régulièrement entre amis.

Ayant contribué à la condamnation d'Al Capone en 1931, Elliot Ness appartenait alors à la Brigade Fédérale des Finances. Il fut promu en 1934, Directeur du Bureau de la Prohibition de l'Ohio. Si les lois sur la prohibition étaient levées au niveau national, certains états les conservèrent de nombreuses années, (jusqu'en 1966 pour le Mississippi). Le maire de Cleveland lui offrit en 1935 le poste de Directeur de la Sécurité de Cleveland, tandis que l'éclat de sa carrière se détériorait. En 1942, de nombreuses critiques concernant son divorce, ses habitudes de Social drinking et sa conduite vraisemblablement en état d'ivresse, ayant mené à un accident de la circulation, l'ont contraint à quitter son poste[2] et à déménager à Washington, pour lutter contre la prostitution.

Ayant subi quelques revers dans sa carrière de Police (une affaire de tueur en série non élucidée) ou dans ses affaires (tentative infructueuse de prise de la mairie de Cleveland, présidence écourtée de la société de sécurité Diebold Corp.), Elliot Ness finira celle-ci à la North Ridge Industrial Corporation. Son décès en 1957 intervint peu avant la publication d'un livre sur la partie la plus brillante de sa carrière, "Les Incorruptibles".

Pour en savoir plus :
[1] Wikipedia : Elliot Ness
[2] Cleveland history : Elliot Ness
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La loi interdit-elle le contact avec les extraterrestres?

Une loi américaine, chapitre 14, section 1211 du code pénal, rend illégal pour les citoyens américains d'avoir tout contact avec des extraterrestres.

Pas tout à fait exact... Mal interprétée, cette loi a fait l'objet de plusieurs rumeurs sur l'internet. La loi existe, mais en des termes relativement distincts : elle fait avant tout référence aux objets ou êtres ayant été en contact avec des éléments potentiellement dangereux. Le contact n'est pas interdit, mais la NASA se réserve le droit de mettre en quarantaine tout objet ou personne qui reviendrait sur le sol américain après avoir été en contact avec des éléments dont la dangerosité n'est pas connue.

C'est le jour même du lancement de la première mission sur la lune , Apollo 11, que cette loi fut discutée. Quelques temps auparavant, le célèbre auteur Michael Crichton publiait une nouvelle, the Andromeda Strain, dans laquelle un élément biologique ramené de l'espace provoquait de nombreuses perturbations et d'importants dégâts sur Terre.

Avec la section 1211 du chapitre 12, la NASA entendait simplement protéger la Terre d'une éventuelle invasion biologique en disposant à l'écart les astronautes ou les vaisseaux (il n'est nul part fait mention d'extraterrestres, mais plutôt d'agents biologiques - cela concernait donc avant tout des entités comme les bactéries ou les virus) qui reviendraient de l'espace. Cette loi ne s'applique pas non plus aux seuls citoyens américains, mais à tout ce qui tomberait sur le sol des États-Unis, ce afin de prévenir toute contamination non volontaire terrienne des éléments extraterrestres.
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George Washington et Thomas Jefferson fumaient-ils du cannabis?

Ces deux grands présidents des États-unis cultivaient du cannabis : dans une note écrite en 1794 (The Writings of George Washington, Volume 33, page 270), George Washington évoque le cannabis indien. Dès 1765, il donnait même quelques conseils à son jardinier, sur la culture du cannabis. Thomas Jefferson, quant à lui, exprimait son goût pour la cannabis sur sa terrasse.

Ce ne sont pas les seules personnalités célèbres, ni même les seuls présidents américains ayant vraisemblablement consommé occasionnellement ou régulièrement du cannabis :

"Make the most of the Indian hemp seed, and sow it everywhere!"
- George Washington, U.S. President, dans une note adressée à son jardinier à Mount Vernon

"Hemp is of first necessity to the wealth & protection of the country." - Thomas Jefferson, U.S. President

Some of my finest hours have been spent on the back of my veranda, smoking hemp and observing as far as the eye can see.” - Thomas Jefferson, U.S. President

"We shall, by and by, want a world of hemp more for our own consumption." - John Adams, U.S. President

"Two of my favorite things are sitting on my front porch smoking a pipe of sweet hemp, and playing my Hohner harmonica." -Abraham Lincoln, U.S. President, dans une lettre à la Hohner Harmonica Company d'Allemagne.

"I inhaled frequently. That was the point." - Barack Obama, U.S. President
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