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Le jour ou Coyote attrapa Bip-Bip

Dans toute l'histoire du dessin animé, cela n'est arrivé qu'une fois, mais c'est arrivé!

Alors que le comique de cette oeuvre se trouve très justement dans le fait que malgré des moyens invraisemblables, un recours aux "techniques de pointes" et une volonté à toute épreuve, le célèbre Coyote se prend toujours de méchantes raclées en tentant d'attraper le volatile, il y est parvenu lors du 42ème épisode, nommé Soup or Sonic : on voit en effet le canidé saisir à plein bras Bip-Bip et préparer ses ustensiles de cuisine pour assouvir sa faim. Tout ne se déroulera pas, cependant, comme prévu...

Mais plus que toute description, le mieux reste encore de le voir!

Voici le passage lors duquel coyote attrape enfin Bip-Bip

Et voici l'épisode en entier.

Cet épisode est le plus long réalisé pour la série, 9 min 11 s, alors qu'un épisode classique dure de 5 à 7 minutes (sauf extras).

Revenons maintenant sur l'histoire et les particularités de ce dessin animé qui rencontre toujours aujourd'hui, un succès immense auprès des grands comme des petits.

Coyote pourchasse éternellement Bip-Bip...
La série se décline en 48 épisodes et quelques extras. Créé en 1948 par le directeur d'animation de la Warner bros, Chuck Jones, l'oeuvre devait être à l'origine une parodie des habituels dessins animés présentant les classiques antagonistes du chat et de la souris. En reprenant ce principe cher à de nombreux éditeurs, mais sur un mode nouveau, le succès fut immédiatement au rendez-vous pour les premiers épisodes.

On y voit classiquement au démarrage, Willy (Wile E. Coyote) en train de pourchasser le Great Roadrunner (Géocoucou de Californie). L'action stoppe et l'on présente les deux personnages, agrémenté d'un nom scientifique farfelu qui change quasiment à chaque épisode, soulignant le caractère des protagonistes et leurs relations. Quelques exemples qui témoignent d'un petit clin d'oeil typique de la série :

Wile E. Coyote est généralement affublé de noms mettant l'accent sur sa faim insatiable, son ridicule ou sa recherche desespérée de Bip-Bip : Carnivorus Vulgaris, Eatibus Anythingus, Road-runnerus Eatius, Appetitius Gigantus, Nemesis Ridiculii... (son vrai nom scientifique est Canis Latrans)
Bip-Bip porte quant à lui des noms en rapport avec son incroyable vitesse, ou le fait qu'il représente un plat alléchant pour Wile E. Coyote : Acceleratii Incredibilus, Velocitus Delectiblus, Supersonicus Tastius, Delicius-Delicius... son vrai nom scientifique est Geococcyx californianus)

...Et cela se termine souvent sur une belle chute!
Ces petits surnoms pseudo-scientifiques ont contribué à rendre la série très populaire en jouant sur l'humour des  rares informations écrites et vocales. Il y'a en effet peu de texte, et peu de vocalisations : le road-runner se limite à son "chant" caractéristique (après 70 ans, il y'a d'ailleurs toujours débat sur celui-ci, quant à savoir si Bip-bip dit "beep-beep" ou "meep-meep") et parfois au bruit de la langue qu'il tire au coyote. Le coyote, lui, vocalise très peu, sauf dans certaines productions annexes où on l'entend par ailleurs parler. En dehors, c'est souvent soit bruit d’essoufflement, soit cri de douleur!

Plusieurs éléments rendent également cette série et son humour, typiques : la gravité est le plus grand ennemi du Coyote, et nombre de fois, l'accent est mis sur le temps (long) que celui-ci met à tomber dans un ravin avant de soulever un petit nuage de poussière... Ces chutes sont une véritable marque de fabrique, certaines durant près de 10 secondes!

