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Les attaques de requins... et les attaques d'humains

S'il y'a bien une statistique à retenir à propos des requins, c'est celle-ci : Chaque année, environ 5 humains meurent par la faute des requins. Et chaque année aussi, 100 millions de requins meurent par la faute des humains...
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Le plus gros animal de la planète

L'animal le plus gros (le plus lourd) de la planète est la baleine bleue, qui atteint en moyenne, pour 24 mètres de long, un poids de 110 tonnes. Le plus lourd spécimen mesuré pesait 190 tonnes, pour 30 mètres de long. Deux autres baleines bleues, de 33,3 m et 33,6 m, ont également pu être observées. Leur poids aurait pu atteindre 200 à 220 tonnes, l'équivalent de 40 éléphants!
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L'animal le plus grand du monde.

Alors que l'on considère le rorqual bleu ou baleine bleue, comme le plus gros et grand animal de la planète, parfois même, ayant jamais existé, plusieurs prétendants au titre du plus grand animal du monde, en terme de longueur, font encore l'objet d'estimations supérieures, voire d'observations effectives. Officiellement, le record est attribuée à la méduse à crinière de lion, mais...
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Le parasite qui rend gay

Les éphémères ont déjà la malchance de vivre la plus courte période de reproduction dans le monde des insectes, mais comme si cela ne suffisait pas, 10% des mâles de l'espèce Baetis bicaudatus subissent les tourments occasionnés par un petit vers nématode (Gasteromermis) qui modifie radicalement le comportement des éphémères mâles, les rendant stériles et les obligeant à adopter un comportement typiquement féminin.

Un éphémère (ou un éphépère, ou les deux, qui sait)
D'extérieur, les mâles infectés ressemblent tout à fait à des femelles : le parasite, lors du développement de son hôte, modifie les caractéristiques morphologiques de celui-ci, de sorte qu'il ne puisse se distinguer du genre complémentaire. Mais intérieurement, les mâles infectés ne produisent pas d’œufs et ne possèdent pas les organes internes des femelles.

En plus de cela, Gasteromermis modifie également le comportement des mâles infectés. Tandis que les mâles non-infectés vont former des essaims reproducteurs et ne retourneront jamais dans l'eau qui les a vu naître, les mâles parasités retournent, tout comme leur moitié, dans l'eau en adoptant le comportement des femelles déposant leurs œufs. Les larves de nématodes perforent l'abdomen des éphémères et s'enfoncent dans l'eau où ils pourront parasiter de nouveaux hôtes. Bon, de toute façon, les pauvres mâles n'auraient pas vécu bien longtemps, mais quand même.

Et le cas n'est pas unique : localisées sur deux petites îles du Japon (Tanegashima Island et Okinawa Island), les larves destinées à devenir des mâles de l'espèce Eurema mandarina peuvent être infectés par les Reines du changement de sexe, les bactéries du genre Wolbachia.

Ces bactéries possèdent de puissants mécanismes de régulation du genre ou de la reproduction chez leur hôtes : 
  • Chez l'espèce de cloporte Armadillidium vulgare, elles transforment les mâles en femelles, non seulement dans l'aspect et le comportement, mais également dans les fonctionnalités! Les mâles trans malgré eux peuvent être fécondés et donner naissance à une progéniture.
  • Chez l'espèce d'éphémère Eurema mandarina, elles induisent la parthogénèse en forçant les femelles à se reproduire sans l'intervention d'un mâle, donnant naissance uniquement à des femelles clonées et infectées (les mâles ne propageant pas Wolbachia, qui se transmet par le cytoplasme).
  • Dans d'autres cas, comme chez les coccinelles, Wolbachia va tout simplement tuer les larves mâles, augmentant les chances de survie et donc le nombre des femelles.
  • Enfin, il arrive que des souches de Wolbachia coopèrent involontairement afin de contrôler la population hôte, en empêchant les mâles infectés de féconder les femelles infectées par une autre souche (incompatibilité cytoplasmique).

Vance, S.A. (1996). "Morphological and behavioural sex reversal in mermithid- infected mayflies",  Proceedings of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, vol. 263,‎ 1996, p. 907-912
Kageyama D, Narita S, Watanabe M. (2012) "Insect Sex Determination Manipulated by Their Endosymbionts: Incidences, Mechanisms and Implications". Insects.; 3(1):161-199.
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Les prouesses vocales de l'Oiseau Lyre

Logeant dans les sous bois denses et humides des côtes Est de l'Australie, les Ménures sont de magnifiques oiseaux arborant 16 somptueuses plumes sur leur queue, qui leur ont valu le surnom d'oiseaux-lyre. Ce n'est pourtant pas ce qui fait d'eux des êtres tout à fait uniques en leur genre : les oiseaux-lyre sont capables d'imiter quasi à la perfection les chants d'autres oiseaux, les cris d'autres espèces, et même les sons artificiels tels que celui d'un appareil photo, d'une alarme ou encore d'une tronçonneuse (voir vidéo)... Il faut l'entendre pour le croire!

La vidéo ci-dessous est l'un des fameux reportages, courts et étonnants, du célèbre naturaliste de la BBC, David Attenborough. N'oubliez pas de régler votre son, vous aurez du mal à en croire vos oreilles...


Les Ménures regroupent deux espèces d'oiseaux (les oiseaux-lyre Superbes et d'Albert), qui s'étendent sur un territoire relativement petit, dans l'Est de l'Australie (États de Victoria, Nouvelle-Galles du sud, Queensland). Ils représentent d'ailleurs un symbole commun de l'Australie, comme le sont les kangourous. Ces oiseaux peuvent atteindre 1 mètre de long et arborent 55 cm de plumes caudales aux couleurs argentées et brunes, dont deux externes, larges, qui leur ont valu le sobriquet d'Oiseaux Lyre.

Leur organe phonatoire, le syrinx, ainsi que leur impressionnante capacité d'analyse des sons, se sont développés au cours de l'évolution de telle sorte qu'ils sont capables de reproduire, virtuellement n'importe quel son de leur environnement[1]. Des chants d'oiseaux mélodieux aux ricanements riants de Martins pêcheurs, jusqu'aux conversations de plusieurs d'entre eux.... Simultanément! L'organe phonatoire et son contrôle sont si complexes qu'ils permettent à l'oiseau lyre d'émettre plusieurs sortes de sons et de tonalité en même temps! L'un d'eux a ainsi fredonné deux tubes des années 1930, que des analystes acoustiques ont par la suite séparé afin de les reconnaitre.

Plus fort encore, l'oiseau-lyre est capable de reproduire les sons d'autres espèces animales, n'ayant que peu de rapports avec les oiseaux : les jappements d'un chien, le grognement d'un wombat, les cris d'un bébé humain et même la voix d'un adulte[2].

Et comme si cela ne suffisait pas, il est également capable d'imiter des bruits artificiels tout à fait insolites : bruit d'un broyeur de cailloux, d'une alarme anti-incendie, d'un déclic d'appareil photo ou encore d'une tronçonneuse au démarrage... Ses imitations sont tout bonnement stupéfiantes de fidélité. Non, non, il n'y a aucun trucage!

