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Les araignées sont elles des insectes?

Contrairement à ce que le langage habituel laisse entendre, les araignées, les scorpions, ou encore les acariens et les mille-pattes, ne sont pas des insectes!

On a coutume de classifier assez simplement le règne animal avec d'un côté les mammifères, de l'autre les poissons, les reptiles, les oiseaux et les insectes (et l'on est bien embêté lorsqu'on nous parle de méduse ou de crevette...). Dans cette optique, la catégorie Insectes s’accommode des petits animaux au sang bizarre, avec plein de pattes, qui se mangent entre eux ou sont mangés par les reptiles et les oiseaux. Quoique partagée, cette vision des choses est non seulement très incomplète, mais largement fausse.

Le phylum arthropodes inclue insectes et arachnides
Les araignées ne sont en effet pas des insectes, mais des arthropodes chélicerates. Le type Insecte est lui même beaucoup plus restreint que ce que l'on en conçoit habituellement : il regroupe seulement les arthropodes à 6 pattes (fourmis, abeilles, mouches...). D'accord, cela fait déjà du monde, mais beaucoup moins que si l'on y ajoute toutes les petites bestioles à exosquelette qui peuplent nos forêts et nos maisons.

Les araignées font partie de la classe Arachnides, de même niveau taxonomique que la classe Insecte. La classe Insecte fait partie du sous-embranchement Hexapodes (3 paires de pattes), tandis que les arachnides (comprenant les araignées mais aussi les scorpions et les acariens) font partie du sous-embranchement Chelicerates. Ces sous-embranchements, et donc les araignées et les insectes, sont tout deux des arthropodes (embranchement/phylum Arthropoda).

La classe Insecte est donc loin d'être aussi étendue qu'on ne le croit bien souvent! Voici un petit résumé phylogénétique de l'embranchement des arthropodes, pour une petite mise à jour, si besoin est, de vos connaissances en la matière!

Embranchement Arthropoda

Sous-embranchement Chelicerata -- Chélicérates (8 pattes)
  • classe Arachnida -- Arachnides (scorpion, araignée, acariens...)
  • classe Merostomata -- (Gigantostracés fossiles, limule)
  • classe Pycnogonida
Sous-embranchement Crustacea Brünnich, 1772 -- crustacés (10 pattes)
  • classe Branchiopoda Latreille, 1817 -- branchiopodes (Daphnie...)
  • classe Cephalocarida Sanders, 1955
  • classe Malacostraca Latreille, 1802 -- (Homard, vrai crabe, squille, crevette, cloporte...)
  • classe Maxillopoda Dahl, 1956 -- (Copépode, Balane, Pousse-pied...)
  • classe Ostracoda Latreille, 1802 -- ostracodes
  • classe Remipedia Yager, 1981
Sous-embranchement Hexapoda -- hexapodes (6 pattes)
  • classe Entognatha -- (collembole, diploure, protoure)
  • classe Insecta -- insectes (fourmi, abeille, mouche...)
Sous-embranchement Myriapoda -- myriapodes (nombreuses pattes)
  • classe Chilopoda -- (mille-pattes, scolopendre)
  • classe Diplopoda -- (mille-pattes, iule)
  • classe Pauropoda -- (mille-pattes nains)
  • classe Symphyla
Sous-embranchement Trilobitomorpha (20 pattes)
  • classe Trilobita -- trilobites (en théorie, disparus)

Pour en savoir plus : 
Wikipédia : Arthropodes
A propos des araignées : faits réels et insolites. NatureXtreme
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Ces boules qui roulent dans le désert

Elles sont devenues une icône cinématographique, désignant la désolation, la sècheresse, les rues désertes où généralement, le duel de fin du western se termine dans le vent et le silence. C'est d'ailleurs le contraste que leur mouvement oppose à la concentration et l'immobilisme des acteurs qui en ont fait par la suite l'un des symboles du far-west ou des silences gênés qui suivent une blague un peu mauvaise.

