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Pourquoi le prix Nobel met-il si longtemps à être décerné?

Il fut un temps où les prix Nobel ne mettaient que quelques années à être décernés... puis le délai s'est allongé à tel point que maintenant, il n'est pas rare que s'écoulent quelques dizaines d'années avant que des travaux, généralement l'ensemble d'une carrière consacrée à la recherche et à la science, se voient récompensés par le prestigieux Prix Nobel.

Bien qu'officiellement, le rapport ne soit pas établi, on doit vraisemblablement l'accès de prudence de la Commission de Stockholm, à certains Nobels particuliers ayant fait coulé beaucoup d'encre. C'est le cas du Prix Nobel de Physiologie-médecine de 1927, décerné à Julius Wagner-Jauregg.

Alors qu'il étudiait en 1917 plusieurs cas de démences neurosyphilitiques entrainant notamment une paralysie, il se rendit compte que la fièvre de certains patients améliorait leur mobilité, luttant ainsi, en apparence, efficacement contre les symptômes paralytiques.

Il n'en fallait pas plus pour que le médecin, déjà connu pour ses méthodes thérapeutiques douteuses[1], injecte à ces patients la malaria, plus ou moins contrôlable par la Quinine, afin de leur provoquer les fièvres pseudo-salvatrices qui vaudront à Von Jauregg le prix Nobel de Physiologie Médecine en 1927. Un problème subsistait néanmoins : si l'état des patients s'améliorait quant aux symptômes syphilitiques, nombre d'entre eux décédèrent quelques années plus tard... de la malaria.

Pour en savoir plus :
[1]Nobel Romance sur Psychoweb.fr
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Le cerveau humain capable d'écholocation

Tout comme les dauphins, les chauve-souris ou Batman, les hommes sont capables de développer le sens d'écholocation! Bien qu'à plus faible niveau que les chiroptères, dotés à leur naissance des organes adéquats et de régions cérébrales dédiées à cette fonction, les hommes sont en effet aptes, moyennant un (relativement) rigoureux entrainement, à percevoir et identifier des corps à l'arrêt ou en mouvement grâce à la réverbération du son.

Batman n'est pas le seul qui puisse écholocaliser!
Peut être avez-vous déjà vu et entendu des aveugles émettant un bruit de claquement pour se diriger dans la rue, peut être avez-vous entendu parler de Daniel Kish ou Ben Underwood? Ces aveugles, du fait de leur handicap, ont développé et poussé au maximum cet étonnant sens. Durant les dernières années, il est apparu évident que les hommes, aveugles ou non, comme les chauve-souris, étaient capable d'émettre des bruits propices (par exemple, claquement de langue) et de distinguer certaines caractéristiques de leur écho.

Plusieurs équipes de chercheurs se sont attaquées à cet étrange phénomène, comme c'est le cas, récemment,  de Lore Thaler[1], de l'université de l'ouest Ontario. Thaler et ses collègues ont observé via scanner, l'activité cérébrale de deux aveugles particulièrement doués pour l'écholocation, grâce auxquels ils ont déterminé quelles régions du cerveau sont sollicitées lors de l'opération. Si l'expérimentation s'est déroulée avec ces deux écholocalisateurs particuliers (E.B. et L.B.), c'est principalement parce qu'il étaient capables d’interpréter, malgré l'environnement sonore bruyant du scanner, l'enregistrement des claquements de langue et leurs échos respectifs, qu'eux-même avaient généré auparavant.

Comme la chauve-souris, l'homme est capable d’interpréter l'écho
L'un des plus importants résultats de cette expérience fut de démontrer l'importance des régions cérébrales correspondant normalement à la vision chez un humain non-aveugle : Le cortex visuel d'E.B. et celui de L.B. observaient une recrudescence nette d'activité lors de l'écoute des claquements suivis de l'écho. Lorsque seuls les claquements étaient présentés, cette suractivation n'était pas observable. A noter : ce sont bien les régions visuelles et non les régions auditives qui présentaient une recrudescence d'activité. Un groupe contrôle de deux personnes de même âge mais non habituées à l'écholocation, ne présentait aucune activation particulière du cortex visuel.