Pour en savoir plus :
[1] Desbrosses. S. (2010). L'oiseau-lyre : les imitations sonores incroyable des Ménures (Menuridae). (Synthèse en ligne) NatureXtreme.
[2] Lyrebirds. (2008) Australia NSW Government. Environment, Climate Change & Water
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Il ne vit pas longtemps, mais au moins, il s'amuse!

L'éphémère est un insecte (éphéméroptère) qui ne vit que d'amour et... même pas d'eau fraîche : sa transformation à l'âge adulte lui ôte la capacité à ingérer de la nourriture, puisqu'il se retrouve tout simplement sans orifice buccal, et ne peut plus manger. 

Il n'a alors d'autre choix que de s'élancer vers les lumières dans une nuit d'orgie pour se reproduire avant que le destin ne le rattrape et qu'il ne meurt de faim. Tous les éphémères du coin se retrouvent donc au même endroit, comptabilisant des millions de corps engagés dans l'activité reproductrice, au point que l'essaim formé soit si énorme...

L'orgie visible depuis l'espace?

L'éphémère, taillé pour la reproduction
Les éphémères (ephemeroptera) ne font que quelques dizaines de millimètres, et sont parmi les plus grands champions du plaisir en groupe, au point que leurs escapades annuelles de reproduction sont visibles par les radars d'observation climatologique. Ce qui pourrait être un problème au long terme puisque les éphémères passent leur vie adulte entière, littéralement, à l'activité reproductrice : du début de l'âge adulte jusqu'à leur mort, ils ne feront que chercher des compagnons pour perpétuer l'espèce et donner naissance à la prochaine génération. Et comme ils font l'amour en groupe de plusieurs millions, leurs rencontres provoquent régulièrement des anomalies radar et des perturbations locales de trafic, en même temps qu'elles gênent sérieusement les riverains dans leurs activités quotidiennes. L'orgie continue bel et bien durant toute leur vie, bien qu'en l’occurrence, celle-ci ne soit finalement que très modérément courte...

L'orgie captée par les radar météo (img : NWSWF)
L'amour jusqu'à en mourir

Ce à quoi ressembleraient les rues sans courte vie
Affreusement courte, en fait, car les éphémères sont apparemment conçus à l’âge adulte, uniquement pour la reproduction, au point qu'ils n'ont tout simplement pas de bouche pour manger! La transformation en âge adulte leur ôte en effet l'indispensable cavité buccale qui leur permettrait d'ingérer de la nourriture, et les restes de leurs organes digestifs sont remplis d'air et de rien d'autre. Dès leur passage à l'âge adulte, les éphémères, comme leur nom l'indique, n'ont plus que quelque jours à vivre avant de mourir de faim.

On comprend alors qu'ils se regroupent pour faire de la dernière soirée un moment des plus fous, après lequel les femelles lâchent leurs oeufs dans les rivières et terminent leur vie de diète passablement affamées. Tout ce beau monde tombant faute de recharge nutritive dans les rues nécessite régulièrement des dispositions particulières pour ramasser les millions de corps tapissant les routes et les trottoirs (certaines municipalités y allant carrément au chasse-neige), après une nuit qui fut probablement (on l'espère) l'une des plus inoubliables.
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La Grande Guerre des Émeus

En 1932, la première guerre inter-espèces opposa l'armée Australienne à une colonie d'émeus estimée à 20 000 volatiles, suspectés d'effrayer les honnêtes agriculteurs et d'attaquer les récoltes de la population civile. Malgré près de 2500 victimes dans le camps aviaire, c'est bel et bien l'armée Australienne, qui, après un mois de ruses et de combats, sonna la retraite!

N'est-il pas mignon, l'envahisseur?
C'est l'une des guerres les plus étranges et par quelques côtés, honteuse, de l'humanité. En 1932, alors que les troubles du krach boursier de 1929 commencent à se faire sentir en Australie, le gouvernement s'emploie à inciter les agriculteurs, pour la plupart d'anciens vétérans de 14-18, à étendre leurs champs et préparer une récolte d'envergure, allant jusqu'à leur promettre quelques subsides qui ne viendront jamais.

En cette période de sécheresse et de fortes chaleurs, de nouvelles réserves d'eau sont créés afin d'assurer le bon développement des immenses champs de blé cultivés. Mais la période correspond également à celle de la migration des émeus, qui, après un temps bien rempli consacré à la reproduction, migrent des côtes Pacifiques jusqu'aux terres intérieures dans lesquelles ils comptent passer l'été austral. Constatant sur leur chemin la présence d'immenses cultures et de larges réserves d'eaux, les émeus décident finalement de rester dans ces nouveaux lieux tout à fait propices à leur épanouissement. Grattant la terre, saccageant les récoltes et profitant d'eau et de nourriture en abondance, ils ne tardent pas à s'attirer les foudres des fermiers alentours, lesquels mandatent alors le gouvernement pour une intervention d'urgence.

G. Pearce, surnommé "The Man of the Emu War"
Or, le Ministère de la défense incarné par le sénateur G. Pearce, ancien combattant, n'entend pas laisser ainsi les oiseaux profiter des cultures de ses administrés. Octobre 1932 : le Major Meredith du 7ème Corps d'Artillerie d'Australie, est déployé pour une intervention, aux commandes d'une Task-force créée pour l'occasion, afin de repousser manu militari l'invasion aviaire et barbare. Pour son office, la Task-Force dispose de 2 Mitrailleuses Lourdes (Lewis Gun), rien que ça!! L'efficacité des ces armes a nettement été démontrée lors de la précédente guerre.

Et c'est ainsi que, sûrs de leur victoire, les soldats Australiens bravent les émeus et partent au combat de bonne humeur, allant jusqu'à déclarer par amusement dans les journaux, une guerre officielle contre l'invasion Émeu.

Major s'en va-t-en guerre!

Mais ils déchantent bien vite devant la stratégie militaire brillante de leurs adversaires : ceux-ci ont vraisemblablement adopté une audacieuse tactique de dispersion, se séparant en petits groupes rapides courant dans tous les sens dès le premier coup de feu. L'état-major Émeu, peut être inspiré par les techniques de guérilla moderne, rend ainsi tout à fait inefficace l'artillerie lourde de la Royal Australian Artillery : impossible de tirer correctement sur de tout petits groupes qui se déplacent n'importe comment à une vitesse allant jusqu'à 55 km/h!

Qu'à cela ne tienne, le Major Meredith, quémandant le soutien des fermiers, prépare des embuscades, mais la malchance l'accable : face à un millier d'opposants, l'une des mitrailleuses s'enraye, et les oiseaux ont vite fait de déguerpir vers des lieux moins hostiles : 12 volatiles seulement auront péri par balle dans l'escarmouche. Nouvelle stratégie du commandement Australien : placer les mitrailleuses sur un camion et pourchasser l'envahisseur. Peine perdue! Les vivaces émeus sont plus mobiles que l'engin et les soubresauts du camion empêchent de toute façon les artilleurs de décocher la moindre balle.