Tout le monde sait à quoi elles ressemblent, ces boules (de paille? de branches? de quoi!?) qui roulent dans le désert, ces petits buissons qui parcourent les routes et les rues sans vie, accompagnant le vent dans un silencieux périple à travers les plaines arides et désolées. Mais bon sang, comment s'appellent-elles donc?

Ces petites boules - qui ne sont par ailleurs pas toujours de forme sphérique - sont des Virevoltants. En anglais Tumbleweed ("herbe qui tourne"), elles colonisent essentiellement les déserts des États-Unis ou les steppes de Russie : les virevoltants se trouvent en effet sur le continent américain depuis l'introduction probable en Dakota du Sud, dans les années 1870, de graines issues de Russie, de Salsola tragus. D'autres plantes également originaires d'Eurasie ont vraisemblablement été importées dans les cargaisons de graines, et ont trouvé leur place et pris racine sur le sol américain.

Elles agrandissent depuis leur territoire et participent au dessèchement des grandes prairies du nord des USA. Chaque tumbleweed est en fait la partie supérieure d'une plante, qui, une fois mûre et sèche, se sépare de la racine et se laisse emporter par le vent, distillant à cette occasion spores ou graines sur son chemin, jusqu'à trouver un point d'eau, par exemple une flaque, où elle s'implantera, tandis que les graines restantes recommenceront à germer. Le virevoltant lui même sera considéré mort à partir de cette étape. La plante s'assèche pendant l'été et vers l'automne, le lien avec la racine se brise et sa partie supérieure commence son périple à travers les plaines, au gré du vent, à la recherche d'un endroit plus propice au développement.

Le Tumbleweed est devenu une icône cinématographique
Peu de plantes sont connues pour former des virevoltants, néanmoins, les espèces d'Amaranthes issues du genre salsola ont connu le succès à travers les westerns, à partir desquelles elles sont devenues le symbole de la désolation et de la sécheresse, du no-man's land. Salsola tragus, par exemple, l'espèce issue du Dakota du sud, est apparue de nombreuses fois aux côtés des personnages cinématographiques de Sergio Leone (qui tournait pourtant la majorité de ses westerns en Espagne et Italie!). The Tumbleweed a même donné en 1953 son nom au titre d'un western réalisé par Nathan Juran (Audie Murphy (non, pas Eddy!), Lori Nelson, Chill Wills, et l'apparition notable de Lee Van Cleef).

Cet amusant morceau de plante n'a pas la même réputation selon qu'on est cinéphile ou agriculteur, cependant. Les plantes à tumbleweed sont considérées comme très nocives et invasives, elles brutalisent les récoltes en absorbant l'eau comme un trou (certains virevoltants peuvent vider une réserve de plus de 100 litres d'eau!). Elles contribuent également à assécher le sol et augmenter son érosion, remodelant le paysage par le frottement de terres et des roches.

Pour en savoir plus : 
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Comment reconnaître un discours extrémiste?

On peut généralement reconnaître l'extrémisme d'une opinion en analysant le discours d'une personne, même si ce discours est volontairement construit pour n'en rien laisser paraître...

Le discours peut s'analyser de deux façons : 

1/ on analyse le contenu, la signification de ce qui est dit, le sens du message exposé. C'est généralement ce que font les journalistes, les politiciens, les blogueurs, et de manière générale, un peu tout le monde : nous sommes habitués à nous attacher au sens véhiculé par un discours en fonction du choix des mots et de leur sémantique (signification). Le problème, c'est que le contenu d'un message est volontaire et peut donc être facilement contrôlable ou manipulable. On peut par exemple affirmer que l'on n'est pas raciste (sous pression sociale, et même parfois en toute bonne foi) tout en l'étant profondément.

2/ on analyse la structure du discours, c'est-à-dire le type de mots ou de phrase employés, sans se soucier le moins du monde, du contenu. Par exemple, on va compter combien de fois des mots impliquant l'auteur du discours sont utilisés (des mots comme "Je", "Moi", etc...) ou comment sont présentées les informations ("il faut que", "on doit".... plutôt que "il est possible que", "peut-être que", etc...). Cette analyse a un double avantage : elle n'est pas influencée par le message que veut faire passer l'auteur, et elle se base sur des caractéristiques du discours qui sont généralement involontaires et non contrôlées.