L'étude montrait également la formation contro-latérale chez celui des deux aveugles qui était le plus entraîné à l'écholocation. La latéralisation est un phénomène habituel du cerveau humain entraîné : les informations contenues dans le champ gauche de l'environnement par rapport au cerveau sont généralement traitées par l'hémisphère cérébral opposé[2]. C'est ainsi que si vous bougez votre main droite, c'est grâce aux commandes envoyées par votre hémisphère cérébral gauche. Et tout ce que vous voyez dans le champ droit visuel est traité essentiellement par votre hémisphère cérébral droit.

Quoiqu'il en soit, les performances des deux aveugles étudiés sont remarquables : ils sont capables de percevoir, d'identifier des objets et même de "voir" leur mouvements grâce à l'écholocation (cette dernière capacité, probablement grâce à l'effet Doppler). Cette étude montre que si l'on s'en tient à l'activité cérébrale, on peut conclure que l'écholocation humaine produit vraisemblablement une scène "visuelle et spatiale" de l'environnement, comme le font les chauve-souris. Les auteurs n'hésitent pas à parler de capacité latente :
"Nos données montrent clairement qu'E.B. et L.B. utilisent l'écholocation d'une façon qui rappelle celle de la vision [...]. Notre étude montre que l'écholocation peut améliorer l'autonomie des personnes aveugles ou mal-voyantes dans leur vie quotidienne, ce qui offre d’intéressantes perspectives, quand on sait que l'écholocation peut être développée à partir de l'entrainement." (traduction le-saviez-vous.fr)
Le fait qu'il s'agisse d'une capacité que l'on peut entraîner, a été démontré en 2009, bien qu'elle fut étudiée depuis plusieurs années auparavant. L'équipe d'Antonio Martinez Rojas[3] montrait alors que n'importe qui, aveugle ou non, était capable d'apprendre à utiliser l'écholocation, partiellement : après une entrainement de deux semaines, deux heures par jour, nous pourrions être capable d'une reconnaissance simple, à savoir, déterminer grâce à l'écholocation si en face de nous, se trouve un gros objet ou si la voie est libre.

Pour en savoir plus : 
[1] Thaler L., Arnott S., Goodale M. (2011). Neural Correlates of Natural Human Echolocation in Early and Late Blind Echolocation Experts. PLOS One
[2] Desbrosses S. (2010). Latéralisation et dominance cérébrale. Online. Psychoweb.fr
[3] Rojas, J. A. M., Hermosilla, J. A., Montero, R. S., Espí, P.L.L. (2009). Physical Analysis of Several Organic Signals for Human Echolocation : Oral Vacuum Pulses. Acta Acustica united with Acustica, Volume 95, Number 2, March/April 2009 , pp. 325-330(6)
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Comment reconnaître un discours extrémiste?

On peut généralement reconnaître l'extrémisme d'une opinion en analysant le discours d'une personne, même si ce discours est volontairement construit pour n'en rien laisser paraître...

Le discours peut s'analyser de deux façons : 

1/ on analyse le contenu, la signification de ce qui est dit, le sens du message exposé. C'est généralement ce que font les journalistes, les politiciens, les blogueurs, et de manière générale, un peu tout le monde : nous sommes habitués à nous attacher au sens véhiculé par un discours en fonction du choix des mots et de leur sémantique (signification). Le problème, c'est que le contenu d'un message est volontaire et peut donc être facilement contrôlable ou manipulable. On peut par exemple affirmer que l'on n'est pas raciste (sous pression sociale, et même parfois en toute bonne foi) tout en l'étant profondément.

2/ on analyse la structure du discours, c'est-à-dire le type de mots ou de phrase employés, sans se soucier le moins du monde, du contenu. Par exemple, on va compter combien de fois des mots impliquant l'auteur du discours sont utilisés (des mots comme "Je", "Moi", etc...) ou comment sont présentées les informations ("il faut que", "on doit".... plutôt que "il est possible que", "peut-être que", etc...). Cette analyse a un double avantage : elle n'est pas influencée par le message que veut faire passer l'auteur, et elle se base sur des caractéristiques du discours qui sont généralement involontaires et non contrôlées.

Que ces analyses peuvent-elles nous apporter ?

Lorsque contenu et structure sont cohérents et vont dans le même sens, il s'agit en quelque sorte d'un indice de sincérité. Si les deux sont incohérents, il y'a fort à parier que le message véhiculé soit volontairement falsifié, et reflète mal les réelles opinion de l'émetteur.