Après plusieurs jours de traques infructueuses et de succès très relatifs, le major abandonne la bataille et sonne la retraite. Quelques centaines de morts dans le camps ennemi, mais l'affrontement est finalement perdu : En haut lieu, la Chambre des Représentants s'interroge sur les méthodes employées, tandis que la presse locale se fait l'écho du ridicule de cette guerre, et surtout de l'inefficacité patente de l'armée australienne. Ainsi que l'indique, non sans humour, l'ornithologue D. Serventy :
"Les rêves des artilleurs, de tirer à bout portant dans les masses compactes d'émeus, furent vite dissipés. Le commandement Émeu avait vraisemblablement ordonné l'usage de tactiques de guerilla, et sa grande armée s'était très vite divisée en petites factions, rendant inefficace l''équipement militaire de son adversaire. Après un mois de campagnes infructueuses, celui-ci ne put se résoudre qu'à abandonner le terrain."
Quelques essais plus tard, le résultat s'en trouva inchangé. Le Major Meredith, pour justifier la défaite, comparera les émeus aux fiers et diaboliques guerriers Zoulous que même les balles Dum-Dum ne pouvaient arrêter. La ténacité des oiseaux avaient finalement eut raison de la volonté belliqueuse de l'homme. Malgré les pertes, les émeus conservaient le territoire envahi, que l'armée australienne abandonna.

Cette guerre est connue sous le nom de Grande Guerre des Émeus. C'est peut être la première guerre officielle déclarée à une autre espèce que l'homme. C'est aussi un brin d'histoire à la fois insolite et pathétique : si l'histoire de la Grande Guerre des Émeus nous arrache volontiers un sourire, elle nous inspire aussi vraiment la honte d'appartenir à l'espèce humaine : non seulement parce qu'on a commencé cette gueguerre ridicule, mais en plus, parce qu'on l'a perdu!

Pour en savoir plus : 
La Grande Guerre des Émeus : NatureXtreme
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Les araignées sont elles des insectes?

Contrairement à ce que le langage habituel laisse entendre, les araignées, les scorpions, ou encore les acariens et les mille-pattes, ne sont pas des insectes!

On a coutume de classifier assez simplement le règne animal avec d'un côté les mammifères, de l'autre les poissons, les reptiles, les oiseaux et les insectes (et l'on est bien embêté lorsqu'on nous parle de méduse ou de crevette...). Dans cette optique, la catégorie Insectes s’accommode des petits animaux au sang bizarre, avec plein de pattes, qui se mangent entre eux ou sont mangés par les reptiles et les oiseaux. Quoique partagée, cette vision des choses est non seulement très incomplète, mais largement fausse.

Le phylum arthropodes inclue insectes et arachnides
Les araignées ne sont en effet pas des insectes, mais des arthropodes chélicerates. Le type Insecte est lui même beaucoup plus restreint que ce que l'on en conçoit habituellement : il regroupe seulement les arthropodes à 6 pattes (fourmis, abeilles, mouches...). D'accord, cela fait déjà du monde, mais beaucoup moins que si l'on y ajoute toutes les petites bestioles à exosquelette qui peuplent nos forêts et nos maisons.

Les araignées font partie de la classe Arachnides, de même niveau taxonomique que la classe Insecte. La classe Insecte fait partie du sous-embranchement Hexapodes (3 paires de pattes), tandis que les arachnides (comprenant les araignées mais aussi les scorpions et les acariens) font partie du sous-embranchement Chelicerates. Ces sous-embranchements, et donc les araignées et les insectes, sont tout deux des arthropodes (embranchement/phylum Arthropoda).

La classe Insecte est donc loin d'être aussi étendue qu'on ne le croit bien souvent! Voici un petit résumé phylogénétique de l'embranchement des arthropodes, pour une petite mise à jour, si besoin est, de vos connaissances en la matière!

Embranchement Arthropoda

Sous-embranchement Chelicerata -- Chélicérates (8 pattes)
  • classe Arachnida -- Arachnides (scorpion, araignée, acariens...)
  • classe Merostomata -- (Gigantostracés fossiles, limule)
  • classe Pycnogonida
Sous-embranchement Crustacea Brünnich, 1772 -- crustacés (10 pattes)
  • classe Branchiopoda Latreille, 1817 -- branchiopodes (Daphnie...)
  • classe Cephalocarida Sanders, 1955
  • classe Malacostraca Latreille, 1802 -- (Homard, vrai crabe, squille, crevette, cloporte...)
  • classe Maxillopoda Dahl, 1956 -- (Copépode, Balane, Pousse-pied...)
  • classe Ostracoda Latreille, 1802 -- ostracodes
  • classe Remipedia Yager, 1981
Sous-embranchement Hexapoda -- hexapodes (6 pattes)
  • classe Entognatha -- (collembole, diploure, protoure)
  • classe Insecta -- insectes (fourmi, abeille, mouche...)
Sous-embranchement Myriapoda -- myriapodes (nombreuses pattes)
  • classe Chilopoda -- (mille-pattes, scolopendre)
  • classe Diplopoda -- (mille-pattes, iule)
  • classe Pauropoda -- (mille-pattes nains)
  • classe Symphyla
Sous-embranchement Trilobitomorpha (20 pattes)
  • classe Trilobita -- trilobites (en théorie, disparus)

Pour en savoir plus : 
Wikipédia : Arthropodes
A propos des araignées : faits réels et insolites. NatureXtreme
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Noms d'espèces tirés de noms de célébrités

Qu'ont en commun Dark Vador, Harrison Ford et Elvis Presley? Avec Agathidium Vaderi, Pheidole Harrisonfordi, ou encore Elvisaurus, ces célébrités ont toutes trois fait l'objet d'un hommage insolite de la part de biologistes, qui leur ont dédié le nom de nouvelles espèces récemment découvertes. 

A. Vaderi et son inspiration (img 20th C./B. Alexander)
Toutes les espèces vivantes ayant fait l'objet d'une description possèdent un nom binomial (parfois appelé nom scientifique ou taxon) qui les classe parmi ses semblables et néanmoins les différencie des espèces éloignées (non inter-reproductibles). Le nom est généralement le libre choix du ou des découvreurs, qui en profitent parfois pour rendre hommage, ou se moquer gentiment de personnalités célèbres.

C'est le cas par exemple d'un scarabée aux pattes impressionnantes de musculature : lorsqu'il l'a découvert en 2002 au Costa Rica, le chercheur T.L. Erwin fut si étonné par la rondeur des jambes de cet arthropode aux muscles en forme de biceps tout ronds, qu'il en dédia le nom à un célèbre acteur et politicien. L'espèce de ce scarabée prit alors le nom d'Agra Schwarzeneggeri. Erwin a également légué à un second scarabée le nom de l'actrice Kate Winslet, en le baptisant Agra Katewinsletae.

Acteurs, chanteurs, artistes de tout poils, mais également politiciens ou toutes autres célébrités, sont donc susceptibles d'alimenter l'imagination des découvreurs en herbe et nombreux sont ceux qui ont reçu cet hommage étrange. Tandis que certains noms sont des hommages à l'activité de personnalité célèbres, ou encore aux travaux et honneurs qu'ils ont pu faire à la science ou la nature, d'autres tiennent davantage du quolibet et exploitent les ressemblances des caractéristiques incongrues de l'organisme vivant et de la célébrité   qui a inspiré son nom.