Que ces analyses peuvent-elles nous apporter ?

Lorsque contenu et structure sont cohérents et vont dans le même sens, il s'agit en quelque sorte d'un indice de sincérité. Si les deux sont incohérents, il y'a fort à parier que le message véhiculé soit volontairement falsifié, et reflète mal les réelles opinion de l'émetteur.

C'est en suivant cette hypothèse que Castel et Lacassagne (1993) ont illustré la présence de deux types de discours lors d'entretien non directifs (Ils laissaient les sujets s'exprimait sans interférer) sur les thèmes du mariage mixte. Certains participants étaient notoirement racistes, d'autres non. Ayant comparé leurs discours (et la structure, principalement, de ces discours) avec l'attitude des personnes à l'égard du mariage mixte, ils ont relevé et regroupé les indices langagiers spécifiques d'un discours extrémiste et d'un discours peu orienté :
Le Discours de naturalisation comprend une forte utilisation de verbes renvoyant au faire (les factifs), et une forte utilisation de modalisations de nécessité ("il faut que", ...), ainsi que peu de prise en charge de la part de l'énonciateur (peu de "Je" mais beaucoup de mots tels que "on", "les gens", "tout le monde"...). Le sujet utilise inconsciemment ces mots afin de donner à son discours une valeur de vérité universelle, indubitable...

Le Discours de relativisation comprend quant à lui une forte utilisation de verbes ne renvoyant pas au faire (les non-factifs) et de modalisations de possibilité ("il est possible que", ...). Il y a en outre une forte prise en charge de la part de l'énonciateur (beaucoup de "Je" et peu de "On)". "Je crois", "Je pense", "peut être", etc... autant d'expressions qui montrent l'ouverture d'un homme sur un sujet dont il pense la conclusion non prédéfinie. Des avis possibles et coexistants, plutôt qu'une vérité "absolue".
-- Desbrosses S. [1]
A partir même de la structure d'un discours, il est donc possible de noter l'orientation d'une attitude à l'égard d'un sujet donné : la "Façon de parler" reflète plus fidèlement des sujets sensibles sur lesquels d'ordinaire, on ne dit que peu ou pas ce que l'on pense, que ce soit par pression sociale, pour sauvegarder les apparences ou encore parce l'on ne désire tout simplement pas partager une opinion.

Pour en savoir plus : 
Desbrosses S. (2007). Castel et Lacassagne (1993) : le discours extrémiste. (online) www.psychoweb.fr
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Le nom de ville le plus long

Bangkok (capitale de la Thaïlande) est le diminutif de : Krung Thep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit.

Le véritable nom de Bangkok, ou nom cérémonial, formé à partir des langages anciens Pali et Sanskrit, s'écrit en Thaï :


Cette version officielle, déclarée par le Roi Bouddha Yodfa Chulaloke se diminue en Krung Thep ou Krung Thep Maha Nakhon, "Krung" signifiant "Capitale".

La signification approximative du nom officiel dans sa forme entière est : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn

Il s'agit tout simplement, selon le Guiness book, du nom le plus long donné à une ville (Bangkok est également une province), toutes langues confondues. D'autres considèrent comme le plus long nom de ville, celui de Taumatawhakatangihangakoauauotamateapokaiwhenuakitanatahu, une ville de Nouvelle-Zélande, qui a le "mérite" de s'écrire en anglais. A l'inverse, certaines villes (19) détiennent le record du plus petit nom : une lettre seulement. Il en existe 19 dont une en France, la commune d'Y, dans la Somme. La commune de france ayant le nom le plus long est Saint-Remy-En-Bouzemont-Saint-Genest-Et-Isson, dans le département de la Marne.

Pour en savoir plus :
Wikipédia : Bangkok
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Le mot le plus long

Le nom chimique de la Titine, la plus longue protéine connue, s'écrit avec pas moins de 189.819 lettres[1]. Jusqu'à preuve du contraire ou nouvelle découverte, c'est le mot le plus long jamais formé, toutes langues confondues.