Maintenant, quelques petites anecdotes sur la série!
  • En 1965, dans l'épisode The Wild Chase, on assiste à une course entre le Road-runner et la célèbre Speedy Gonzales! Tout deux sont poursuivis à la fois par le Coyote et Sylvester le chat.
  • En 1979, un véritable film parodique, The Villain, avec des acteurs notables comme Kirk Douglas et Arnold Schwarzenegger, reprend sur un mode western, le principe de la chasse et certains gags propres aux road-runner movies : tandis que les pourchassés peuvent emprunter un chemin dessiné sur un tableau, le "vilain" Kirk Douglas se prend le mur sur lequel le tableau est accroché...
  • De nombreux débats farfelus ont vu le jour pour tenter d'expliquer certains faits de la série : Comment le coyote se procure-t-il toutes ses inventions chez Acme corp. ? Pourquoi n'utilise-t-il pas l'argent pour s'acheter à manger plutôt que d'acheter des armes? 
  • Le coyote s'est inscrit dans la culture populaire au point d'apparaître dans de nombreux films et de nombreuses séries : South Park, Les simpsons, MAD, Qui veut la peau de Roger Rabbit?, etc...
  • Mark Knofler, guitariste et leader de Dire Straits, a créé en 2002 la chanson "Coyote" sur l'album "The Ragpicker's dream" en hommage à Wile E.
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Donald Duck condamné pour exhibitionnisme?

Lors de la création de Donald Duck, Walt Disney n'imaginait surement pas que toute représentation de son désormais célèbre canard colérique, pourrait être interdite pour cause... d'exhibitionnisme ! Mythe ou réalité?

Donald Duck censuré en Finlande?
De son nom complet Donald Fauntleroy Duck, le canard ne porte effectivement pas de pantalon et de sous-vêtements : un manque d'éducation inadmissible pour les autorités finlandaises qui en auraient interdit la représentation en image sur tout leur territoire, jugeant la nudité en dessous de la ceinture, de mauvais aloi.

Cette légende fait partie du cocktail de mythes entourant les studios Disney, leurs productions et son créateur, Walt Disney. Légende urbaines, loin de la vérité. Pourquoi cette hérésie a-t-elle fait le tour du globe?

Le contexte l'explique partiellement : en Finlande (ou par ailleurs, le fameux canard en uniforme de marin est particulièrement apprécié), en 1977, la ville d'Helsinki subit la récession et tombe à court d'argent. Souhaitant améliorer la gestion des finances sur un point anecdotique à l'ordre du jour, le conseiller municipal Markku Holopainen propose de stopper l'achat régulier des magazines de Donald Duck, pour les centres de jeunesse, au profit de magazines de sport et d'autres hobbies.

Un an après que cette proposition fut acceptée à la majorité, Holopainen se présenta pour l'obtention d'un siège au parlement finlandais : c'était sans compter sur les stratégies sournoises de ses adversaires. On relata en effet dans la presse qu'un an auparavant, le conseiller et candidat au parlement avait injustement banni Donald Duck d'Helsinki (et bien sûr, on omit d'en préciser réellement les raisons). Il n'en fallait pas davantage pour la rumeur de circuler librement à travers un esprit retors, peut être influencé par des adversaires politiques, et de se déployer dans la presse : le conseiller aurait banni le canard au motif d'exhibitionnisme. Holopainen s'en défendit autant qu'il le pouvait, insistant sur le fait que l'annulation des achats réguliers de magazines avait des raisons économiques seulement, que la proposition avait été acceptée à l'unanimité... Peine perdue, il ne put contrer la déferlante médiatique qui permis à son adversaire de remporter l'élection aux dépens d'Holopainen.

Il faut dire que 5 ans auparavant, la ville, finlandaise également, de Kimo, avait déjà fait les frais d'une presse un peu hâtive et agressive pour un incident similaire. Les médias avaient exagérément gonflé l'histoire en prétendant au bannissement du canard pour des mœurs inadmissibles (Donald sort avec Daisy, dans une relation hors mariage) ou un goût vestimentaire allégé (pas de panties!). L'histoire s'est par ailleurs propagée comme feu de paille aux médias étrangers qui ont repris allègrement l'info à leur sauce. Les Finlandais dans leur ensemble seraient outrés de la mauvaise tenue du personnage de Walt Disney, ce qui se traduirait par une loi interdisant la représentation de personnages sans panties. Tout ceci dans un contexte opérant depuis plusieurs années à propos de scandales véridiques ou calomnieux impliquant les studios Disney avec des images à caractère sexuel.

Mais non! Donald Duck n'a jamais été interdit en Finlande. Juste quelques abonnements stoppés pour raisons économiques. Donald, alias Aku ankka, a même donné son nom dans ce pays à un magazine tiré à 295 000 exemplaires : l'un des plus gros tirages pour un hebdomadaire en Finlande. Ce magazine serait lu par 1,3 millions de personnes, sur une population de 5,250 millions d'habitants (ce qui par ailleurs, confirme que cet hebdomadaire représente un intérêt financier et populaire sur lequel adopter des mesures est cohérent). Pour donner un ordre d'idée, sachez que Le Figaro, Le Monde, L'équipe... Tous ces quotidiens très connus sont tirés chaque jour à environ 300 000 exemplaires, pour une population avoisinant les 65 millions d'habitants!