Acteurs ou réalisateurs
  • Harrison Ford est visiblement une star dans le milieu de la biologie! Au moins deux espèces sont inspirées de son nom : la fourmi Pheidole Harrisonfordi et l'araignée cannibale Calponia Harrisonfordi.
  • Le crabe Albunea Groeningi rend hommage à Matt Groening, créateur, entre autres, des Simpsons ou de Futurama.
  • Le ptérosaure (dinosaure volant) Anhanguera Spielbergi est un hommage à Steven Spielberg.
  • L'araignée chausse-trappe Aptotstichus Angelinajolieae tire son nom d'une actrice dont vous devinerez aisément le nom!
  • Campsicnemius Charliechaplini, un insecte volant, a été nommé en hommage à l'acteur de cinéma muet en raison de sa tendance à croiser inexplicablement les pattes du milieu lorsqu'il meure.
Artistes et autres célébrités
  • Arthurdactylus Conandoylei est un ptérosaure découvert dans une jungle similaire à celle qu'Arthur Conan Doyle décrit dans The Lost World.
  • Avalanchurus Simoni est une espèce trilobite cousine d'Avalanchurus Garfunkeli, deux créatures inspirées du duo musical Simon & Garfunkel,
  • de même que les deux espèces voisines d'insectes Baeturia Laureli et Baeturia Hardyi, inspirées du duo comique Laurel & Hardy.
  • Le molluque Bufonaria Borisbeckeri tire son nom du célèbre tennisman "Boum-boum" Becker.
  • Serendipaceratops Arthurcclarkei est un dinosaure tirant son nom de l'auteur de Science-fiction Arthur C. Clarke
  • Crichtonsaurus est également inspiré de l'auteur de science-fiction Michael Crichton, l'auteur de Jurassic Park
  • Elvisaurus, désormais nommé Cryopholosaurus, était un dinosaure à la tête surmontée d'une crête ressemblant à la banane d'Elvis Presley.
Le pompon!

Certains noms d'espèces sont carrément tirés de personnages fictifs ou d'évènements insolites : 
  • Le coléoptère Agathidium Vaderi tire son nom de Dark Vador (Darth Vader) à cause de sa carapace noire et lisse ressemblant à l'armure du Sith.
  • Le Tyrannasorus Rex, un petit insecte robuste, est un hommage à son grand et très éloigné cousin, le célèbre Tyrannosaurus Rex.
  • Draculoïde Bramstockeri l'arachnide, a été nommée après qu'on l'ait observé en train de manger : elle découpe vivante sa proie en petit morceaux pour en siroter les jus.
La palme toute catégorie revient à David Attenborough, le célèbre journaliste et naturaliste passionné qui a su transmettre sa fascination des merveilles de la nature. En hommage, de nombreux découvreurs ont associé son nom aux nouvelles espèces, plus d'une dizaine, allant de petits insectes aux plantes, en passant par le dinosaure géant Attenborosaurus.
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Cataglyphis Supersonicus Bombycinus, la fourmi la plus rapide de la planète

Cataglyphis Bombycinus est une petite fourmi de quelques millimètres vivant dans le désert. Capable de supporter les chaleurs extrêmes du sol saharien, elle vole littéralement sur le sable à 1 mètre par seconde. Si elle avait taille humaine, elle franchirait tout simplement le mur du son!

C. Bombycina, Saharan Silver Ant. Img : DPA
Cataglyphis Bombycinus (parfois, Bombycina*, fourmi des sables, fourmi du désert), comme au moins 4 autres espèces de Cataglyphis vivant dans le Sahara (C. Fortis, C. Savigny, C. Bicolor, C. Mautritanicus) a développé d'étonnantes capacités pour composer avec la chaleur et l'aridité du désert. Tout d'abord, elle vit dans des terriers creusés à même le sable grâce à des mandibules spécialement évoluées pour cette fonction. Si le sol saharien atteint fréquemment les 50 à 70°, le terrier entretient une atmosphère humide et ombragée se maintenant entre 25 et 30°. 

(Cataglyphis Bombicynus est le nom scientifique valide. Bombycina est cependant le nom le plus partagé[1])

Pour éviter les confrontations avec ses prédateurs principaux (lézards, notamment), Cataglyphis Bombycinus ne sort que quelques minutes du terrier chaque jour, pour chercher la nourriture de la colonie, au moment où le prédateur est le moins actif, c'est-à-dire, principalement aux moments les plus chauds de la journée. Pour résister à la chaleur, le corps de la fourmi s'est spécialisé au fil du temps : elle présente ainsi des poils brillants couleur argent qui lui valent le surnom de fourmi d'argent. Ces poils permettent de refléter efficacement lumière et chaleur du soleil. Cataglyphis Bombycinus sait aussi préparer à l'avance son corps à une sortie en milieu à température élevée, en synthétisant des protéines spéciales protectrices (heat schock proteins). Si ces protéines se retrouvent chez la majorité des animaux, elles sont généralement actives en réponse à l'augmentation brutale de la chaleur. Or, La fourmi du désert est capable d'anticiper la production de ces protéines quelques dizaines de minutes avant même d'affronter la température élevée de la surface du désert. La résistance à la chaleur qui en résulte fait de Cataglyphis Bombycinus l'un des animaux terrestres les plus thermo-résistants.

Les poils couleur argent de Cataglyphis Bombycinus, reflétant la chaleur et la lumière du Soleil (Img : Hector B)
Pour éviter également de se brûler sur le sol sablonneux, Cataglyphis possède des pattes plus longues que les fourmis communes, réhaussant alors son corps par rapport au sol. La technique de course est elle même étudiée pour préserver la fourmi de l'extrême température du sol, puisque Cataglyphis Bombycinus a appris à courir sur 4 pattes seulement (au lieu de 6) ... 

Et elle le fait avec une étonnante efficacité! Une fois sortie de son terrier, la fourmi arbore un comportement curieux : elle court sur une faible distance, s'arrête, se tourne vers le soleil et repart pour une courte distance, se retourne... et ainsi de suite. Cataglyphys examine lors de ces arrêts, le soleil, l'un des rares éléments du désert qui puisse servir de repère. Plus précisément, il semble qu'elle soit à même d'analyser l'angle de sa course par rapport à l'astre, là encore dans une performance rare : dès qu'elle a trouvé de la nourriture, elle est alors capable de retourner directement, en ligne droite, à son nid, sans se tromper de route. Pour l'aider dans son estimation des distances, cette fourmi du désert est aussi capable de compter ses pas (du moins, estimer une distance parcourue à partir du nombre de pas effectués) : une fourmi saharienne à laquelle on aurait raccourci les pattes artificiellement se comporte comme si elle n'était plus capable de s'orienter correctement, et ne retrouve que laborieusement, si ce n'est pas du tout, son nid.

Mais toutes ces capacités formidables paraîtraient presque anodines en comparaison à l'extraordinaire rapidité de cet insecte : bien qu'ayant une taille très modeste de l'ordre de 5 millimètres, Cataglyphis Bombycinus survole littéralement le sol désertique à une vitesse ahurissante d'un mètre par seconde. Si elle avait taille humaine (1m75), elle se déplacerait alors à 350 mètres par seconde*! Sachant que la vitesse du son s'établit aux alentour de 343 m/s, elle serait donc capable de franchir le mur du son, et de courir à une vitesse supérieur à Mach1, créant un bang supersonique à chacune de ses prodigieuses accélérations!