Il s'agit tout de même d'un nom peu usuel, les noms chimiques étant accoutumés à des longueurs exceptionnelles.

En Français, Il est généralement admis que le mot le plus long est anticonstitutionnellement (25 lettres). Certaines formes conjuguées dépassent néanmoins les 25 lettres (par exemple, "déconstitutionnaliseraient" - 26 lettres). D'autres mots racolés permettent également de passer la limite des 25 lettres (psychopharmacothérapeutes, ou la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie de Voltaire). 

Médecine, chimie et humour sont ainsi passées maîtres dans la manière de constituer de longs mots, au sens, par ailleurs, parfois très hermétique. L'art de trouver des noms difficiles à mémoriser serait par ailleurs qualifié de kalepomentaneïnomineïologie. Aucune référence sérieuse n'y fait toutefois mention, comme c'est le cas de mots tel qu'apopathodiaphulatophobie ou encore l'hippopotomonstrosesquippedaliophobie, qui se révèlent être des canulars fortement médiatisés, parfois en toute bonne foi - notamment par des encyclopédies sérieuses telles que le Larousse.

La pratique du mot inventé pour être long et très difficile à retenir ne représente pas un procédé forcément récent : dès l'antiquité (392 avant J-C), la comédie d'Aristophane "L'assemblée des femmes" comprenait la description d'un plat fictif nommé en  171 à 182 symboles grecs, dont une translittération est :

Lopadotemakhoselakhogaleokranioleipsanodrimypotrimmatosilphiokara - bomelitokatakekhymenokikhlepikossyphophattoperisteralektryonopteke - phalliokinklopeleiolagōiosiraiobaphētraga­nopterygṓn

Les noms propres permettent également une certaine largesse, par exemple, dans le nom de la ville de Taumatawhakatangihangakoauauotamateapokaiwhenuakitanatahu (85 lettres), en Nouvelle-Zélande, ou Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch (58 lettres), une ville d'Ecosse. Le nom de ville le plus long est généralement attribué au nom réel de Bangkok.

On distingue alors les noms usuels, que l'on peut trouver dans les dictionnaires, les noms techniques ou spécialisés (liés à un domaine de connaissance comme la médecine ou la chimie) qui sont des mots réellement utilisés, et que l'on peut voir plusieurs fois dans la littérature spécialisée (c'est par exemple le cas de psychopharmacothérapeutique), les canulars et mots inventés à usage unique tels que les pseudo-phobies citées ci-dessus. Les deux dernières catégories, comme les noms propres, n'entrent pas dans l'évaluation du mot le plus long.

Pour en savoir plus :
[1] Le nom chimique complet (!) de la protéine : The longest word. Mc Culloch S.
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Golf, Gentlemen only, ladies forbidden?

La légende veut que le golf fut interdit aux femmes à ses débuts, d'où son nom, un acronyme représentant cette interdiction. Idée reçue, les acronymes n'existaient pas!

S'il est difficile d'estimer l'origine du nom, on peut au moins remonter au 6 mars 1457 pour déterminer la date du premier écrit officiel mentionnant le golf[1] : Le roi James II d'Écosse interdit alors les jeux de golf et de football sur les terrains réservés à l'entrainement à l'arc. Le mot golf serait apparu en 1425, cependant, le contexte langagier de l'époque est à prendre en considération : si de nos jours, nous n'acceptons qu'une orthographe pour déterminer un même objet de langage, tel ne fut pas le cas dans les temps anciens, où nombre d'orthographes, dépendant majoritairement de la prononciation, co-existaient. Ainsi, le golf d'aujourd'hui pouvait être nommé (et surtout écrit) sous les formes Gowf, Golph, Goffe, Goiff, Gouff, Gowff... Une organisation de golfeurs en Ayrshire est par ailleurs nommée, encore actuellement, Loudoun Gowf Club.

