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Les prouesses vocales de l'Oiseau Lyre

Logeant dans les sous bois denses et humides des côtes Est de l'Australie, les Ménures sont de magnifiques oiseaux arborant 16 somptueuses plumes sur leur queue, qui leur ont valu le surnom d'oiseaux-lyre. Ce n'est pourtant pas ce qui fait d'eux des êtres tout à fait uniques en leur genre : les oiseaux-lyre sont capables d'imiter quasi à la perfection les chants d'autres oiseaux, les cris d'autres espèces, et même les sons artificiels tels que celui d'un appareil photo, d'une alarme ou encore d'une tronçonneuse (voir vidéo)... Il faut l'entendre pour le croire!

La vidéo ci-dessous est l'un des fameux reportages, courts et étonnants, du célèbre naturaliste de la BBC, David Attenborough. N'oubliez pas de régler votre son, vous aurez du mal à en croire vos oreilles...


Les Ménures regroupent deux espèces d'oiseaux (les oiseaux-lyre Superbes et d'Albert), qui s'étendent sur un territoire relativement petit, dans l'Est de l'Australie (États de Victoria, Nouvelle-Galles du sud, Queensland). Ils représentent d'ailleurs un symbole commun de l'Australie, comme le sont les kangourous. Ces oiseaux peuvent atteindre 1 mètre de long et arborent 55 cm de plumes caudales aux couleurs argentées et brunes, dont deux externes, larges, qui leur ont valu le sobriquet d'Oiseaux Lyre.

Leur organe phonatoire, le syrinx, ainsi que leur impressionnante capacité d'analyse des sons, se sont développés au cours de l'évolution de telle sorte qu'ils sont capables de reproduire, virtuellement n'importe quel son de leur environnement[1]. Des chants d'oiseaux mélodieux aux ricanements riants de Martins pêcheurs, jusqu'aux conversations de plusieurs d'entre eux.... Simultanément! L'organe phonatoire et son contrôle sont si complexes qu'ils permettent à l'oiseau lyre d'émettre plusieurs sortes de sons et de tonalité en même temps! L'un d'eux a ainsi fredonné deux tubes des années 1930, que des analystes acoustiques ont par la suite séparé afin de les reconnaitre.

Plus fort encore, l'oiseau-lyre est capable de reproduire les sons d'autres espèces animales, n'ayant que peu de rapports avec les oiseaux : les jappements d'un chien, le grognement d'un wombat, les cris d'un bébé humain et même la voix d'un adulte[2].

Et comme si cela ne suffisait pas, il est également capable d'imiter des bruits artificiels tout à fait insolites : bruit d'un broyeur de cailloux, d'une alarme anti-incendie, d'un déclic d'appareil photo ou encore d'une tronçonneuse au démarrage... Ses imitations sont tout bonnement stupéfiantes de fidélité. Non, non, il n'y a aucun trucage!

Pour en savoir plus :
[1] Desbrosses. S. (2010). L'oiseau-lyre : les imitations sonores incroyable des Ménures (Menuridae). (Synthèse en ligne) NatureXtreme.
[2] Lyrebirds. (2008) Australia NSW Government. Environment, Climate Change & Water
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Isao Machii le super-samouraï

Isao Machii, maître de Battōdō, est un spécialiste de la coupe au katana. Et pas qu'un peu : il est capable de découper au vol une balle de 6 mm lancée sur lui à 350 km/h...

Isao Machii en Démo
Isao Machii, surnommé à juste raison, le samouraï des temps modernes, est un japonais pratiquant traditionnel de sabre (Katana). Dans les arts martiaux japonais, les techniques majeures de sabre nécessitent l'acquisition de différentes capacités mineures, tels que l'art de trancher ou l'art de transpercer, mais également, de manière plus anecdotique, l'art d'essuyer sa lame entachée de sang ou l'art de ne pas se couper les doigts en remettant son katana en place. Chacune de ces petites actions est codifiée et il existe pour toutes, des mouvements et pratiques qu'enseignent les Grands Maîtres et leurs écoles respectives. Les pratiquants de katana ou les Kendoka savent que certains mouvements sont indispensables à la maîtrise globale et l'efficacité de leur épée. Par exemple, lorsque l'on tranche la poitrine en oblique, de haut en bas, d'un homme, un léger coup de poignet au moment de toucher la clavicule permet de la casser en continuant à trancher les organes, sans quoi, la lame pourrait se bloquer contre l'os. Un retrait du sabre vers le corps permet également de faciliter la tranche... De nombreux savoirs et savoir-faire cruciaux comme ceux-ci sont nécessaires à maîtriser dans le but de parfaire sa technique de sabre (Kendo).

L'art de découper les biscottes... par la tranche

L'art de dégainer son katana dans la perfection
L'une d'elles a pour but d'exercer le pratiquant à utiliser au mieux sa lame rentrée dans le fourreau (Saya), c'est le Iaijutsu, l'art de dégainer le sabre (précisément, l'art de trancher en dégainant le sabre), et donc de sortir la lame de son fourreau en un mouvement gracieux, fluide, rapide et extrêmement précis, dans le but de trancher. Plusieurs aspects doivent être travaillés : dans un mouvement classique, on décolle le sabre de son fourreau avec le pouce gauche (poussant la garde - Tsuba), lame vers le haut, puis on retire la lame en exerçant une légère pression de sorte qu'elle n'abîme pas le fourreau, etc... Rentrer la lame nécessite également toute une technique développée à la fois pour éviter de se blesser, mais également pour nettoyer la lame entachée de sang (ne perdons pas de vue que ces techniques furent développées à une époque guerrière pour le but de tuer son ennemi - en fait, plusieurs d'un coup si possible). Un mouvement parfait permet au pratiquant de sortir la lame sans s'abîmer les mains, ni le fourreau, de façon fluide et rapide, découper le maximum d'ennemis (ou d'objets tests) avec une précision et une rapidité extrême, enlever le sang de la lame et la remettre dans son fourreau, le tout en un temps record et une grâce qui ne lasse point d'émerveiller. A l'origine, le IaiJutsu était davantage un ensemble de techniques de contre-attaque qu'une technique d'agression (sauf attaque surprise...).

Surhumain?

Isao "Matrix" Machii
Isao Machii est passé maître dans cette technique, au point parcourir le Japon et même l'Occident pour montrer ses talents, et susciter l'intérêt de chercheurs et des médias stupéfaits de ses prouesses.

Isao Machii détient actuellement 4 Records Guiness (par exemple, 252 bottes de paille nattée découpées en 3 minutes), tous liés à sa pratique du sabre. Il est également l'un des rares samouraïs capables de trancher, par exemple, un grain de riz de 5 mm, un haricot (sur le sens de sa longueur!!), une mèche de bougie, une balle de baseball lancée à 300 km/h, et plus fort encore, une bille de plastique de 6 mm seulement, lancée sur lui à 100 mètres par secondes! Et le tout, en ayant sa lame rentrée avant la découpe, en faisant un seul geste. Quelques autres pratiquants du sabre seulement  jouissent d'une telle popularité et de telles capacités, comme le Maître Fumon Tanaka, qui montra dans une émission de National Geographic (voir vidéos ci-dessous), comment il pouvait découper une flèche lancée par sa fille et visant son coeur, avant que cette flèche ne l'atteigne.

La bille de plastique tranchée nette
Isao Machii a participé à de nombreuses émissions télé et expériences, lors de Tameshi giri (tests de coupe, ordinairement réalisés pour prouver la valeur d'une lame) dans lesquelles il montre toute l'étendue de son talent : sa rapidité, sa précision, sa capacité à trancher de solides ou nombreux objets d'un coup. Isao pelle une pomme, découpe des canettes de soda, un concombre par la tranche, ou un objet lancé, en plein vol. Le plus impressionnant est dans l'inconfort de ses démonstrations : lorsqu'une machine envoie une balle de baseball, on peut encore croire qu'Isao Machii se base sur l'anticipation de la trajectoire, toujours identique, donnée à la balle. Le problème, c'est qu'il réalise également cet exploit lorsque c'est un homme qui lance la balle, ou qui lui tire dessus avec un pistolet à air comprimé. Isao est donc capable de choper au vol un objet, non par habitude de sa trajectoire, mais réellement parce qu'il le "perçoit". Pourtant, une telle balle est quasi impossible à discerner à l'oeil humain, à cette vitesse.