C'est en suivant cette hypothèse que Castel et Lacassagne (1993) ont illustré la présence de deux types de discours lors d'entretien non directifs (Ils laissaient les sujets s'exprimait sans interférer) sur les thèmes du mariage mixte. Certains participants étaient notoirement racistes, d'autres non. Ayant comparé leurs discours (et la structure, principalement, de ces discours) avec l'attitude des personnes à l'égard du mariage mixte, ils ont relevé et regroupé les indices langagiers spécifiques d'un discours extrémiste et d'un discours peu orienté :
Le Discours de naturalisation comprend une forte utilisation de verbes renvoyant au faire (les factifs), et une forte utilisation de modalisations de nécessité ("il faut que", ...), ainsi que peu de prise en charge de la part de l'énonciateur (peu de "Je" mais beaucoup de mots tels que "on", "les gens", "tout le monde"...). Le sujet utilise inconsciemment ces mots afin de donner à son discours une valeur de vérité universelle, indubitable...

Le Discours de relativisation comprend quant à lui une forte utilisation de verbes ne renvoyant pas au faire (les non-factifs) et de modalisations de possibilité ("il est possible que", ...). Il y a en outre une forte prise en charge de la part de l'énonciateur (beaucoup de "Je" et peu de "On)". "Je crois", "Je pense", "peut être", etc... autant d'expressions qui montrent l'ouverture d'un homme sur un sujet dont il pense la conclusion non prédéfinie. Des avis possibles et coexistants, plutôt qu'une vérité "absolue".
-- Desbrosses S. [1]
A partir même de la structure d'un discours, il est donc possible de noter l'orientation d'une attitude à l'égard d'un sujet donné : la "Façon de parler" reflète plus fidèlement des sujets sensibles sur lesquels d'ordinaire, on ne dit que peu ou pas ce que l'on pense, que ce soit par pression sociale, pour sauvegarder les apparences ou encore parce l'on ne désire tout simplement pas partager une opinion.

Pour en savoir plus : 
Desbrosses S. (2007). Castel et Lacassagne (1993) : le discours extrémiste. (online) www.psychoweb.fr
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Un homme sur trois est un pur mouton

C'est un triste constat : dans une situation perceptive ambiguë, un homme sur trois renonce à ses propres convictions pour adhérer à celle de son groupe, quand bien même les convictions du groupe iraient à l'encontre de la réalité.

Cette étonnante observation est issue d'une expérience désormais célèbre d'un chercheur américain, Solomon Asch, réalisée en 1951.
Dans cette expérience, on demandait à 8 personnes de comparer la longueur d'une ligne dessinée sur un carton, avec la longueur de trois autres lignes également sur carton. A charge pour les 8, de déterminer laquelle des trois lignes correspondait en longueur à la ligne initiale. L'expérience était bien entendue truquée : 7 personnes parmi les 8 étaient en fait complices des chercheurs, et devaient émettre une réponse prédéterminée.

L'expérience se déroulait donc ainsi : les 6 premières personnes (complices) donnaient à tour de rôle la même réponse (fausse ou vraie), la 8ème également. La 7ème personne était celle dont on mesurait les réactions (sujet appelée "sujet naïf"). Asch renouvela plusieurs fois l'expérience avec de nouveaux sujets naïfs. Or, il advint que...

Lorsque les 7 complices donnaient volontairement la même fausse réponse, le sujet naïf les imitait et donnait la même fausse réponse, allant à l'encontre de ses propres perceptions, systématiquement une fois sur trois. Il ne s'agissait pas d'un défaut de perception : si l'expérience se déroulait individuellement plutôt qu'en groupe, les sujets naïfs donnaient toujours la bonne réponse. C'est donc bel et bien parce que le groupe votait massivement pour une mauvaise réponse, que le sujet naïf se conduisait en parfait mouton, jusqu'à mentir ou déformer ses propres perceptions.

D'autres auteurs confirmèrent cette conclusion et l'affinèrent : Wilder (1977) montra que plus le groupe était important, plus le taux de fausses réponses données volontairement par les sujets naïfs augmentait. Costanzo montra quant à lui (1970) que la pression de conformité était maximale à l'adolescence (un ado sur deux serait un parfait mouton) et s'établissait à une proportion d'un sur trois vers 20 ans.