Certaines légendes demeurent : le golf ressemblerait à un sport pratiqué anciennement en Allemagne (Germanie, précisément), le "Spel metten colven" (jeu joué avec un club - colven ou kolbe), mais rien ne permet d'authentifier l'antériorité d'un tel jeu ou même une ressemblance réelle. Une autre hypothèse envisage la possibilité que le mot golf soit issu d'un mélange des langages britanniques et européens continentaux, notamment de mots tels que Chole et Kolf[2] qui signifieraient "Club". 

L'origine vraisemblable est purement écossaise, importée plus tard au Pays-bas : Une version similaire au golf actuel (bien que les règles de match et de victoire fussent différentes) remonte à 1522 et la constructions des terrains dédiés de St Andrews, connus avec raison comme The Old Course of St Andrews. D'autres versions encore plus éloignées du jeu actuel, mais arborant un nom proche, étaient présentes bien avant, mais il parait plus raisonnable d'accepter comme origine les noms Golff puis Golf associés aux premières rencontres officielles, bénéficiant de règles elles-même écrites officiellement. L'acceptation de l'appellation unique golf se serait progressivement mise en place avec la création des premiers Gentlemen's club dédiés au golf, puis se serait concrétisée avec la naissance des premiers dictionnaires.

Gentlemen only, Ladies forbidden, n'est donc qu'une petite blague acronymique dont l'origine n'est probablement pas éloignée dans le temps :  les acronymes sont une spécialité récente des langues, on en voit apparaître au 20ème siècle et après. La majorité des mots anciens dérivent de langages encore plus anciens, et n'ont quasiment aucune chance d'être des acronymes!

Pour en savoir plus :
[1] British golf museum - Faqs
(2] Scottish golf history - The word golf
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L'anthrax et ses effets... bénins

Après la vague de bioterrorisme qui secoua les États-Unis, faisant suite de peu aux attentats du 11 septembre 2001, l'anthrax s'est fait connaitre de toute la population française, inspirant peur et suspicion.

Pourtant... dans la plupart des cas, l'anthrax est tout à fait bénin, provoquant quelques irritations de la peau (abcès, furoncles...), dues à l'infection par le staphylocoque doré. La maladie du charbon, par contre, est beaucoup plus dangereuse : il s'agit d'une infection aigüe due à la bactérie Bacillus anthracis (de l'anthracite, charbon), dont les spores constituent les formes les plus résistantes. La bacillus anthracis est notamment connue dans le monde anglophone pour provoquer, selon l'appellation anglaise... The anthrax!

C'est bel et bien cette bacillus anthracis qui provoqua panique et paranoïa en Amérique du Nord, après les attentats : plusieurs enveloppes piégées furent envoyées à des médias de grande envergure (comme le New York Post, CBS, etc...) et à deux sénateurs (Tom Daschle et Patrick Leahy). De ces opérations bioterroristes résultèrent 5 morts, dont deux employés de poste et deux habitants n'ayant absolument rien à voir avec les cibles primaires.

Des journalistes français empressés ont alors traduit le terme "anthrax" anglophone par l'infection de l'anthrax francophone, au lieu de "Maladie du Charbon". La petite et bénigne anthrax staphylococcique a dès lors bénéficié indûment de la popularité de l'infection à la bacille anthracis, jusqu'à rentrer dans le vocabulaire français courant. Beaucoup de personnes, encore aujourd'hui, s'imaginent l'anthrax comme une poudre blanche aux effets dévastateurs!

Pour en savoir plus :
Maladie du charbon et Anthrax staphylococcique sur Wikipédia
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Quelles différences entre venimeux et vénéneux, poison et toxine?

On a coutume d'associer exclusivement l'adjectif "venimeux" à des animaux, et son parent proche, "vénéneux", aux plantes, mais une telle distinction est incomplète et injustifiée : d'une part, elle ne tient pas compte des quatre autres règnes du vivant (protistes, champignons, bactéries, archées), d'autre part, elle ne permet pas de définir certains cas limites, ni n'explique certaines données paraissant contradictoires (une substance unique peut être à la fois secrétée en tant que venin par un animal ou par une plante vénéneuse).