* Pour comparaison, le guépard, l'animal terrestre le plus rapide de la planète, atteint au mieux de sa forme quelques 32 m/s seulement, c'est-à-dire, 10 fois moins vite que Cataglyphis Bombycinus (par rapport à sa taille)

Ci-dessous, un documentaire de quelques minutes réalisé par l'équipe du célèbre naturaliste David Attenborough. Ce documentaire explique (en anglais) les méthodes d'orientation des Cataglyphis, en même temps qu'il montre ces petites fourmis du désert à l'oeuvre dans leur quête de nourriture et leur retour au nid. Les pattes se déplacent si vite qu'on a l'impression d'un corps sans pattes, se déplaçant tel un fantôme au dessus du sol!


Pour en savoir plus :
[1] Roger. 1859. Beiträge zur Kenntniss der Ameisenfauna der Mittelmeerländer. Erstes Stück. Berliner Entomologische Zeitschrift, 3: 225-259.
Desbrosses S. (2011). La fourmi argentée du désert, Cataglyphys Bombycinus. NatureXtreme ; online
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Les animaux les plus riches du monde?

On peut être riche et bête, et inversement. Quand la majorité des terriens survivent en tirant comme des forçats les deux bouts pour les joindre à la fin du mois, d'autres se prélassent au soleil pendant que fructifient passivement leurs acquis. Certains animaux sont peut être les actionnaires de votre boîte! Toutefois, si de nombreuses histoires circulent sur le web à propos d'animaux plus riches les uns que les autres, beaucoup sont colportées sans recherches préalables, et se révèlent sujettes à caution, voire tout simplement fausses, et ce, d'autant plus que dans certains pays (comme l'Italie et la France), les animaux sont considérés comme des biens, non des personnes, et en conséquence, ne peuvent légalement pas hériter. Quoiqu'il en soit, il existe effectivement des gens qui travaillent pour des chiens, des singes, des chats...L'un d'eux est l'animal le plus riche du monde!

Gunther IV, le toutou le plus fortuné... ou pas!
Et ce pourrait être Gunther IV, un berger allemand dont la fortune s'élèverait à plusieurs centaines de millions d'euros. Selon la légende, Son père, Gunther III, animal de compagnie de la comtesse allemande Karlotta Liebenstein, aurait hérité de sa défunte maitresse, en 1991, un joli pactole de 50 millions d'euros. Les tuteurs de ces animaux auraient alors fait fructifier ces avoirs, et le toutou disposerait désormais de plus de 130 millions d'euros (variable entre 100 et 300 millions). Néanmoins, de nombreux médias considèrent le prince canin comme un coup de pub de la compagnie Gunther Corporation, née en 1999, avant les achats très médiatisés des maisons de Madonna ou de Sylvester Stallone. L'absence de source officielle laisse effectivement croire à une astuce médiatique, d'autant que le chien fut aperçu de nombreuses fois en galante compagnie et dans un cadre luxueux, bien préparé pour les journaux à sensation et à petit QI.

Toby Rimes serait lui aussi le chien le plus riche du monde, avec une fortune s'élevant à près de 65 millions d'euros. Un aïeul de ce petit bichon américain avait hérité en 1931 de plus de 15 millions d'euros de sa maitresse, Ella Wendel. Toutefois les archives du juge chargé de l'affaire de son héritage, John Marshall Harlan, indiquent que l'héritage estimé entre 30 et 100 millions de dollars était en grande partie destiné à des églises et des associations caritatives.

Le plus riche animal (officiellement) était le chimpanzé Kalu, recueilli en Afrique du sud par Patricia O'Neil, fille de la comptesse de Kenmore et épouse d'un nageur australien, Frank O'Neill, qui s'est notamment illustré en 1950 aux British Empire's Game 110 Yards, en course libre. Patricia aurait légué près de 60 millions d'euros à son second compagnon, ayant divorcé du premier. Le hic... Patricia n'est pas encore morte, elle a même perdu une grande partie de sa fortune supposée en 2010 suite à des placements douteux. La pauvre Kalu, si elle héritait maintenant, se retrouverait sans le sou.

D'autres animaux se partageraient quelques jolies fortunes : la poule (l'animal) du journaliste Miles Blackwell (Blackwell Publishing) a hérité de 10 millions de dollars de son maître. Gigoo (c'est son nom) peut s'acheter quelques œuf en or et faire bonne figure devant les gogos. S'il est vrai que Miles Blackwell et sa femme Briony sont morts tragiquement à quelques semaines d'intervalles, leur fortune a été reversée à des œuvres caritatives. Depuis quand les poules aux œufs d'or existent-elles?

Dans la plupart des cas, les animaux officiellement riches tiennent leur fortune d'héritage de la part de maîtres affectueux, de stratégies marketing ou de leur travail en tant qu'acteur : Moose, le chien de Frasier, gagnait près de 6000 livres par épisode, selon la production. Sa fortune au moment de sa mort en 2006 s'élevait alors à un peu moins de 3 millions d'euros. Le chien d'Oprah Winfrey, célèbre animatrice et productrice, et notamment activiste pour le droit des animaux, aurait offert près de 30 millions à son chien, ce qui peut paraître énorme, mais relativement faible pour l'une des rares afro-américaines ayant obtenu une place dans les 400 plus grandes fortunes du monde. Cette somme est aussi et surtout un coup marketing, permettant l'occasion de choquer ou d'interpeller l'opinion publique sur le sort des animaux.

Il y'a donc énormément d'animaux prétendument riches, principalement à des fins publicitaires. D'autres sont effectivement riches, parfois pour des raisons semblables, mais dans tous les cas, les tuteurs, acteurs, producteurs, ont tout intérêt à insister sur la prétendue fortune de leurs compagnons... car ceux qui en profitent, bien entendu, sont rarement ceux qui courent à 4 pattes.
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Princesse, l'araignée mécanique géante

Le cauchemar des Arachnophobes, une araignée de 15 mètres de haut collée à votre fenêtre... De son doux nom "La Princesse", cet étonnante bestiole est apparue pour la première fois le 3 septembre 2008 à Liverpool, accrochée à un vieil immeuble de Lime Street, le Concourse House, promis peu de temps après à la destruction. Le matin du 5 septembre, elle fut déplacée vers les entrepôts de l'Albert's Dock mais s'éveilla vers l'heure du déjeuner, remuant quelque peu et aspergeant d'eau les passants attroupés. Elle fut aperçue en soirée au Cunard building, mais revient le lendemain au Concourse House pour y passer la nuit.

La Princesse. Img : Mann W.
Alors que la nouvelle se répandait et que ses déplacements étaient suivis par plus de 10 000 personnes, l'araignée traversa la ville, donnant l'occasion de photographies atypiques à côtés des plus célèbres bâtiments de la ville. Puis, après avoir inspecté les environs et effrayé les badauds à coup de jets d'eau et de flammes, elle se réfugia dans le Tunnel du Queensway. Ce fut sa dernière apparition dans la ville, mais 400 000 visiteurs attestent de son existence et lui ont même donné le nom de "La Princesse".