Les chercheurs n'ont pas encore trouvé d'explication satisfaisante aux extraordinaires réflexes et à l'incroyable maîtrise du katana d'Isao Machii : un joueur de baseball peut par exemple se servir d'indice visuels tels que le mouvement de l'épaule du lanceur ou sa position pour deviner la trajectoire d'une balle, mais cette capacité nécessite une longue pratique et un entraînement de tous les jours. Pourtant, cette balle se déplace quand même à une vitesse suffisamment basse pour qu'elle en reste visible, or, c'est déjà un peu moins le cas lorsqu'elle va à 300 km/h, sans parler de la bille de plastique lancé d'un fusil à air comprimé. D'après le Pr Durvasula, Isao Machii serait capable de processus cognitifs d'un niveau supérieur lui permettant d'anticiper les trajectoires d'objets divers sans même les voir. Il calculerait inconsciemment quand et se trouvera cette objet, le "ressentant" plus que ne le percevant. Ce qui ferait de lui... et bien, pas moins qu'un chevalier Jedi.

Quelques vidéos de ces samouraïs des temps modernes

La découpe en plein vol d'une balle tirée avec un pistolet à air comprimé.


Isao Machii en démonstration à la télévision nippone


Midori Tanaka (très mignonne, ce qui ne gâche rien) tirant une flèche sur son père Fumon Tanaka. Comme dit le célèbre dicton, il semble que la meilleure défense soit l'attaque!

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Cataglyphis Supersonicus Bombycinus, la fourmi la plus rapide de la planète

Cataglyphis Bombycinus est une petite fourmi de quelques millimètres vivant dans le désert. Capable de supporter les chaleurs extrêmes du sol saharien, elle vole littéralement sur le sable à 1 mètre par seconde. Si elle avait taille humaine, elle franchirait tout simplement le mur du son!

C. Bombycina, Saharan Silver Ant. Img : DPA
Cataglyphis Bombycinus (parfois, Bombycina*, fourmi des sables, fourmi du désert), comme au moins 4 autres espèces de Cataglyphis vivant dans le Sahara (C. Fortis, C. Savigny, C. Bicolor, C. Mautritanicus) a développé d'étonnantes capacités pour composer avec la chaleur et l'aridité du désert. Tout d'abord, elle vit dans des terriers creusés à même le sable grâce à des mandibules spécialement évoluées pour cette fonction. Si le sol saharien atteint fréquemment les 50 à 70°, le terrier entretient une atmosphère humide et ombragée se maintenant entre 25 et 30°. 

(Cataglyphis Bombicynus est le nom scientifique valide. Bombycina est cependant le nom le plus partagé[1])

Pour éviter les confrontations avec ses prédateurs principaux (lézards, notamment), Cataglyphis Bombycinus ne sort que quelques minutes du terrier chaque jour, pour chercher la nourriture de la colonie, au moment où le prédateur est le moins actif, c'est-à-dire, principalement aux moments les plus chauds de la journée. Pour résister à la chaleur, le corps de la fourmi s'est spécialisé au fil du temps : elle présente ainsi des poils brillants couleur argent qui lui valent le surnom de fourmi d'argent. Ces poils permettent de refléter efficacement lumière et chaleur du soleil. Cataglyphis Bombycinus sait aussi préparer à l'avance son corps à une sortie en milieu à température élevée, en synthétisant des protéines spéciales protectrices (heat schock proteins). Si ces protéines se retrouvent chez la majorité des animaux, elles sont généralement actives en réponse à l'augmentation brutale de la chaleur. Or, La fourmi du désert est capable d'anticiper la production de ces protéines quelques dizaines de minutes avant même d'affronter la température élevée de la surface du désert. La résistance à la chaleur qui en résulte fait de Cataglyphis Bombycinus l'un des animaux terrestres les plus thermo-résistants.

Les poils couleur argent de Cataglyphis Bombycinus, reflétant la chaleur et la lumière du Soleil (Img : Hector B)
Pour éviter également de se brûler sur le sol sablonneux, Cataglyphis possède des pattes plus longues que les fourmis communes, réhaussant alors son corps par rapport au sol. La technique de course est elle même étudiée pour préserver la fourmi de l'extrême température du sol, puisque Cataglyphis Bombycinus a appris à courir sur 4 pattes seulement (au lieu de 6) ... 

Et elle le fait avec une étonnante efficacité! Une fois sortie de son terrier, la fourmi arbore un comportement curieux : elle court sur une faible distance, s'arrête, se tourne vers le soleil et repart pour une courte distance, se retourne... et ainsi de suite. Cataglyphys examine lors de ces arrêts, le soleil, l'un des rares éléments du désert qui puisse servir de repère. Plus précisément, il semble qu'elle soit à même d'analyser l'angle de sa course par rapport à l'astre, là encore dans une performance rare : dès qu'elle a trouvé de la nourriture, elle est alors capable de retourner directement, en ligne droite, à son nid, sans se tromper de route. Pour l'aider dans son estimation des distances, cette fourmi du désert est aussi capable de compter ses pas (du moins, estimer une distance parcourue à partir du nombre de pas effectués) : une fourmi saharienne à laquelle on aurait raccourci les pattes artificiellement se comporte comme si elle n'était plus capable de s'orienter correctement, et ne retrouve que laborieusement, si ce n'est pas du tout, son nid.

Mais toutes ces capacités formidables paraîtraient presque anodines en comparaison à l'extraordinaire rapidité de cet insecte : bien qu'ayant une taille très modeste de l'ordre de 5 millimètres, Cataglyphis Bombycinus survole littéralement le sol désertique à une vitesse ahurissante d'un mètre par seconde. Si elle avait taille humaine (1m75), elle se déplacerait alors à 350 mètres par seconde*! Sachant que la vitesse du son s'établit aux alentour de 343 m/s, elle serait donc capable de franchir le mur du son, et de courir à une vitesse supérieur à Mach1, créant un bang supersonique à chacune de ses prodigieuses accélérations!

* Pour comparaison, le guépard, l'animal terrestre le plus rapide de la planète, atteint au mieux de sa forme quelques 32 m/s seulement, c'est-à-dire, 10 fois moins vite que Cataglyphis Bombycinus (par rapport à sa taille)

Ci-dessous, un documentaire de quelques minutes réalisé par l'équipe du célèbre naturaliste David Attenborough. Ce documentaire explique (en anglais) les méthodes d'orientation des Cataglyphis, en même temps qu'il montre ces petites fourmis du désert à l'oeuvre dans leur quête de nourriture et leur retour au nid. Les pattes se déplacent si vite qu'on a l'impression d'un corps sans pattes, se déplaçant tel un fantôme au dessus du sol!


Pour en savoir plus :
[1] Roger. 1859. Beiträge zur Kenntniss der Ameisenfauna der Mittelmeerländer. Erstes Stück. Berliner Entomologische Zeitschrift, 3: 225-259.
Desbrosses S. (2011). La fourmi argentée du désert, Cataglyphys Bombycinus. NatureXtreme ; online
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Le cerveau humain capable d'écholocation

Tout comme les dauphins, les chauve-souris ou Batman, les hommes sont capables de développer le sens d'écholocation! Bien qu'à plus faible niveau que les chiroptères, dotés à leur naissance des organes adéquats et de régions cérébrales dédiées à cette fonction, les hommes sont en effet aptes, moyennant un (relativement) rigoureux entrainement, à percevoir et identifier des corps à l'arrêt ou en mouvement grâce à la réverbération du son.