Ce constat fait de Donald Duck l'un des personnages de bande dessinée les plus populaires dans le pays qui aurait supposément interdit sa publication... Pays dont la Poste, en l'honneur du canard, a par ailleurs émis en 2001 un feuillet de 5 timbres pour les 50 ans de la revue Aku Ankka.

Interdit pour exhibitionnisme, Donald? Légende, fausseté, absurdité!
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Les animaux les plus riches du monde?

On peut être riche et bête, et inversement. Quand la majorité des terriens survivent en tirant comme des forçats les deux bouts pour les joindre à la fin du mois, d'autres se prélassent au soleil pendant que fructifient passivement leurs acquis. Certains animaux sont peut être les actionnaires de votre boîte! Toutefois, si de nombreuses histoires circulent sur le web à propos d'animaux plus riches les uns que les autres, beaucoup sont colportées sans recherches préalables, et se révèlent sujettes à caution, voire tout simplement fausses, et ce, d'autant plus que dans certains pays (comme l'Italie et la France), les animaux sont considérés comme des biens, non des personnes, et en conséquence, ne peuvent légalement pas hériter. Quoiqu'il en soit, il existe effectivement des gens qui travaillent pour des chiens, des singes, des chats...L'un d'eux est l'animal le plus riche du monde!

Gunther IV, le toutou le plus fortuné... ou pas!
Et ce pourrait être Gunther IV, un berger allemand dont la fortune s'élèverait à plusieurs centaines de millions d'euros. Selon la légende, Son père, Gunther III, animal de compagnie de la comtesse allemande Karlotta Liebenstein, aurait hérité de sa défunte maitresse, en 1991, un joli pactole de 50 millions d'euros. Les tuteurs de ces animaux auraient alors fait fructifier ces avoirs, et le toutou disposerait désormais de plus de 130 millions d'euros (variable entre 100 et 300 millions). Néanmoins, de nombreux médias considèrent le prince canin comme un coup de pub de la compagnie Gunther Corporation, née en 1999, avant les achats très médiatisés des maisons de Madonna ou de Sylvester Stallone. L'absence de source officielle laisse effectivement croire à une astuce médiatique, d'autant que le chien fut aperçu de nombreuses fois en galante compagnie et dans un cadre luxueux, bien préparé pour les journaux à sensation et à petit QI.

Toby Rimes serait lui aussi le chien le plus riche du monde, avec une fortune s'élevant à près de 65 millions d'euros. Un aïeul de ce petit bichon américain avait hérité en 1931 de plus de 15 millions d'euros de sa maitresse, Ella Wendel. Toutefois les archives du juge chargé de l'affaire de son héritage, John Marshall Harlan, indiquent que l'héritage estimé entre 30 et 100 millions de dollars était en grande partie destiné à des églises et des associations caritatives.

Le plus riche animal (officiellement) était le chimpanzé Kalu, recueilli en Afrique du sud par Patricia O'Neil, fille de la comptesse de Kenmore et épouse d'un nageur australien, Frank O'Neill, qui s'est notamment illustré en 1950 aux British Empire's Game 110 Yards, en course libre. Patricia aurait légué près de 60 millions d'euros à son second compagnon, ayant divorcé du premier. Le hic... Patricia n'est pas encore morte, elle a même perdu une grande partie de sa fortune supposée en 2010 suite à des placements douteux. La pauvre Kalu, si elle héritait maintenant, se retrouverait sans le sou.

D'autres animaux se partageraient quelques jolies fortunes : la poule (l'animal) du journaliste Miles Blackwell (Blackwell Publishing) a hérité de 10 millions de dollars de son maître. Gigoo (c'est son nom) peut s'acheter quelques œuf en or et faire bonne figure devant les gogos. S'il est vrai que Miles Blackwell et sa femme Briony sont morts tragiquement à quelques semaines d'intervalles, leur fortune a été reversée à des œuvres caritatives. Depuis quand les poules aux œufs d'or existent-elles?

