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La plus grande épidémie de l'histoire

Dans les dernières années, une psychose générale s'est installée lors de l'apparition d'un petit virus H1N1. OMS et autorités gouvernementales prenaient très au sérieux ce qui s'est révélé par la suite une épidémie de grippe, certes très contagieuse, mais relativement bénigne.

C'est pourtant avec de bonnes raisons que la méfiance s'est installée : les virus de sous-type H1N1 sont responsables de l'épidémie humaine la plus meurtrière de tous les temps. Ils ont en effet mis un terme à plus de 50 à 100 millions de vie[1] au courant du siècle dernier, sous le nom célèbre de "Grippe Espagnole".

Sur une période restreinte allant de 1918 à 1919, la grippe espagnole s'est répandue à une vitesse peu commune, du fait de son taux élevé de contagion, à telle point qu'on la qualifie davantage de pandémie que d'épidémie. Elle toucha en effet l'ensemble des continents, partant vraisemblablement de Chine, trouvant son chemin vers les Etats-unis pour s'abattre par la suite en Europe, durant un laps de temps d'à peine quelques mois. 50% de la population mondiale, soit près d'un milliard d'individus, en furent atteints.

La pandémie présentait, outre sa vitesse de contagion, des caractéristiques inhabituelles : elle touchait davantage les jeunes adultes, censé pourtant, être dans une forme optimale pour lutter contre les maladies, par rapport aux jeunes enfants ou aux aînés. Ceci s'explique probablement par le mode d'action du virus, qui affaiblit les défenses immunitaires (les malades mourraient en majorité de complications, par exemple bronchiques, qui en résultaient) : le système immunitaire des jeunes adultes réagissait beaucoup trop au virus, jusqu'à attaquer le corps même. D'autres raisons d'ordre social ou circonstanciel ont été avancées : la tranche d'âge des jeunes adultes est celle qui se déplace le plus et entretient de nombreux contacts, ou se retrouve dans des endroits ou on côtoie de nombreuses personnes.

La Grippe espagnole, du sous-type H1N1, fit en quelques mois davantage de morts que la première guerre mondiale, qui venait de s'achever lorsque la pandémie se déclara.

Cette pandémie fait donc partie des plus fortes et meurtrières de l'histoire, comparables à la Peste Noire au XIVème siècle, ou au Sida dans la période actuelle, bien que dans ces cas, la population globale et les conditions de celle-ci, nuancent fortement les données à comparer. Ainsi, la Peste Noire tua en quelques années près de 30 à 50% de la population européenne (environ 25 millions). L'hygiène n'était cependant pas ce qu'elle était lors de l'épisode de la Grippe Espagnole. Le Sida, quant à lui, continue d'amener à la mort de nombreuses personnes (24 millions de morts imputables au SIDA et ses conséquences, actuellement), mais du fait de son mode de transmission, se révèle nettement moins contagieux.

Néanmoins, constatant grâce aux données sanitaires l'existence d'un cycle de grippe meurtrière établit aux alentours de 39 ans, l'OMS considère aujourd'hui comme probable, le retour d'une grippe virulente et contagieuse dans les 5 ans à venir (la dernière datant des années 68-69). Ce qu'on pourrait considérer comme de l'excès de prudence vis-à-vis des formes naissantes de grippe, s'appuie pourtant bel et bien sur l'existence de données solides prévoyant une pandémie notable et dangereuse dans les prochaines années...

Pour en savoir plus :
[1] Johnson N.P., Mueller J. « Updating the accounts: global mortality of the 1918-1920 “Spanish” influenza pandemic. », Bull Hist Med., printemps 2002, 76(1), p. 105-15.
Wikipédia : Grippe espagnole
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Frappés par une météorite

Ann Hodges est connue pour être la seule personne blessée sérieusement par une chute de météorite, la météorite de Sylacauga.

Ann Hodges et la météorite
Le 30 novembre 1954 à Oak Grove (Alabama), Ann se reposait, allongée sur son divan, lorsqu'un chondrite de 3,86 kg tombant du ciel traverse son toit, rebondit sur un meuble en bois et blesse la jeune femme au ventre. Ce cas fit la une des journaux de l'époque, de même que la bataille juridique qui s'ensuivit afin de récupérer les fragments de météorite. C'est l'un des rares exemples documentés, de personnes ayant été frappées par un caillou tout droit issu du ciel.[1]

D'autres cas, exceptionnels et généralement sans gravité, ont été relevés : un garçon ougandais aurait reçu une petite pierre de 3 grammes, heureusement freinée dans sa chute par un arbre, une jeune fille de Northallerton[2] aurait été frappée (par ricochet) au pied par une petite météorite. Le cas le plus intéressant est celui d'un jeune allemand qui vit une boule de feu descendre du ciel lors de son trajet scolaire. La météorite, de la taille d'un petit pois[3], est tout de même tombée à une vitesse de près de 48000 km/h, laissant malgré sa petite taille une légère blessure à la main du jeune écolier, et surtout un cratère de 30 cm sur le bitume.