Batman n'est pas le seul qui puisse écholocaliser!
Peut être avez-vous déjà vu et entendu des aveugles émettant un bruit de claquement pour se diriger dans la rue, peut être avez-vous entendu parler de Daniel Kish ou Ben Underwood? Ces aveugles, du fait de leur handicap, ont développé et poussé au maximum cet étonnant sens. Durant les dernières années, il est apparu évident que les hommes, aveugles ou non, comme les chauve-souris, étaient capable d'émettre des bruits propices (par exemple, claquement de langue) et de distinguer certaines caractéristiques de leur écho.

Plusieurs équipes de chercheurs se sont attaquées à cet étrange phénomène, comme c'est le cas, récemment,  de Lore Thaler[1], de l'université de l'ouest Ontario. Thaler et ses collègues ont observé via scanner, l'activité cérébrale de deux aveugles particulièrement doués pour l'écholocation, grâce auxquels ils ont déterminé quelles régions du cerveau sont sollicitées lors de l'opération. Si l'expérimentation s'est déroulée avec ces deux écholocalisateurs particuliers (E.B. et L.B.), c'est principalement parce qu'il étaient capables d’interpréter, malgré l'environnement sonore bruyant du scanner, l'enregistrement des claquements de langue et leurs échos respectifs, qu'eux-même avaient généré auparavant.

Comme la chauve-souris, l'homme est capable d’interpréter l'écho
L'un des plus importants résultats de cette expérience fut de démontrer l'importance des régions cérébrales correspondant normalement à la vision chez un humain non-aveugle : Le cortex visuel d'E.B. et celui de L.B. observaient une recrudescence nette d'activité lors de l'écoute des claquements suivis de l'écho. Lorsque seuls les claquements étaient présentés, cette suractivation n'était pas observable. A noter : ce sont bien les régions visuelles et non les régions auditives qui présentaient une recrudescence d'activité. Un groupe contrôle de deux personnes de même âge mais non habituées à l'écholocation, ne présentait aucune activation particulière du cortex visuel.

L'étude montrait également la formation contro-latérale chez celui des deux aveugles qui était le plus entraîné à l'écholocation. La latéralisation est un phénomène habituel du cerveau humain entraîné : les informations contenues dans le champ gauche de l'environnement par rapport au cerveau sont généralement traitées par l'hémisphère cérébral opposé[2]. C'est ainsi que si vous bougez votre main droite, c'est grâce aux commandes envoyées par votre hémisphère cérébral gauche. Et tout ce que vous voyez dans le champ droit visuel est traité essentiellement par votre hémisphère cérébral droit.

Quoiqu'il en soit, les performances des deux aveugles étudiés sont remarquables : ils sont capables de percevoir, d'identifier des objets et même de "voir" leur mouvements grâce à l'écholocation (cette dernière capacité, probablement grâce à l'effet Doppler). Cette étude montre que si l'on s'en tient à l'activité cérébrale, on peut conclure que l'écholocation humaine produit vraisemblablement une scène "visuelle et spatiale" de l'environnement, comme le font les chauve-souris. Les auteurs n'hésitent pas à parler de capacité latente :
"Nos données montrent clairement qu'E.B. et L.B. utilisent l'écholocation d'une façon qui rappelle celle de la vision [...]. Notre étude montre que l'écholocation peut améliorer l'autonomie des personnes aveugles ou mal-voyantes dans leur vie quotidienne, ce qui offre d’intéressantes perspectives, quand on sait que l'écholocation peut être développée à partir de l'entrainement." (traduction le-saviez-vous.fr)
Le fait qu'il s'agisse d'une capacité que l'on peut entraîner, a été démontré en 2009, bien qu'elle fut étudiée depuis plusieurs années auparavant. L'équipe d'Antonio Martinez Rojas[3] montrait alors que n'importe qui, aveugle ou non, était capable d'apprendre à utiliser l'écholocation, partiellement : après une entrainement de deux semaines, deux heures par jour, nous pourrions être capable d'une reconnaissance simple, à savoir, déterminer grâce à l'écholocation si en face de nous, se trouve un gros objet ou si la voie est libre.

Pour en savoir plus : 
[1] Thaler L., Arnott S., Goodale M. (2011). Neural Correlates of Natural Human Echolocation in Early and Late Blind Echolocation Experts. PLOS One
[2] Desbrosses S. (2010). Latéralisation et dominance cérébrale. Online. Psychoweb.fr
[3] Rojas, J. A. M., Hermosilla, J. A., Montero, R. S., Espí, P.L.L. (2009). Physical Analysis of Several Organic Signals for Human Echolocation : Oral Vacuum Pulses. Acta Acustica united with Acustica, Volume 95, Number 2, March/April 2009 , pp. 325-330(6)
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Candiru : un poisson dans le caleçon

Le candiru est un petit poisson parasite extrêmement redouté, et pour cause : il peut s'introduire dans le pénis d'un homme pendant que celui-ci urine, pour se gaver de sang après l'avoir mordu!

C'est du moins, la mésaventure effroyable d'un jeune amazonien dont l'histoire a fait le tour du globe : ce jeune homme de 23 ans était en train d'uriner dans la rivière lorqu'un candiru de plus de 13 centimètres s'est introduit dans son urètre. Paniqué, il tenta en vain d'extraire le poisson, en se tordant de douleur. L'histoire est relatée par le chirurgien urologue, photos à l'appui, qui parvint à enlever l'intrus, quelques jours plus tard. Le folklore local regorge de légendes effroyables (probablement exagérées) sur le sort d'hommes dont les candirus ont pénétrés les orifices (vagin, anus, bouche....). Terrifiantes anecdotes qui prennent tout leur sens lorsque l'on connait les habitudes alimentaires du candiru, surnommé Poisson-Vampire du Brésil.

Des candirus accrochés aux branchies d'un hôte
On recense une douzaine d'espèce de candirus, dont les plus grands atteignent 40 cm. Ces poissons sont des parasites et des nécrophages. Pour parasiter un hôte, généralement un plus gros poisson, les candirus Vandellia cirrhosis surveillent les flux et les courants jusqu'à repérer une perturbation caractéristique des branchies : rejetant l'eau, les branchies des gros poissons sont assaillies par le candiru qui s'introduit dans ces orifices, mord et sectionne une artère, et se gave rapidement, en quelques minutes, du sang de sa victime. Candiru possède d'ailleurs des épines autours des opercules de sa tête, qui lui permettent de s'accrocher à son hôte. Une fois l'attaque perpétrée, le candiru retourne dans les profondeurs de l'Amazone, quasi invisible sur le fond marin, car il est presque translucide.

Mais ce n'est pas sa seule façon de se nourrir : chasseurs nocturnes, les candirus asu peuvent également dépecer un cadavre en quelques minutes, dans une frénésie sanguinaire rare : les poissons se jettent sur leur proie, taillent des trous dans la chair pour s'y introduire et manger littéralement la victime de l'intérieur, avec une violence qui n'a rien à envier à celle des célèbres piranhas. Les légendes locales veulent que des cadavres d'hommes, peut être vivants au moment des attaques, aient été retrouvé à moitié grignotés de l'intérieur, hébergeant près d'une centaine de ces carnassiers dans leur corps. Scientifiques et médecins légistes auraient ainsi déterminés que des proies vivantes pourraient tout à fait être l'objet de ces attaques. Si les candirus sont si redoutés qu'ils sont davantage craints que les piranhas, c'est peut-être avec de bonnes raisons! Toutefois, en ce qui concerne vos orifices, rassurez-vous : le biologiste marin Stephen Spotte, qui avait enquêté sur l'étrange cas de l'amazonien, rappelle que cette anecdote est aussi rare qu'insolite, puisqu'il s'agit du seul cas documenté jusqu'à présent.

Pour en savoir plus :
Desbrosses S., (2011). Le Poisson Parasite Candiru, Vampire du Brésil. NatureXtreme.
Samad, A. (1997). "Caso cliniquos Candiru dentro da uretra". Instituto de urologia. Manaus.
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Le yamagashi, venimeux et vénéneux

Le serpent Yamagashi ou Rhabdophis Tigrinus a trouvé une recette économe pour assurer sa défense face à ses prédateurs : il dévore des proies empoisonnées... et pique leur toxines pour les réutiliser à son profit. 

