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L'obsolescence programmée ou l'art de faire payer plus souvent

L'obsolescence programmée est à la fois une technique de production et un principe économique, né(e) dans les années 1920, dont les consommateurs sont généralement outrés : Aussi appelée désuétude planifiée, elle consiste à produire un objet en s'arrangeant pour que celui-ci ne dure qu'une temps limité, afin que le consommateur soit amené à payer plus rapidement son remplacement ou un nouvel objet.

L'art de faire tomber plus de billets
L'obsolescence programmée consiste ainsi à fabriquer un objet en prévoyant une date moyenne de fin, et en s'arrangeant pour limiter la durée de vie de l'objet par les techniques de fabrication, l'effet de mode, la réalisation structurelle qui s'y prête, ou grâce à des composants dont la durée de vie a elle même été soumise à un principe d'obsolescence programmée, ou encore qui ont à la base une durée de vie correspondant à l'objectif de fabrication fixé.

Le premier cas supposé d'obsolescence programmée a visé les lampes à incandescence en 1924. Un cartel de fabricants d'ampoules créé pour l'occasion s'est accordé sur le passage volontaire de la durée de vie des ampoules classiquement vendues jusqu'alors.

Le principe suit un but simple : faire payer davantage (pas forcément directement) et surtout plus fréquemment le consommateur en lui soumettant un produit qui ne durera qu'un temps limité et qu'il devra remplacer régulièrement... Ainsi, les lampes à incandescence ont été le premier type d'objets soumis à cette nouvelle et désagréable loi de fabrication, en 1924, lorsqu'un cartel (le Cartel de Phoebus) se forme. Ce cartel se composait des grands fabricants de lampes de l'époque, qui, constatant que la durée des ampoules s'accroissait (en moyenne 2500 heures en 1924), prirent la décision de limiter leur longévité. Il se dotèrent même pour s'assurer que l'accord était respecté, d'une charte et d'un office chargé de surveiller que les lampes du conglomérat n'excédaient pas un plafond établit à 1000 heures de fonctionnement. Dès 1930, la plupart des fabricants s'étaient alors alignés sur la production d'ampoules de durée de vie moyenne correspondant à cet objectif. Scandaleux, n'est-ce pas? D'autant plus scandaleux qu'il s'agirait désormais d'une pratique courante, de l'automobile à l'électroménager, en passant bien entendu par l'informatique... 

Par exemple, les batteries de 1ère, 2nde et 3ème génération de l'Ipod étaient prévues pour durer 18 mois. Passé ce délai et lorsque la panne survenait, le service technique d'Apple invitait alors le consommateur à renouveler son appareil plutôt qu'à remplacer sa batterie (la firme ne proposait d'ailleurs pas de batterie de remplacement). Il a fallu attendre un recours collectif intenté par Elizabeth Pritsker pour qu'Apple décide enfin de se munir d'un service de remplacement des batteries. L'autre exemple des bas-nylon des années 1940, produits par DuPont, pointe l'une des raisons de l'utilisation de cette stratégie : les bas étaient si résistants que les ventes se sont effondrées après quelques années. L'entreprise a donc confectionné des bas moins résistants, qui se filaient davantage, en les rendant moins résistant aux UV...

On note ainsi de nombreuses méthodes permettant d'altérer la durée de vie d'un produit fabriqué, pour des buts parfois différents (certains assez mesquins, comme maximiser le profit, d'autres plus neutres, comme maintenir l'activité, ou même des buts relativement philanthropiques, comme forcer le consommateur à racheter un produit moins polluant lorsque celui-ci sera disponible). Parmi ces méthodes :
  • Obsolescence technique ou fonctionnelle : lorsqu'une pièce est défectueuse, l'ensemble du produit ne fonctionne plus. Or, si le prix de remplacement (y compris transport et main d'oeuvre) est trop élevé ou à peu près équivalent au prix du neuf, le consommateur aura alors tendance à acheter un nouveau produit. Cette technique est très peu écologique (beaucoup de déchets...). Remplacer le métal par du plastique, plus fragile, en est un exemple. Refuser le remplacement des pièces est également un moyen parfois utilisé. Changer le format de logiciels (comme les nouveau format audio ou vidéos) en est un autre exemple.
  • Obsolescence par péremption : généralement, les dates de péremption indiquent la date limite d'utilisation optimale (DLUO) et non la date limite de consommation (DLC). Le dépassement de la DLUO peut affecter le goût de denrées alimentaires, par exemple, mais celles-ci ne présentent pas de risques. Seules la DLC indique quand il est recommandé, faute de risque pour la santé, de jeter les produits concernés.
  • Obsolescence indirecte : bien que fonctionnant encore, certains produits deviennent obsolètes du fait que les produits associés ne sont plus commercialisés (comme les batteries ou les chargeurs de téléphones portables). Le contrôle des brevets par les industriels leur permet d'arrêter la production de pièces de remplacement en s'assurant que personne ne pourra les reproduire, incitant alors le consommateur à essayer (et acheter) les produits plus récents. Certains vont même jusqu'à remplacer un ancien produit pendant plusieurs années, et une fois qu'il a disparu, tentent de le remettre au goût du jour (exemple des lecteurs vinyles).
  • Obsolescence par incompatibilité, souvent remarquée en informatique, et consistant à rendre inopérants les anciens produits (A) ayant besoin d'autres produits (B) pour fonctionner. Il suffit de s'arranger pour que B ne supporte pas les produits A (plus de compatibilité) afin que l'achat de B, ou même seulement sa mise à jour (parfois "gratuite") force le consommateur à renouveler son parc de produits A...
  • Obsolescence par publicité : c'est le domaine des modes et des tendances offertes par les publicitaires, que l'on retrouve dans l'exemple de General Motors dès les années 30, usant de la publicité pour démoder les anciennes automobiles afin de pousser le consommateurs à en changer régulièrement. Les primes de rachat participent également de ce phénomène en incitant le consommateur à changer un produit qui fonctionne pourtant encore!
L'obsolescence programmée est encore sujette à débat quant à son existence réelle et grandement partagée au sein des fabricants de toute sorte, pour de nombreuses raisons : tous les produits ne s'y prêtent pas forcément, ces sujets sont également (et on le comprend) incroyablement tabous dans les firmes suspectées d'établir une désuétude planifiée de leurs produits, et plusieurs auteurs estiment voir dans le concept d'obsolescence programmée, une vaste théorie complotiste ne décrivant que très incorrectement la réalité. Néanmoins, les exemples et les suspects sont légions, et de nombreux auteurs indépendants (commissions d'enquête, journalistes, associations de consommateurs) confirment et dénoncent le phénomène plus fréquemment depuis quelques années.