On la revit un an plus tard, néanmoins,avec l'un de ses congénères, à l'autre bout du globe : La Princesse avait jeté son dévolu sur la baie du port de Yokohama, arpentent les rues pendant la journée et rejoignant son nid le soir au Red Brick Warehouse. Sa visite à l'occasion du 150ème anniversaire du port a duré 150 jours, après quoi, elle revint finalement à Liverpool, son nid originel.

Cette étrange créature et son compagnon dépassent les 12 mètres, pour 37 tonnes. Munie de lances à eaux et d'autres gadgets pyrotechniques, l'araignée mécanique ne se contente pas de s'accrocher aux murs, elle se déplace à l'aide d'une cinquantaine de vérins hydrauliques commandés par 10 hommes.

La Princesse arrosant les passants.
C'est une création de la compagnie de Théâtre de rue La Machine, une association fondée en 1999 par François Delarozière, se donnant pour but de rassembler artistes, décorateurs, inventeurs et techniciens, sur les projets les plus fous de machines ou d'objets de décorations atypiques et aux fonctions insolites : la Tartapulte, la Machine à étaler le Nutella, la Machine à marcher comme les égyptiens, la Catapulte à piano... Toutes de formidables constructions et merveille de l'ingénierie et de l'esthétisme.

La Machine produit des spectacles mettant en scène ces prodigieuses conceptions, leur attribuant à l'occasion des explications, des musiques, des histoires... Ces expositions rendent ainsi hommage à travers le spectacle, aux machinistes et à ces bijoux de mécaniques qui font leur fierté.
La Princesse et son compagnon à Yokohama. Img Yamada M.

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Space-bat, la chauve-souris qui voulait devenir astronaute

Lors d'une mission de lancement Discovery, la Nasa eu affaire à un passager clandestin insolite : une petite chauve-souris à l'aile brisée entendait vraisemblablement participer à l'expédition vers les étoiles...

La chauve-souris qui rêvait de l'espace (img : NASA)
Comme en témoigne la photo ci-contre, prise lors de la préparation de la mission STS-119[1],Une chauve-souris Tadarida (Tadarida brasiliensis ou libre-queue, vivant habituellement au Mexique et au Brésil) s'était accrochée à la mousse isolante recouvrant le réservoir extérieur de la navette spatiale.

La chauve souris, surnommée Space-Bat, paraissait mal en point, mais encore vivante, elle changeait de position de temps en temps et une caméra infrarouge montrait une différence de température avec le réservoir. Selon un expert du Merritt Island National Wildlife Refuge consulté par la NASA, l'animal avait certainement l'aile gauche brisée et des problèmes à l'épaule droit et au poignet. Malgré le bruit et les tremblements dus au décollage, Space-Bat continuait de s'accrocher. Elle est certainement morte brulée, et le destin tragique de ce petit chiroptère, froidement défini comme le "Interim Problem Report 119V-0080" par la NASA, a ému le public. Chansons, images et vidéos en l'honneur de Space-Bat furent crées, des auteurs anonymes et organismes célèbres tel que le National Geographic rendirent hommage à la chauve-souris qui voulait devenir astronaute.

Ce n'est pourtant pas la première fois que des chauve-souris s'accrochent à des navettes. C'était le cas lors de la mission STS-72, à laquelle, coïncidence, participait déjà l'astronaute Koichi Wakata, l'un des astronautes de la mission STS-119[2]. Lors de l'essai 72 néanmoins, la chauve-souris avait pu se dégager de l'aire de lancement. D'autres animaux, clandestins comme des araignées, vers, libellules, ou invités comme des chiens ou des singes, ont déjà par le passé, rejoint les étoiles. A quand les chauves-souris? En attendant, voici l'un des hommages rendus à la chauve-souris qui est désormais une légende de la conquête de l'espace.



Pour en savoir plus : 
[1] Siceloff S. (2009). Bat hung onto shuttle during liftoff. NASA
[2] Moskovitz C. (2009). Bats hitches ride to space on Shuttle Discovery. Foxnews
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Platycleis affinis et ses records

Platycleis affinis détient le record insolite du plus important ratio masse testiculaire/masse totale. En effet, les testicules de cette sauterelle représentent pas moins de 14% de la masse totale de l'insecte. Des boules records qui correspondraient à plus d'une tête chez un homme normal.

Platycleis affinis, également nommée decticelle côtière, est présente en France dans le Centre et le Sud. On peut l'observer en période estivale, de Juillet à Septembre. Cette sauterelle est assez grande, la taille de son corps pouvant atteindre 3 cm.

Platycleis affinis et ses testicules,
représentant 14% de sa biomasse. (img : RSP)
Sur une vingtaine d'espèces étudiées, la decticelle côtière possède des testicules tout à fait inhabituels : Alors qu'une seule gonade de Platycleis affinis pèse 70 mg, une gonade d'un de ses cousins, la decticelle bariolée, atteint à peine 2,7 mg.

Cette hypertrophie, constatée par le Dr Karim Vahed et ses collègues[1] se rencontre davantage chez les espèces dont la femelle multiplie les partenaires sexuels : des gros testicules augmentent la production de sperme et la possibilité d'inséminer de nombreux partenaires. C'est ce que l'on voit par exemple chez les chimpanzés, les primates ayant les plus gros testicules parmi les grands singes. Comme chaque femelle est fécondée par l'ensemble des mâles d'un groupe, la quantité de sperme inséminé augmente les chances de passation du patrimoine génétique.

Pour autant, la quantité de sperme inséminé par le mâle decticelle côtière à chaque accouplement n'est, en comparaison avec les autres espèces, pas plus importante, voire moins : la surproduction permet avant tout à Platycleis affinis de féconder plusieurs femelles avec une quantité relativement normale de sperme, sans que ses réserves ne s'épuisent. Bien qu'encore spéculative cette assertion est corroborée par la "vitesse de rechargement" de l'insecte : une heure après une fécondation, Platycleis affinis peut à nouveau rechercher une partenaire et l'inséminer, quand le délai pour les autres espèces de sauterelles étudiées s'élève à plusieurs jours.

Platycleis affinis remplace donc désormais la précédente détentrice du record, la mouche Drosophila bifurca, dont les testicules atteignent 10,6% de sa masse totale.

Pour en savoir plus :
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Le yamagashi, venimeux et vénéneux

Le serpent Yamagashi ou Rhabdophis Tigrinus a trouvé une recette économe pour assurer sa défense face à ses prédateurs : il dévore des proies empoisonnées... et pique leur toxines pour les réutiliser à son profit. 

Ce serpent de l'est de l'Asie peut mesurer près d'un mètre, arborant une robe colorée et tigrée, et se logeant dans les lieux humides, tels que ruisseaux ou sous-bois. Il fait partie des opystoglyphes, des serpents dont les crochets, placés en arrière, servent principalement à injecter le venin à des proies déjà avalées à moitié. Il n'est que peu agressif envers l'homme bien que des cas sérieux et parfois mortels de morsures ont été décrits. C'est donc l'un des rares serpents à crochet arrière potentiellement dangereux pour l'homme. Mais là n'est pas la caractéristique qui le rend insolite.

Rhabdophis se nourrit de petits mammifères, de grenouilles ou de poissons, mais également de crapauds excrétant des toxines sur leur peau, pour se défendre. Non seulement Rhabdophis y est immunisé, mais en plus, il recycle le poison, le concentre dans des glandes de sa nuque et s'en sert pour sa propre défense.