Ces exemples sont les mieux documentés, et plusieurs chutes de météorites tombées près d'hommes (cratères de toits, de voitures, de jardin...) ont pu être rapportées. Plusieurs histoires de météorites meurtrières ou de chutes ayant blessé sévèrement des hommes sont également rapportées[4], mais sont peu documentées ou considérées comme des canulars, tant et si bien que la météorite de Sylacauga est généralement considérée comme le seul exemple de météorite ayant entrainé une blessure sévère chez un être humain. La probabilité d'une chute de météorite sur un homme durant sa vie s'estime sur un ordre de 1 chance sur 100 millions à un milliard : 10 à 100 fois moins, par exemple, que de gagner au loto!

Pour en savoir plus :
[2] BBC news (2002), Meteorite hits girl.
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Un homme sur trois est un pur mouton

C'est un triste constat : dans une situation perceptive ambiguë, un homme sur trois renonce à ses propres convictions pour adhérer à celle de son groupe, quand bien même les convictions du groupe iraient à l'encontre de la réalité.

Cette étonnante observation est issue d'une expérience désormais célèbre d'un chercheur américain, Solomon Asch, réalisée en 1951.
Dans cette expérience, on demandait à 8 personnes de comparer la longueur d'une ligne dessinée sur un carton, avec la longueur de trois autres lignes également sur carton. A charge pour les 8, de déterminer laquelle des trois lignes correspondait en longueur à la ligne initiale. L'expérience était bien entendue truquée : 7 personnes parmi les 8 étaient en fait complices des chercheurs, et devaient émettre une réponse prédéterminée.

L'expérience se déroulait donc ainsi : les 6 premières personnes (complices) donnaient à tour de rôle la même réponse (fausse ou vraie), la 8ème également. La 7ème personne était celle dont on mesurait les réactions (sujet appelée "sujet naïf"). Asch renouvela plusieurs fois l'expérience avec de nouveaux sujets naïfs. Or, il advint que...

Lorsque les 7 complices donnaient volontairement la même fausse réponse, le sujet naïf les imitait et donnait la même fausse réponse, allant à l'encontre de ses propres perceptions, systématiquement une fois sur trois. Il ne s'agissait pas d'un défaut de perception : si l'expérience se déroulait individuellement plutôt qu'en groupe, les sujets naïfs donnaient toujours la bonne réponse. C'est donc bel et bien parce que le groupe votait massivement pour une mauvaise réponse, que le sujet naïf se conduisait en parfait mouton, jusqu'à mentir ou déformer ses propres perceptions.

D'autres auteurs confirmèrent cette conclusion et l'affinèrent : Wilder (1977) montra que plus le groupe était important, plus le taux de fausses réponses données volontairement par les sujets naïfs augmentait. Costanzo montra quant à lui (1970) que la pression de conformité était maximale à l'adolescence (un ado sur deux serait un parfait mouton) et s'établissait à une proportion d'un sur trois vers 20 ans.

Pour en savoir plus : 
Asch, Wilder, Costanzo (1951-1970-1977). Le conformisme nous rend aveugle.
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Les attaques de requin : rares ou fréquentes?

L'imaginaire collectif surestime les attaques de requins : Il y'a près de 325 fois plus de (mal-) chances de décéder après être rentré dans un cerf en voiture. Et l y'a 11 fois plus de décès à cause d'une mauvaise manipulation de pétards et autres feux d'artifices.

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Peux-t-on être raciste sans le savoir?

Environ 70% des personnes qui se disent non racistes, sont en fait esclaves de stéréotypes raciaux. Un constat dur et sans appel, tiré d'une singulière expérience menée par le chercheur américain Duncan, dès 1976.

Dans une série de conditions expérimentales, Duncan faisait visionner à des étudiants s'étant proclamé non racistes, une vidéo à l'issue de laquelle un homme donnait un coup volontairement ambigu (le coup pouvait passer pour une marque d'agression ou pour une tape amicale). L'affaire se corse lorsque l'on sait que plusieurs vidéos furent créées, représentant quatre types de situations :

- soit un blanc donnait le coup à un autre blanc
- soit un blanc donnait le coup à un noir
- soit un noir donnait le coup à un autre noir
- soit un noir donnait le coup à un blanc

Chaque participant ne voyait qu'une vidéo. On lui demandait ensuite ce qu'il pensait du geste de la fin de la séquence : était-ce un geste agressif ou amical?

Les résultats furent éloquents : De 13 à 17% des personnes considéraient le geste agressif si l'agresseur était blanc. Par contre, si l'agresseur était noir (et ce alors que les gestes étaient identiques!), de 69 à 75% des personnes considéraient que l'acte était agressif ! Bien que l'interprétation de ces données soit encore sujette à débat, d'autres expériences ont repris l'idée pour montrer des résultats semblables (par exemple, Sager & Schofield, 1980).