Ce serpent de l'est de l'Asie peut mesurer près d'un mètre, arborant une robe colorée et tigrée, et se logeant dans les lieux humides, tels que ruisseaux ou sous-bois. Il fait partie des opystoglyphes, des serpents dont les crochets, placés en arrière, servent principalement à injecter le venin à des proies déjà avalées à moitié. Il n'est que peu agressif envers l'homme bien que des cas sérieux et parfois mortels de morsures ont été décrits. C'est donc l'un des rares serpents à crochet arrière potentiellement dangereux pour l'homme. Mais là n'est pas la caractéristique qui le rend insolite.

Rhabdophis se nourrit de petits mammifères, de grenouilles ou de poissons, mais également de crapauds excrétant des toxines sur leur peau, pour se défendre. Non seulement Rhabdophis y est immunisé, mais en plus, il recycle le poison, le concentre dans des glandes de sa nuque et s'en sert pour sa propre défense.

En temps normal, lorsque le serpent est attaqué, il fait le mort ou bien s'enfuit. C'est d'ailleurs ce type de comportement qui prévaut dans les iles dépourvues de proies toxiques. Cependant, dans les endroits où il peut trouver des crapauds empoisonnés, Rhabdophis adopte un comportement défensif tout à fait inhabituel : il bombe la nuque et tourne le dos à l'assaillant (principalement des oiseaux comme des faucons), et les glandes de sa nuque libèrent alors le poison volé aux crapauds (des composés stéroïdes bufadiénolides) qui irrite sévèrement les muqueuses de l'attaquant. Les prédateurs ont donc appris à éviter toute confrontation lorsque ce système défensif est adopté. Le mécanisme d'absorption et de recyclage du poison est encore inconnu. Même si le vol de toxine n'est pas un cas unique (c'est un système adopté par exemple par certains oiseaux vénéneux, du genre pitohui), rhabdophis est jusqu'à présent la seule espèce connue qui combine à la fois les caractères venimeux et vénéneux*.

*Plus d'info sur les différences entre venimeux et vénéneux

Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). Rhabdophis Tigrinus, le voleur de venin. NatureXtreme
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L'étrange venin de l'araignée banane

La morsure de l'araignée banane provoque chez l'homme une érection si forte et longue qu'elle en est douloureuse!

La seule araignée qui donne la banane
Phoneutria nigriventer est l'une des espèces d'araignée les plus agressives que l'on connaisse. Elle appartient à la famille des Cnetidae, originaires du brésil, dont le genre phoneutria est considéré comme l'un des plus dangereux. On la trouve régulièrement dans les régimes de bananes, d'où son appellation d'araignée banane - qui n'a rien à voir avec l'effet de son venin.

Ce venin contient deux toxines particulièrement dangereuses : La première, PhTx3, est un neurotoxique extrêmement puissant, qui bloque les canaux à calcium et la libération de glutamate. Cet effet se traduit par une perte sévère du contrôle musculaire pouvant amener à l'asphyxie. En plus de la perte du contrôle musculaire, l'action sur des récepteur de sérotonine (5-HT4) au niveau de la morsure provoque une inflammation grave des nerfs sensitifs, augmente la libération de substance P connue pour son rôle dans le ressenti de la douleur. Le venin de Phoneutria nigriventer provoque donc une réaction très vive et douloureuse. L'araignée elle même apparait dans le Guiness book 2010 comme l'espèce d'araignée ayant le venin le plus puissant.

Une autre toxine composant ce venin, la Tx2-6 provoque de fortes et douloureuses érections par stimulation nerveuse, qui peuvent durer plusieurs heures. Tx2-6 augmente le taux d'acide nitrique à l'intérieur du pénis, provoquant des réactions physique-chimiques en chaine entrainant l'érection. La toxine est conséquemment étudiée actuellement dans l'espoir de synthétiser un traitement des troubles érectiles.

Une araignée très agressive! Img : Techuse
Bien qu'ayant l'un des venins les plus puissants, ce qui fait de Phoneutria nigriventer une espèce dangereuse, c'est surtout son comportement : durant le jour, elle se cache dans des abris sombres et frais, on la retrouve donc dans des maisons, des tas de bois, etc... cette particularité vaut d'ailleurs au genre Phoneutria le surnom d'araignées vagabondes. Elles sont seulement adaptées à la chasse de petits animaux (oiseaux, insectes, autres araignées...) mais du fait de leurs habitudes comportementales et de leur agressivité, les rencontres avec l'homme suivie de morsures ne sont pas rares. D'autres espèces comme la veuve noire (Latrodectus mactans), dont le venin est moins puissant et la capacité de mordre est moindre, ont néanmoins occasionnée davantage d'attaques et de morts, principalement parce qu'elles sont moins grosses (et donc moins faciles à détecter) et parce qu'elles sont largement plus étendues géographiquement dans des zones habitées.

En termes de capacités venimeuses, l'araignée-banane est trois fois plus dangereuse, cependant, que la veuve noire : une dose de 0,05 mg peut tuer un homme de 80 kg, tandis que le venin de veuve noire est mortel à partir de 0,16 mg.
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Les sens-dessous-dessous

La synesthésie est une condition neurologique particulière permettant au synesthète de goûter des formes, de voir des sons, ou encore d'entendre des couleurs... Si elle semble difficile à imaginer, elle touche pourtant une bonne proportion de la population. Les études de prévalence sont néanmoins contrastées, on s'accorde à considérer une proportion allant de environ 1 personne sur 2000, toutes formes confondues, jusqu'à 1 personne sur 100.
La Synesthésie est une condition neurologique dans laquelle la stimulation d'une modalité sensorielle provoque d'inhabituelles expériences dans une autre modalité sensorielle, non stimulée directement.[1]
L'hypothèse courante suggère qu'existe au sein du cerveau d'un synesthète des connexions surnuméraires habituellement détruites au cours du développement, qui permettraient, lorsque le synesthète fait l'expérience d'une sensation (par exemple visuelle) d'activer non seulement les zones cérébrales correspondantes à ces sensations, mais également, par propagation, des zones cérébrales correspondant à d'autres modalités sensorielles. Autrement dit, un synesthète visuo-tactile, par exemple, lorsqu'il perçoit un objet visuel en mouvement, entend littéralement ce mouvement. Les zones cérébrales correspondant à la perception sonore sont bel et bien activées par la perception visuelle.

Ce type de connexion ne parait pas si incohérent lorsque l'on sait que des gens ayant perdu l'usage d'un sens mobilisent les régions cérébrales consacrées habituellement à ce sens, à d'autres modalités sensorielles. Les aveugles, par exemple, qui lisent le braille, activent les régions cérébrales correspondant au toucher mais également celles correspondant à la vision et à la lecture.

Il existe de nombreux types de synesthésie, certaines concernant des sens primaires (connexions entre la vision et l'audition, le toucher et le goût...), d'autres concernant des associations plus abstraites (voir les lettres en couleurs, les chiffres ou les dates sous formes de configuration spatiale spécifiques). Parfois (c'est rare) il y'a connexions croisées : par exemple, entendre un son provoque une sensation visuelle et voir une forme ou un mouvement provoque une sensation sonore. L'une des synesthésie permettrait même d'associer des personnalités à des auras colorées (colérique-vert, intelligent-bleu, par exemple).

Bien que parfaitement incroyable pour le commun des mortels, cette condition neurologique et sensorielle n'en est pas moins réelle[2]. De nombreuses études scientifiques sur le phénomène établissent l'existence de ces perceptions multi-sensorielles à l'aide d'expériences validées telles que l'expérience de Stroop[3].