Dans la plupart des cas, les animaux officiellement riches tiennent leur fortune d'héritage de la part de maîtres affectueux, de stratégies marketing ou de leur travail en tant qu'acteur : Moose, le chien de Frasier, gagnait près de 6000 livres par épisode, selon la production. Sa fortune au moment de sa mort en 2006 s'élevait alors à un peu moins de 3 millions d'euros. Le chien d'Oprah Winfrey, célèbre animatrice et productrice, et notamment activiste pour le droit des animaux, aurait offert près de 30 millions à son chien, ce qui peut paraître énorme, mais relativement faible pour l'une des rares afro-américaines ayant obtenu une place dans les 400 plus grandes fortunes du monde. Cette somme est aussi et surtout un coup marketing, permettant l'occasion de choquer ou d'interpeller l'opinion publique sur le sort des animaux.

Il y'a donc énormément d'animaux prétendument riches, principalement à des fins publicitaires. D'autres sont effectivement riches, parfois pour des raisons semblables, mais dans tous les cas, les tuteurs, acteurs, producteurs, ont tout intérêt à insister sur la prétendue fortune de leurs compagnons... car ceux qui en profitent, bien entendu, sont rarement ceux qui courent à 4 pattes.
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Comment reconnaître un discours extrémiste?

On peut généralement reconnaître l'extrémisme d'une opinion en analysant le discours d'une personne, même si ce discours est volontairement construit pour n'en rien laisser paraître...

Le discours peut s'analyser de deux façons : 

1/ on analyse le contenu, la signification de ce qui est dit, le sens du message exposé. C'est généralement ce que font les journalistes, les politiciens, les blogueurs, et de manière générale, un peu tout le monde : nous sommes habitués à nous attacher au sens véhiculé par un discours en fonction du choix des mots et de leur sémantique (signification). Le problème, c'est que le contenu d'un message est volontaire et peut donc être facilement contrôlable ou manipulable. On peut par exemple affirmer que l'on n'est pas raciste (sous pression sociale, et même parfois en toute bonne foi) tout en l'étant profondément.

2/ on analyse la structure du discours, c'est-à-dire le type de mots ou de phrase employés, sans se soucier le moins du monde, du contenu. Par exemple, on va compter combien de fois des mots impliquant l'auteur du discours sont utilisés (des mots comme "Je", "Moi", etc...) ou comment sont présentées les informations ("il faut que", "on doit".... plutôt que "il est possible que", "peut-être que", etc...). Cette analyse a un double avantage : elle n'est pas influencée par le message que veut faire passer l'auteur, et elle se base sur des caractéristiques du discours qui sont généralement involontaires et non contrôlées.

Que ces analyses peuvent-elles nous apporter ?

Lorsque contenu et structure sont cohérents et vont dans le même sens, il s'agit en quelque sorte d'un indice de sincérité. Si les deux sont incohérents, il y'a fort à parier que le message véhiculé soit volontairement falsifié, et reflète mal les réelles opinion de l'émetteur.

C'est en suivant cette hypothèse que Castel et Lacassagne (1993) ont illustré la présence de deux types de discours lors d'entretien non directifs (Ils laissaient les sujets s'exprimait sans interférer) sur les thèmes du mariage mixte. Certains participants étaient notoirement racistes, d'autres non. Ayant comparé leurs discours (et la structure, principalement, de ces discours) avec l'attitude des personnes à l'égard du mariage mixte, ils ont relevé et regroupé les indices langagiers spécifiques d'un discours extrémiste et d'un discours peu orienté :
Le Discours de naturalisation comprend une forte utilisation de verbes renvoyant au faire (les factifs), et une forte utilisation de modalisations de nécessité ("il faut que", ...), ainsi que peu de prise en charge de la part de l'énonciateur (peu de "Je" mais beaucoup de mots tels que "on", "les gens", "tout le monde"...). Le sujet utilise inconsciemment ces mots afin de donner à son discours une valeur de vérité universelle, indubitable...

Le Discours de relativisation comprend quant à lui une forte utilisation de verbes ne renvoyant pas au faire (les non-factifs) et de modalisations de possibilité ("il est possible que", ...). Il y a en outre une forte prise en charge de la part de l'énonciateur (beaucoup de "Je" et peu de "On)". "Je crois", "Je pense", "peut être", etc... autant d'expressions qui montrent l'ouverture d'un homme sur un sujet dont il pense la conclusion non prédéfinie. Des avis possibles et coexistants, plutôt qu'une vérité "absolue".
-- Desbrosses S. [1]
A partir même de la structure d'un discours, il est donc possible de noter l'orientation d'une attitude à l'égard d'un sujet donné : la "Façon de parler" reflète plus fidèlement des sujets sensibles sur lesquels d'ordinaire, on ne dit que peu ou pas ce que l'on pense, que ce soit par pression sociale, pour sauvegarder les apparences ou encore parce l'on ne désire tout simplement pas partager une opinion.