En temps normal, lorsque le serpent est attaqué, il fait le mort ou bien s'enfuit. C'est d'ailleurs ce type de comportement qui prévaut dans les iles dépourvues de proies toxiques. Cependant, dans les endroits où il peut trouver des crapauds empoisonnés, Rhabdophis adopte un comportement défensif tout à fait inhabituel : il bombe la nuque et tourne le dos à l'assaillant (principalement des oiseaux comme des faucons), et les glandes de sa nuque libèrent alors le poison volé aux crapauds (des composés stéroïdes bufadiénolides) qui irrite sévèrement les muqueuses de l'attaquant. Les prédateurs ont donc appris à éviter toute confrontation lorsque ce système défensif est adopté. Le mécanisme d'absorption et de recyclage du poison est encore inconnu. Même si le vol de toxine n'est pas un cas unique (c'est un système adopté par exemple par certains oiseaux vénéneux, du genre pitohui), rhabdophis est jusqu'à présent la seule espèce connue qui combine à la fois les caractères venimeux et vénéneux*.

*Plus d'info sur les différences entre venimeux et vénéneux

Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). Rhabdophis Tigrinus, le voleur de venin. NatureXtreme
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L'étrange venin de l'araignée banane

La morsure de l'araignée banane provoque chez l'homme une érection si forte et longue qu'elle en est douloureuse!

La seule araignée qui donne la banane
Phoneutria nigriventer est l'une des espèces d'araignée les plus agressives que l'on connaisse. Elle appartient à la famille des Cnetidae, originaires du brésil, dont le genre phoneutria est considéré comme l'un des plus dangereux. On la trouve régulièrement dans les régimes de bananes, d'où son appellation d'araignée banane - qui n'a rien à voir avec l'effet de son venin.

Ce venin contient deux toxines particulièrement dangereuses : La première, PhTx3, est un neurotoxique extrêmement puissant, qui bloque les canaux à calcium et la libération de glutamate. Cet effet se traduit par une perte sévère du contrôle musculaire pouvant amener à l'asphyxie. En plus de la perte du contrôle musculaire, l'action sur des récepteur de sérotonine (5-HT4) au niveau de la morsure provoque une inflammation grave des nerfs sensitifs, augmente la libération de substance P connue pour son rôle dans le ressenti de la douleur. Le venin de Phoneutria nigriventer provoque donc une réaction très vive et douloureuse. L'araignée elle même apparait dans le Guiness book 2010 comme l'espèce d'araignée ayant le venin le plus puissant.

Une autre toxine composant ce venin, la Tx2-6 provoque de fortes et douloureuses érections par stimulation nerveuse, qui peuvent durer plusieurs heures. Tx2-6 augmente le taux d'acide nitrique à l'intérieur du pénis, provoquant des réactions physique-chimiques en chaine entrainant l'érection. La toxine est conséquemment étudiée actuellement dans l'espoir de synthétiser un traitement des troubles érectiles.

Une araignée très agressive! Img : Techuse
Bien qu'ayant l'un des venins les plus puissants, ce qui fait de Phoneutria nigriventer une espèce dangereuse, c'est surtout son comportement : durant le jour, elle se cache dans des abris sombres et frais, on la retrouve donc dans des maisons, des tas de bois, etc... cette particularité vaut d'ailleurs au genre Phoneutria le surnom d'araignées vagabondes. Elles sont seulement adaptées à la chasse de petits animaux (oiseaux, insectes, autres araignées...) mais du fait de leurs habitudes comportementales et de leur agressivité, les rencontres avec l'homme suivie de morsures ne sont pas rares. D'autres espèces comme la veuve noire (Latrodectus mactans), dont le venin est moins puissant et la capacité de mordre est moindre, ont néanmoins occasionnée davantage d'attaques et de morts, principalement parce qu'elles sont moins grosses (et donc moins faciles à détecter) et parce qu'elles sont largement plus étendues géographiquement dans des zones habitées.

En termes de capacités venimeuses, l'araignée-banane est trois fois plus dangereuse, cependant, que la veuve noire : une dose de 0,05 mg peut tuer un homme de 80 kg, tandis que le venin de veuve noire est mortel à partir de 0,16 mg.
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Les attaques de requin : rares ou fréquentes?

L'imaginaire collectif surestime les attaques de requins : Il y'a près de 325 fois plus de (mal-) chances de décéder après être rentré dans un cerf en voiture. Et l y'a 11 fois plus de décès à cause d'une mauvaise manipulation de pétards et autres feux d'artifices.

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Les Camel Spyders, le cauchemar des arachnophobes

Preuves photographiques à l'appui, des soldats américains auraient découvert dans les déserts de l'Irak, une espèce d'araignées gigantesques, agressives au point de s'attaquer à des chameaux ou des hommes.

Rumeurs arachnophobes

La photo ambiguë relayée par les médias
Ces araignées, surnommées Camel Spyders, atteindraient la taille d'une assiette, se déplaçant à près de 40 km/h en poussant de terrifiants cris. Elles seraient également capables de sauter plusieurs dizaines de centimètres, ce qui leur permettrait notamment de s'accrocher au ventre des chameaux, les mordre et leur inoculer un puissant venin anesthésiant.

Ce pouvoir anesthésiant permettrait aux Camels Spyder, grâce également à leur formidables mandibules, d'attaquer et de prélever des morceaux de viande à même la chair vive, sans que la victime ne s'en rende compte. Ce serait le cas d'un soldat endormi, qui sentit un piqûre pendant la nuit, puis se rendormit, pour se relever le lendemain matin en constatant qu'il lui manquait une petite portion de son abdomen. Il s'agirait d'ailleurs du mode de reproduction privilégié de ces araignées : en insensibilisant et en dévorant une partie de l'estomac des chameaux, elle pondraient leurs larves à l'intérieur du mammifère encore vivant.

Nombre de photos de blessures attribuées à ces araignées ont ainsi circulé sur le web depuis 2004, suite à une première photo montrant ces incroyables insectes, prises par des soldats américains (voir ci-dessus).

Naissance d'une légende urbaine

Cette photo montre cependant non pas un, mais deux insectes, des solifuges : ce ne sont pas des araignées mais des arthropodes (bien qu'ils appartiennent, comme les araignées, à la classe des arachnides). La photo donne également l'impression que ces insectes ont une taille phénomènale (comparée, par exemple, à la jambe du soldat en arrière plan). L'angle de vue y est pour beaucoup : en fait la taille relative des insectes doit plutôt s'estimer à partir de la main du soldat dont on voit une partie en haut à droite, à peu près à même distance.

Solifuge explorant avec ses pédipalpes
Les solifuges mesurent généralement entre 6 et 10 centimètres, le plus grand représentant connu atteignant 15 centimètres, pattes comprises et déployées. Malgré leurs imposantes mandibules, les solifuges n'ont pas de venin. S'il est vrai qu'ils se déplacent rapidement par rapport aux autres arthropodes, ils atteignent difficilement une quinzaine de km/h. Ils se basent sur leur rapidité, leur capacité de camouflage et leur puissantes mandibules pour capturer de petites proies, généralement des insectes (scorpions, criquets..), des lézards, et parfois quelques petits mammifères tels que des souris, ou encore des oiseaux.