Par exemple, le Dragon du Komodo contient dans sa gueule des bactéries qui, lorsqu'il mord une proie, peuvent se répandre dans le corps de celle-ci, et peuvent provoquer sa mort par septicémie plusieurs jours après. Pourtant, le varan ne produit pas lui-même cette substance toxique. L'autre exemple des pitohuis ou des batraciens phyllobates, dont les plumes pour les premiers et la peau pour les seconds, contiennent de la batrachotoxine, n'injectent pas cette substance, qui se dépose plutôt lors de contacts. L'ortie présente des piques venimeux, bourrés de toxines, alors qu'elle est une plante. Certaines plantes carnivores produisent des sucs digestifs corrosifs dans le but de dégrader et d'absorber leurs proies...

On peut distinguer 4 critères principaux sur lesquels différencier le caractère venimeux ou vénéneux d'un organisme :
Le mode d'administration : l'inoculation venimeuse (supposant un mécanisme volontaire ou dédié à l'agression chimique) ou l'absorption vénéneuse (par un mécanisme indépendant de l'organisme vénéneux)
La stratégie de transfert de la substance : mécanisme actif ayant pour but de transmettre la substance venimeuse (morsure, piqûre) ou mécanisme passif de production ou d'intégration d'une substance vénéneuse.
L'origine de la substance toxique : venin produit à partir de glandes dérivées du système digestif ou substance vénéneuse produite par un autre système.
L'appartenance de règne, classique : le venin appartient généralement à un animal, tandis qu'une substance vénéneuse est généralement le produit d'une entité végétale ou mycète.

Grâce à ses quatre critères, on peut mieux définir la nature d'une substance toxique présentée par un organisme, la dernière règle servant par convention à déterminer une substance que l'on ne peut classer à partir des trois autres. les Pitohuis et les Phyllobates répondent à 3 critères sur 4 permettant de les définir comme vénéneux. A l'inverse, les plantes carnivores productrices de sucs digestifs corrosifs peuvent être qualifiées de venimeuses, répondant à 3 critères sur 4 qui la classent dans cette catégorie. Le Varan, quant à lui, n'est ni l'un ni l'autre : ce sont les bactéries qui produisent les toxines entrainant la septicémie. Les micro-organismes des règnes Archées, Bactéries et Protistes, ne sont ni vénéneux ni venimeux, mais sont simplement qualifiés de toxiques. Dans les cas limites comme les orties ou les méduses, on a généralement recours à d'autres adjectifs (par exemple, urticants), et l'on nomme les cellules ou organes responsables de la toxicité, venimeux (piques venimeuses, nématocystes venimeux). Si les 4 critères ne permettent pas de trancher, la quatrième, par convention définit la nature de la toxicité : vénéneux concernant les orties, venimeux concernant les méduses.

Dans tous les cas, ces substances sont toxiques et constitue des poisons. Tandis qu'un poison est simplement une substance qui cause des dommages à un organisme (ou une partie de celui-ci), une toxine est un poison biologiquement produit. Le plomb est par exemple un poison, terme plus général que Toxine. Paradoxalement, le caractère toxique s'applique aussi bien aux poisons qu'aux toxines : de fait, toutes les substances sont toxiques (même l'eau!), l'élément central de la définition du caractère toxique est la dose à partir de laquelle la substance devient toxique.

Pour en savoir plus :
Vénéneux, venimeux, quelle différences? sur NatureXtreme
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L'os Hyoïde, l'os solitaire

L'os Hyoïde est le seul os chez l'homme qui ne soit connecté à aucun autre. Situé sous la langue, il la maintient et constitue un support pour de nombreuses fonctions, telles que la vocalisation ou la déglutition.

Il est lui même supporté par de nombreux muscles et ligaments, et composé de 5 parties (corps, grandes cornes et petites cornes, séparées chez le jeune enfant). Il est présent chez de nombreuses espèces dont il pourrait déterminer les capacités de vocalisation (par exemple, la capacité de rugir ou ronronner chez les félins).

Si son rôle premier consiste à supporter le poids de la langue, d'où parfois son appellation sous le nom d'os lingual, l'étendue des possibilités qu'il apporte aux fonctions de vocalisation le font considérer comme une évolution marquante, chez l'homme, ayant abouti au langage tel qu'on le connait aujourd'hui, et par extension, à notre développement et nos sociétés actuelles.