Pour en savoir plus : 
Desbrosses S. (2007). Castel et Lacassagne (1993) : le discours extrémiste. (online) www.psychoweb.fr
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Les Camel Spyders, le cauchemar des arachnophobes

Preuves photographiques à l'appui, des soldats américains auraient découvert dans les déserts de l'Irak, une espèce d'araignées gigantesques, agressives au point de s'attaquer à des chameaux ou des hommes.

Rumeurs arachnophobes

La photo ambiguë relayée par les médias
Ces araignées, surnommées Camel Spyders, atteindraient la taille d'une assiette, se déplaçant à près de 40 km/h en poussant de terrifiants cris. Elles seraient également capables de sauter plusieurs dizaines de centimètres, ce qui leur permettrait notamment de s'accrocher au ventre des chameaux, les mordre et leur inoculer un puissant venin anesthésiant.

Ce pouvoir anesthésiant permettrait aux Camels Spyder, grâce également à leur formidables mandibules, d'attaquer et de prélever des morceaux de viande à même la chair vive, sans que la victime ne s'en rende compte. Ce serait le cas d'un soldat endormi, qui sentit un piqûre pendant la nuit, puis se rendormit, pour se relever le lendemain matin en constatant qu'il lui manquait une petite portion de son abdomen. Il s'agirait d'ailleurs du mode de reproduction privilégié de ces araignées : en insensibilisant et en dévorant une partie de l'estomac des chameaux, elle pondraient leurs larves à l'intérieur du mammifère encore vivant.

Nombre de photos de blessures attribuées à ces araignées ont ainsi circulé sur le web depuis 2004, suite à une première photo montrant ces incroyables insectes, prises par des soldats américains (voir ci-dessus).

Naissance d'une légende urbaine

Cette photo montre cependant non pas un, mais deux insectes, des solifuges : ce ne sont pas des araignées mais des arthropodes (bien qu'ils appartiennent, comme les araignées, à la classe des arachnides). La photo donne également l'impression que ces insectes ont une taille phénomènale (comparée, par exemple, à la jambe du soldat en arrière plan). L'angle de vue y est pour beaucoup : en fait la taille relative des insectes doit plutôt s'estimer à partir de la main du soldat dont on voit une partie en haut à droite, à peu près à même distance.

Solifuge explorant avec ses pédipalpes
Les solifuges mesurent généralement entre 6 et 10 centimètres, le plus grand représentant connu atteignant 15 centimètres, pattes comprises et déployées. Malgré leurs imposantes mandibules, les solifuges n'ont pas de venin. S'il est vrai qu'ils se déplacent rapidement par rapport aux autres arthropodes, ils atteignent difficilement une quinzaine de km/h. Ils se basent sur leur rapidité, leur capacité de camouflage et leur puissantes mandibules pour capturer de petites proies, généralement des insectes (scorpions, criquets..), des lézards, et parfois quelques petits mammifères tels que des souris, ou encore des oiseaux.

Les solfuges se déplacent sur trois paires de pattes pour courir, gardant la dernière paire, devant pour repérer, éventuellement toucher et attraper leur proie. Ces 2 pattes ainsi qu'une paire de pédipalpes servent principalement, à la manière d'antennes chez d'autres insectes, à la perception de l'environnement. Leur nom de solifuge ("fuit le soleil") caractérisent leur comportement : cantonnés aux endroits sombres et frais pendant la journée, ils chassent la nuit. La femelle enfouie ses oeufs dans le sable (et non dans l'estomac de chameau).

La légende selon laquelle des Camel Spyder (aussi appelées araignées du vent, scorpions du vent) auraient attaqué des hommes est née après la Première guerre du Golfe (1990-91), puis a été déterrée en 2004, toujours par des soldats américains. Elle n'est en rien fondée mais a eu de nombreuses conséquences négatives : outre la fascination collective suscitée en premier chef par les photos, parfois volontairement ambiguës ou arrangées, de nombreux actes de cruautés dont plusieurs partagés sur des sites de vidéos, ont eu lieu sur cette espèce auparavant méconnue du grand public (combats contre d'autres animaux, expérimentations...).

Pour en savoir plus : 
Walker C. (2004). Camel spyders : behind an e-mail sensation from Irak. National Geographics.
Img. (2). Fauna Import UK.
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