Pour en savoir plus :
[3] Desbrosses S. (2007). Test de stroop classique, théorie et passation. (online) www.psychoweb.fr
http://www.synesthesie.info. Site consacré à la synesthésie
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Oiseaux venimeux, toxiques, vénéneux

Certains oiseaux sont toxiques, et pas qu'un peu! Des membres du genre Pitohuis (le Pitohui bicolore, le Pitohui variable, le Pitohui huppé, le Pitohui châtain et le Pitohui noir) ainsi que l'Ifrita de Kowald, contiennent de l'homobatrachotoxine, dérivée de la batrachotoxine, l'un des poisons animal les plus violents, que l'on retrouve habituellement chez des coléoptères et des batraciens.

Venimeux, vénéneux, toxique?

L'une des caractéristiques d'un poison est sa toxicité. Un être vivant, qu'il soit venimeux ou vénéneux, constitue ainsi un organisme toxique - ou inoculant des molécules toxiques. La principale différence entre le caractère venimeux ou vénéneux est le mode d'inoculation : actif pour le venin (venimeux), passif pour la substance toxique (vénéneux). Ainsi, le mode d'inoculation d'un venin est relativement direct (morsure, piqûre) quand le mode d'inoculation d'une substance toxique (vénéneuse) est indirect (par ingestion, par contact ou par dépôt). Il existe certains cas limites, dont les oiseaux venimeux/vénéneux comme les pitohuis, ou le Varan du Komodo dont la salive contient des bactéries dangereuses.

Pour plus d'informations, consultez : Quelles différences entre venimeux et vénéneux, poison et toxine?

L'oiseau vénéneux

En acceptant de définir la nature toxique selon le mode d'inoculation, on considère les Pitohui et l'Ifrita de Kowald comme des animaux vénéneux : ils produisent de l'homobatrachotoxine, un poison très violent habituellement produit par des coléoptères, mais que l'on retrouve également chez des batraciens (sous une forme analogue, batrachotoxine) des familles Dendrobates (grenouilles sud-américaines, notamment Phyllobate terribilis), pourtant très éloignés, du point de vue phylogénétique.

La découverte de la toxicité des pitohuis est fortuite : John Phillip (surnommé Jack) Dumbacher, alors assistant conservateur au Département d'ornithologie à l'Académie des sciences de Californie, fut accidentellement griffé par un pitohui bicolore. Alors qu'il léchait sa blessure, il sentit des picotements et brûlures sur ces lèvres et sa langue, sensations qui durèrent plusieurs heures. Renouvelant volontairement l'expérience en portant à sa bouche une plume de pitohui, il en ressentit les mêmes effets plus fortement : selon son expression, c'est comme s'il mettait la langue sur une pile de 9 volts. Il fit alors part de son étrange découverte[1], qui constituait une première : aucun oiseau vénéneux n'était encore connu.

Le Pitohui bicolore et ses congénères habitent l'Australie, la Nouvelle Guinée et l'Indonésie. La sécrétion d'homobatrachotoxine provient probablement de leur régime alimentaire, incluant des coléoptères Chorezine dans lesquels on trouve la batrachotoxine. Cette neurotoxine, que l'on trouve également chez les grenouilles sud américaines de la famille des dendrobates est extrêmement puissante : 5 fois plus puissante que le curare, une dose de 100 microgrammes, l'équivalent de deux grain de sel, suffirait à tuer un homme de 68 kg. Il est probable que ce poison agisse très rapidement sur un prédateur qui tenterait de le happer. Ces prédateurs sont d'ailleurs peu nombreux, y compris chez les hommes indigènes, qui considèrent que l'oiseau ne doit pas être mangé sans être spécialement préparé. Il semble même que cette technique chimique défensive soit si efficace que certains oiseaux lui ressemblant, imitent son cri afin de passer pour un pitohui vénéneux et éviter la prédation!

La vidéo suivante montre une interview de Jack Dumbacher, narrant sa découverte, et des photos de pitohui.


Pour en savoir plus :
[1] Dumbacher J-P., Beehler B. M., Spande T. F., Garraffo H. M. et Daly, J. W. (1992). "Homobatrachotoxin in the genus Pitohui: chemical defense in birds?". Science magazine, vol. 258, no 5083, 30 octobre 1992, p. 799-801. (Pdf)
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L'hyperthermie et l'étouffement comme arme défensive des abeilles

Face à l'invasion de leurs prédateurs, les frelons asiatiques, des abeilles ont développés des stratégies de défenses surprenantes, basées sur la force du nombre.

Le frelon asiatique (Vespa Velutina), récemment importé en France, cause de nombreux dégâts dans les colonies d'abeilles, s'attaquant aux butineuses et aux couvains et affaiblissant la ruche à tel point qu'un nombre restreint de frelons (une demi-douzaine) peut suffire à condamner une colonie[1]. Ces frelons sont originaires d'Asie, où leur proies leur réservent des surprises.

Pour se défendre, les abeilles asiatiques (Apis Cerana) ont développée une technique de combat de masse réchauffant l'assaillant jusqu'à le tuer par hyperthermie : les ouvrières s'accrochent au frelon et s'agglutinent en véritable boule vivante autour de lui, puis réchauffent l'intérieur de la boule en battant des ailes, au point que la température centrale s'élève à plus de 45°C à 47°C (technique appelée thermo-balling). Or la température létale du frelon se situant vers 45°C (plus ou moins 1°C), celui-ci succombe à peu près 5 minutes après le début de l'attaque. La température létale des abeilles étant de 48°C à 50°C, celles-ci sont peu affectées par la chaleur : néanmoins, les ouvrières dépensent leur énergie à la défense plutôt qu'à leur travail habituel (entretien des larves, collecte de ressources), la ruche s'en trouve donc tout de même perturbée.

La vidéo suivante montre les techniques d'attaques du frelon asiatique, ainsi que le thermo-balling (y compris à la caméra infrarouge) des abeilles en réponse à l'assaillant.



En France, le frelon asiatique (variété nigrithorax) a vraisemblablement été importé dans l'année 2004, les abeilles françaises, ignorantes de la technique de thermo-balling, sont décimées et les apiculteurs sont désormais conscients que l'invasion des frelons asiatiques ne peut être stoppée. Leur comportement de prédation est plus intense que celui du frelon européen (Vespa crabo) à la fois dans le temps de la journée et dans les périodes de l'année.

Pourtant, d'autres stratégies de défense pourraient se développer en parallèle : l'abeille chypriote (Apis mellifera cypria), a perfectionné ses techniques pour parer à l'invasion de frelon orientaux (Vespa orientalis), dont la température létale s'élève elle aussi à 50°C, rendant la technique d'hyperthermie inefficace[2]. L'arme de l'abeille, encore basée sur le nombre, consiste à étouffer l'assaillant en lui soumettant une pression importante et en visant ses organes respiratoires (Asphyxia-balling).

Pour peu qu'un frelon tente d'attaquer la ruche, 150 à 300 ouvrières fondent sur lui pour l'entourer et le bloquer, empêchant ainsi les mouvements respiratoires abdominaux, et bouchant les orifices d'entrée et de sortie d'air. Un nombre plus restreint d'abeille suffit toutefois à faire suffoquer le prédateur, ainsi que le montre la vidéo suivante.




Pour en savoir plus :
[1] Villemant C. & Haxaire J. 2007. "Le Frelon asiatique (Vespa velutina)". In Muséum national d'Histoire naturelle [Ed]. 2004. Inventaire national du Patrimoine naturel.
[2] Papachristoforou A., Rortais A., Zafeiridou G., Theophilidis G., Garnery L., Thrasyvoulou A. et Arnold G. (2007). "Smothered to death: hornets asphyxiated by honeybees". Current Biology, 18 septembre 2007.
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Wonderboom, l'arbre sacré

A quelques kilomètres au nord de Prétoria, Afrique du sud, vit (ou plutôt vivent!) un ficus géant sous la forme de treize troncs individuels distincts mais néanmoins semblables. Tous sont issus d'un même arbre-mère ou des arbres-filles constituant sa descendance.