Pour en savoir plus : 
Asch, Wilder, Costanzo (1951-1970-1977). Le conformisme nous rend aveugle.
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Les sens-dessous-dessous

La synesthésie est une condition neurologique particulière permettant au synesthète de goûter des formes, de voir des sons, ou encore d'entendre des couleurs... Si elle semble difficile à imaginer, elle touche pourtant une bonne proportion de la population. Les études de prévalence sont néanmoins contrastées, on s'accorde à considérer une proportion allant de environ 1 personne sur 2000, toutes formes confondues, jusqu'à 1 personne sur 100.
La Synesthésie est une condition neurologique dans laquelle la stimulation d'une modalité sensorielle provoque d'inhabituelles expériences dans une autre modalité sensorielle, non stimulée directement.[1]
L'hypothèse courante suggère qu'existe au sein du cerveau d'un synesthète des connexions surnuméraires habituellement détruites au cours du développement, qui permettraient, lorsque le synesthète fait l'expérience d'une sensation (par exemple visuelle) d'activer non seulement les zones cérébrales correspondantes à ces sensations, mais également, par propagation, des zones cérébrales correspondant à d'autres modalités sensorielles. Autrement dit, un synesthète visuo-tactile, par exemple, lorsqu'il perçoit un objet visuel en mouvement, entend littéralement ce mouvement. Les zones cérébrales correspondant à la perception sonore sont bel et bien activées par la perception visuelle.

Ce type de connexion ne parait pas si incohérent lorsque l'on sait que des gens ayant perdu l'usage d'un sens mobilisent les régions cérébrales consacrées habituellement à ce sens, à d'autres modalités sensorielles. Les aveugles, par exemple, qui lisent le braille, activent les régions cérébrales correspondant au toucher mais également celles correspondant à la vision et à la lecture.

Il existe de nombreux types de synesthésie, certaines concernant des sens primaires (connexions entre la vision et l'audition, le toucher et le goût...), d'autres concernant des associations plus abstraites (voir les lettres en couleurs, les chiffres ou les dates sous formes de configuration spatiale spécifiques). Parfois (c'est rare) il y'a connexions croisées : par exemple, entendre un son provoque une sensation visuelle et voir une forme ou un mouvement provoque une sensation sonore. L'une des synesthésie permettrait même d'associer des personnalités à des auras colorées (colérique-vert, intelligent-bleu, par exemple).

Bien que parfaitement incroyable pour le commun des mortels, cette condition neurologique et sensorielle n'en est pas moins réelle[2]. De nombreuses études scientifiques sur le phénomène établissent l'existence de ces perceptions multi-sensorielles à l'aide d'expériences validées telles que l'expérience de Stroop[3].


Pour en savoir plus :
[3] Desbrosses S. (2007). Test de stroop classique, théorie et passation. (online) www.psychoweb.fr
http://www.synesthesie.info. Site consacré à la synesthésie
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Peux-t-on être raciste sans le savoir?

Environ 70% des personnes qui se disent non racistes, sont en fait esclaves de stéréotypes raciaux. Un constat dur et sans appel, tiré d'une singulière expérience menée par le chercheur américain Duncan, dès 1976.

Dans une série de conditions expérimentales, Duncan faisait visionner à des étudiants s'étant proclamé non racistes, une vidéo à l'issue de laquelle un homme donnait un coup volontairement ambigu (le coup pouvait passer pour une marque d'agression ou pour une tape amicale). L'affaire se corse lorsque l'on sait que plusieurs vidéos furent créées, représentant quatre types de situations :

- soit un blanc donnait le coup à un autre blanc
- soit un blanc donnait le coup à un noir
- soit un noir donnait le coup à un autre noir
- soit un noir donnait le coup à un blanc

Chaque participant ne voyait qu'une vidéo. On lui demandait ensuite ce qu'il pensait du geste de la fin de la séquence : était-ce un geste agressif ou amical?

Les résultats furent éloquents : De 13 à 17% des personnes considéraient le geste agressif si l'agresseur était blanc. Par contre, si l'agresseur était noir (et ce alors que les gestes étaient identiques!), de 69 à 75% des personnes considéraient que l'acte était agressif ! Bien que l'interprétation de ces données soit encore sujette à débat, d'autres expériences ont repris l'idée pour montrer des résultats semblables (par exemple, Sager & Schofield, 1980).