Les solfuges se déplacent sur trois paires de pattes pour courir, gardant la dernière paire, devant pour repérer, éventuellement toucher et attraper leur proie. Ces 2 pattes ainsi qu'une paire de pédipalpes servent principalement, à la manière d'antennes chez d'autres insectes, à la perception de l'environnement. Leur nom de solifuge ("fuit le soleil") caractérisent leur comportement : cantonnés aux endroits sombres et frais pendant la journée, ils chassent la nuit. La femelle enfouie ses oeufs dans le sable (et non dans l'estomac de chameau).

La légende selon laquelle des Camel Spyder (aussi appelées araignées du vent, scorpions du vent) auraient attaqué des hommes est née après la Première guerre du Golfe (1990-91), puis a été déterrée en 2004, toujours par des soldats américains. Elle n'est en rien fondée mais a eu de nombreuses conséquences négatives : outre la fascination collective suscitée en premier chef par les photos, parfois volontairement ambiguës ou arrangées, de nombreux actes de cruautés dont plusieurs partagés sur des sites de vidéos, ont eu lieu sur cette espèce auparavant méconnue du grand public (combats contre d'autres animaux, expérimentations...).

Pour en savoir plus : 
Walker C. (2004). Camel spyders : behind an e-mail sensation from Irak. National Geographics.
Img. (2). Fauna Import UK.
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L'ADN maternel des mitochondries

Les mitochondries, ces petites centrales énergétiques dont sont pourvues toutes les cellules animales, possède un ADN propre, non pas formé à partir des ADN du père et de la mère, mais de la mère (presque) seulement.

L'ADN de vos mitochondries est donc similaire, si ce n'est identique, à celui des mitochondries de votre mère. C'est l'un des rares organites (avec notamment, les chloroplastes), qui possèdent leur propre ADN. La mitochondrie grossit puis se divise pour donner naissance à deux nouvelles mitochondries, sans fécondation, lorsque la cellule en a besoin.

Il s'agit en fait probablement d'un parasite archée ayant intégré, il y'a près de deux milliards d'années, une cellule procaryote, développant avec celle-ci une relation symbiotique. Au cours de l'évolution, plusieurs gènes mitochondriaux ont disparus, ou se sont transférés à l'ADN de son hôte, qui lui, a développé de nouveaux outils pour se servir de son parasite mitochondrial. Tant et si bien que depuis longtemps, mitochondries et cellule-hôte sont désormais interdépendantes strictement.

Lors de la reproduction sexuée chez l'animal (et donc également chez l'homme), de nombreuses mitochondries de la mère sont présentes dans l'œuf fécondé, tandis que peu ou pas de mitochondries provenant du spermatozoïde (et donc du père) se joignent à la communauté mitochondriale naissante. Conséquemment, l'ADN mitochondrial échappe au brassage génétique classique (nommé mendélien). On parle alors l'hérédité cytoplasmique : d'un individu à l'autre, l'ADN est transmis non pas par le matériel génétique du père et de la mère, mais des ADN mitochondriaux présents dans le cytoplasmes de l'oeuf, majoritairement issus de l'ovocyte de la mère.

Pour en savoir plus : 
Geneattic. L'ADN mitochondrial
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Oiseaux venimeux, toxiques, vénéneux

Certains oiseaux sont toxiques, et pas qu'un peu! Des membres du genre Pitohuis (le Pitohui bicolore, le Pitohui variable, le Pitohui huppé, le Pitohui châtain et le Pitohui noir) ainsi que l'Ifrita de Kowald, contiennent de l'homobatrachotoxine, dérivée de la batrachotoxine, l'un des poisons animal les plus violents, que l'on retrouve habituellement chez des coléoptères et des batraciens.

Venimeux, vénéneux, toxique?

L'une des caractéristiques d'un poison est sa toxicité. Un être vivant, qu'il soit venimeux ou vénéneux, constitue ainsi un organisme toxique - ou inoculant des molécules toxiques. La principale différence entre le caractère venimeux ou vénéneux est le mode d'inoculation : actif pour le venin (venimeux), passif pour la substance toxique (vénéneux). Ainsi, le mode d'inoculation d'un venin est relativement direct (morsure, piqûre) quand le mode d'inoculation d'une substance toxique (vénéneuse) est indirect (par ingestion, par contact ou par dépôt). Il existe certains cas limites, dont les oiseaux venimeux/vénéneux comme les pitohuis, ou le Varan du Komodo dont la salive contient des bactéries dangereuses.

Pour plus d'informations, consultez : Quelles différences entre venimeux et vénéneux, poison et toxine?

L'oiseau vénéneux

En acceptant de définir la nature toxique selon le mode d'inoculation, on considère les Pitohui et l'Ifrita de Kowald comme des animaux vénéneux : ils produisent de l'homobatrachotoxine, un poison très violent habituellement produit par des coléoptères, mais que l'on retrouve également chez des batraciens (sous une forme analogue, batrachotoxine) des familles Dendrobates (grenouilles sud-américaines, notamment Phyllobate terribilis), pourtant très éloignés, du point de vue phylogénétique.

La découverte de la toxicité des pitohuis est fortuite : John Phillip (surnommé Jack) Dumbacher, alors assistant conservateur au Département d'ornithologie à l'Académie des sciences de Californie, fut accidentellement griffé par un pitohui bicolore. Alors qu'il léchait sa blessure, il sentit des picotements et brûlures sur ces lèvres et sa langue, sensations qui durèrent plusieurs heures. Renouvelant volontairement l'expérience en portant à sa bouche une plume de pitohui, il en ressentit les mêmes effets plus fortement : selon son expression, c'est comme s'il mettait la langue sur une pile de 9 volts. Il fit alors part de son étrange découverte[1], qui constituait une première : aucun oiseau vénéneux n'était encore connu.

Le Pitohui bicolore et ses congénères habitent l'Australie, la Nouvelle Guinée et l'Indonésie. La sécrétion d'homobatrachotoxine provient probablement de leur régime alimentaire, incluant des coléoptères Chorezine dans lesquels on trouve la batrachotoxine. Cette neurotoxine, que l'on trouve également chez les grenouilles sud américaines de la famille des dendrobates est extrêmement puissante : 5 fois plus puissante que le curare, une dose de 100 microgrammes, l'équivalent de deux grain de sel, suffirait à tuer un homme de 68 kg. Il est probable que ce poison agisse très rapidement sur un prédateur qui tenterait de le happer. Ces prédateurs sont d'ailleurs peu nombreux, y compris chez les hommes indigènes, qui considèrent que l'oiseau ne doit pas être mangé sans être spécialement préparé. Il semble même que cette technique chimique défensive soit si efficace que certains oiseaux lui ressemblant, imitent son cri afin de passer pour un pitohui vénéneux et éviter la prédation!

La vidéo suivante montre une interview de Jack Dumbacher, narrant sa découverte, et des photos de pitohui.


Pour en savoir plus :
[1] Dumbacher J-P., Beehler B. M., Spande T. F., Garraffo H. M. et Daly, J. W. (1992). "Homobatrachotoxin in the genus Pitohui: chemical defense in birds?". Science magazine, vol. 258, no 5083, 30 octobre 1992, p. 799-801. (Pdf)
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