Wonderboom, l'arbre sacréWonderboom, littéralement "L'arbre miracle", est né il y'a probablement un peu plus d'un millénaire. A l'origine il n'était qu'un seul tronc plein de vitalité, aux longues branches s'échappant de leur centre pour capter un maximum de lumière, jusqu'à parfois, toucher le sol. Certaines de ces branches qui touchaient terre ont alors pris une existence propre en s'enracinant dans le sol, donnant ainsi naissance à de nouveaux troncs autour l'arbre-mère central.

Cette seconde génération est même parvenue, pour trois d'entre ses troncs recrées à partir de branches tombantes, à donner naissance selon le même principe à une troisième génération, chacune des générations s'étendant autour de la précédente. Le résultat : 13 troncs représentant 3 générations, s'étalant sur près de 50m², qui pourraient offrir de l'ombre à 1000 personnes.

Ce mode de reproduction n'est pas unique, d'autres ficus, y compris les Ficus Salicifolia dont Wonderboom est un représentant, peuvent donner naissance à des homologues, créant ainsi par cercles concentriques autour de l'arbre premier, de véritables bosquets d'espèce unique.

Néanmoins, Wonderboom a ceci de particulier qu'il s'élève à plus de 23 mètres de haut, tandis que les autres Ficus Salicifolia atteignent généralement 9 mètres tout au plus. Sa taille imposante et son aspect particulier en ont fait un point de visite régulier et sacré pour les Voortrekkers, des immigrants allemands des années 1830. La façon dont Wonderboom s'est étendu circulairement représente également un phénomène rare pour des arbres de cette ampleur.

Wonderboom est situé au pied des montagnes Magaliesbergue, à l'intérieur de la Wonderboom Natural Reserve, de plus d'un km², qui comprend également d'autres sites intéressants : un site datant de l'âge de pierre ayant offert de nombreuses traces et outils de la technique représentative de cette époque, un autre site portant les marques d'un âge de fer. La réserve est également connue pour abriter et constituer un lieu de reproduction des aigles noirs.

Image : Boris Gelorik
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Les siphonophores, Les plus grands animaux du monde?

Les siphonophores représentent un ordre d'animaux marins de Cnidaires tout à fait particulier : un siphonophore est composé de nombreux éléments (zooids) ressemblant à des méduses, collées l'une à l'autre et chacune spécialisée dans des taches bien précises, à tel point que ces zooids, non seulement coopèrent et forment un super organisme à l'organisation complexe, mais sont également interdépendants, et ne peuvent survivre seuls!

Certains siphonophores atteignent 40 mètres de long. Ils vivent généralement en eaux chaudes profondes, bien qu'une espèce connue, les Galères Portugaises ou Physalia Physalys, évolue en surface. Souvent venimeux grâce à leur nématocystes, ils se présentent sous la forme habituelle d'une longue chaîne de zooids (de type polype comme les anémones de mer, ou médusoïde comme les méduses), chacun ayant place, morphologie et fonction précises. Un siphonophore est en quelque sorte à la frontière entre la colonie clonale, tel que Pando ou Armillia Ostoyae, et l'organisme multicellulaire complexe, tel que vous et moi.

Certains zooids sont bio-luminescents et attirent les proies comme de petits poissons, dans les tentacules urticantes d'autres zooids (de type médusoïde). D'autres encore, ne pouvant manger, amènent les proies mortes à ceux qui peuvent manger et digérer (zooids de type polypes), qui vont nourrir toute la colonie. Tout ce petit monde a besoin de zooids pouvant se servir des courants ou de la marée pour se déplacer et entrainer la colonie.

Les zooids ne se sont pas trouvés pour former un organisme complexe : ils sont nés d'un unique zooid originel, fécondé, et ont "poussé" de chaque côté, s'accaparant un rôle dans l'organisation, avec une précision telle que chaque siphonophore d'une même espèce arbore les mêmes zooids aux mêmes endroits de la chaîne.

L'analogie est tentante : comparer les zooids aux cellules de notre propre organisme. Celles-ci sont également, pour la plupart, spécialisées, interdépendantes, ont un rôle, une place et une fonction précise, l'ensemble de l'organisme naissant de l'organisation de cette multitude d'individus cellulaires. Alors, doit-on considérer le siphonophore comme un animal unique et complexe, ou comme une somme d'individus? Si on le considère comme un individu unique, alors il s'agit d'un prétendant sérieux au titre de plus grand animal de la planète, à l'instar de la méduse à crinière de lion ou du ver Lineus Longissimus!

Pour en savoir plus :
NatureXtreme : Les siphonophores, super-organismes individuels ou colonies clonales organisées?
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Elysia Chlorotica : l'animal qui fonctionne à l'énergie solaire

Elysia Chlorotica est une limace de mer qui peut réaliser la photosynthèse, et ainsi bénéficier de ses produits (sucres et autres nutriments) à tel point qu'elle n'a plus besoin de se nourrir!

On la trouve sur la côte Est de l'Amérique du Nord. Adulte, elle ressemble à une feuille verte de 2 à 3 cm de long, avec deux parapodes (des "bords" en forme de feuilles) pouvant se replier pour la protéger. Dans sa forme juvénile, elle arbore une couleur brune avec de nombreux petits points rouges. Son régime alimentaire se constitue alors d'algues Vaucheria litorea dont elle va tirer des chloroplastes (les éléments verts réalisant la photosynthèse chez les plantes), qu'elle va ensuite intégrer à ses propres cellules. Son vaste système digestif se colore ainsi du fait de la présence des chloroplastes, donnant une vive couleur verte à l'élysie, surnommée de par cette caractéristique, "élysie émeraude".

Malheureusement, l'ADN des chloroplastes ne contient les gènes ne correspondant qu'à environ 10% des protéines permettant à ceux-ci de réaliser correctement la photosynthèse. Aussi, Elysia Chlorotica a développé un moyen peu scrupuleux de parvenir à ces fins : elle "vole" littéralement des gènes de l'algue, qui elle, possède tout ce qu'il faut pour contenter les chloroplastes, et les intègre à son propre génome! Ce phénomène particulier de transfert horizontal de gène est nommé Kleptoplastie.

Une fois acquise sa capacité à réaliser la photosynthèse, Elysia Chlorotica peut dès lors vivre sans se nourrir (bien qu'elle continue à le faire tant qu'elle le peut). Il lui suffit d'un peu de lumière et de sa propre respiration pour que les chloroplastes la fournissent en nutriments. Elle peut alors survivre 8 mois (et probablement jusqu'à sa mort naturelle, son espérance de vie moyenne se situant à un an) sans nourriture... Elle perd néanmoins un peu de sa couleur mais les chloroplastes restent intacts et fonctionnels.

Elysia possède d'autres capacités intéressantes : elle est capable de parthénogenèse, c'est-à-dire, capable de se reproduire seule. Elle possèdent à la fois le sperme et les oeufs qui lui permettent une descendance (on parle d'hermaphrodisme simultané). Toutefois, ce mode de reproduction n'est pas bénéfique pour l'espèce, aussi les élysies émeraude ont autant que faire se peut, recours à la fécondation croisée (2 individus au patrimoine génétique différent).

D'autres espèces peuvent posséder cette capacité de photosynthèse, notamment parmi ces cousines appartenant à la classe des sacoglossae. Le vol de gène n'est pas non plus inconnu (voir Spoutnik, le virus à virus), toutefois, l'échange de gènes entre espèce rend généralement le gène inopérant, ce en quoi l'élysie émeraude se démarque.

Elysia Chlorotica a tout compris du rêve écologique : manger des plantes et devenir soi-même un animal à énergie solaire!


Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). "Transfert horizontal de gènes et acquisition de chloroplastes chez Elysia Chlorotica". (online) NatureXtreme.
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Spoutnik, le virus à virus

Le mode habituel d'un virus consiste à accéder à une cellule (et à son matériel génétique) afin de parasiter sa machinerie pour se reproduire. Les virus sont largement commentés et décrits dans les médias, comme des sources nuisibles pour l'homme et les animaux, parfois les plantes. mais il existe virtuellement des virus pour chaque espèce, dont les plus petites, les organismes unicellulaires. Un virus s'attaquant à une bactérie est ainsi nommé bactériophage. On soupçonne depuis longtemps le virus d'être un vecteur d'évolution, puisqu'il achemine son propre matériel génétique à l'intérieur de celui de son hôte.

Ce que l'on ne savait pas jusqu'en 2008, c'est que des virus sont même capables d'infecter d'autres virus : c'est le cas de Spoutnik, décrit par Didier Raoult et son équipe, un petit virus constituant une entité nouvelle à part entière, alors nommée virophage. Spoutnik infecte de gros virus tel que Mimivirus et Mamavirus, jusqu'alors les plus gros virus connus. Eux même infectent l'amibe Acanthamoeba castellanii.

Spoutnik doit son nom à la première idée que l'on s'en faisait : on le croyait un satellite composé de fragments d'acides nucléiques, que l'on trouve fréquemment associés aux virus. des observations plus précises montrèrent cependant qu'il s'agissait d'un virus à part entière, d'une nouvelle famille encore inconnue. Spoutnik est incapable de se multiplier seul dans une cellule : il doit infecter un plus gros virus, lui même infectant une cellule, et parasite donc la le code ADN d'un virus parasitant lui même la machinerie cellulaire en vue de sa reproduction.

Spoutnik occasionne quelques dégâts à son hôte, Mimivirus, diminuant le nombre de ses reproductions et en altérant la qualité. On retrouve même parfois plusieurs exemplaires de Spoutnik dans une capside vide de Mimivirus.
L'analyse du génome du virophage montre qu'il échange des gènes avec Mimivirus mais qu'il a aussi importé des gènes de virus d'autres domaines de la vie. Les chercheurs ont en effet découvert chez Spoutnick une composition génique toute particulière : des gènes de Mimivirus, un gène de virus d'archée et deux gènes proches de ceux des bactériophages. L'analyse du génome du virophage a été réalisée en collaboration avec des chercheurs français et américains. -- Communiqué du CNRS
Cette extraordinaire composition est importante à plus d'un titre : d'une part, Spoutnik, sa composition et son fonctionnement sont des exemples très intéressants du phénomène de transfert horizontal de gène, permettant à des organismes différents "d'échanger leur gènes", et par exemple, d'acquérir des immunités et des résistances, ou de nouvelles capacités, par simple contact (et maintenant, par parasitage). D'autre part, Il est le premier exemple connu de ce transfert horizontal de gène, à l'échelle du virus lui même. Il suggère donc que ce mécanisme est un facteur d'évolution virale qui pourrait révéler une grande importance dans l'étude du développement des virus.

Pour en savoir plus :
Spoutnik, Virophage, sur NatureXtreme
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Les imitations de la pieuvre mimétique

Découverte en 1998, la Pieuvre mimétique (Thaumoctopus Mimicus) est un céphalopode tout à fait particulier : capable comme nombre de ses consœurs, de modifier sa couleur et sa texture, elle est également capable d'imiter de nombreuses espèces, et le fait effectivement avec une singulière perspicacité.

Pouvant atteindre plus de 60 centimètres, elle présente une apparence propre composée de bandes ou de taches brunes et blanches. On la retrouve dans les eaux tropicales des océans d'Asie du Sud-Est, principalement dans les estuaires de Malaisie et d'Indonésie.

Probablement dotée d'une flexibilité exceptionnelle, à l'instar d'autres espèces de poulpe et de pieuvres, la pieuvre mimétique peut adopter non seulement la forme, mais également le comportement de plus de quinze espèces. L'observation de cette capacité de mimétisme indique une forme rare d'adaptation, et l'utilisation étonnamment perspicace du camouflage et du polymorphisme : la pieuvre mimétique peut jouer de ses dons pour prendre l'apparence d'un prédateur afin d'assurer sa survie, ou d'une proie pour assurer sa nutrition. Forme et couleur sont ainsi modifiées pour s'adapter à la faune locale.

Par exemple, si des demoiselles rôdent dans son secteur ou tentent de l'attaquer, la pieuvre mimétique enfouie 6 tentacules sous le sable, prend la couleur jaune et noire du serpent à tête noire (un prédateur des demoiselles) et ondule les deux tentacules restantes dans deux sens opposés. Elle imite alors un prédateur de ses assaillants afin de les faire fuir et d'assurer sa tranquillité. Elle peut également prendre l'apparence d'une espèce non attaquée par des prédateurs plus volumineux (requins, barracuda), comme une espèce aux propriétés toxiques.

Cet incroyable métamorphose peut également servir à assurer sa ration : en imitant un crabe, elle passe relativement inaperçue en face d'espèces qui normalement, fuiraient devant une pieuvre.

Quelques exemples d'imitation (tiré de Wikipédia) :
Sole : elle est capable d'imiter une sole en rassemblant et en étirant ses bras pour obtenir une forme foliacée, et en augmentant sa vitesse en utilisant une propulsion semblable à celle de la sole, tout en faisant onduler ses bras.
Rascasse volante : en écartant ses bras et en les laissant à la traîne, elle peut simuler les longues nageoires de la rascasse volante, réputée pour son épine toxique.
Anémone de mer : en rassemblant ses bras au-dessus de sa tête, chacun plié en zigzag, elle imite les tentacules d'une anémone de mer se nourrissant de poissons.
Méduses : elle imite une grande méduse en nageant lentement à la surface et en s'enfonçant la tête entre ses bras répartis uniformément autour de son corps.
Serpents de mer : la pieuvre devient noire et jaune, ensevelit six de ses huit bras dans un terrier, et agite ses deux autres bras en les faisant onduler dans des directions opposées.
Poissons-grenouilles : la pieuvre se camoufle en changeant de couleur et de texture, puis elle rassemble six de ses huit bras sous son corps et utilise les deux derniers pour imiter les nageoires dont les poissons-grenouilles se servent pour marcher sur le fond.
Crevettes mantes : la pieuvre ne laisse apparaître que ses yeux lorsqu'elle est dans un terrier, tout comme les crevettes mantes.
Ophiures : la pieuvre s'étale sur le sol en écartant ses bras, tout en les étirant et en les faisant onduler.
Étoile de mer : la pieuvre s'étale sur le sol en écartant ses bras, tout en les rétractant afin de faire apparaître une membrane le long de chaque bras, ensuite les bras sont recroquevillés.
Murène : la pieuvre ensevelit sept de ses huit bras dans un terrier et agite son huitième bras avec sa membrane déployée.
Photos et présentation complète de la pieuvre mimétique :
La pieuvre mimétique : imitations comportementales et camouflage. Nature Extrème
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Cymothoa Exigua, langue de poisson

L'étonnant organisme parasitaire Cymothoa Exigua, un crustacé, s'infiltre sur la langue de poisson via les branchies pour la parasiter jusqu'à la remplacer!

La taille ordinaire du parasite dans sa forme adulte est de l'ordre de 3 à 4 centimètres. Dans sa forme larvaire, il se fixe à la base de la langue du Vivaneau Rose (Lutjanus Guttatus) après avoir atteint sa bouche via les branchies du poisson. Il extrait alors du sang de la langue avec ses griffes de devant, de telle sorte que par manque de sang, cette langue s'atrophie. Néanmoins, Cymothoa fixe son propre corps sur la base de la langue atrophiée. Le poisson peut ainsi se servir du parasite comme une langue de remplacement. Dès lors, si le parasite peut encore ponctionner le sang de son hôte, ses apports principaux en nourriture proviennent du mucus produit par le poisson. Les aliments ingérés par le Vivaneau semblent ne pas intéresser davantage le parasite. Cymothoa remplace alors fonctionnellement l'organe qu'il a détruit, et le poisson autant que son hôte peuvent alors vivre en symbiose.