Toutefois, nous vous invitons bien sûr à prendre cet article avec toute la réserve et la prudence qui s'impose!

Pour en savoir plus :
Slade, G., (2006). "Made to Break : Technology and Obsolescence in America", Harvard University Press, 2006
L'obsolescence programmée, mythe ou réalité? Ecologie.tv
Wikipédia : Plannified obsolescence.
Documentaire TV Arte : Prêt à jeter : l'obsolescence programmée (youtube). Louable en VOD.
Un contre-avis intéressant : Le mythe de l'obsolescence programmée, Econoclaste.org.free.fr
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Pourquoi le prix Nobel met-il si longtemps à être décerné?

Il fut un temps où les prix Nobel ne mettaient que quelques années à être décernés... puis le délai s'est allongé à tel point que maintenant, il n'est pas rare que s'écoulent quelques dizaines d'années avant que des travaux, généralement l'ensemble d'une carrière consacrée à la recherche et à la science, se voient récompensés par le prestigieux Prix Nobel.

Bien qu'officiellement, le rapport ne soit pas établi, on doit vraisemblablement l'accès de prudence de la Commission de Stockholm, à certains Nobels particuliers ayant fait coulé beaucoup d'encre. C'est le cas du Prix Nobel de Physiologie-médecine de 1927, décerné à Julius Wagner-Jauregg.

Alors qu'il étudiait en 1917 plusieurs cas de démences neurosyphilitiques entrainant notamment une paralysie, il se rendit compte que la fièvre de certains patients améliorait leur mobilité, luttant ainsi, en apparence, efficacement contre les symptômes paralytiques.

Il n'en fallait pas plus pour que le médecin, déjà connu pour ses méthodes thérapeutiques douteuses[1], injecte à ces patients la malaria, plus ou moins contrôlable par la Quinine, afin de leur provoquer les fièvres pseudo-salvatrices qui vaudront à Von Jauregg le prix Nobel de Physiologie Médecine en 1927. Un problème subsistait néanmoins : si l'état des patients s'améliorait quant aux symptômes syphilitiques, nombre d'entre eux décédèrent quelques années plus tard... de la malaria.

Pour en savoir plus :
[1]Nobel Romance sur Psychoweb.fr
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Du bruit et des sons dans l'espace?

Serenity, film de science-fiction produit en 2005, est l'une des rares œuvres cinématographiques dans laquelle on n'entend aucun son lorsque l'action se déroule dans l'espace. Bien que cela puisse, pour certains, ruiner l'ambiance, c'est une touche peu fréquente de réalisme que de nombreux films ne partagent pas : il n y a en effet aucun son dans le vide spatial.

Une explosion dans l'espace (avec son et image)
Le son est une onde mécanique, et nécessite conséquemment un support matériel : du gaz, du solide ou du liquide, qu'importe. Dans le vide, la densité trop faible de particules ne permet pas, non seulement de propager une onde sonore, mais ne serait-ce que de la créer.

Son et densité de matière sont étroitement liées : plus un corps est dense, plus vite l'onde sonore se propage. Par exemple, la vitesse d'une onde sonore dans l'atmosphère au niveau de la mer est environ de 340 m/s. Dans l'eau par contre, elle atteint 1500 m/s. Dans la glace d'eau, près de 3 km/s et dans un solide comme l'acier, plus de 5 km/s. La vitesse du son dépend d'autres variables comme la température (elle même liée à la densité) ou la composition du milieu concerné, toutes ces variables n'ayant aucune signification dans le vide, où la température est proche du zéro absolu et la composition quasi-nulle.