Pour en savoir plus :
Duncan, B.L. (1976). "Differential social perception and attribution of intergroup violence: Testing the lower limits of stereotyping blacks, Journal of Personality and Social Psychology", 34, 590-598.
Peux-t-on réellement être exempt de préjugés? (Psychoweb.fr)
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Le Méthylphénidate, stimulant pour hyperactif

La ritaline de son vrai nom, Méthylphénidate, est un psychotrope utilisé principalement pour traiter les symptômes du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité. On s'attendrait à ce qu'il soit un calmant... c'est en réalité une amphétamine, psychostimulante!

C'est d'ailleurs en temps que psychostimulant qu'il fut d'abord administré, après son brevet en 1954 et le début de sa production, dans les cadres de la dépression et de la narcolepsie. Dès 1960 cependant, des médecins remarquent l'effet paradoxalement apaisant qu'il provoque chez des enfants hyperactifs ayant un trouble de l'attention et de la concentration. Utilisé dès lors pour traiter le TDAH, il se généralise pour devenir le médicament le plus prescrit pour ce trouble en 2005.

Le méthylphénydate agit en bloquant la recapture de noradrénaline et de dopamine, ce qui entraine par ailleurs sa classification dans la catégorie des stupéfiants. L'augmentation de la concentration et de l'efficacité de ces neurotransmetteurs au niveau des espaces intersynaptiques diminue les troubles de l'attention(*), ce qui, par effet rétro-actif, diminue également l'hyperactivité. Le méthylphénidate vise donc prioritairement les troubles de l'attention, ce qui explique qu'on prescrive cette amphétamine à de jeunes gens déjà hyperactifs.

Au niveau cognitif, en temps normal, un enfant ayant un TDAH divise son attention entre de nombreux distracteurs, ruinant ainsi sa concentration et donnant l'impression qu'il fait plusieurs choses de concert, passant du coq à l'âne, sans jamais pouvoir rester sur une seule activité à la fois. Le méthylphénidate amène les enfants à se focaliser sur l'action en cours, les éléments nouveaux, et l'empêche de se laisser distraire par les éléments familiers. Il aide donc l'enfant à se concentrer et atténue cette impression d'hyper-activité et d'agitation.

Restent certains problèmes liés à l'effet stimulant : hypertension, insomnies, arythmie ou tachycardie...

(*) Le système dopaminergique diminue le taux d'activation spontanée, qui représente un "bruit de fond" cérébral : en temps normal, les neurones dépolarisent régulièrement même s'ils ne sont pas sollicités, ces dépolarisations excessives sont diminuées par la présence en forte quantité de dopamine. Par conséquence, le méthylphénidate pourrait accentuer la concentration sur les actions en cours en bloquant l'effet d'éléments distracteurs.[1]

Pour en savoir plus :
[1] Gottlieb, S. (2001). "Therapeutic Doses of Oral Methylphenidate Significantly Increase Extracellular Dopamine in the Human Brain Methylphenidate works by increasing dopamine levels". British Medical Journal.
Méthylphénidate (Wikipedia)
Le paradoxe de la ritaline (Psychoweb.fr)
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l'apopathodiaphulatophobie, mythe ou réalité?

Ce long mot utile pour un jeu de pendu désigne la peur intense (phobique) d'être pris de constipation. Si le mot est ravissant, son origine est toutefois douteuse : des recherches sur Internet, sur des dictionnaires spécialisés, sur Google book ou le service à l'usage de la recherche Pubmed du gouvernement américain, ne retiennent aucun résultat antérieur aux années 2000, dont une seule source crédible, Vulgaris médical... Même les grands peuvent se tromper. Au vu de ces résultats, il y'a fort à parier que le mot soit en cours d'acceptation, et donc, qu'il ne s'agisse pas encore d'un mot réel. En fait, un terme déjà utilisé auparavant remplissait la fonction signifiante de cette pseudo-pathologie : la phobie intéroceptive, bien plus citée et documentée.

L'apopathodiaphulatophobie n'a fait l'objet d'aucune recherche ou étude sérieuse, elle est pourtant diffusée sur de nombreux supports dont la plupart sont très douteux, sur le web. A tel point que de grands noms de la langue française, comme Larousse, ou de la psychologie (cité ci-dessus, Vulgaris Médical) en viennent à accepter cette pseudo-phobie comme un phénomène réel.

Pour en savoir plus :
Psychoweb : liste des phobies réelles... ou pas
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