Ce cas de parasitage jusqu'au remplacement, complet et fonctionnellement similaire, d'un organe constitue un cas unique. Cymothea n'est pas dangereuse pour l'homme et ne peut le parasiter (mais elle peut éventuellement le mordre!). Familière des eaux côtières de la Californie, elle pourrait s'être étendue dans d'autres régions : un cas, peut être accidentel, est répertorié en Grande Bretagne en 2005, dans un poisson promis au supermarché jusqu'à la découverte de son étrange appendice buccal.

D'autres espèces de Cymothoa parasitent la cavité buccale de poisson : c'est par exemple le cas de Cymothoa Spinipalpa que l'on retrouve dans des Atlantic bumper, Chloroscombrus chrysurus (comme le Vivaneau, un poisson perciforme) et le LeatherJacket Fish (Oligoplites Saurus).
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L'organisme vivant le plus résistant à la chaleur

Le Ver de Pompéi (Alvinella pompejana) se rencontre exclusivement dans les cheminées hydrothermales du Pacifique, vers 2500 mètres de profondeur. Il doit son nom à la ville romaine de Pompéi, détruite en l'an 79 par l'éruption du Vésuve : en effet, le Ver de Pompéi vit sur les parois de cheminées actives (mont hydrothermaux), à une température relativement élevée et sous une pluie de cendres. Ce ver supporterait une température allant jusqu'à 80°C, ce qui en fait l'animal eucaryote (multicellulaire) le plus thermorésistant.

Certaines bactéries cependant, sont encore plus résistantes à la chaleur (thermophile ou thermorésistantes). Parmi celles-ci, certaines bactéries sont dites "hyperthermophiles" si elles se développent de manière optimale et se reproduisent entre 80 et 110°C. C'est le cas de plusieurs bactéries du genre Archea, comme, par exemple, Pyrolobus Fumarii, qui nécessite une température au moins égale à 90° pour croître, et peut se développer jusqu'à 113°C. Deux autres bactéries connues seraient capables de survivre à des températures encore plus hautes : 121°C pour Strain 121, qui supporte même jusqu'à 130° (pendant 2 heures, mais elle n'est plus capable de se reproduire à cette température). Le record revient pour le moment à Methanopyrus Kandleri (strain 116), dont le métabolisme est encore opérant à 122°C.

Il est possible, dans les conditions explorées, qu'une bactérie puisse vivre vers 150°C, bien que l'on n'en ai pas encore trouvé. Au delà, les risques de dégradation ou de rupture de l'ADN sont trop élevés, vraisemblablement, pour permettre la cohésion du contenu cellulaire, une reproduction et un développement correct.
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Le plus gros lézard, le Varan du Komodo

Affichant une longueur moyenne de 2 à 3 mètres pour un poids de 70 kg, le Varan du Komodo (Varanus komodoensis), qui doit son nom à l'une des îles constituant sa niche écologique, est le plus gros lézard de la Terre.

Découverts officiellement en 1910 (mais déjà connus auparavant), leur grande taille et leur aspect effrayant les a rendu très populaires. Le plus grand spécimen connu mesurait 3,13 mètres pour 166 kg (aliments non digérés compris). La moitié de cette longueur correspond à la queue de l'animal.

Le Varan doit son surnom de Dragon du Komodo par ses caractéristiques autant que par son comportement : une langue jaune et une salive rouge de sang, due à l'abrasion de tissus gingivaux qui recouvrent presque entièrement ses 60 dents allant jusqu'à 2,5cm. Il peut grimper aux arbres lorsqu'il est jeune, peut nager et plonger jusqu'à 4,5 mètres, et peut éventuellement se lever surs ses pattes arrières, se servant de sa queue comme balancier, et adoptant une posture tout à fait impressionnante.

C'est un chasseur carnivore principalement diurne, qui cherche généralement les charognes grâce à son odorat bien développé. Il peut néanmoins s'attaquer à des proies vivantes : oiseaux, mammifères... On aurait même vu des varans du Komodo assommer des cerfs ou des porcs d'un coup de queue, tandis que des groupes de varans pourraient s'attaquer à des proies de la taille d'un cerf. En raison de la lenteur de leur métabolisme, 12 gros repas par an, comme par exemple une chèvre, suffiraient à les maintenir en vie.

En plus de ses longues griffes recourbées, de sa queue puissante et de sa gueule, le Varan du Komodo, comme d'autres espèces de varan, possède des armes à plus longue échéance : un venin léger provoquant des œdèmes, des douleurs et des perturbations de la coagulation, mais également de nombreuses bactéries vivant en symbiose dans sa gueule, grâce notamment au véritable bouillon qu'offre son sang, lesquelles peuvent provoquer chez un animal mordu, la mort par septicémie au bout de plusieurs jours.

Le Varan du Komodo possède un autre particularité intéressante, la parthénogénèse : une femelle seule dans une niche écologique peut donner naissance à des individus de patrimoine génétique semblable. Bien que ce mode de reproduction soit à long terme délétère pour l'espèce, cela permet néanmoins à la femelle d'assurer une descendance et la perpétuation de l'espèce, alors qu'elle est seule.

Une autre espèce de Varan, Megalania Prisca, éteinte il y'a 40 000 ans dans un secteur proche, l'Australie, ressemblait probablement au Dragon du Komodo et mesurait de 6 à 8 mètres. Le biologiste Tim Flannery a suggéré que le Dragon du Komodo, espèce en voie d'extinction, puisse reprendre la place du Megalania dans la chaine alimentaire en Australie, en prenant des précautions toutefois : le Varan n'est pas agressif envers les humains, dont il peut même reconnaitre certains (comme leurs gardiens), mais peut aussi les attaquer, bien que ce comportement soit rare.
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Marcher au plafond à la mode Gecko

Les setæ (pluriels de Seta) sont des poils microscopiques offrant une adhérence très élevée sur de nombreux supports. A base de kératine et en nombre impressionnant (plusieurs milliers par mm²), ces poils ultra fins (0,2 à 0,5 μm) établissent des interactions électriques faibles (Forces de Van der Waals) à l'échelle moléculaire avec le support. qui "accrochent" littéralement l'ensemble. Un simple changement d'orientation des poils suffit à les faire décoller du support.

Cette étonnante particularité que l'on retrouve chez la plupart des Geckos (Gekkonidae) leur permet de grimper à la verticale quasiment sur n'importe quel support. La force d'adhérence générée par les interactions des setæ et du support permet même aux geckos de "marcher" au plafond, corps en bas.

Les geckos ne sont pas seuls à présenter de tels instruments : les vers de terre en possèdent qui leur facilitent la reptation ; les petites crevettes Krill en possèdent également au bout des pattes, ce qui leur permet de collecter plus facilement le phytoplancton des mers.
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Poissons antigels

Une cinquantaine d'espèces de poissons perciformes, appartenant à la famille animale des Nototheniidae, ont une particularité qui les rends relativement résistants au froid : leur sang présente tout simplement de l'antigel, sous la forme de protéines et glycoprotéines qui enrobent les cristaux de glace dès que ceux-ci se forment à l'intérieur du système sanguin. La structure conformationnelle de ces protéines antigels les autorise à s'accrocher très rapidement aux cristaux de glace naissants, les empêchant ainsi de grandir.

Par ailleurs, ces poissons seraient capables d'excréter ces cristaux, une fois emprisonnés. Enfin, leur système enzymatique est adapté aux rudes conditions de leurs différentes niches écologiques. Bien que ne possédant pas de vessie natatoire (emplie de gaz, permettant de réguler leur flottaison, notamment), ils ont développé d'autres moyens de régulation, tels qu'une déminéralisation des os ou l'augmentation de la proportion de tissus adipeux. Ces caractéristiques leur permettent d'occuper des niches écologiques tant au fond de la mer qu'à des profondeurs moins élevées.

Ces poissons vivent majoritairement sur les bords de l'Océan Antarctique et l'extrême sud des océans, mais remontent parfois en direction de l'équateur en suivant les courants froids.
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