Ou pourrait-on entendre des sons?

 
Bien qu'on le qualifie de vide, le vide spatial contient néanmoins des particules, dans une densité extrêmement faible. Si en théorie, une explosion sonore d'une puissance phénoménale pourrait ébranler le cosmos jusqu'à propager un choc sonore, en pratique, c'est irréaliste. Certaines explosions formidables (notamment les sursauts gammas) ont une puissance terrifiante ; toutefois, avant le moindre son, lumière et chaleur dégagées auraient tôt fait de réduire en cendre la moindre oreille à portée d'écoute.

Sur la Lune, un son provenant par exemple de l'impact d'une météorite pourrait se propager à travers le sol, à la manière d'ondes sismiques (qui sont également des ondes mécaniques). En pratique, nos système sensoriels ne permettraient pas d'entendre quoi que ce soit en collant l'oreille contre le sol. Encore moins à la surface de la lune, sur laquelle un quasi-vide nous entourerait.

Il n'y a donc que dans des milieux suffisamment denses, telle qu'une atmosphère, que l'on peut entendre des bruits. La densité minimale pour entendre un son dépend bien sûr des capacités réceptrices de l'individu ou du capteur censé enregistrer un son.

Et l'onde lumineuse dans tout ça?

Soit dit de manière anecdotique, l'onde lumineuse se propage bel et bien dans l'espace... La lumière est un étonnant paradoxe de la physique, une entité que l'on considère, depuis Young et Fresnel, à la fois comme une onde et des corpuscules. Ainsi la lumière possède des caractéristiques de l'onde (sa propagation, sa diffraction) mais possède sa propre particule (photon). Elle n'a pas besoin de milieu dense, qui ne ferait que la ralentir ou la stopper.
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Les records du livre Guiness et les livres les plus volés au monde

Le célèbre livre Guiness des records possède lui même un record : celui du livre le plus volé dans les bibliothèques!

Pourquoi Guiness?

C'est lors d'une partie de chasse que Sir Hugh Weaver, qui dirigeait alors la non moins célèbre brasserie Guiness, se lança avec ses amis dans un débat sur la rapidité de deux gibiers d'Europe. Il note à l'occasion qu'un livre qui répondrait à ce type de questions aurait certainement du succès. Cette idée se concrétisa lorsque Norris et Ross McWhirter, eux-même à la tête d'une agence de documentation londonnienne, se chargèrent de rassembler les données de ce qui deviendrait prochainement le premier Guiness World Record Book. Publié le 27 août 1955, il était au noël de la même année, le livre le plus vendu du moment.

Les records du livre

On attribue plusieurs records au livre même, qui s'autoproclame "livre le plus vendu de tous les temps", avec 100 millions d'exemplaires[1]. Ce best-seller est effectivement vendu en masse chaque année et en tant que série, figure dans le palmarès des livres les plus vendus, mais c'est oublier un peu vite les ouvrages tels que la Bible (estimée entre 5 et 6 milliards d'exemplaires vendus) ou le Recueil de citations de Mao-Tse-Toung (800 millions d'exemplaires).

Le livre Guiness des Records détient toutefois le record insolite du livre le plus volé en bibliothèque[2]. Ce n'est pourtant pas le livre le plus volé : encore une fois, la Bible arrive en première place! La parole de Dieu comme livre le plus volé, n'est pas le seul paradoxe du monde du larcin littéraire : L'un des livres les plus volés dans les bibliothèques des USA, est tout simplement le Police Entrance Examination Guide, ou l'art de réussir ses examens d'entrée dans la Police!

Pour en savoir plus :
Guiness World Records. site officiel.
Book Deals for a steal. (2008). The Time
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Pourquoi des étoiles sont bleues et d'autres rouges?

Outre la longueur d'onde intrinsèque de leur émission d'énergie, un effet bien connu entre en ligne de compte dans l'appartenance d'une étoile à la catégorie de couleur bleue ou rouge, la vitesse radiale. Dans le ciel, bien qu'elles paraissent immuables, les étoiles se déplacent, non seulement sur les deux dimensions visibles directement (horizontalement et verticalement), mais aussi et surtout en profondeur...

Ainsi, par exemple, Sirius, une étoile proche de notre système solaire (8,6 années-lumière), et la plus brillante de notre ciel, brille d'une teinte bleue pâle et néanmoins éclatante, et ce notamment parce qu'elle se rapproche de nous à la vitesse d'environ 7,6 km/s. Cette vitesse de déplacement en profondeur par rapport à nous rend la lumière qu'elle projette, sujette à l'effet Doppler : une étoile qui s'éloigne nous apparaît plus rouge, une étoile qui se rapproche nous apparaît davantage bleue, teinte qui peut cependant s'effacer selon l'émission originelle de l'étoile.

La vitesse radiale possède de nombreuses applications : une étoile dont la couleur se modifierait notablement sur des périodes relativement courtes nous montrerait par ce changement qu'elle possède un ou plusieurs compagnons avec lesquels elle est en orbite. C'est l'une des méthodes privilégiées dans la détection d'étoiles binaires, voire d'exoplanètes.
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