Pour en savoir plus :
Duncan, B.L. (1976). "Differential social perception and attribution of intergroup violence: Testing the lower limits of stereotyping blacks, Journal of Personality and Social Psychology", 34, 590-598.
Peux-t-on réellement être exempt de préjugés? (Psychoweb.fr)
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Dangereux moi

La personne la plus dangereuse pour qui que ce soit, est... elle même!

En France en 2007, 374 cas d'homicides ont été recensés, contre 10122 suicides, ce qui représente une proportion de 27 suicides pour un homicide.[1] Il semblerait que la personne la plus susceptible de tuer une personne donnée soit elle même, et cela, sans tenir compte des comportements à risques (conduite en état d'ivresse, tabac, etc...). En pratique, et pour marquer la distinction, le suicide n'est pas considéré comme un homicide, bien que par définition, l'homicide comprenne l'autolyse, c'est-à-dire le meurtre de soi. Si l'on incluait le suicide dans les formes d'homicide, alors 27 meurtriers sur 28 seraient également leur victime.

Selon les données obtenues par l'Inserm (CepiDcs), tandis que les homicides se produisent sur des personnes de tout âge, mais majoritairement sur des hommes et femmes de 25 à 54 ans (plus de 190 par an), les suicides sont davantage le fait de personnes entre 35 et 64 ans (près de 5700 pour l'année 2007). Les hommes sont trois fois plus nombreux à se suicider, et l'on constate avec étonnement que sur 10 000 suicides, une vingtaine au moins... ont moins de 14 ans...

Pour en savoir plus :
[1] Inserm, Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès. 2007.
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Et le Loto continue...

Un joueur de loto a moins de chances de gagner à ce jeu que de mourir dans les 5 heures après l'achat du billet!

Et encore... de 10 à 14 ans, compte tenu du taux de mortalité de cette tranche d'âge, un joueur a effectivement autant de chances de mourir dans les 5 heures suivant l'achat du billet que de remporter le gros lot.

L'un des logos du Loto (FdJ)
Avec l'âge, cette étonnante comparaison s'accentue :

  • à 40 ans, un joueur a autant de chances de mourir dans les 14 minutes (pour les hommes, 28 minutes pour les femmes) après l'achat du billet que de remporter la cagnotte.
  • 60 ans : 3 minutes pour les hommes, 7 pour les femmes
  • 80 ans : 30 secondes pour les hommes, 50 pour les femmes
  • 90 ans : entre 8 et 11 secondes!


Ces statistiques effrayantes représentent une moyenne, indépendamment des comportements ou des risques à l'échelle du particulier ou de groupes spécifiques (on pourrait établir de telles statistiques pour les ouvriers, pour les drogués, les risques-tout ou les personnes excessivement prudentes...). Également, elles concernent la version courante (voir plus bas). L'ancienne version du loto (avant 2008) invitait les joueurs à choisir 6 numéros parmi 49, pour lesquels, avec deux grilles jouées (le minimum), la probabilité de perte s'élevait déjà à 92,8% (3 numéros gagnants). La probabilité pour un gain conséquent (4 numéros au moins sur une seule grille) montait à peine à 0,09% (1 chance sur 1083!). Quant à la probabilité de remporter le gros lot, elle s'élevait à 1 chance sur 14 millions environ.

A partir de 2008, une nouvelle formule oblige le joueur à choisir 5 numéros parmi 49, plus un numéro parmi 10 (numéro chance). Cette habile manœuvre donne l'illusion d'augmenter les chances, puisqu'on choisit le 6ème numéro parmi 10 seulement, et les 5 premiers, sur 49, "comme avant"... Toutefois, en pratique autant qu'en théorie, la chance de remporter le gros lot s'avère, avec cette nouvelle formule, de 1 sur 19 millions!

Une grille du célèbre jeu
Il est par conséquent très risqué de jouer au loto, puisque vous avez étonnamment plus de chance de mourir avant le tirage que de gagner le pactole. C'est d'ailleurs, selon la Française des Jeux, le malheureux hasard survenu à une joueuse : lors de la liquidation du domicile de leur tante, deux neveux endeuillés trouvent une grille de loto remplie. Quelques jours plus tard, les numéros de la défunte sortent au loto et rapportent plusieurs millions d'euros...

A relativiser au vu de l'argent généré par les revenus du loto. Les français étant ce qu'ils sont, certains jours particulièrement propices à la superstition voient le nombre de paris atteindre plus de 11 millions!

Tenant alors compte des taxes que la Française des Jeux doit reverser à l'état, certains auteurs (comiques) considèrent ainsi que le loto n'est ni plus ni moins qu'un impôt sur les nuls en math...

Pour en savoir plus :
Wikipedia : Loto
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