L'os Hyoïde est également un indicateur prisé des autopsies, en médecine légale : sa brisure est considérée comme une marque d'étranglement violent. Cet indice prend davantage d'importance lorsque seul reste le squelette dans un cas d'homicide supposé.

Un autre groupe d'os, reliés ensemble mais sans autre attache avec le reste du squelette, se trouve dans les profondeur de l'oreille (oreille moyenne) : l'enclume, le marteau et l'étrier servent à la propagation par amplification des vibrations du tympan, jusqu'à la fenêtre ovale de la cochlée. Ce sont également les plus petits os chez l'homme adulte.

On trouve de manière non systématique d'autres os chez l'homme, surnuméraires (en plus des os habituels) ou sésamoïdes, dont les particularités amènent à ne pas les considérer comme des os dits "normaux". Les sésamoïdes, restes de ligaments qui se sont calcifiés, se rencontrent fréquemment aux articulations, ou à l'intérieur des tendons. Les os surnuméraires constituent des particularités évolutives : soit des vestiges d'organes présents chez nos ancêtres (par exemple, queue vestigiale), soit des "anomalies" ou des évolutions non-rares (par exemple, sexdigitisme/hexadactylie).
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L'ironique (et apocryphe) hippopotomonstrosesquippedaliophobie

L'hippopotomonstrosesquippedaliophobie, 36 lettres au compteur, serait la peur phobique des mots jugés trop longs. Contraction de l'hippopomonstre et de sesquipedaliophobie (on peut rencontrer occasionnellement ce dernier), ce mot n'a que l'existence douteuse d'un néologisme humoristique. Aucune source crédible dans la recherche ou dans des livres spécialisés n'y fait référence.

L'humour dans la construction de mot reste cependant source d'inspiration et d'évolution langagière : il est fort possible, sinon probable, que grâce aux relais médiatiques, il finisse par entrer dans le vocabulaire acceptable (mais probablement pas commun). dans l'état actuel des choses, le mot n'existe officiellement pas.

L'hippopomonstre désigne un monstre légendaire particulièrement gros et grand. Sesqui signifie "un et demi" et pédalian, "pied". Il n y a que peu de lien sinon métaphorique avec le sens réel de la peur des long mots, une affection particulièrement rare puisque de mémoire d'homme, on n'en a jamais rencontré un seul cas.

Le terme viendrait du premier épisode d'une série anglaise divertissante à visée documentaire, nommée Brainiac. Il s'agit donc bien d'un canular propagé par quelques cruciverbistes et auteurs peu soignés.

Pour en savoir plus :
Psychoweb : liste des phobies réelles... ou pas
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l'apopathodiaphulatophobie, mythe ou réalité?

Ce long mot utile pour un jeu de pendu désigne la peur intense (phobique) d'être pris de constipation. Si le mot est ravissant, son origine est toutefois douteuse : des recherches sur Internet, sur des dictionnaires spécialisés, sur Google book ou le service à l'usage de la recherche Pubmed du gouvernement américain, ne retiennent aucun résultat antérieur aux années 2000, dont une seule source crédible, Vulgaris médical... Même les grands peuvent se tromper. Au vu de ces résultats, il y'a fort à parier que le mot soit en cours d'acceptation, et donc, qu'il ne s'agisse pas encore d'un mot réel. En fait, un terme déjà utilisé auparavant remplissait la fonction signifiante de cette pseudo-pathologie : la phobie intéroceptive, bien plus citée et documentée.

L'apopathodiaphulatophobie n'a fait l'objet d'aucune recherche ou étude sérieuse, elle est pourtant diffusée sur de nombreux supports dont la plupart sont très douteux, sur le web. A tel point que de grands noms de la langue française, comme Larousse, ou de la psychologie (cité ci-dessus, Vulgaris Médical) en viennent à accepter cette pseudo-phobie comme un phénomène réel.

Pour en savoir plus :
Psychoweb : liste des phobies réelles... ou pas
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